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OH ! QUE CA BOUGE ! N°29 (MAI 2008)

INTRODUCTION

Tennis, journalisme & affront !

L’air de rien, les médias nous réservent de beaux affronts, pas forcément prémédités, mais enfin !
Ainsi, tout le monde s’entend pour nous déclarer qu’il faudra travailler plus longtemps, plus tard, la pension sans doute à 65 ans, et les journalistes s’alignent là-dessus, aucun pour s’insurger, crier que c’est indécent ! Puis voilà que Justine Henin prend sa retraite à 26 ans et Le Soir titre en grande une « Enfin la vie ». Pour nous, « enfin la vie », ce sera à 65 ans ! Et encore, la jeune retraitée monégasque ne cotise même pas pour nous ! Heureusement que la culture est un investissement thérapeutique sur le long terme, à condition de rester au plus près de tout ce qui bouge et qu'elle entretient, ainsi, la jeunesse !

intro

 

MUSIQUE (CD)

Terrain mouvant. Qui s’ouvre progressivement et absorbe l’auditeur à l’intérieur d’un matériau sonore multiple, dense, agité, lui fait traverser une autre
dimension. Ou le projette en écoute panoramique au-dessus des genres. Puisant dans plusieurs grammaires, rock, jazz, electronica ou musique classique contemporaine (prenant là des éléments de rythme et de respiration, ici des données d’espace ou des signes mélodiques, plus loin des structures de choc, ailleurs des technologies de transformations…), Supersilent fouille plusieurs mémoires, sonde différents savoir-faire et savoir-vivre en interrogation musicale. Le quartet organise ainsi des points de vue sonores sur le monde cherchant à en embrasser la complexité dynamique, conflictuelle. Avec des délires puissants, paysage compact et agité, ou des dérobades bizarres comme des failles temporelles dans la matière…

Reprises folk, sobres, de chansons de Björk, Sinatra, Danzig, Phil Ochs, R. Kelly… Bonnie « Prince » Billy pioche sans a priori dans les différents répertoires, il sait repérer les chansons de qualité et se les approprie de façon royale, en toute simplicité.

 

Marcel Kanche est un tout grand. On le redit à chaque fois que ressort un tout bon album de ce chanteur compositeur admiré par Bashung, M...
Son style faussement ardu, d’apparence un peu monocorde révèle peu à peu ses charmes et sa folle liberté derrière ses raideurs et sa discipline poétique. (La plupart des chanteurs qui tentent d’écrire en vers, en courant après des filiations avec de célèbres poètes, sombre dans le vieillot, le bibelot. Marcel Kanche écrit des vers impeccables, intemporels, en phase avec les énergies les plus actuelles.)
C’est un chant ténébreux, embogué dans le monologue caverneux d’un marcheur, un marcheur- chanteur de fond, d’endurance. Yeux rivés sur la terre pour ne pas perdre l’équilibre. C’est un chant intérieur qui n’empêche surtout pas d’entendre la terre, le gravier, les herbes, les branches, les voitures qui passent, les oiseaux qui filent et surtout les chiens qui songent.
Amour, blessures, folies, rêves et oublis, thèmes ressassés voluptueusement et récurés jusqu’à l’os dans un imaginaire qui ne conserve que les images les plus substantielles.

http://www.marcelkanche.com/

 

CINÉMA (Salle)

« La visite de la fanfare », Eran Kolirin, 2007

Un sujet délicat à bien des égards ! Il aurait facilement pu être enseveli sous les bons sentiments, le politiquement correct, le grandiloquent des grandes âmes. Le réalisateur évite tous les pièges, optant pour la simplicité. Une fanfare égyptienne atterrit pour inaugurer un centre culturel arabe dans une cité israélienne. Personne ne l'attend, les musiciens s’égarent dans un bled « mortel » où ils sont obligés de passer la nuit chez l’habitant. Les mimiques, les silences, les raideurs indiquent bien que le terrain est miné. L’abandon dans lequel se considèrent les habitants de cette ville où il ne se passe rien et celui éprouvé par les musiciens de la fanfare créent un terrain de « reconnaissance » possible. Sous l’impulsion d’une femme dont la jeunesse a été bercée par la culture musicale et cinématographique arabe, le présent des relations tendues entre Israël et le monde arabe passe au second plan et l’accueil s’organise. Le mur est tombé et des bouts de vie arabes et israéliens se cherchent, s’échangent, se racontent et se connectent. C’est grave, léger et savoureux.

