INTRODUCTION
La probité du jardinier : Gilles Clément, grand concepteur de jardin évolué, a rompu tous ses contrats avec l’Etat français dès la victoire connue de Monsieur Sarkozy.
La foi du charbonnier : le marché de la culture publique se porte mal, la Médiathèque est en crise, certains se demandent si elle survivra. Pourtant, nous sommes à un tournant, notre société, qui a poussé trop loin la logique du profit et l’illusion que le mécanisme de l’offre et la demande pouvait tout équilibré, harmonieusement, a besoin de non-marchand. A condition que ce secteur de production de biens symboliques parviennent à se positionner et rendre ses missions attractives. Il faut sans doute consulter le jardinier Gilles Clément, il s’y connaît, en graines et racines porteuses d’avenir.
On sait déjà qu’il faut rester au plus près de ce qui bouge : c’est là que les marchés culturels porteurs vont émerger…
CELEBRATE PSI PHENOMENON COMPA, 2006.
Musicien néo-zélandais Guitariste. Il relie son corps, son cerveau et ses fluides vitaux à une ou plusieurs guitares dotées de pédales et autres dispositifs dérivateurs du son. Chaque fois que le son dérive, de nouvelles familles sonores s’esquissent, de nouveaux chemins se tracent, de nouvelles synapses entre son appareil nerveux et les organes des guitares et tous les objets étrangers qui se greffent et deviennent organes aussi. Ce sont des mélodies faites d’accidents et d’obstacles. Charpies attentives. Distorsions qui bercent. Certaines pratiques musicales africaines, répétitives, jouées au « piano pouces », sont conçues pour soutenir le marcheur du désert en lui égrenant leurs infinies comptines cristallines. Cette musique de Greg Malcom me convient parfaitement pour soutenir de longues déambulations dans les dédales des nouveaux déserts post-modernes ! ! Il ne dédaigne pas, proposant des repères dans l’errance de ses cordes, reprendre un standard. Ici, « Prayer » de Steve Lacy. Et au fil de ses dérives sur ses guitares transformées, il croise les traditions africaines, blues, indiennes… Ça s’enchevêtre dans sa dentelle bricolée.
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INTAKT RECORDS, 2007. Enregistrement 2006.
Deux vieux briscards de l’improvisation, de l’exploration moderne des sons. Aujourd’hui, ans rien abdiquer de leur audace, leur langue brisée, juste sur la crête de l’informulé, atteint la clarté évidente d’un classicisme abouti jamais rance (ni conservateur). De longues plages pour développer un style de phrasés parachutés dans la nature, à grande distance les uns des autres, modules antinomiques de nature à exploser s’ils se touchent, et puis quand ils s’ouvrent complètement, une logique mélodique les relie par des nervures aiguisées, flottantes, nervures presque transparentes. (Cela fait penser aux équilibres fantasques, improbables représentés par Fischli & Weiss, objets qui mettent de bonne humeur.)
Il y a des exorcismes presque dansés, plein de corps « Tarentella Rusticana ») et des bouillonnements intérieurs, chuchotés, mais plein d’allant (« Old Times Roll – NewTimes Goal ») L’hommage à Peter Kowald est une ligne d’horizon, crépusculaire, pleine de retenue et de souffle, l’inspiration subsiste.
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KAIROS, 2006. Enregistrement 2001.
Pour chœur, solistes (soprano, ténor, flûte, trombone, electronics, piano), orchestre symphonique. Cette œuvre de deux heures construite en quatre parties sur le thème du "Cantique du cantique", ce dialogue allégorique entre Dieu et le peuple d’Israël qui prend la forme d’un dialogue d’amour entre un homme et une femme, n’est pas une franche rigolade ! C’est du costaud, de l’ambitieux avec une construction complexe et subtile. Lyrisme et tension sont au rendez-vous, (Combien d’écoutes avant qu’une telle composition devienne familière de bout en bout ! ?) J’aime particulièrement l’interlude « Koân », fin de la troisième partie; un cheminement d’incertitude, de questionnement, d’effrois éparpillés, de répétitions timides, de prières perdues et défaites, de rédemptions monumentales fugitives…
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EPITAPH EUROPE, 2007.
