Magazines

OH ! QUE CA BOUGE ! N°13 AUSSI EN 2007 (Janvier 2007)

 

INTRODUCTION

Avez-vous vu en France cette manifestation monstre, la nuit de la Saint-Sylvestre ? Une sorte de carnaval décalé protestant contre la décision de changer d’année, de quitter 2006 pour 2007 ? Fou ? J’ai lu à propos d’un CD du violoniste Laurent Korcia où il associe classique et non-classique (Reinhardt et Ravel, Portal et Bartok, Michel Legrand et Wieniawski…) que c’était une manière de jeter des ponts. Mais bon sang, ce genre de ponts ont été posés il y a bien longtemps, ce sont des ponts du siècle passé ! Ainsi, il y a des segments où le temps n’avance pas. Où sont les ponts d’aujourd’hui ?
Une amie m’écrit que c’est bien beau de prôner l’instabilité en criant « Oh ! Ca bouge ! », mais que l’instabilité culturelle est un plaisir à condition de bénéficier d’un minimum de stabilité matérielle, sentimentale, etc… Effectivement. C’est un luxe à revendiquer !
Janvier a connu un midem de plus avec cette conclusion rassurante titrée dans Le Monde : « Le triomphe de la téléphonie musicale » ! Tout va bien.

 

LES MUSIQUES

Zeena PARKINS

NECKLACE - UP2000

Pochette UP2000.

TZADIK CD, 2006. Enregistrement 2004-2005.

Où emprunter, détails...

Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) 16 feet + Cello

La première pièce pour quatuor à cordes est enthousiasmante. Ça ne révolutionne pas la musique pour quatuor. Mais l’exploitation de ses capacités sonores est franche, intelligente, décomplexée et énergique. Voire percutante. L’implication de l’électronique est heureuse, c’est peu dire. Elle donne une réverbération positive, à la manière d’une vague qui soulève tout, une expansion étrange et colorée de grande amplitude. Mais elle tourne parfois à l’aigre, une grandiloquence corrosive. Une sorte d’hymne à la joie tendu, au tonus puissant, parfois tordu et fragilisé, en léger suspens. Qui se cherche. La composition suivante pour « pieds » et violoncelle est amusante, haletante, tumultueuse comme un corps à corps, une mêlée d’éléments contradictoires, lyrisme et prosaïsme. Zeena Parkins n’oublie pas son instrument de prédilection pour un morceau acoustique et solo, brillant, complexe mais instantanément captivant, à reflets multiples. De toute l’écurie Tzadik dérivant vers la « musique classique », Zeena Parkins fait partie des plus doué(e)s. L’essentiel de ce CD a été composé pour des compagnies de danse.

 

Evan PARKER/HAN BENNINK/DEREK BAILEY

THE TOPOGRAPHY OF THE LUNGS - UP1690

Pochette UP1690.

PSI RECORDS COMPACT (GBR), 2006. Enregistrement 1970.

Où emprunter, détails...

Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Fixed elsewhere

Evan Parker, saxophones; Derek Bailey, guitare; Han Bennink, percussion.
Réédition d’un album historique, premier enregistrement édité par le label indépendant Incus. C’était en 1970. J’ai emprunté jadis ce titre en microsillon, à la Médiathèque. Aujourd’hui le radio réveil m’extirpe du sommeil au son de vieilleries ineptes (« Polnareff, « Dans la maison vide… ») et jamais au son de « topography of the lungs ». Ce qui est anormal! Je me sentirais mieux, dès le matin, dans un monde crédible, qui ne cache pas ses encombrants sous les meubles. Quand le saxophoniste Evan Parker intitule son album « topographie des poumons », cela relève du manifeste. C’est l’immanence du souffle, de l’appareil souffleur à moitié d’homme à moitié instrument, c’est un traité d’organologie saxophonique à la Deleuze qui est mise en avant. Et du souffle, il y en a, en abondance, mais plié, repliée, déplié, re-replié, et la musique suit les plis, les brisures, les ramures, les angles, les articulations biscornues. Une économie esthétique du tranchant oblique, du fouillis consciencieux, jeté dans sa confusion originale et inventorié avec rage.

 

Maja RATKJE

ADVENTURA ANATOMIC - XR154D

Pochette XR154D.

SEMISHIGURE, 2006.

Où emprunter, détails...

Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Too many trees
  • Extrait (format MP3) Floating, hiding, posing

Performance faite de sons de bouche (onomatopées, bruitage buccal, langue déconstruite, soliloque, voix fragmentée ou multipliée, chant), de live sampling, d’harmonica, de flûte, d’objets métalliques, et des sons que font les corps de danseurs. Balbutiements à la Beckett et idiotisme esthétique. Ça va du très discret gargouillis, intime, quelconque, presque vulgaire au flux lumineux d’une éloquence chatoyante de saint-esprit traversant toutes les langues, pouvant virer à une transe hystérique bien frappée. Ludique. Tableaux sonores bien maîtrisés qui retracent donc des visions personnelles « d’aventures anatomiques » pas souvent représentées… Ce n’est pas nouveau, ce « genre » existe, persiste et signe, il correspond à quelque chose qui doit sortir, se travailler… mais c’est toujours « spectaculaire », impressionnant (à écouter fort), et ça reste dérangeant, heureusement! Même, et surtout quand elle renoue avec cette antique tradition d’imitation animale : « The Wolf », celui-ci est très très méchant, très mal tourné et coriace…
Ici aussi, musique pour un spectacle de danse. Est-ce par la danse que ces musiques modernes trouvent un débouché ?
www.ratkje.com

 

SONIC YOUTH

DESTROYED ROOM (B-SIDES AND RARITIES) - XS583H

GEFFEN RECORDS, 2006. Enregistrement 1994-2003.

Où emprunter, détails...

Lu dans un journal un article sur des personnes qui cherchent les photos ratées, celles que l’on ne colle pas dans les albums officiels, qui finissent dans les fonds de tiroirs, les greniers. C’est le ratage qui leur permettrait de capter, justement, ce qui se passe dans les marges, les interstices, quelque chose de fugace, délétère. Chaque fois que l’on retrouve ainsi quelques clichés oubliés, sur sa propre vie, on a l’impression de remettre le doigt sur quelques éléments essentiels, qui pourraient changer notre perception biographique. Mais c’est vite éventé. Il y a un peu de ça avec les quelques archives que publie Sonic Youth, histoire de clôturer les obligations pour Geffen. Reste le choix d’une superbe photo de Jeff Wall pour la pochette du CD. De quoi donner du sens au contenu musical. « The Destroyed Room ». Il s’agit d’un tableau photographique à double lecture commentant, en quelque sorte, un classique de la peinture (« La bataille de Sardanapale » de Delacroix) et s’inspirant des « vitrines décorées dans l’esprit punk »…

 

EFZEG

KROM - UE1779

Pochette UE1779.

HATOLOGY, 2006. Enregistrement 2003.

Où emprunter, détails...

Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Intron

Boris Hauf, saxophones, synths, computer; Billy Roisz, computer; Martin Stiewert, guitars, lap steel, electronics; Burkhard Stangl, guitars, electronics; dieb 13, computer, turntables
Les titres des compositions font penser à des formules spirituelles, des noms de substances chimiques rares ou des noms de code d’espions. Diamétralement opposé, à priori, et finalement pas tant que ça! Quelque chose de très tribal, secret, ou d’ultra technologique, top secret. C’est cet entre-deux béant, inquiétant, que cette musique couvre d’un brouillard électronique avec fantômes, nuages mélancoliques bas et déchirés. Un savant mélangé de gaz asphyxiant et d’autres euphorisants, à peine équilibré, une fois c’est l’un qui prédomine, une fois l’autre. Comme un spasme étiré, qui se décompose dans le temps, à l’infini. Des interférences, des instruments solitaires esquissent des fuites mélodiques. C’est réalisé de façon très propre, maîtrisée, esthétique et un peu froide. Virtuosité presque désincarnée.

 

Ernesto RODRIGUES, G.RODRIGUES, MARSHALL, SANTOS

KINETICS - UR7075

Pochette UR7075.

CREATIVE SOURCES RECORDINGS CO, 2006. Enregistrement 2004.

Où emprunter, détails...

Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) 2

Avec Guilherme Rodrigues, Oren Marshall, Carlos Santos, José Oliveira, violon, alto, violoncelle, trompette, tuba, electronics, percussion
Quelques incidents percussifs, irréguliers, quelques toussotements et éternuements avortés, bâillements baveux… Quelques minutes écoutées ne donnent qu’une impression de disparate, de gratuit. Ce n’est qu’avec la durée que quelque chose se construit, une trame s’installe. Je me dis que c’est ce genre de trame que j’utiliserais pour raconter ma vie. Si une certaine musique techno lisse a abusé du terme deleuzien de rhizome, pour qualifier cette musique je pense au terme d’écume chez Sloterdijk. Voici comment il en parle, à propos de son livre Ecumes : « J’y ai fait un effort pour décrire des multiplicités, j’ai évité de parler de réseaux, j’ai essayé de remplacer ou de défier le concept de réseaux par le concept d’écumes pour rappeler le fait que dans les réseaux on n’a que des intersections maigres, c’est à dire sans volume. J’ai voulu réintroduire les volumes dans les réseaux, j’ai préféré utiliser le concept d’écumes pour défier l’attitude anorexique des amateurs de réseaux ». C’est exactement une musique faite d’intersections substantielles, nullement anorexique !