 

CINÉMA (DVD)

Les billets de Skorecki dans Libération ne parlaient jamais du sujet annoncé. Considérations périphériques, remarques limitrophes, dialogues préliminaires ou postérieurs. Un petit côté déjanté mais, après coup, on se disait que c’était rudement bien évoqué et qu’il mettait dans le mille sans en avoir l’air. Parler hors sujet pour mieux être dedans. Ces films ici creusent le style. Une poignée de cinéphiles en situation d’attente, entre deux séances, deux salles, deux cinémas. No man’s land. En plans presque toujours fixes. Ils ne disent pas grand-chose sur les films. Mais on sent qu’ils se disputent, qu’il y a des écoles. Ils se jettent à la figure des noms de cinéastes. Litanies à bénir ou vomir. Il y a toujours une référence à une autorité critique, un personnage un peu fantôme qui connaît tout le cinéma de l’intérieur. Certains doutent cependant qu’il soit réellement l’auteur de ses textes ! Ce qui rend les sources du savoir plus nébuleuses, occultes ! Il y a, bien entendu, dans tous les sous-entendus le fantasme d’une revue mythique, Le magazine, la bible. Skorecki aligne avec tendresse et cruauté une galerie de tics, dans un cinéma adorablement bricolé, « improvisé », des tics qui évoquent la vacuité absolue ou confinent aux symptômes d’une science totale du grand écran. Bref, on célèbre ici le mystère complet du cinéma !

 

LECTURE (Romans)

Roberto Bolano, « 2666 », Christian Bourgeois, 2008, 1012 pages

Ce dernier ouvrage de Bolano me semble moins décoiffant que « Les détectives sauvages », par exemple. Mais quelque chose de dément demeure. Le sujet reste l’écriture, la littérature, écrire des livres, comment percevoir le monde à travers l’écriture. Il y a un tout, le désir d’écrire, qui embrasse le monde, et ensuite des histoires qui ne sont jamais que des métaphores partielles de ce désir, des manières d’enfermer des bouts de réel dans les lettres. Je pourrais parler d’une impression : c’est comme un polar mais au lieu de chercher l’auteur du crime on cherche « pourquoi ça écrit », la prose de Bolano explore la « machine à écrire » en vases communicants avec la « machine à désirer, à fantasmer, à refaire le monde ». Et les phrases sont toujours à la recherche de ce qui laisse des traces, des signes et de « comment marquer le paysage », imprimer sa marque de passage, comment se construire dans les flux éparpillés de ce qui écrit, aux confluences de la nature et de la culture.