Grand classe. Même pour un profane comme moi, ça en jette, ça impressionne, ça baffe. C’est puissant sans être massif, plutôt virevoltant, ça dégage un souffle incroyable, une rage illuminée. Quel débit punché, jamais embourbé ! Sage Francis ne tombe pas dans les ornières hip-hop, il manie une palette musicale très large. Dans la plage « Got up this Morning » le beat de Buck 65 se marie avec un le petit trot d’un blues à l’ancienne, lumineux, dégagé. Magique. Une à une surgissent des chansons simplement mémorables (« Clickety Clack »), des trouvailles. La dernière plage commence par une déclamation poétique pas piquée des vers.
www.sagefrancis.net
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« Still Life », Jia Zhang Ke, 2006
Un cinéaste au-dessus d’un gouffre grouillant de vie et de démolition. Porte du paradis ou trou de l’enfer. L’image tente d’embrasser ce lieu où se construit le plus grand barrage entraînant la disparition de villes entières et un déplacement impressionnant de population. Il semble qu’aucun panoramique n’est suffisant pour embrasser l’ampleur du chantier. Les plans larges en général brumeux accentuent l’impression d’un fantasme incommensurable, presque une vue de l’esprit, quelque chose relevant de l’onirisme, le genre de projet fou qu’un dictateur forge dans les consciences pour fixer un but grandiose à une nation, but grandiose où le peuple va s’abîmer en s’imaginant contribuer au progrès de l’humanité. Ces plans larges coupent le souffle. Mais ils épuisent la caméra et elle plonge dans les gravats où l’on retrouve l’activité humaine. Misérable. Beaucoup de crèves la faim trouvent là un boulot de forçat, démolir les constructions, les habitations à la masse, à la pioche ! Dantesque. On passe ainsi du magnifique au misérable. Des brumes poétiques du fantasme totalitaire à la sueur et au choc de la survie grâce au muscle. Le cinéaste scrute, fouille, essaie de représenter les mécanismes qui permettent la réalisation de ce monstre de barrage. Portrait d’une population broyée par la formidable « machine en avant » du régime chinois. Le bond économique est porté par une fourmilière où règne le Moyen-âge. On imagine aussi que cette situation est rendue possible par les dégâts du communisme : les travailleurs dans les ruines semblent s’accommoder d’une limitation flagrante de leur individualité, de leur liberté, de leur singularité. On sue sang et eau, les loisirs sont excessivement limités, l’espace intime est quasiment inexistant. Le contraste existe : de grands seigneurs enrichis passent, sur une autre planète. Dans ce bordel sans nom Jia Zhang Ke s’attache a destin de deux personnages qui, chacun dans leur sphère, recherchent leur « moitié ». Là aussi, c’est l’occasion de montrer comment la société organise la vie privée, influe sur les relations amoureuses, et comment les unions sont fragiles quand la misère permet la réalisation de mariage en achetant une femme à une famille ou quand, dans un couple modeste, l’un des partenaires parvient à mettre le pied dans le turbo véreux du succès économique. Ce sont des ruines humaines, meurtries mais palpitantes, parmi les ruines de maisons. Il n’y a pas construction manichéenne, ni même militante contre le régime. Jia Zhang Ke montre, il continue son travail presque documentaire sur l’état de la Chine « arriérée ». Le film est « lent » (comme on dit pour signaler qu’il n’y a pas une intrigue qui prime, crée un suspens, pas de musiques, pas de jeu d’acteurs mis en avant…), mais chacune de ces images stimulent une envie très forte d’avaler ce qui se passe dedans, d’embrasser au maximum les signes du destin qui marquent dans le paysage, les bateaux, les motos, les cuisines, les murs esquintés, la cigarette qui circule dans un groupe… C’est un cinéma qui montre autre chose que le cinéma (ces acteurs, ces scénaristes, ces compositeurs de musique, ces studios…) et permet de se connecter à ce qui se passe dans la vie. Il propose un regard sur le monde, et ce regard amplifie le nôtre; j’ai le sentiment par contre que le cinéma qui ne montre plus que le cinéma, entrave à chaque fois ma capacité à regarder l’écran et la vie au travers. (Le regard passe au même endroit dans le film italien « La Stella che non c’è » de Gianni Amelio, un film qui passe à côté du sujet chinois, qui ne montre pas grand chose parce que le cinéaste a besoin d’inventer un prétexte invraisemblable, limite débile, pour justifier ses images sur la Chine actuelle.)
