Magazines

FILMS PIZZA-MOQUETTE

Qu’on les appelle « séries Z » ou « nanars », qu’on se réjouisse, s’afflige ou se gausse de leur existence, ces films sont là, en salles (pas toujours), en DVD (oh que oui !) et à la Médiathèque (est-ce bien raisonnable ?).
Nous vous proposons une sélection très subjective et horriblement restreinte de ces films qui se regardent entre copains, mangeant de la pizza vautrés dans les fauteuils et en fumant la moquette en guise d’apéro et de dessert afin d’être sûr que, vraiment, on hallucine. Vous pouvez également les regarder avec votre belle-mère dans un silence religieux en dégustant des petits fours et trois doigts de Baumes-de-Venise… Cela ne nous regarde pas !
Films d’exploitation à trois francs cinquante dans l’espoir d’en gagner dix, films ratés car ce n’est pas donné à tout le monde de réussir, films artistiquement cheap… Il y a de quoi se concocter des soirées absurdes, débiles (d’où l’importance de bien s’entourer…) et hilarantes.

DES FILMS...
… de SF

 

… d’horreur

 

… de cowboys

 

… de préhistoire

 

… de grosses (et petites, brrr) bêtes maintenant

 

… de super-pouvoirs


... de légumes !

 

… de bagarres et de cri d’la mort qui tue

 

DES RÉALISATEURS
Max PECAS : tremblez crétins, la concurrence débarque !
Jean ROLLIN : nous ne pouvons garantir que l’usage de la moquette soit suffisant. Films érotiques où même une féministe convaincue se marre à s’en péter la sous-ventrière. Culte… enfin, il paraît !


DES MAISONS DE PRODUCTIONS
Troma dont le Les mémés cannibales (Emmanuel Kervyn, 1989), film belge !
" (…) Surf Nazis Must Die, Cannibal : The Musical, Toxic Avenger, Tromeo and Juliet... Ces titres ne vous disent peut-être rien. C'est un fait, les films de la Troma Team sont peu connus en France et, malgré tout, leur influence est loin d'être négligeable. Qu'il s'agisse de Sam Raimi (Evil Dead), Peter Jackson (Le seigneur des anneaux) ou encore Quentin Tarantino, nombreux sont les réalisateurs américains reconnaissant une dette envers les prolifiques studios Troma, qui ont démontré qu'en marge d'Hollywood, un autre cinéma est possible. Plus près de nous, la Troma peut compter parmi ses défenseurs et ardents supporters des types comme Gaspard Noé (Seul contre tous), Ariel Wizman et Édouard Baer, qui ont joué dans Terror Firmer, ainsi qu'Alain Chabat, qu'on a souvent vu arborer des T-shirts Troma. Souvent bêtes et méchants, et revendiqués comme tels, toujours drôles et parfois corrosifs, les films Troma reposent sur trois piliers : femmes en string et aux gros seins, giclées d'hémoglobine à gogo et humour décalé - de l'absurde au burlesque en passant par le scatologique. Pour faire vite, certains disent: sexe, violence et vomi… C'est donc avec ces armes que depuis plus de vingt-huit ans, le studio new-yorkais défie le système de production hollywoodien et les diktats moralistes imposés par les ligues bien pensantes. Face à une industrie cinématographique si soucieuse d'éradiquer tout risque financier que l'innovation est systématiquement sacrifiée aux impératifs de rentabilité, la Troma, avec ses budgets ridicules, s'affirme comme un îlot de créativité et d'indépendance. Voire comme une véritable avant-garde : sans l'aiguillon de Troma, jamais Hollywood n'aurait ouvert ses portes aux politiquement incorrects frères Farrelly (Mary à tout prix) qui servent aujourd'hui au grand public ce qui se faisait chez Troma dans les années 1970. Mais on ne peut parler longtemps de la Troma sans évoquer son président, Lloyd Kaufman. Débordant d'énergie, obsédé par la machiavélique conspiration de la droite ultra-conservatrice et des majors hollywoodiennes, proche de la scène punk, cet improbable gentleman new-yorkais presque sexagénaire est l'ambassadeur et le visage de la Troma.» [texte repris sur le site français des fans : www.troma-france.net]

LA HAMMER
Le studio anglais Hammer Films fut dans les années 50 et 60 le grand spécialiste de l'horreur et du fantastique. Dans des décors de cimetières abandonnés, de sinistres donjons et de cryptes remplies de toiles d'araignées, Peter Cushing/Frankenstein croisait Christopher Lee/Dracula et bien d'autres personnages terrifiants. Cette véritable école de la terreur avait fermé ses portes en 1983. Le studio vient d'être repris par un consortium chargé d'exploiter son fonds de près de deux cents films et d'orienter la production vers de nouveaux médias.

DES LIVRES
Jean-Pierre PUTTERS : "Ze craignos monster, vol. 1"

Premier ouvrage d'une collection qui en compte trois, Ze craignos monster est le fruit d'un recensement qu'avait commencé Jean-Pierre Putters dans Mad Movies. Le but du jeu était à l'époque de lister les monstres les plus ridicules que le cinéma ait jamais engendré. Preuves photographiques à l'appui, la rubrique expliquait succinctement l'origine de monstres aussi peu crédibles que ringards. Ze craignos monster est en quelque sorte le développement de ce concept. Ce livre est une véritable mine d'or pour tout bon fan de nanars! Classés par ordre alphabétique, un nombre incalculable de fiches racontent brièvement la carrière des plus illustres réalisateurs de films de série B à Z. C'est instructif, et surtout ça fait envie ! Les réalisateurs sont traités avec le plus grand respect, et tout le livre baigne dans un humour des plus agréables. C'est donc réellement un livre-clé (comme les deux autres volumes de la collection) que nous ne sauront que trop conseiller à quiconque souhaite se plonger dans l'histoire du cinéma bis. Le seul reproche que l'on peut adresser aux craignos monster tient au prix de vente, mais c'est imputable au fait que l'ouvrage est beau et volumineux.
Bref, si à l'approche des fêtes vous ne savez qu'offrir à un ciné/nanar-ophile, ne cherchez plus !

François KAHN : "Encyclopédie du cinéma ringard"
Ne vous fiez pas à sa couverture hideuse, cet ouvrage est authentiquement drôle et bien documenté sur le cinéma qui nous intéresse. Classés par thèmes alphabétiques (Ados, ‘Bessonade’ - nous on préfère dire ‘Bessonerie’, la rime est plus riche ! - Bidasse, Disco, Christophe Lambert, etc.), les articles sont bien écrits, de bon goût (un type qui casse consciencieusement Besson, Sophie Marceau et les critiques/cinéastes de la nouvelle Vague ne peut être quelqu'un de mauvais) et surtout hilarants. Il semble ne manquer que les ninjas et le cinéma cheap des Philippines, un domaine obscur sur les rivages duquel François Kahn n'a peut être pas encore osé s'aventurer! L'auteur citant Nanarland parmi ses nombreuses sources Internet, si ça se trouve, il fréquente le forum. Si le cœur lui en dit, qu'il se signale pour une petite interview...

DES LIENS
http://www.mad-movies.com
http://www.nanarland.com/bibliographie.htm
http://www.psychovision.net
http://www.trash-times.com/index.php/?2006/09/10/37-les-fanfilms-de-don-glut-enfin-sortis-du-placard

Travail collégial mis en scène par Eva Debaix