 

BLUTCH

MATERIA - XB626F

Pochette XB626F.

DELBOY RECORDS, 2006.

Où emprunter, détails...

Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Beguiling comer
  • Extrait (format MP3) Masamune

Sombre à souhait. Dumm metal élégant. Si cette musique joue sur la vibration physique et immanente, bien lourde, je la trouve assez complexe, il y a quelque chose de tournoyant, d’insaisissable, de jamais
tranquille, jamais en place, qui ne rentre dans aucune case, sauvage.

CSS

CANSEI DE SER SEXY - XC933K

Pochette XC933K.

SUB POP, 2006.

Où emprunter, détails...

Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Fuckoff is not the only thing you have to show

Tout le contraire du Blutch. Une petite légèreté sans conséquence. Sautillante. Electro pop. Une fraîcheur un peu crasse. Pour un vieux, à certain moment, à évoque même le Tom Tom Club ! ! !

 

LE CINÉMA [DVD]

« Un film parlé », Manujel de Olivera
Une prof d’histoire en croisière avec sa jeune fille autour du bassin méditerranéen. Escale en France, Grèce, Italie, Egypte, Turquie… A chaque fois elle raconte à l’usage de l’enfant les faits importants de ce qui constitue le «berceau de notre civilisation». A chaque station, imperceptiblement, cela devient plus complexe. Des antinomies apparaissent, les traces de conflits historiques constitutifs de notre histoire et notre identité… C’est un peu guindé, très beau à voir, et en même temps on se dit « qu’elle doit se faire chier la petite fille » ! La croisière prend le large. Autour du capitaine et de ses invitées se constitue une mini-babel guindée. C’est beau et empesé. La fin brutale transforme toute l’esthétique du film, à rebours. Un périple initiatique d’une mélancolie superbe, élégante, précise. La petite fille est là comme au pied d’une tombe, ça compte. Le récit du berceau de notre civilisation se transforme en bombe à retardement.

 

"Schizo"
On peut vérifier que des films simples, sans moyens exagérés, sans recherche de clichés universels rendent mieux compte, à travers leur fiction, de l’état réel d’une région, d’un pays, d’une population. Et en même temps ils atteignent ce niveau de représentation de thèmes universels très forts dans leur particularisme. Ainsi ce jeune homme des steppes pauvres, no man’s land politique et économique, qui cherche ni plus ni moins à faire vivre une veuve et son orphelin, recrée ainsi le désir normal de « faire famille » et n’y parvient qu’en fricotant avec la mafia.

 

LE CINÉMA [EN SALLE]

« Ping-Pong », de Matthias Luthardt, Allemagne 2006
Aucune lourdeur psychologique pour mettre en scène cette tranche de vie dans une famille bourgeoise allemande cultivée. Tout repose presque sur un travail de photo à la Jeff Wall: le jardin, la piscine, la salle du piano, le pavillon… Dans ces décors riches de sens, les personnages inscrivent leurs marques, de plus en plus incisives, corrosives. Un dérangement s’installe. Un dispositif glisse vers une sorte de sadisme social à l’intérieur même du lien familial. En traitant de certaines voies sentimentales et amoureuses sans issue et de la difficulté pour un « novice » de se plier à cette loi. Avec Paul, le fils d’un suicidé qui débarque à l’improviste, en recherche mutique de réconfort. Avec Robert qui travaille sa sonate de Berg en picolant. Avec Schumann le grand chien noir à sa maîtresse…

 

L’EXPOSITION

"Bombay, Maximum City", Lille
Au Tri Postal, une exposition inspirée par le best-seller du même nom. Volontairement un peu foutoir, fourre-tout, reflétant le grouillement de la ville indienne. Hétéroclite aussi, forcément. Bollywood est là, mais heureusement tous les autres aspects, et aussi les interrogations sociales sur la vie dans une telle ville, sont aussi présentés. Photos, sculptures, installations, vidéos…
www.lille3000.com

Léon Spilliaert, Musée d’Art Moderne, Bruxelles
Ce qui frappe, peut-être, c’est le temps. Le temps donné à l’art, en amont, au niveau de la préparation mentale et du regard sur le monde; et le temps donné à l’art dans l’instant, dans le savoir-faire, dans le « rendu »… Quelque chose presque d’un âge perdu ! ? Des paysages très localisés donnent l’impression d’une fenêtre sur le monde entier, tel qu’il est. Par la spiritualité ? L’émerveillement devant certaines natures mortes, ou la restitution de la lumière dans une verrière, sont presque des émotions oubliées. Sont-elles conservatrices ! ? Non, il y a un élan intérieur dans cette peinture vers le progrès. (La maîtrise du noir, dans certaines silhouettes, dans certaines scènes, évoquent la modernité branchée d’illustrateurs actuels.)

