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Filles spéciales

Spécial FILLES spéciales…

A, B, C…D’Elles

Disons que tout a commencé par une petite culotte sans O.G.M. (organe génital mâle) que Benoît le chef coquin a suspendu à côté du rayon de nouveautés ROCK dans le centre de prêt de Liège. Il avait sûrement une idée rose derrière la tête. Plus tard une copine, Charlotte, passe et me propose d’afficher une invitation « Aux filles en colère » à se rassembler pour exposer leurs œuvres en automne 2008 (voir l’affiche). Puis il y a Julie qui ne cesse de m’entretenir des activités de l’association pour laquelle elle travaille : Vie Féminine ! En décembre dernier j’ai été enchanté à Liège par le Festival Voix de Femmes co-organisé par Brigitte Kaquet : inoubliables Kamilya Jubran, Dominique Duszynski, Hadda Ou Akki, Ferghana Qasimova, les Filleules de Tartit …

Assez ! stop (ou encore ?) : mais qu’est-ce qu’elles ont toutes? Je décide de mettre un peu d’ordre dans tout cela et de dresser un beau bac de disques de filles … Triées parmi celles qu’on connaît peu. Un « SPECIAL FILLES SPECIALES », filles du rock et de l’électronique, filles de caractère, femmes qui portent la culotte ou préfèrent les cordes, filles qui en veulent ou tout simplement femmes autrement sensibles, sexy et talentueuses que toutes les Carla Bruni du monde. Donc, exit aussi les minettes un peu trop lisses de la Star Ac. & cie : un jour viendra où elles auront aussi leur présentoir intitulé « Minois, Minous et Nombrils chantants ».

Comme je les aime toutes, j’ai décidé de les prendre par ordre alphabétique : c’est donc une affaire à suivre et à compléter.

Ah oui j’allais oublier : la petite culotte rose sans O.G.M. (collection La Fraise) s’est fait la belle: nous lançons donc un avis de recherche quitte à bousculer les règles de la bienséance.


> Playlist sélective

Chroniques de Pierre-Charles Offergeld sur le Festival "Voix de Femmes"  :


Playlist sélective

 

- Ellen ALLIEN : « Berlinette » -
Assurément ce que la techwoman a fait de mieux en matière de compositions chantées : un second album conceptuel sur la ville de Berlin entremêlant avec intelligence techno, électro pop, sons abstraits et beats captivants, sans négliger les textes et un joli travail des voix. Comme « Stadtkind » en 2001, premier album consacré à la ville de son enfance, « Berlinette » paraît en 2003 sur son propre label Bpitch Control. Si l’on y ressent son amour pour Kraftwerk, on profite aussi de sa collaboration avec Sascha Ring du projet electronica Apparat.AGF

- AGF : « Westernization Completed »
On reste à Berlin. Antye Greie est née de l’autre côté du mur, à l’Est. Elle a gagné son indépendance avec l’effondrement du mur, créant le duo Laub en 1996 avec Jotka. Sur cet album paru aussi en 2003, AGF élabore une étonnante calligraphie électronique, coulant sa voix dans les méandres de ses softwares. Poésie électronique et installation sonore élégante, les albums d’Agf associent sa voix intime et naturelle à une recherche musicale hors du commun où le découpage fluide et les breaks en tous genres s’amusent de l’apparente froideur de la planète électronique.

- AMIINA : « Kurr »
Quatre Islandaises, proches collaboratrices du groupe Sigur Ros ont réuni tous les instruments acoustiques que leur voiture pouvait contenir pour élaborer en studio une suite de compositions tendres, aux mélodies naïves, aux arrangements très harmonieux. Outre cette grâce musicale exagérément ingénue, l’intérêt de la chose réside dans la liberté des interprètes à utiliser tour à tour l’instrument de leur choix: scie musicale, cordes, xylophones, percussions, cloches, verre à eau, clarinettes, autres vents, accordéon, batterie maigre, claviers anciens et leurs voix sans paroles précises.