Et ça commence ainsi : la première partie, le mystère d’un écrivain phénoménal excite les désirs du texte total et parfait de trois experts et une spécialiste d’horizons différents, qui, de publication en publication, de colloque en colloque où convergent leurs points de vue, vont se lier d’amitiés et du texte passer aussi au sexe. Ils traquent leur auteur que personne n’a jamais vu chaque fois qu’un indice apparaît dans une ville, quelque part à la surface du globe. Une piste improbable les conduira dans un bled mexicain où des femmes disparaissent. Mais pas un peu, hein ! Des masses de femmes. Comme une extermination anarchique du genre. La deuxième partie se focalise sur un universitaire, spécialiste du même écrivain, et qui s’est installé précisément « là », au Mexique. La troisième partie nous montre un journaliste envoyé par accident « là » au Mexique pour chroniquer un match de boxe et qui va découvrir la série incroyable de meurtres de femmes, côtoiera la pègre des narcotrafiquants avant de filer, emportant la fille de l’universitaire de la partie précédente. Enfin, nous plongeons en plein de cette ville infernale mexicaine pour une énumération démente de meurtres de femmes. Il ne s’agit pas d’un tueur en série ! Rien à voir. Ce qui est décrit est comme une élimination industrielle des femmes, en général proche du monde de la nuit. Il est beaucoup question de misères, de narcotrafiquants, de snuff movies. Mais l’enquête, forcément, ne donne rien, il s’agit d’un point aveugle, horrible, où rien ne s’écrit justement. Rien d’autre que la perte affreuse, comme si le sens ultime de la société était ce cloaque mexicain où une force maléfique est en train de faire disparaître la femme, la possibilité d’enfanter, de se reproduire, de se renouveler. Un abîme qui affole tous les destins devient sous-jacent à l’ensemble du livre comme une puissante et dérangeante parabole : le texte obscur qui s’écrit et dans lequel nous jouons tous de nos petites marques, est le texte de la destruction. L’ultime partie raconte la vie du grand écrivain (Archimboldi), bio qui m’évoquera souvent l’autobiographie de G. Grass ! Eh oui, il y a bien un lien entre lui et la ville des meurtres au Mexique : son neveu y est enfermé, soupçonné d’avoir trempé dans les exécutions. On peut supposer, à la fin, que l’intervention du grand écrivain va apaiser le massacre, ramener la prédominance de l’écriture constructive de la vie contre celle de la mort. Chaque partie est traitée presque comme un roman distinct. Il y a du souffle, Bolano, comme on dit, « embrasse tous les genres » avec fougue. Mille pages denses qui ne se résument pas, qui échappent à tout résumé.

Richard Powers, « La Chambre aux échos », Le Cherche-Midi, 2008, 471 pages

Richard Powers est très bien coté par la critique et il est couvert de grands prix. Je considère quant à moi qu’il s’agit justement d’une écriture qui s’épuise dans son résumé. Si je lis un bon résumé de l’histoire, de l’intrigue comme on dit, je n’apprendrai rien de plus en le lisant. Simplement, je passerai plus de temps qu’à la lecture du résumé. La littérature informe, ouvre des expériences qui ne se résument pas à ce que raconte l’histoire. Au contraire, dans la littérature, l’histoire n’est qu’un prétexte pour raconter autre chose et qui n’appartient qu’au style, à l’exercice de la phrase, à l’outil des mots pour se sonder et amener à la surface des « histoires », des « questions » dont la nature est liée à ce que charrie le cerveau dans son mécanisme complexe de lien avec l’imaginaire plutôt qu’à l’anecdote de type fait divers. « La chambre aux échos » relève de l’anecdote. Construction d’un fait-divers comme on peut en lire beaucoup autour duquel l’auteur met un peu de chair, de consistance narrative. L’auteur se documente très bien sur le fonctionnement du cerveau et certaines lésions (mais si ça vous intéresse, il existe des livres de vulgarisation bien plus intéressants !). Ces lésions et leurs conséquences lui permettent d’élaborer une intrigue donc. J’ai lu que le livre traitait aussi des traumatismes post « 11 septembre »… Le personnage principal a bien un traumatisme lié à un accident de la route et ici, ou là, ça se confond avec des réminiscences obsessionnelles tournées vers l’attaque terroriste qui malaxe l’imaginaire américain moyen… Mais c’est là comme article qui fait vendre, ce n’est pas traité par l’écriture, rien n’est traité par l’écriture dans ce roman. C’est un bon roman qui se laisse lire, mais c’est tout.

Dans la manière dont je décris l’impact de l’écriture de Bolano, j’essaie de montrer en quoi c’est une littérature qui éveille et stimule l’attention ; en ce qui concerne Powers, ce serait alors une écriture qui endort.

 

LECTURE (Essai)

Bernard Stiegler, « Prendre soin. De la jeunesse et des générations. », Flammarion, 2008, 342 pages

Bernard Stiegler inaugure une nouvelle série « Prendre soin », après « De la Misère symbolique », « Mécréance et discrédit », « Constituer l’Europe », « La technique et le temps ». Prendre soin, c’est l’objectif, en quelque sorte, vers quoi pointent toutes les recherches de Stiegler, là où la pensée, le travail de l’esprit doivent s’incarner en pratiques individuelles et collectives pour le bien des personnes, de la société, de la planète. Un travail qui tend vers la définition globale, sous tous ses aspects, d’une réelle politique culturelle et industrielle. C’est bien parce que Bernard Stiegler est le seul à traiter frontalement cette immense problématique de l’absence sidérante de politique culturelle à l’échelle mondiale qu’il m'est indispensable au quotidien, pour nourrir mes démarches et engagements de travailleur culturel.

