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OH ! QUE CA BOUGE ! N°16 (Avril 2007)

 

INTRODUCTION

Tandis qu’un candidat à la présidentielle française affirme sans vergogne le caractère inné de certaines préférences sexuelles, déviances ou propensions au suicide, les affaires continuent. Y compris sur eBay : « Ce qui me paraît significatif, c’est qu’il se joue à travers eBay une nouvelle séduction du capitalisme, dans la liberté qu’il laisse à chacun de jouer à la marchande, de faire ses petites affaires. Il y a longtemps les gens achetaient les objets dont ils avaient besoin, après ils ont voulu ceux qu’ils désiraient, qui leur donnaient un statut, maintenant c’est le simple fait d’acheter qui les divertit. » (Serge Tisseron, psychanalyste, auteur d’une étude sur les utilisateurs d’eBay, interrogé dans Libération, 17 avril).

 

MUSIQUE (CD)

Henry KAISER

INVITE THE SPIRIT 2006 - UK0297

Pochette UK0297.

TZADIK CD, 2006.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Hurum II
  • Extrait (format MP3) Candy for sale
  • Extrait (format MP3) Cactus Sinawi

Qu’est-ce qui m’enthousiasme et me transporte dans cette musique ? Les délires à la guitare de Kaiser, montées en puissance phénoménales, force radicale des improvisations audacieuses à donner envie de s’inscrire au championnat français de air guitar ! ? Surtout la part coréenne avec le chant pansori et les instruments à cordes pincées, raides, dures, aiguisées, égrenant un lyrisme glacial autant qu’enivrant ! Les instruments traditionnels coréens inaugurant les territoires de leur modernité déjantée pour dialoguer avec la guitare enflammée et offrir une exaltation chaotique intense, fertile, régénératrice. L’hommage à Derek Bailey est un des plus beaux qui puisse se concevoir, longue évocation cinglante et chantante (voix, cordes, percussion) de l’art de déconstruire, fragilité chancelante qui se fait progressivement force et fait danser ensemble les bouts disloqués de la musicalité. Sur une crête de haute altitude, bordée de vide. Vertigineux. Et toujours aux bons moments ces assauts soniques rudes et voluptueux de la guitare de Kaiser, bien rentre dedans, givrés, acrobatiques, guitare intello et musclée sans complexe, jouissant de la rythmique orientale qui la pousse vers ses extrêmes.
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Jon APPLETON & DON CHERRY

HUMAN MUSIC - UA6531

Pochette UA6531.

WATER, 2006. Enregistrement 1970.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Oba
  • Extrait (format MP3) Abo
  • Extrait (format MP3) Bao

Surprenant ! On l’avait eu dans l’oreille du temps du microsillon ! Mais on oublie et quand on le retrouve, on est frappé par l’étonnante modernité, inclassable, insaisissable… Aujourd’hui les rencontres entre l’électronique et l’acoustique ethnique sont tellement convenues ! ? Ici, elle est faite d’accidents et de tangentes, de fantaisies cosmiques, d’aventures interstitielles… Un terrain non balisé que les deux musiciens explorent. Don Cherry manie chant, flûte, percussions, trompette, toutes sortes d’objets musicaux qui lui permettent de rentrer en contact avec des dimensions spirituelles non occidentales, dans ce souci de montrer les autres faces du monde, les autres logiques, le fouillis de minorités… Jon Appleton utilise le synthétiseur d’une façon complètement désopilante, folle, irrationnelle, à l’encontre de la logique dominante occidentale ! Ça tient en haleine, c’est fascinant, toujours sur le point de se casser la gueule, plein de pirouettes, ça évolue comme une fable avec une multitude de passages inconfortables qui se résolvent par magie, légèreté.
Une liberté impressionnante.
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PETIT VODO

PARADISE - XP331M

LOLLIPOP RECORDS, 2006.

