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OH ! QUE CA BOUGE ! N°22 (OCTOBRE 2007)

 


INTRODUCTION

jardinsÇa m’intéresse de lire comment Norma Rush dissèque l’histoire d’un couple (« De simples mortels »), mais, les affres du couple Sarkozy, j’aimerais autant qu’on me les épargne. Les journalistes se justifient : ce n’est pas anecdotique, ce n’est pas people, c’était un dispositif de sa campagne… C’était un dispositif de sa campagne dès lors que les médias le relayaient en tant que tel. Informer, c’est faire des choix, proposer des éclairages. Mais la main mise de Sarkozy sur les médias ne passe pas que par ces relations influentes dans la presse. Il fait vendre aussi.
Pour éviter de trop entendre de nouvelles superflues sur Sarkozy, je préfère m’abstraire des médias, contempler un bout de jardin ! [retour]

 

 

MUSIQUE (CD)

 

Ludwig van BEETHOVEN

CONCERTO 5 "L'EMPEREUR" / SONATE PIANO 28 - CB2592

Pochette CB2592.

DGG, 2007. Enregistrement 2006.

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Extraits sonores
    Extrait (format MP3) (1.) Concerto pour piano et orchestre n°5, Mi b "L'Empereur", Op. 73Extrait (format MP3) (2.) Sonate pour piano n°28, La, Op. 101


Le premier microsillon vraiment à moi, cadeau de mon grand père maternel, c’était le concerto N°5 (y était joint un « best of » d’Armstrong, déjà un signe d’éviter enfermer les goûts dans un seul genre ? !). Je ne suis pas assez connaisseur en musique classique pour caractériser cette interprétation, voici ce que je peux dire : elle me restitue ce concerto dans toute sa majestueuse brillance initiale, dans toute sa force mélancolique inaltérée, aussi clair et puissant qu’à la première écoute (qui fut une révélation !). Je n’ai pas l’intention de comparer les versions, la récente et celle de l’époque (je ne pourrais plus l’identifier). Mais il sonne, avec Hélène Grimaud, tel qu’idéalisé par mon souvenir. À la perfection! La complexité tempétueuse, la charge exaltante de l’allegro cavalant sur des doutes crépusculaires égrenés comme des perles, s’éclipsant, revenant de plus belle, guerrier; et la ballade méditative dans les ombres rougeoyantes de l’adagio, où semble s’élaborer une nouvelle stratégie pour échapper à la nuit... [retour]

Jean-Louis MURAT

CHARLES & LÉO - NM8820

Pochette NM8820.

V2 MUSIC FRANCE, 2007.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Sépulture
  • Extrait (format MP3) L’examen de minuit
  • Extrait (format MP3) À une mendiante rousse


Je reste dans les souvenirs (automne) ! ? Bon sang, les Fleurs du Mal par Ferré, magnifique microsillon illustré par Szimkovicz, l’a-t-on bien usé ! Parce qu’il rappelait et exploitait la chair de poule éprouvée aux premières rencontres avec Baudelaire. Aussi je me suis précipité sur ce Murat chante Baudelaire avec musiques esquissées par Ferré. Je suis intoxiqué par le souvenir : d’abord la grandiloquence criarde de Ferré manque, le maniérisme dandy de Murat énerve ! Puis ça travaille. Ce qui reste en premier dans la tête est la musicalité très « Ferré », dans laquelle le Murat baudelairien se coule à merveille (au moins ici Murat chante quelque chose de précis, écriture sans déchet, poésie sans approximation, ça lui va bien). Je réécoute, encore et encore, certainement c’est une réussite ! J’avale le maniérisme muratien. Ce qui subsiste réellement est le désir de reprendre la lecture de Baudelaire, seul, dans le silence de la nuit, en guise d’examen de minuit, et de renouer avec la manière de « musicaliser » ces poèmes toujours impressionnants, selon sa propre manière de lire, de les rythmer, de les faire sonner intérieurement . Ça reste la meilleure interprétation possible. [retour]

 

 

Frank GRATKOWSKI & MISHA MENGELBERG

FRANK GRATKOWSKI VIS-À-VIS MISHA MENGELBERG - UG6687

Pochette UG6687.

LEO RECORDS, 2006. Enregistrement 2005.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Gehackter preis mix

Saxophone alto, clarinette, clarinette basse et contrebasse; piano.
Ça dialogue merveilleusement bien ! C’est un peu niais comme déclaration ! Mais à n’importe quel moment, je peux écouter une plage de ce CD et c’est l’effet, rassurant, que ça me fait. La qualité de l’échange, démocratique, sans simplification, sans occultation des divergences, que du contraire. La verve facétieuse de Mengleberg est pleine d’esprit, un peu tressautante, recherchant les angles de fuite. [retour]

 

 

Média FN4459

Référence incorrecte (Attention aux espaces !)