Il développe dans ce volume des thèses déjà exposées ailleurs : la saturation d’informations effectuée par les industries de programme perturbe les appareils de l’attention, affecte les techniques de soi par lesquelles les individus se forment, se considèrent, et s’élèvent dans leurs relations aux biens symboliques et sociaux. Il ne s’agit plus de postulat : la prise de position philosophique s’appuie sur l’étude scientifique des capacités cognitives chez les adolescents, comment celles-ci évoluent et mutent dans un environnement marketing et audiovisuel de plus en plus envahissant et « contrôlant ».

C’est la confrontation du marketing et du culturel.

Bernard Stiegler est aussi un battant et il place fortement son intervention sur le terrain politique. Toute pensée se doit d’être politique. C’est le signe qu’elle engage quelque chose qui se destine à la collectivité, qui se soumet à la lecture et critique de tous. Ainsi, il entend prendre au mot le Premier ministre de la France (M. Fillon) et le Président de la République française (M. Sarkozy) qui n’ont pas manqué de déclarer que la France devait engager la « bataille de l’intelligence ». Stiegler les prend au mot et, pour que le politique ne se contente pas de nous payer de mots, il explicite en quoi consiste cette bataille de l’intelligence. Ses enjeux, ses stratégies.

En analysant et critiquant le travail de Michel Foucault sur le biopouvoir, qui n’aurait pas assez vu ce qui se préparait du côté des industries de contrôle, Stiegler définit et structure son concept de « psychopouvoir ». Comment les nouvelles technologies court-circuitent les appareils critiques, les appareils de désir, les appareils de constitution de soi. Lecture profonde des techniques et technologies actuelles (héritage de Simondon) et lecture dynamique et rajeunie de Freud.

Pour autant, Stiegler ne verse jamais dans le réactionnaire et la condamnation sans appel et méprisante de ce qui advient là, sous nos yeux, de nous, des autres, à travers nous et eux. Il identifie les forces positives à libérer, les énergies à dégager par des volontés, des lucidités et des pratiques nouvelles.

Où l’on reparle enfin de l’art de se cultiver comme art de se soigner, comme technologie d’élévation, sans rien de mystique. C’est par ce biais-là que les livres de Stiegler sont des outils pour construire à moyen et long termes, avec des institutions de programme redéfinies contre les industries de programme pratiquant le court terme et la terre brûlée.

(À compléter par un livre d’entretien : « Économie de l’hypermatériel et psychopouvoir », Mille et une nuits, 2008)

Titres de chapitres pour donner une idée de la structure de cette pensée :

  • La destruction de l’appareil psychique juvénile.
  • La bataille de l’intelligence pour la majorité
  • Mystères et pulsions de l’Aufklarung au psychopouvoir
  • Synaptogenèse de la destruction de l’attention
  • Thérapeutique et pharmacologie de l’attention
  • Économie et cognition ou la confusion de l’attention avec la rétention
  • Qu’est-ce que la philosophie
  • Biopouvoir, psychopouvoir et grammatisation
  • Disciplines et pharmacologies du savoir

 