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Du blues, blues rock, sans prise de tête, bien trempé. Hommage et références à RL Burnside, T-Model Ford, Cedelle Davis…
http://vodo.free.fr
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VEDETTE

VEDETTE - XV273I

Pochette XV273I.

STILLL, 2006.

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Duo anglais sur label belge. Belle substance sonore bricolée, matière profonde faite de couches et de collages, d’accidents emboîtés. Une belle énergie, une lumière forte. Une face expérimentale bien maîtrisée et une face « mainstream ». C’est toujours agréable de voir ces deux faces se rencontrer, n’en faire qu’une…
www.vedettemusic.com

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LIVRES

Sylvie Tyssot, « L’Etat et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique », Seuil, Liber, 300 pages, 2007.
Sociologie.
Avec des analyses de discours (savant, politique, journalistique, administratif, statistique…) l’auteur retrace la généalogie de la notion de « quartier sensible ». L’enjeu est de montrer qu’il ne suffit pas, comme le font les médias, de faire du reportage sur le terrain, lors d’émeutes ou de faits divers remarquables, mais qu’il est indispensable de comprendre d’où viennent les concepts et les catégories utilisées pour interpréter les phénomènes. Cette étude montre comment, autour des problèmes des quartiers sensibles, une politique de réforme de l’état, de modernisation de l’Etat-providence s’est mise en place. Modernisation est à entendre comme néo-libéralisation. Au lieu de traiter les problèmes de fond, la pauvreté et l’inégalité de la redistribution des biens, il s’est agi de dépolitiser les problèmes en les territorialisant, en les ramenant à des problèmes « ethniques », des difficultés de voisinage. Ce qui a été mis en place, ce sont des politiques de contacts, de médiation, de « solutions des petits problèmes pratiques » et de positivation de l’image des lieux et des habitants de ces quartiers. Une politique de gestion des tensions. Les témoignages tendent à montrer que les habitants de ces quartiers, confrontés à cette "bonne volonté" apparente, mais déçus de ne jamais voir les vrais problèmes abordés ("vous ne pouvez soulever des problèmes que si vous vous pouvez apporter des solutions !"), se désintéressent des politiques menées. Cette politique de la ville, en contrôlant de mieux en mieux les effets de la « galère », y compris par les aspects sociaux mis en place, n’a fait qu’accélérer la désaffectation. Les citoyens s’impliquent de moins en moins dans les processus de concertation, les conseils… La « participation » encouragée des citoyens n’était tolérée qu’au prix d’une « relégation, voire une disqualification de l’action revendicative et protestataire », « au profit d’une gestion du « lien social » impliquant la dénégation des rapports de domination et des conflits de classe ».
Le dernier paragraphe de la conclusion est explicite: « Des quartiers en dangers aux quartiers dangereux ».

Un tel ouvrage est indispensable pour débusquer la simplification manipulatrice avec laquelle on nous parle des « quartiers sensibles ». Il offre aussi une grille d’analyse pour commenter, le cas échéant, des esthétiques artistiques (chanson, film, musique, installation…) qui viendraient s’inscrire dans les discours sur les «cités». (Voir plus loin, bref commentaire sur « Wesh Wesh ».)

  • Pour renforcer l’analyse de Sylvie Tyssot, voici une citation de Gérard Noiriel, tirée d’un entretien dans Le Monde du 13 avril, à l’occasion de la sortie de son nouveau livre (« Immigration, Antisémitisme et racisme en France. Discours publics et humiliations privées. ») : « Cela fait vingt ans que l’on colle l’étiquette « problème de l’immigration » sur des problèmes économiques et sociaux. Par définition ça ne marche pas. »)

 