Théâtre musical sur l’œuvre de David Lynch. Livret d’Elfriede Jelinek.
Formidable texture sonore, comme un commentaire sur le film de Lynch, et qui en épaissit encore le mystère ! Qui correspond à merveille à ce mystère (même si le livret propose une vision rationnelle, explicative, je n’y crois pas, ça reste avant tout de l’ordre des ténèbres du désir) ! Une narration musicale paranoïaque qui semble ne conduire nulle part. Elle coule, s’éparpille, se condense, se contracte, mollit, repart en tous sens, se rassemble, frappe, pose son nœud coulant d’angoisse puis relaxe l’infini, se confond avec un silence que l’on chiffonne comme un papier glacé.
Texte intéressant de la compositrice qui se conclut ainsi : « Ce qui reste à la fin, c’est une chronique de la violence, de l’amour, de la perte et de la douleur. Mais peut-être est-ce justement là que se situe le point final annonciateur du pressentiment d’un autre projet de vie… » [retour]
Parmi les solistes, des musiciens actifs dans des circuits parallèles au classique : le guitariste Burkhard Stangl, le chanteur David Moss (= Mr Eddy/Dick Laurent)

 

 

ANIMAL COLLECTIVE

STRAWBERRY JAM - XA544V

Pochette XA544V.

DOMINO RECORDING COMPACT (UK), 2007.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Unsolved mysteries
  • Extrait (format MP3) For reverend green


Mon fils me raconte que son coiffeur (« Le Coiffeur », Mons) écoute le dernier Animal Collective en disant : « ils ont réinventé la musique ». Exagéré bien sûr, mais j’avoue avoir éprouvé quelque chose qui pourrait se traduire par ce genre d’enthousiasme à l’emporte-pièce! Disons que je n’avais plus entendu depuis longtemps de chansons aussi évidentes, comme non voulues, non calculées, venant d’un univers sonore où la chanson n’est pas la règle. J’ai eu un autre flash à propos de cette musique: en revoyant à l’Orangerie des toiles de Soutine, figures tordues, viandes essorées, pleines d’un lyrisme maladif, déséquilibré,  j’ai vu les mélodies d’Animal Collective, du moins certaines d’entre elles, comme la première du CD, « Strawberry Jam », même genre de coups de pinceau pour secouer la noise, l’affoler, lui incorporer un autre destin et soudain la faire chanter. [retour]

 

LIVRE (Roman)

Norman Ruh, « De simples mortels », 839 pages, Fayard, 2007
Voici le deuxième roman de Norman Rush dont l’action se situe en Afrique. Un style parfois un peu pesant, c’est que l’auteur avance méticuleusement dans la description et l’examen de son sujet. En cherchant à ne rien omettre de la complexité. Et il y en a dans cette autopsie analytique de l’amour et du mariage dont un des prototypes est un agent de la CIA actif au Botswana. Les considérations psychologiques croisent les réflexions sur les relations entre l’Afrique et l’Occident. La lourdeur petit à petit devient une formidable machine qui s’emballe. Voici ce qu’en dit Le Monde dans son édition du 5 octobre : « Faits d’une alternance entre de très longs passages analytiques et une fresque extraordinaire de l’Afrique post-guerre froide, le roman bâtit un monde clos, en dépit des immensités qu’il décrit. L’amour et le mariage, examinés avec passion, la communauté formée par les Blancs de Gaborone (et au-delà, la présence des Etats-Unis en Afrique), les projets utopiques des uns et des autres : tout renvoie à l’idée d’entités repliées sur elles-mêmes. Et tout ressemble un peu au bureau où reçoit Boyle, le responsable local de la CIA : une pièce secrète, sans ouverture sur l’extérieur et qui « avalait les sons. » [retour]

 

LIVRE (Philosophie)

Pascal Michon, « Les rythmes du politique. Démocratie et capitalisme mondialisé ». 312 pages, Edition Les Prairies ordinaires, 2007.
Pascal Michon s’en prend aux héritiers de la pensée critique (Foucault, Deleuze…) qui, faute d’adapter leurs outils d’analyse, ne font que se rallier à la pensée dominante. Sous le titre « Cadences postmodernes », voici un extrait de ce qu’en dit un article du Monde : « La pensée critique avait raison de défendre la mobilité contre les rigidités d’une époque où les « blocs » homogènes de tradition et de totalitarismes restaient à abattre. C’est moins légitime dès lors que l’"adversaire" a pris la figure d’une société globalisée, où l’hyperdynamisme libéral règne en lieu et place du bon vieux « capitalisme monopolistique d’Etat ».
L’auteur se propose d’adapter la pensée critique à un contexte de fluidité, où la « rigidité d’un pouvoir central » aliénant se trouve dilué dans une fausse souplesse. Et pour cela il élabore une expertise des fluides, il devient spécialiste des « rythmes sociaux » insidieux qui pèsent sur la qualité d’individuation des personnes. La démonstration est intéressante théoriquement, et même emballante. Mais elle repose sur des écrits parfois anciens, qui datent et qui donc ne peuvent pas (il me semble) avoir pris la mesure de ce qui se passe maintenant; sans doute cela sert-il à donner un fondement à sa posture. Et il manque d’exemples: comment agir, par où commencer, quels impacts rechercher avec quels outils… Mais, avec ses défauts, la lecture est vivifiante, c’est déjà ça ! [retour]