- Meira ASHER : « Spears Into Hooks »
Meira Asher est une artiste multidisciplinaire née en Israël, résidant actuellement aux Pays-Bas. Elle s’est penchée à travers plusieurs albums à traduire radicalement l’horreur de la guerre et plus particulièrement, l’univers des enfants impliqués dans les conflits armés. « Spear Into Hooks » paru en 1999 se focalise sur le conflit israélo-palestinien. Outre une musique qui rapproche la tradition hébraïque d’une électro-acoustique indus qui a gardé toute sa force, Meira Asher truffe ses compositions poétiques de field recordings et de quelques  témoignages éloquents de martyrs. Meira Asher est forte d’un enseignement musical très diversifié: piano, écoles de percussions en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Etude de l’art vocal classique indien dhrupad à Bénares…

- The AU PAIRS : « Playing With A Different Sex »
« Les Clash ont été parmi les premiers à élargir leurs horizons musicaux et politiques. Ce qui donna naissance à toute une vague de groupes dits « post-punk », dont The Au Pairs. Tout comme Gang of Four, The Slits ou Bush Tetras pour ne citer qu’eux, ces féministes convaincues ont ajouté à leur énergie punk ce son typique des années 80 métissant leur Angleterre de touches dub, new wave, ska et soul.C’est chouette quand ce sont les nanas qui nous apprennent à danser. » (Henri Gonay).

- Jessica BAILIFF : « Old Things »
Pour cette musicienne de l’Ohio, le temps s’étire, la musique et la voix semblent venir du fond du ciel et de l’océan, se déposant par vagues langoureuses et translucides, en plusieurs couches claires. Pas d’empressement dans la musique, ni dans la production discographique : 4 albums sur le label Kranky depuis 1998 souvent avec le concours d’Alan Sparhawk du groupe Low. « Old Things » est une collection de chansons parues entre 1999 et 2003, donnant un bon aperçu de la personnalité de Jessica Bailiff… A SUIVRE.

- BABES IN TOYLAND : « Fontanelle »
En matière d’agressivité et d’intensité rock, le trio de Minneapolis exclusivement féminin emmené durant les années 90 par l’incendiaire chanteuse guitariste Kat Bjelland, n’a rien à envier au groupe Hole de Courtney Love. Si les deux furies ont joué ensemble dans les années 80 dans une poignée de groupes (de Sugar Babydoll avec Jennifer Finch de L7 à Pagan Babies), et qu’elles ont signé ensemble une chanson sur le « Live Through This » de Hole en 1995, qui se soucie aujourd’hui de leurs querelles de fringues ? Précédées par The Raincoats, The Slits, Lydia Lunch ou Ut en matière de rock pro-féminin pour ne pas dire féministe, Babes In Toyland est une source d’inspiration évidente pour nombre de groupes féminins récents. L’attitude « kinderwhore » [littéralement enfant pute] consistant à opposer une apparence vestimentaire « femme fragile » et soumise à un style musical et verbal voluptueusement agressif était déterminant à l’époque. Mais ce qu’il reste aujourd’hui de Babes In Toyland, à travers toute leur courte discographie, ce sont des compositions cinglantes, des textes forts, une énergie rock ‘n’ roll brute sans pareille avec des guitares exacerbées, une section rythmique puissante, un chant criant sa rage et une liberté féminine et sexuelle sans commune mesure. « Fontanelle », second album du trio produit en 1992 par Lee Ranaldo de Sonic Youth, n’a pas pris une ride.

- BIKINI KILL : « The CD version of the two first two records »
Bien avant de créer Le Tigre en 1998, la chanteuse Kathleen Hanna fonde Bikini Kill en 1990, à Olympia, avec deux copines, Kathi Wilcox à la basse, Tobi Vail à la batterie et un garçon, le guitariste de Go Team, Billy Karren. Trio féminin radical, engagé dans les mouvements féministes dont la musique directe, jouissive, urgente, pleine de vitalité ne lève jamais le pied. Accords simples, riffs écorchés, énergie brute au service d’une voix qui hurle sans retenue des textes anti-sexistes. La voix de Kathleen Hanna est une continuelle invitation aux filles à prendre leur place dans la vie, leur pied comme elles l’entendent et notamment à réagir aux comportements sexistes des mâles dominants. Bikini Kill est sans conteste le fer de lance du mouvement « Riot Grrrl »  des années 90. Et n’allez pas croire que cette musique est brutale, dépourvue de sensibilité ou insupportable pour les mecs, pas du tout, c’est une gifle revigorante, mais on a intérêt à bien se tenir.    