Georges Didi-Huberman, « Le danseur des solitudes », Editions de Minuit, 2006
Philosophe, esthétique, scrute et analyse de façon remarquable nos relations à l’art. Dans des écrits plus théoriques comme « Ce que nous voyons, ce qui nous regarde » ou, de plus en plus souvent, dans de petites monographies en parallèle ou non avec une exposition. C’est un modèle d’écriture intelligente, sensible et éclairante sur les phénomènes artistiques.
Ce livre ici est consacré à un danseur de flamenco, Isarel Galvan. Descriptions et investigations philosophiques. C’est toujours ainsi que l’on devrait chercher à s’exprimer à propos d’artistes et de nos expériences esthétiques. De façon instruite, avec cette passion précise de l’amateur capable d’argumenter. Il établit bien entendu une série de correspondances avec l’art tauromachique ; il compare à la danse contemporaine, invoque Nietzsche, Deleuze… Et c’est avec le personnage beckettien qu’il compare essentiellement le danseur (»pour une certaine dramaturgie de l’espace et du temps »).
Un régal.
Extraits :
« J’ai quelquefois l’impression, à regarder Israel Galvan entre deux moments de démesure dansée, qu’il va, en effet, s’endormir. Je crois plutôt qu’il entre, psychiquement et corporellement, dans ses solitudes pour mieux écouter la musicalité qui sourd des battements rythmiques entre tourbillons et profils, mouvements et immobilités, crises et léthargies, hurlements gestuels et sommeil du corps. »
"Nous n’avons vu que temps affrontés dans les paradoxes qu’offre sa danse. Il faudrait désormais rendre compte, autant que possible – car la tâche est difficile -, d’une conjonction de niveau supérieur dans cet art mystérieux des gestes et des rythmes. Il y a une étrange suavité ou sensualité derrière chaque brisure effectuée par Israel Galvan."
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CINÉMA (salle)

«J’attends quelqu’un », Jérôme Bonnel, France, 2006
Un espace déterminé un bistrot, un hôtel de rendez-vous, une chambre de maison de repos, une maison, quelques rues, un bout de ville… Des personnages qui s’y croisent. Avec ou sans lien « consacré ». Mais tous sont en attente de l’autre, l’âme sœur, que cela s’exprime en recherche consciente ou non. Un garçon rôde sur les suites dune liaison qui a mal tourné. Y a-t-il moyen de restaurer une adéquation, de réparer ce que l’on a cassé ? Au-delà de la culpabilité et du remord, était-ce la bonne personne attendue ? Dans un couple qui ne va pas trop mal, le questionnement aussi affleure : est-ce le bon mari ? Le patron de bistrot, du genre à papillonner, en pince pour une prostituée qu’il visite régulièrement, à travers un type de relation qui exclut d’emblée le libre choix réciproque, la fille devient la personne attendue pour l’homme. Ainsi de suite, la caméra suit le fil d’un doute léger et permanent quant à la pertinence des couples en place. Chacun bouge imperceptiblement dans son rôle, sur sa trajectoire et l’on sent que cela pourrait donner d’autres compositions, d’autres agencements, d’autres accouplements, les personnages semblent légèrement vaciller comme sous les effets d’un coup de dès très lent, dont le résultat final n’est toujours pas fixé. Chacun cherche ou défend ses positions, selon un objectif ou sa volonté, mais le film nous les montre maladroits, touchants, dans le champ de l’aléatoire.
- Film d’un budget de 2,47 millions d’euros (20,63 millions pour La Môme)
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CINÉMA (DVD)

« Film », Samuel Beckett, Alain Schneider, VF0098, 1964
Un film court, noir et blanc. Le scénario ressemble à la structure textuelle des livres, à la vitesse saccadée des phrases. «Je vais avoir de la compagnie. Pour commencer. Quelques pantins. Je les supprimerai par la suite. Si je peux. Et les objets, quelle doit être l’attitude vis-à-vis des objets ? Tout d’abord en faut-il ? Quelle question. Mais je ne me cache pas qu’ils sont à prévoir. Le mieux est de ne rien arrêter à ce sujet, à l’avance. Si un objet se présente, pour une raison ou pour une autre, en tenir compte. Là où il y a des gens, dit-on, il y a des choses. » (L’innommable) Le personnage du film (dernier rôle de Buster Keaton) évoque inévitablement divers « héros » des romans. On pense aux déambulations de Molloy, à ses mouvements dans la chambre, à l’enfermement de Malone… Un avatar, une variante. Le film montre dans toute sa force intrigante le va-et-vient beckettien, tel que l’identifie Didi-Huberman en parlant du danseur de flamenco Israel Galvan : « Comme Beckett, Galvan se construit avant tout une aire du va-et-vient dans laquelle « ses pas [seront] nettement audibles, très rythmés. » Et rythmés d’un rythme où se disloquent les gestes dans un cas, les paroles dans l’autre. »