- Le cinéma de Jia Zhang Ke à la Médiathèque.
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"Une vieille maîtresse", Catherine Breillat, 2007
J’étais curieux de voir se rencontrer le style de d’Aurevilly et celui de Breillat, à priori évoluant dans des sphères très différentes. J’y voyais, à tout le moins, pour la cinéaste, l’occasion de se frotter à l’image de la femme et de la sexualité dans la littérature « décadente » du XIXème siècle mais probablement aussi, une fascination pour cette écriture et cette capacité à dire la volupté. Bien qu’écrivain très réactionnaire (vous y trouverez des phrases joliment tournées dénonçant les effets néfastes de l’éducation sur « l’éternel féminin »), ses romans m’ont régalé à une certaine époque. J’aimais la langue et les constructions un peu ampoulées, les musiques compliquées, les changements de respiration.
Voici un échantillon, un petit extrait de la description d’une femme, la comtesse de Mendoze :
« Ainsi Dieu ne l’avait faite qu’avec des nuances. Mélange unique de clartés sans fulgurances et d’ombres lactées, elle berçait le regard en l’attirant et très certainement elle eût produit l’engourdissement magnétique des choses vues en rêve, sans l’ardeur sanguine de ses lèvres, qui réveillait tout à coup le regard, énervé par tant de mollesses, et montrait, par une forte brusquerie de contraste, que le cœur de feu de la femme brûlait dans le corps vaporeusement opalisé du séraphin. Mme de Mendoze avait cette lèvre roulée que la maison de Bourgogne apporta en dot, comme une grappe de rubis, à la maison d’Autriche.’ Wouah !
Il y a d’une part une sensualité exacerbée et d’autre part cette volonté de faire de la description de la nature féminine son objet d’écriture privilégié, une volonté de plier cette nature à l’exactitude folle de sa plume. En même temps, quelle langue s’exprime encore ainsi ? Même en retirant les aspects excessifs et « datés », quelle langue aujourd’hui cherche encore cerner de cette manière la complexité d’une physionomie, d’une physiologie, en cherchant mettre des mots justes et à rendre visible ? Sans doute, ce sont des éléments qui ont dû intéresser Catherine Breillat. Elle adapte plus ou moins le maniérisme de sa caméra au maniérisme des phrases de l’écrivain, il y a des deux côtés un brin de pédantisme, d’où la fascination entre les manières de faire. Elle nous fait grâce des constructions de scénario en costumes où prime l’intrigue et le décor d’époque genre téléfilm. Et elle plonge avec délice dans ce huis clos de la haute société parisienne où ce qui semble intéresser les hommes est l’assujettissement des femmes pour leur plaisir et ce qui semble occuper les femmes est la manière de tirer le meilleur parti de ce dispositif. En même temps, ce qui vient perturber ce jeu et sa répartition des rôles sociaux, c’est l’attractivité de la « vieille maîtresse » (« vieille », ici, est relatif, concerne la durée exceptionnelle d’un lien amoureux et charnel, et on vous parle d’un temps où l’on se considérait déjà « vieux » à trente ans !Elle symbolise la sexualité féminine qui échappe à la mise au pas masculine, qui s’épanouit librement en fixant elle-même les règles de la jouissance, en devenant maîtresse des techniques de plaisir. Mais « perturber » n’est pas le mot. Il n’y a pas de perturbation, le scandale n’est que fait divers mondain. La répartition du traval sexuel est bien réparti entre les épouses et les courtisanes. C’est très honnêtement traité. C’est au moins un film qui essaie quelque chose par rapport à un héritage fictionnel (telle littérature qui a eu une grande importance dans la fixation des modèles de la femme), de manière originale, personnelle, ça raconte quelque chose par ce biais là, plus que par les éléments narratifs puisés dans le roman.