 

LES LIVRES

Jeff Wall, par Jean-François Chevrier, Editions Hazan, 434 pages, 120 œuvres reproduites, 2006
J’avais vu des photos de Jeff Wall à la galerie Goodman de Paris. Puis dans une exposition au Bozar. De temps à autre dans des publications. En éprouvant toujours une attirance particulière, forte, comme si ces images étaient des lieux de convergences de plusieurs réalités, des points de confrontation particulièrement denses de ce que l’art propose et de ce que le regard cherche à comprendre du monde. Par ces images, le regard fouille de façon intense la mise en scène, la mise en image du monde. Ces images sont des procès de la représentation du monde. Après des études à Londres, cet artiste canadien pratique durant une dizaine d’années l’art conceptuel (1960-1970). Toute son œuvre photographique est une interrogation de la photo. Et par la photo il interroge toute l’histoire de l’art. Plusieurs de ses œuvres sont des « commentaires » de peintures « classiques ». Manet, Delacroix… Il transforme ses clichés en tableaux photographiques, en objet borderline, ce sont ses caissons lumineux. Beaucoup de ses sujets sont des compositions, des reconstitutions de scènes réelles. Pour en scruter la trame, en faire ressortir la structure, l’organisation. Il fait de nombreuses références à Baudelaire à qui il emprunte le concept de « peintre de la vie moderne ». Le texte de Chevrier, et les nombreuses citations de l’artiste, révèlent à quel point Jeff Wall entretient une profonde investigation théorique sur l’art et son rôle social. Un niveau de réflexion phosphorescent, qui irradient dans sa manière de montrer le monde.

Martin Walzer, « La mort d’un critique », roman, 281 pages, Editions des Syrtes, 2006
Mise en scène médiatique des lettres, ses concurrences, son jeu trouble avec le succès et la gloire. Autour d’un critique littéraire, véritable vedette de télévision, grand juge de ce qui est beau et laid, grand ordonnateur des ventes de livres, c’est toute la littérature et ses acteurs qui semblent fasciner par le point zéro. Avec mort, cadavre escamoté, enquête, folie, prison, révélations frelatées… Martin Walzer, ne lésinant pas sur le vitriol, évite tout autant les caricatures. Les personnages ont de l’épaisseur. L’écriture est directe et forte, elle tient au corps, tout en pointant avec précision et subtilité délirante les mécanismes de la société du spectacle. Réjouissant.

Axel Honneth, « La société du mépris. Vers une nouvelle Théorie critique. », 348 pages, La Découverte, 2006
Il est communément admis que la pensée d’Adorno, par son outrance et sa radicalité, n’est plus utile dans le contexte actuel. De ce fait, il est facile d’enterrer toute critique sociale! Axel Honneth reprend l’héritage de l’école de Francfort, pratique un droit d’inventaire sans concession, et, sur cet héritage, pose les bases d’une nouvelle Théorie critique. Ce livre regroupe une série d’articles qui rendent compte de l’ampleur de son chantier. La démarche est très méthodique, claire, structurée, « scientifique » pour établir les préalables à toute critique et pour déterminer son cahier des charges.
"Les conditions sociales produisant la pathologie des sociétés capitalistes ont pour spécificité structurelle précisément de dissimuler les faits qui devraient tout particulièrement occasionner la critique publique la plus massive."
Dans le chapitre « Invisibilité : sur l’épistémologie de la « reconnaissance », l’auteur présente les grandes lignes de son travail principal. Le chapitre débute par une évocation de « L’homme invisible », le narrateur du roman de Ralph Ellison. Signalons que Jeff Wall a réalisé une représentation photographique de l’homme invisible, couverture du livre cité plus haut.
L’ensemble relève d’un outil pour ce que Bourdieu appelait une socioanalyse, permettant d’identifier tous les mécanismes auxquels on participe ou non, sommes-nous vecteur de reconnaissance ou de mépris dans nos actes, quel motif cherchons-nous à donner à notre vie, conservateur ou progressiste ?

André Gorz, « Lettre à D. Histoire d’un amour », récit, 75 pages, Galilée, 2006
L’auteur de « Critique du capitalisme quotidien » (1973), « Métamorphoses du travail » (1988), « Misères du présent, richesse du possible » (1997), « L’immatériel. Connaissances, valeur et capital » (2006), publie un court récit pour rendre hommage à son compagne depuis 58 ans, lui déclarer sa flamme inaltérable et reconnaître sa dette sur la formation de ses idées. Lors de mes années de délégué syndical, Gorz était une lecture essentielle pour structurer une pensée, une conscience de ce qu’il convient de défendre, pour actualiser le syndicalisme.

Vous voulez réagir ? Ecrivez-moi :
pierre.hemptinne@lamediatheque.be

[retour]