 

" Bled Number One", Rabah Ameur-Zaïmeche, VB0512, 2006
Ayant purgé une peine de présentation, le personnage pivot du film est expulsé et retrouve « ses racines » dans une petite ville de l’Algérie profonde. Il y a d’abord un certain bonheur, incertain, flottant, mais néanmoins radieux de retrouver quelque chose d’où l’on vient et qui semble plus accueillant que ce que l’on vient de devoir quitter. Mais petit à petit la confrontation entre ce personnage rejeté par une société développée, mais s’y étant intégré mentalement, et la société traditionnelle se transforme en lent cauchemar éveillé, sous un soleil de plomb et une lumière aveuglante. Tout se cristallise en situation explosive autour des pressions sociales violentes exercées sur une femme qui dévie du rôle qui lui est assigné. Sur place, il n’y a aucune solution, à part péter les plombs ou s’abrutir. C’est filmer proche du documentaire, lentement, sans scénario manichéen, les choses sont montrées dans leur émergence progressive, dans leur complexité immanente. Mais il y a une tension permanente, une force de l’image et de leur enchaînement qui tient en haleine. Sur cet écran, il se passe quelque chose. On nous parle des vrais problèmes, pas des constructions politiques et administratives qui servent à les évacuer. (Cfr. Le livre de Sylvie Tyssot)

 

« Moi, Toi, et tous les autres », Miranda July - VM0739
Frais et léger mais pas nunuche, non sans gravité. J’avais déjà flashé sur un CD de Miranda July, collage de textes, d’entretiens, de bouts sonores, d’éléments musicaux pour raconter des histoires prenantes dans leur fil décousu. C’était une sorte de cinéma sonore. En tombant dans la facilité, je dirais que les images et le montage de son cinéma sont très sonores, très musicaux. Facile, mais vrai. Dans un espace social déterminé (un quartier résidentiel, ses rues, ses maisons, son école, sa galerie d’art, ses magasins, ses services aux personnes âgées), le destin éclaté de différents personnages. Rien ne les prédestine à se rencontrer, à construire quelque chose ensemble. Ils semblent même traverser des mauvaises passes, avoir du mal à s’intégrer, à réussir leur truc, à s’épanouir. Même si c’est parfois de façon maladroite, voire inappropriée, ils semblent quand même avoir le souci de l’autre, l’envie de partager, de produire quelque chose d’utile à d’autres, à des tiers, à un collectif vague. Un bric-à-brac d’intimités blessées qui va finir par s’agréger en un dispositif, à créer du « vivre ensemble », de l’entraide. Dispositif bancal et poétique mais rayonnant, énergétique et coloré.

 