- Le cinéma de Catherine Breillat à la Médiathèque
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Jacques T. Godbout, « Ce qui circule entre nous. Donner, recevoir, rendre. » 397 pages, Seuil, 2007
L’auteur appartient au mouvement MAUSS : mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales, mouvement inspiré par les travaux de Marcel Mauss, anthropologue réputé pour ses études sur le don. Ce qui circule entre nous, ce sont tous ces biens, matériels et immatériels qui structurent ou déstructurent les liens, ce qui constitue le social, la société. Le modèle dominant de circulation est le modèle marchand: tout est basé sur l’intérêt, le calcul, la stratégie, le donnant donnant. Le livre n’entend pas démonter ce système et s’inscrire dans le renforcement antinomique entre tenants et détracteurs du marché mais bien plutôt de démontrer que le marché ne fonctionne pas sans une part significative de liens relevant d’une autre logique, alimentant d’autres systèmes d’échanges que ceux basés sur le profit. D’un examen de la littérature classique sur le don et sa constitution complexe, voire dangereuse, (parfois un peu fastidieux, avec ces affrontements sur la «pureté» impossible du don), on est conduit ainsi dans ce qui alimente notre société, à passer en revue ces comportements qui ne sont pas exclusivement guidés par l’intérêt matériel, marchand. C’est cette part du don qui prend en charge la reconnaissance de l’autre, la possibilité de croire en quelque chose, le sens du partage, la motivation, l’attention à soi et aux autres…
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Karen Blixen, « La ferme africaine ». (« Afrique », Quarto Gallimard, 2007)
Attiré par un « classique », par la littérature féminine, par un regard de femme sur l’Afrique à l’époque coloniale. Il n’y a pas de racisme pas de sentiment de supériorité du blanc sur le noir. Mais un certain paternalisme, l’utilisation des termes « indigènes » reflètent un état d’esprit, une mentalité dont il devait être difficile de se défaire. Il n’y a pas de malveillance. Il y a quelques passages où, brièvement, elle stigmatise le racisme de quelques coloniaux typiques, par exemple ce médecin anglais qui accepta une fois, pour lui faire plaisir, de soigner une « indigène »; ou quand elle cite les propos d’un belge : « Il faut enseigner aux indignes à être honnêtes et à travailler. Rien de plus. » Elle rappelle aussi une fois que les Européens sont quand même venus bouleverser la vie des populations africaines. Mais elle s’inscrit dans un colonialisme bienveillant, essayant d’être juste avec son personnel « indigène ». Elle retrace à merveille le climat, l’état d’esprit des colons, leurs contradictions aussi, leur appel des espaces vierges. Le goût des grands safaris. Le livre est une série de récits et de croquis et ressemble peu au scénario du film à succès de Sydney Pollack. Les descriptions de paysage, de faunes, de vie avec les indigènes éveillent en moi pas mal de réminiscences.
