♥♥♥ La Mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu
Déambulation d’un homme malade et pauvre dans les services d’urgence et de nuit des hôpitaux de Bucarest (Roumanie). Comme son titre l’indique, nous accompagnons Dante jusqu’à son trépas et l’on ressort du film avec un goût très amer dans la bouche, celui de la main-mise de la profession médicale qui ne soigne plus à n’importe quel prix. La Mort de Dante Lazarescu pose aussi un regard intelligent sur la solitude et la précarité. Sous ses dehors glacials, ce film est une merveille. Comparable pour le ton et la forme à 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu , autre film roumain qui a reçu la Palme d’Or au festival de Cannes en 2007.
♥♥ Cloverfield de Matt Reeves
Des jeunes gens organisent une soirée d’adieu pour un ami qui a décidé de s’installer au Japon. Pour immortaliser la fête, Hub est désigné caméraman et s’amuse à filmer les gens. Mais tout à coup, c’est la catastrophe et New-York se retrouve attaquée par une créature monstrueuse qui détruit tout sur son passage. La fête est finie et les gens n’ont plus qu’une chose en tête: s’enfouir et survivre.
Filmé entièrement en caméra subjective (le spectateur voit ce que Hub filme), Cloverfield est une très bonne surprise pour ceux que les films catastrophes rebutent un peu. Passé les cinq premières minutes où l’on a franchement le mal de mer à cause de la façon chaotique de filmer (style caméra à l’épaule), on s’y habitue assez vite et cette méthode filmique renforce le côté angoissant du scénario. Un bon film catastrophe donc.
♥♥ Delirious de Tom Dicillo
Le réalisateur Tom Dicillo nous avait enchanté avec Box of Moon Light, une sorte de conte très poétique où un employé modèle (John Turturro) décide de se prendre quelques jours de repos et fait la rencontre d’un personnage haut en couleur. Dans ce Delirious, comment ne pas penser aussi au conte de fées lorsqu’un jeune clochard se voit embauché par hasard comme apprenti photographe et arrive ainsi à côtoyer le milieu du show-biz, arrivant même à le conquérir.
On y retrouve avec plaisir Steve Buscemi qui se faisait assez discret ces derniers temps. Un film tout à fait honorable qui lorgne malheureusement parfois trop vers la grosse comédie romantique.
♥♥ Je suis une légende de Francis Lawrence
Il est rare qu’un remake soit plus intéressant que l’original mais il ne faut pas se voiler la face et il suffit de revoir Le Survivant de Boris Sagal pour se rendre compte qu’on y a gagné avec les années. On ne peut évidemment pas oublier la scène légendaire dans laquelle Charlton Heston roule dans les rues vides de New York dans sa belle décapotable, néanmoins, le film a pris un sérieux coup de vieux, pour ne pas dire un coup de kitch. Du coup, ce Je suis une légende, adapté directement du roman de Richard Matheson fait la part belle à l’ambiance glauque et réaliste quand on est le dernier survivant et qu’on ne peut s’adresser qu’à son chien ou à des mannequins. Les décors sont magnifiques et les mutants des plus horribles. Un très bon divertissement non dénué d’intérêt.
♥ Secret sunshine de Chang-dong Lee
Une jeune veuve décide de s’installer dans le village natal de son défunt mari. Un malheur n’arrivant jamais seul, son jeune fils trouve la mort dans des circonstances sordides. Shin-ae passe alors par de nombreux stades de deuil, de la dépression au repenti catholique.
Un film décevant de par son traitement trop misérabiliste. Le réalisateur s’attarde longtemps sur la phase mystique du deuil de cette jeune mère, déforcant à mon avis le sujet principal du film.
Chang-dong Lee est cependant un réalisateur talentueux. Il suffit de voir le très beau Peppermint Candy et Oasis pour s’en convaincre.
Brigitte Segers
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