- BITCH and ANIMAL : « Eternally Hard »  : C’est un disque de folk urbain paru en 2001 sur le label d’Ani DiFranco, Righteous Babe et produit en partie par elle. Bitch et Animal sont deux filles qui jouent de la basse, du violon, une instrumentation rythmique légère et qui n’ont absolument pas la langue dans leur poche. Parfois sur le ton naturel du slam, ou du rap de rue, leurs deux voix de chattes déterminées s’accordent, se répondent, s’associent et se renforcent en inflexions sensibles sans avoir besoin d’élever le ton. Elles utilisent notamment la mouth bass cette façon de gonfler le rythme et de secouer la chanson avec leur bouche. Des paroles et des histoires qui dansent dans leur bouche et qui remettraient plus d’un mec à sa place. Dans «The Best Cock On The Block» elles jouent ouvertement le rôle d’un type qui se vante d’avoir une queue toujours dure et qui tourne dans le quartier pour jouir sans lendemain d’un maximum de filles différentes. Avec peu de moyens, mais d’autant mieux sonorisés, elles entonnent une suite de chansons sur les relations amoureuses et sur leur vie sociale. Rythme vocal, langue verte, spontanéité, intimité, soul de rue et inventivité avec peu d’instruments.       

- Kevin BLECHDOM : « Eat My Heart Out »  : Bienvenue dans le monde surprenant, drôle, dansant, extrêmement personnel de cette diva électro kitsch. Un album électro, conçu comme un opéra rock regorgeant de chansons d’amour sincères, d’humour musical, de tranches de cabaret électronique: un album qui ne ressemble à aucun autre. Excessive, sentimentale, déjantée, ironique, parodique, la musique de cette Américaine n’en est pas moins délicieusement élaborée. Kristin Erickson est née en Floride, elle y apprend le piano. Pas assez drôle le piano! Elle joue des claviers dans le trio texan Adult Rodeo, puis apprend la musique électronique à San Francisco où elle créera avec Blevin Blectum (Bevin Kelley) le duo digital et frénétique Blectum From Blechdom. Sa carrière solo débute dès 2001 en Floride puis à Berlin où elle sortira sur le label  « Bitches Without Britches » un premier album de chansons « cabaret-electro-pop » aussi indécentes que charmantes. « Eat My Heart Out » est un album de chansons d’amour. Pas de pose sexy chez Blechdom, les textes parlent des relations amoureuses et des relations conflictuelles, sans détour, sur le ton de la sincérité, avec un regard ironique très présent. L’insoumission et l’amour propre sont des thèmes récurrents. Musicalement son originalité tient à un rapprochement des genres complètement inattendu: le banjo, l’ordinateur, les boîtes à rythmes, les claviers, un usage des voix et des chœurs fort élaboré, tout cela avec un sens du rythme et de la rupture qui aboutissent à des compositions dont on ne se lasse pas. Aucune monotonie grâce à des orchestrations surprenantes. 

Mira CALIX : « Eyes Set Against The Sun »  : Il y a dix ans à Londres, lorsque Chantal Passamonte se mue en Mira Calix et décide de créer de la musique « électronique », peu de femmes encore s’étaient lancées dans cette voie. Attachée de presse de la maison Warp le jour et organisatrice de soirées musicales éclectiques et indansables la nuit, elle mit fin à une insupportable frustration en fabriquant sa propre «electronica» directement signée sur le label Warp. Seulement voilà, la musique de cette expatriée d’Afrique du Sud, ressemble très peu à ce qui se fait dans le genre. L’electronica de Mira Calix ne se danse pas dans les clubs, elle se rêve et à l’occasion inspire les galeries d’art, les musées d’histoire naturelle et les compagnies de danse contemporaine, comme l’espagnole Compania Nacional de Danz. Fascinée par les possibilités artistiques du sampler, Mira Calix l’est encore plus par le son naturel des instruments et de tout ce qui vit. Ses compositions électroniques aux formes libres et pourtant parfois truffées de beats bien sentis, sont fondées sur l’exploitation de sources analogiques aussi chaleureuses que sa propre voix, des chœurs d’enfants, des colonies d’insectes ou des instruments classiques et traditionnels de toute origine. Encore une fois c’est le traitement de ces sources et l’état d’esprit qui anime Mira Calix qui vont donner une couleur vraiment surprenante à ses enregistrements. « Je crois à l’amour, à la paix, aux choses positives » énonce une interview d’elle, cela transparaît dans chaque disque qui est à sa manière une minutieuse construction multisonore, une sorte de révérence à la beauté complexe du son préservé dans son intégralité. Pour reprendre une phrase de chez Warp : « Elle fait de la musique électronique qui respire comme respire un orchestre », elle conçoit une électronica singulièrement vivante comme les forêts et les orchestres qu’elles fréquentent pour leur emprunter ses phrases musicales. Dans le projet « Alexander’s Annexe » qu’elle mène avec la pianiste du London Sinfonietta, Sarah Nichols et le sound designer David Sheppard, Mira Calix partage sa vision d’une fusion de l’électronique avec les instruments classiques. « Eyes Set Against The Sun » est son disque de couleur jaune, le plus chaud, paru en 2006, qualifiant elle-même ses deux précédents albums de rouge « One On One » et de bleu « Skimskitta ».