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Claude Simon, « Le Vent », Gallimard, La Pléiade
J’ai continué la relecture de Claude Simon, par petites gorgées. Au chapitre XIII, page 135, je m’arrête sur ce passage qui se révèle pour moi un moment clef du texte : « Puis la porte lancée de nouveau à la volée. Et le silence. Et seulement, au-dehors, de nouveau, le vent oublié, tenace, les sporadiques et soyeux bruissements frôlant les murs comme la course d’un voleur chaussé d’espadrilles, s’enfuyant le long des murs comme le temps fuyant, filant irrémédiablement, le sang s’écoulant d’une blessure par où le corps se vide, la vie, dans un lent désespoir, et quelque part les battements d’un volet mal attaché ou encore quelque chose dégringolant, une tuile rebondissant sur une corniche, un balcon, les pavés, puis plus rien… » D’abord c’est plein de musiques composée d’une part des bruits et silences évoqués et des rythmes et sonorités des mots choisis. Mais surtout il y a cette courte description de l’action du vent, inlassable, permanente, même quand on ne l’entend plus, description à laquelle répond d’autres passages sur le mode figuratif ou allitératif… Quelques pages plus loin, par exemple, le personnage, dans un état second dû à la fatigue, la sous-alimentation et un choc émotionnel, se verra administré une ou deux claques par un flic et cela ressemblera exactement au bruit de ces tuiles rebondissant. Le vent ainsi saisi, c’est l’agent révélateur du texte qui se lève. Le personnage passe pour assez terne, insipide, il s’exprime rarement de façon tranchée, il bredouille surtout. Il a une certaine volonté tenace, mais tout en se laissant porté par les événements. Le style de Simon, en décrivant aussi complètement tous les éléments connectés dans un mouvement, dans une action, donne cette impression aussi de figer l’action à un seul moment, de traiter de l’immobilité immanente. Dans cette immobilité, le personnage terne est travaillé par le vent, buriné, sculpté, creusé et il devient de plus en plus orné. Complexe et baroque de par le fait de l’action des pressions extérieures, comme le vent, sur son écorce, sur son destin. Toute l’histoire, somme toute un enchevêtrement de faits divers, ausculté, buriné par la plume de Simon, à la manière du vent qui sculpte le sable, se transforme en tableau baroque, tellement il en fait ressortir le moindre ressort, la moindre décoration, pas un détail n’échappe, en retable baroque.
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« Courants d’air », 7M3, Mons (Médiathèque), Atelier de sculpture de l’ESAPV
Des formes de papier, des corps informes, incarnations légères d’organes chimériques, d’intériorités schématiques, de formes qui hantent une vie spirituelle (car les êtres obsessionnelles qui animent nos pensées ressemblent à ce genre d’informe). Ces espèces moléculaires géantes, branchées à de drôles de machines respiratoires, se mettent à vivre. Vibrer. Respirer, expirer. Se gonfler, se dégonfler. L’air, principe de vie, comment l’esprit s’empare de la matière. Ces courants d’air sont déclenchés par le passage des curieux qui regardent l’expo, déambulant le long de la vitrine. Très belle réalisation.
http://www.lamediatheque.be/loc/mon/activites/expositions/index.php
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Philippe Mayaux, « A mort l’infini », Prix Marcel Duchamp 2006, Centre Pompidou, Espace 315
C’est agencé comme un magasin «prix terrifiants», avec des allures de Palais ou de salle initiatique (un peu aussi certains palais du sexe tarifé). Beaucoup d’objets clinquants, alignés, et obscènes, symbolisant le marchandage des cœurs, les bas instincts, la grande bouffe… Aussi de belles vitrines remplies de moulages blancs (d’armes) et qui évoquent les carnages, le pilier militaire de notre civilisation. Ce n’est pas qu’une accumulation hétérogène. L’ensemble crée un climat qui devient menaçant si on le scrute trop longtemps. Les fadaises montrent de plus en plus les dents. C’est marrant, allez. (Philippe Mayaux est né à Roubaix en 1961)
www.centrepompidou.fr
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« Chez Silvano », Liège
Cuisine italienne recherchée, créations harmonieuses. Lasagne d’aubergine au ragoût de mouton, carpaccio de canard à l’huile truffée, filet de bœuf à la réduction de chianti et baies de genévriers… C’est raffiné et savoureux. Les accompagnements de légumes sont soignés. Les portions sont bien étudiées : sans alourdir, elles ne laissent pas un goût de trop peu. La carte des vins italiens est enivrante. Le service agréable. La salle confortable.
http://www.chez-silvano.be/
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Pierre.hemptinne@lamediatheque.Be
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