 

Cinéma (DVD)

" Paul dans sa vie", Rémi Mauger - TJ6941
La dernière saison d’un paysan non-productiviste. Paul travaille toujours à l’ancienne, essentiellement à l’écoute de la terre. Le documentaire n’est pas un strip-tease où l’on débarque vite fait dans l’anecdote des vies des individus. Il y a une véritable plongée dans ce qui constitue la vie même de ce paysan, le film épouse le rythme de vie des activités de la ferme. Il y a une formidable anthropologie des gestes, des manières de faire, des attitudes, toute simple, sans pathos. L’image cherche à restituer en quoi consiste la pensée paysanne dans ses relations avec la nature, le bétail, les outils… Les paysages sont magnifiquement filmés, les champs et les pâtures en proximité de la mer (La Hague). C’est aussi une méditation sans réponse sur un monde qui change. [retour]
Lire le texte de présentation de Catherine Mathy.

« La forêt oubliée », Köhei Oguri - VF0182
Très beau travail poétique, des adolescentes inventent une histoire à partir de leur quotidien, de leur environnement; histoire qui se ramifie, traverse le destin de différents personnages de la communauté, recoupe des restes de tradition, d’imaginaire collectif, histoire qui prend de l’ampleur, se gonfle, s’élève de plus en plus au-dessus du réel pour le surplomber, le voir autrement, lui échapper… Aspiration bien adolescente. À la fin, fantasme et réel ne font plus qu’un, passé, présent et futur se promènent dans la même forêt… [retour]

« Hic », Gyorgy Palfi - VH0089
Réjouissante construction cinématographique, comme un mouvement perpétuel d’images. Portrait sans paroles compréhensibles, sans dialogue, d’une communauté rurale. La magie vient de l’engrenage, de la connexion entre les séquences, tout semble lié et fonctionner ensemble, les scènes animalières, les travaux des champs, les nuages, le repas de famille, les divers crimes bien ordinaires… Un coup d’œil, une malice et une ingéniosité rafraîchissantes. [retour]

« Sangres », Amat Escalente - VS0347
Diego, impressionnant personnage d’abruti, d’amorti. Le genre qui subit son destin. Planton dans une administration, sa femme Blanca travaille dans un fast-food. Petit logement social dans une banlieue minable, caserne. Le quotidien est fait de « tele novelas », de sexe, de bouffe sans grâce. La passion pourtant couve là-dessous puisque Blanca le terrorise de sa jalousie, surtout quand il s’agit d’accueillir la fille d’un premier mariage. Contraste fascinant donc: une vie d’une platitude désespérante abritant néanmoins l’expression bancale d’une passion excessive. L’apparition de sa fille paumée, la tyrannie de sa femme, ces énergies contradictoires perturbent Diego, le désemparent. Bien sûr ce sera : « courage fuyons. Sauf que ce n’est pas si simple, cela n’est pas présenté comme une lâcheté caractérisée, mais comme la seule manière qu’il trouve de faire front. Et quand le drame lui fait péter les plombs et qu’il s’écarte de son existence banale, ce sera pour une échappée dérisoire. Et pourtant, aussi bénigne soit-elle, la confusion le rapproche d’une fuite poétique. Il y renonce bien entendu. Magnifique travail pour capter l’âme de ce personnage, par ses yeux, les expressions fades de son visage, les moues désenchantées. Et il y a bien une âme, c’est là que réside la grande surprise. La photo est superbe, les cadrages toujours signifiants, ils comportent rarement des choses gratuites. Que soit pour restituer le quotidien (la table qui se démantibule sous le coït, les assiettes que l’on vide dans la poubelle, la posture du planton devant sa porte, la pose sur le divan avec les chips…) ou pour saisir l’extraordinaire au creux de cette masse amorphe (la coccinelle blanche immobilisée devant une montagne de déchets et la courte avalanche de détritus…). Dans le détail, l’insistance, les accentuations, on peut aussi profiter d’un humour noir incisif. [retour]

 

