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Playlist DVD fiction - Juin 2008

♥♥♥ No(r)way of life de Lien Jens (2006)                                       

Andréas se retrouve mystérieusement catapulté dans une ville dans laquelle lui est fourni un appartement et un travail. Tout est très bien organisé, tranquille et propre. Les gens semblent heureux bien que leur vie n’ait ni odeur ni goût. Andréas se sent de plus en plus mal dans ce nouvel environnement, essaye de comprendre et tente de s’échapper de cette nouvelle vie aseptisée… mais toutes les issues lui sont refusées.

Un film norvégien qui aurait pu s’appeler « une vie sans fin » (référence à « Un jour sans fin » de Harold Ramis, côté humour en moins) et qui n’est pas sans rappeler l’univers décalé de Roy Andersson (voir « Chansons du deuxième étage ») avec la même pointe de dérision et d’humour noir. C’est beau, c’est glauque et ça donne à réfléchir sur notre bonheur quotidien.

 

♥♥♥ Dans la vallée d’Elah de Paul Haggis (2007)                             

Un jeune militaire de retour d’Irak est manquant à l’appel. Désertion ou accident, l’armée contacte son père qui décide alors de partir à sa recherche. Quelques jours plus tard, le corps sans vie de son fils est retrouvé sur un terrain vague. Reste à comprendre ce qui s’est passé.

Paul Haggis s’attaque à un thème d’actualité. Après les nombreux films qui parlaient des problèmes psychologiques liés au retour des soldats de la guerre du Vietnam, c’est une autre guerre plus proche et plus emblématique encore qui ramène au pays des jeunes G.I. complètement déboussolés. La guerre en Irak a fait autant de dégâts, voire plus que celle du Vietnam. Si les gsm ont remplacé les cartes postales, au final, le résultat est identique, une génération de jeunes soldats meurtris et dérangés.

 

♥♥♥ Man push cart de Ramin Bahrami (2006)                             

« On n’est pas au Pakistan ici. On est en Amérique. Il faut faire les choses comme il faut. »

Ahmad a quitté son pays natal (le Pakistan) avec sa femme et son fils pour venir s’installer à New York. Maintenant, il est seul et tente de survivre comme vendeur ambulant de café, thé et donuts.

Conditions de vie difficiles, précarités, le réalisateur Ramin Bahrani nous dresse le portrait amer d’un immigrant pakistanais qui, véritable star du rock dans son pays, a tout perdu dans son exil. Magnifique interprétation qui ne tombe jamais dans le misérabilisme, ce Man push cart nous ouvre les yeux sur les difficultés surmontées par certains immigrants. Egalement, très belle photo de la nuit sur New-York.

 

♥♥♥ After the wedding de Suzanne Bier (2006)                                

Lors d’une visite professionnelle au Danemark, Jacob rencontre son ancienne compagne à un mariage. Il y apprend qu’il est le père de la jeune mariée. Situation peu commode, Jacob est tiraillé entre le retour à son occupation actuelle (il travaille dans l’aide humanitaire en Inde)  et la découverte de sa fille au Danemark. Un choix compliqué se présente à lui.

Dans son précédent film « Brothers », Suzanne Bier s’attaquait déjà aux difficiles problèmes familiaux engendrés par le départ ou la perte d’un membre de la famille. Une nouvelle réussite grâce à un scénario co-signé par Anders Thomas Jensen (le réalisateur des excellents « Adam’s apples » et « Les Bouchers verts ») et une interprétation sans faille pour Mads Mikkelsen.

 

♥♥♥ La Nuit nous appartient de James Gray (2007)                    

1988 aura été une année record en terme de trafic de drogue à New-York. Bobby est gérant d’une boîte branchée appartenant à des Russes et ferme les yeux sur ce qui peut s’y passer. Mais Bobby fait partie d’une famille de policiers où son frère et son père ont gagné fièrement leurs gallons. Ils se tournent donc vers Bobby lors d’une enquête sur un dealer russe. En refusant de devenir une balance, Bobby met toute sa famille en danger. S’ensuit un processus de remise en question. Mais de quel côté est-il vraiment ?

James Gray réalise pour l’instant un parcours sans fautes : après les excellents « Little Odessa » et « The Yard », ce troisième opus est une merveille. Voici un film très glauque avec un Joaquin Phoenix une fois de plus totalement dans son personnage. A noter une scène de course poursuite à l’opposé de tout ce que l’on a déjà vu qui restera gravée dans votre mémoire.

 

♥♥♥ American gangster de Ridley Scott (2007)                             

Fin des années soixante, l’héroïne de bonne qualité est difficilement trouvable dans les rues de New-York. Et pour cause, les rares stocks saisis par la police sont réinjectés dans la rue après avoir été coupés et recoupés. Frank Lucas, futur baron de la drogue, utilise la présence militaire au Vietnam pour acheter de l’héroïne pure et la fourguer à bas prix, devenant ainsi le nouveau Parain de Harlem. Entretemps, une cellule spéciale anti-drogue est créée pour faire face à ce fléau.

On retrouve Ridley Scott en toute grande forme pour cette plongée très seventies. Tout y est; grain poisseux d’une vieille pellicule, déco et fringues ringardes, ambiance surannée des rues de New York, inspecteur pas beau et paumé. Un duo Russell Crowe - Denzel Washinghton inattendu. On pense inévitablement au film « French connection » de William Friedkin qui s’attaque à la même période historique.

 

♥♥ King of California de Mike Cahill (2007)                             

Charlie est un papa adorable sous ses airs de cinglé mais n’en est pas moins complètement irresponsable. Sa fille l’a très bien compris puisqu’elle a été obligée d’arrêter ses études pour subvenir à ses propres besoins. Mais voilà Charlie de retour de l’asile psychiatrique avec une folle idée de chasse au trésor.

Voici un très gentil petit film (sans être péjoratif) qui brasse de bonnes idées et un final surprenant. On retrouve Michael Douglas à mille lieux de ses interprétations classiques. Un film indépendant comme on les aime.