« Les amants réguliers », Philippe Garrel, 2005 - VA0294
Trois heures sur l’histoire d’amants emblématiques de 68 sans aucune scène de nu, aucun bout de chair dévoilé, exhibé par la caméra ! Un : ça fait du bien de constater que le cinéma a autre chose à montrer. Deux : ça peut sembler un détail, c’est la preuve que l’enjeu du film est ailleurs. Tout est dans l’atmosphère, la manière de rendre l’impact de l’atmosphère de cette époque sur les esprits, sur le mental. La première heure qui situe le contexte des batailles de rues opposant étudiants contre CRS ne s’attache pas à donner un sens à ce qui se passe, en collant à un fil narratif qui restituerait la «grandeur historique» de l’instant. On est au cœur de la bagarre, et comme quand on est plongé au centre du conflit, au milieu de la guerre, ça ne ressemble à rien, à la limite on ne comprend rien à ce qui se passe. C’est montré un peu à la manière de Claude Simon narrant la déroute des armées, la désorientation des troupes. Mais ce qui se trame là-dedans et qui avorte va être déterminant pour la vie d’un grand nombre de jeunes gens. Comme il a montré la naissance de ses amants réguliers, leur prédestination, à l’ombre des barricades, Garrel les réunit et situe l’histoire de leur union en plein dans le projet artistique. (Qui est, qui reste le moteur de 68 comme l’a très bien montré Luc Boltanski quand il analyse comment l’esprit créatif de 68 renouvelle le management, l’encadrement des entreprises en faisant prévaloir la valeur « artiste ».) Pas de déballage facile sur la liberté des mœurs, ce sont les visages, les yeux, les mouvements, les paroles, les expressions, les gestes, les tics, les vêtements qui sont scrutés, ce sont des atmosphères. Ce faisant, ce qui fait que ces deux-là sont des amants, qu’ils s’aiment follement, désespérément, saute aux yeux de manière bien plus forte que si on nous les montrait en train de baiser. (Rien n’est tu, rien n’est caché, il ne s’agit pas de pudibonderie mais de cinéma.)

 

« Wesh, Wesh. Qu’est-ce qui se passe ? », Rabah Ameur-Zaïmeche, 2003 - VW1523
maginons une série télé sur les « quartiers sensibles ». Il y aurait des « arpenteurs », ces agents officiels de la politique de la ville chargés d’encourager la «participation» des citoyens, d’organiser la concertation, d’écouter les doléances, de solutionner de petits problèmes… Il y aurait quelques jeunes désœuvrés tentés par des bêtises. Des méchants policiers. Des accrocs et finalement les arpenteurs souligneraient les bons côtés des jeunes en galère, les mettant sur le chemin des bonnes valeurs… Tout un scénario qui s’inscrit en droite ligne dans les intentions de la politique de la ville telle que décrite par Sylvie Tyssot : dépolitiser, faire participer mais en refoulant la contestation, positiver les habitants… Le film montre tout le contraire. Il n’y a rien. Aucune force positive, l’anomie absolue. Ici, on est dans le découragement, la conviction de l’inutilité de cette politique participative qui ne sert que de soupape de sécurité, qui refoule la contestation et les vrais problèmes de société. C’est un film auto-produit qui, justement, tente de repolitiser la question des quartiers en évacuant les scénarios bien-pensants ou manichéens, repolitisation nécessaire pour forcer de vraies solutions.
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EXPOSITION

Kendell Geers, « Auto – Da – Fé », B.P.S. 22, espace de création contemporaine, Charleroi, du 17/03/07 au 03/06/07
Les œuvres sont disposées de façon très aérée dans le large espace du BPS. Mais au fur et à mesure que l’on « rentre dedans », en lisant le «justificatif» des créations, des liens qui les unissent, j’ai l’impression d’un piège qui se referme, un piège latent dans la société, l’immanence de la violence qui affleure partout. C’est le genre d’exposition où il faut lire toute la littérature qui l’accompagne, qui tisse des liens entre des circonstances très locales, des événements historiques qui continuent à torturer la mémoire collective (l’apartheid en Afrique du Sud), et des banalisations de la violence mises en orbite de globalisation grâce à la télévision, le cinéma…
On imagine l’excellent travail possible, sur ce matériau, avec des écoles, au niveau de l’éducation à l’image, aux médias…
L’expo aura une continuation à Gand, au Smak.
Ça vaut sans problème certaines expos vues au Palais de Tokyo (Paris) !
http://bps22.hainaut.be
www.smak.be

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Pierre.hemptinne@lamediatheque.be

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