EXPOSITIONS

Sophie Calle à la BNF, du 26 mars au 8 juin

Aidée par Buren à la scénographie, Sophie Calle recycle son travail pour la Biennale de Venise. Au départ d’une lettre de rupture qu’elle n’avale pas, elle a demandé à 107 femmes de commenter et interpréter la missive du goujat qui lui recommandait de « prendre soin d’elle ». Et voici les premiers soins d’urgence : évacuer l’affront, passer outre la blessure, faire le deuil… Dans les 107 femmes, les métiers représentés permettent de décliner l’approche sous toutes les formes imaginables. Il y a des juges, des philosophes, des psychiatres, des sportives, une adolescente, des actrices, des chanteuses, des danseuses, des sociologues, des écrivains, des stylistes, des traductrices, des mères, des voyantes, des sexologues, des journalistes, des physiciennes… Et du beau monde aussi : Laurie Anderson, Ovidie, Camille, Diam’s, Natalie Dessay, Catherine Malabou, Feist, Miss Kittin… 107 personnalités et talents qui interprètent à leur manière le trauma de la rupture. La mise en place (scénographie) est remarquable, l’atmosphère est magique, dans cette grande salle de lecture de la Bibliothèque Richelieu. Toutes les tables, toutes les petites lumières, toutes les visiteuses qui circulent se penchent, lisent, auscultent, ne semblent occupées que par un seul grand texte déclinant la dramaturgie de la rupture. Photos des femmes intervenantes, les lettres de ces femmes envoyées à Sophie Calle exposées sur des lutrins, une série d’interventions vidéo aux écrans exposés à la place des ouvrages de références… Un jeu puissant de traces qui se multiplient (dans la forme et le genre de supports techniques et technologiques), en quoi l’expérience, fût-elle négative, se transforme en pratique de soins, en manière de se construire, en appelant, s’il le faut et comme ici, aux renforts des autres, en créant un environnement collectif symbolique où la marque du réel se métamorphose en solidarité émotionnelle et analytique. La majorité du public visiteur est visiblement féminine.

http://www.bnf.fr/PAGES/cultpubl/exposition_825.htm

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Mike Kelley, « Educational Complex Onwards 1995-2008 », jusqu’au 27/07/08 Wiels, Bruxelles.

Une vision rare sur une partie du travail de Mike Kelley. Essentiellement celle orientée vers les marques laissées sur lui, sur la construction de son cerveau, par les années de formation, les années où la société organise la prise en charge de l’éducation, le passage à l’école. Reconstruction des espaces et des agencements de volumes de ces établissements scolaires qui l’ont formé via de grandes maquettes (comportant aussi des zones floues, mal définies). Une archéologie surprenante de l’empreinte que l’école et la vie scolaire laissent en nous (ici en un artiste bien défini). L’artiste construit des outils de mémoire pour s’approprier son passé, son histoire… cela fait écho aux travaux de Stiegler, à ceux de Foucault sur la dimension disciplinaire de l’école. Discipline qui formate mais, à partir du moment où l’artiste crée cette œuvre sur ces liens avec ces forces de formatage, discipline libératrice, d’élévation de soi. Une exposition très riche à consulter. Avec des peintures-objets fascinantes, qui évoquent de vastes icônes à l’étalage baroque de dorures byzantines et se révèlent constituées d’objets de rebuts. Des installations vidéo et musicales fascinantes. Des œuvres un peu pénibles à aller voir : ramper dans un tunnel radicalement noir pour mater par un judas une version remontée de Porky avec musique de Morton Subotnik…

IInterpelant : Mike Kelley est un artiste important de l’art contemporain/actuel américain. Un samedi vers 17 heures, nous étions deux, durant plus d’une heure, dans une expo bien présentée sur trois étages. À tenir en compte dans les considérations sur les pratiques culturelles des publics…

http://www.wiels.org/site2/home.php

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CUISINE

Après en avoir tellement entendu parlé, avons enfin essayé le Bistrot du Mail. Accueil et confort simple, agréable. Je me souviens surtout du plat d’asperges ainsi défini : « Mijotée d’asperges blanches et raviole fraîche aux épinards, copeaux de jambon sarde et œuf mollet, jus de volaille ». C’est une belle variante d’une recette absolument traditionnelle : ma mère servait les asperges avec des épinards, un œuf mollet et du jambon ! La composition ici renouvelle l’attrait et les saveurs de la recette de base, c’est à la fois complètement neuf et plein de souvenirs. Le garçon encourage à bien mélanger toutes les composantes, pour les lier, les marier, les confronter... et c’est bien ainsi que l’on touille dans sa mémoire…

http://www.bistrotdumail.be/

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pierre.hemptinne@lamediatheque.be