ARTS PLASTIQUES

  • J’ai enfin eu l’occasion de contempler les Nymphéas de Monet (L’Orangerie, Paris). Les salles sont spectaculaires, conçues comme sanctuaires mais sans rien d’imposant, vaste chapelle apaisante. Quant aux toiles, elles invitent vraiment à plonger dedans, à se noyer. C’est confondant, ces coins d’étangs, de jardins, grandeur nature. La dilatation méditative. Quel travail dingue pour restituer, avec une telle minutie hypertrophique, l’impression qu’imprime le paysage dans le mental et donner à voir de la sorte la réalité d’un paysage mental, fluide, fleuri, aux lumières piégées, changeantes. On se conforme au rythme conventionnel des visiteurs, il faudrait rester une heure! Et voir sans cesse les japonaises poser devant la magie de ces plans d’eau. [retour]

 

Les Nympheas Les Nympheas 2

 

 

  • A Beaubourg, j’ai vu une partie de l’exposition « Correspondances » (Victor Erice/Abbas Kiarostami), et j’y ai consacré quand mêmKiarostamie deux heures ! Retrouvé avec plaisir la lenteur d’Erice. Au centre du dispositif, un écran double face les sont projetées les lettres cinématographiques (caméras numériques) que les deux cinéastes se sont envoyées en préparation de cette exposition. Intéressant de voir comment, en image, ils cherchent à s’expliquer, à mieux se connaître, à croiser leurs imaginaires et leurs styles. Dans la partie Kiarostami, l’installation « Forest without leaves » est une sorte de caisson sensoriel puissant. Un bout de forêt grandeur nature, les troncs constitués de milliers de photos numériques parfaitement ressoudées. Les parois sont des miroirs et donnent l’impression d’un infini. On entend les cris d’oiseaux (corbeaux) dans l’étendue gelée de l’hiver. On est au cœur de la forêt, là où l’on peut se perdre et quand on cherche son chemin, on bute sur son double…Photos, installations vidéos, projections de films, c’est très riche… [retour]
    Voir aussi sur le site du Centre Pompidou

 

 

GASTRONOMIE

Restaurant Hélène Darroze (4, rue d’Assas, 75006 Paris)
Restaurant Helene DarrozeDisons le tout de suite pour éviter les malentendus : ce n’est pas avec mon salaire, même promu, que je peux fréquenter ce genre de table, mais grâce à un petit héritage. Je suis attiré par la cuisine d’Hélène Darroze, je l’expérimente régulièrement à partir de son livre depuis deux ans, je voulais au moins une fois goûter l’original. Je redoutais un peu le cadre et l’atmosphère d’un « deux étoiles » : c’était inutile, la salle est chaleureuse et confortable et l’ensemble du personnel est souriant, attentionné, simple, efficace, facile au dialogue, rien de guindé. La sommelière est particulièrement intéressante, esprit acéré, pas pédante, ses conseils font mouche: délicieux Languedoc en apéritif et pour le repas un Sainte Roseline 2003, vin de Provence, vraiment enchanteur. Nous avons testé le menu «signatures» qui change au gré de l’inspiration, des saisons, de la création de la chef (absente ce soir là pour cause de rugby). Voici la composition approximative: tartare d’huîtres, crème d’haricots du Béarn, caviar d’Aquitaine; foie gras dans une croûte d’épices (poivres rares), chutney fruits exotiques; risotto à l’encre de seiche, chipiron, chorizo, calamar et émulsion de parmesan; langoustine aux épices tandoori, purée carotte et agrumes; poitrine de pigeonneau « goutte de sang », navet glacé au citron vert; un plateau de fromage exceptionnel que l’on peut accompagner d’une confiture de piment d’Espelette; brochette de fruits rouges, guimauve et glace; un autre dessert au caramel… Et au café, c’est un autre chariot couvert de biscuits, mignardises, macarons, chocolat… C’est beaucoup, mais les portions le permettent, le rythme est ajusté, un peu plus de deux heures (autant que ce que j’avais consacré l’après-midi à l’exposition « Correspondances »). On est attablé de façon agréable, tout est luxe, calme et volupté, à l’instar de ces vieux couverts en argent poinçonnés du nom du père. Tout était parfait, équilibré, mûri, abouti. Et encore, je pense que certaines subtilités échappent à mon palais. La salle était remplie et les plateaux transportant les éléments du menu « signatures » allaient et venaient : je pensais au texte de Benjamin, l’œuvre d’art et sa reproduction. Après l’invention et la création par la chef, tout son staff répète l’œuvre autant de fois que nécessaire, ce n’est plus l’original mais des copies conformes… Tout autant délicieuses ? Il faudrait goûter l’original ! [retour]

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Pierre.hemptinne@skynet.be