COLLEEN et les boîtes à musique : « colleen et les boîtes à musique »  : nous connaissons, à travers ses quelques disques, la passion que la Parisienne Cécile Schott entretient pour les instruments de musique précieux, rares, anciens ou traditionnels, s’échappant rapidement des cours académiques qu’ils requièrent pour les emmener dans un monde à part, son propre monde onirique dans le quel elle joue admirablement sur les timbres et les possibilités mélodiques et harmoniques de ses instruments. Elle en transforme peu les sons, qu’il s’agisse de violoncelle, de guitare classique, de piano, d’épinette ou d’instruments plus curieux comme ceux dont elle explore l’intimité dans son album de la série radiophonique hollandaise « mort aux vaches » : ukulele, calimbas, pianos à pouce africains… ou l’harmonicon, une sorte de xylophone aux lamelles de verre qu’elle utilise sur « the golden morning breaks » second disque paru en 2005. Si son 1er disque « everyone alive wants answers » était fondé sur les boucles et la répétition des motifs acoustiques, les suivants, et surtout « les ondes silencieuses » paru en 2007, sont le résultat fluide et chaleureux d’un travail de composition très personnel sur des instruments comme la viole de gambe, la clarinette ou les verres de cristal, un travail patient ou le silence a droit au chapitre. « colleen et les boîtes à musique » est une étape intermédiaire, une œuvre commandée par France Culture, où la musicienne opère un retour sur le monde mécanique des instruments. Elle même n’y accorde qu’une importance relative, alors qu’elle a réussit quelque chose d’inouï et totalement imprévisible dans le cadre délimité d’une instrumentation aux possibilités réduites. Pour ce faire elle n’a pu se retenir d’aller glisser les doigts sur les rouleaux et lamelles d’aciers, les frappant de petits maillets et usant de stratagèmes simples, pédales d’effet et sampling rares, obtenant une gamme de mélodies, de rythmes et de timbres bien plus riches que les originaux.

 

Bien sûr il faudrait inclure quelques disques de Laurie Anderson, Bjork, Isobel Campbell, Cat Power et Any Difranco…

Mais voici en quelques unes moins réputées et plus déjantées…:Dog Faced Hermans

DOG FACED HERMANS : « Those Deep Buds »  : Au tournant des années 80-90, un groupe de la force de The Ex, mais à la radicalité beaucoup plus « festive », enflammait toutes les scènes et faisait danser un public très mélangé. Un ouragan de rock hybride, à la fois féroce et jovial, bondissant comme du folk punk dansant et poétique. Une seule femme dans ce groupe écossais localisé plus tard à Amsterdam, la chanteuse et trompettiste Marion Coutts est la flamme qui rassemble toutes les énergies du groupe. Sa façon de bouger sur scène, comme un troisième langage, se transmettait irrésistiblement au public. Un groupe libre et discipliné comme une fanfare martiale, incluant Andy Moore le guitariste de The Ex. Du rock libertaire, acier trempé de sonorités jazz et d’airs traditionnels, martelant le métal (cloche, steel drum et guitare) mais surtout affirmant haut et fort par la bouche de Marion Coutts des textes poétiques et concrets politiquement engagés, dénonçant fermement quantités d’injustices sociales. Plus d’une reprises célèbres, dont « Bella Ciao », chant de protestation des ouvrières agricoles du Piémont. Une courte discographie qui n’a pas pris une ride: les premiers albums sont réunis en un Cd: «Human Flys / Every Day Timebomb» en 1988-89; « Mental Blocks For All Ages », accélère encore le rythme, imprégné d’influences orientales, un sommet pour le chant de Marion mais aussi pour toute l’instrumentation tour à tour survoltée et aventureuse; un album live « Bump & Swing » donne une version de « Peace Warriors » d’Ornette Coleman; « Those Deep Buds » en 1994 clôt en chandelle cette belle aventure par des textes forts et une musique plus composée.   

ELECTRELANE : « No Shouts No Calls »  : Depuis dix ans, en 4 albums et une bonne compilation de singles, ces 4 Anglaises de Brighton ont donné à la musique leur perception aussi rigoureuse qu’incisive du rock ‘n’ roll à l’anglaise. En 2001 « Rock It To The Moon » sorte de carrousel de compositions instrumentales fuselées, surfe en 3 coups de batterie, d’un ralenti psychédélique velouté à de vertigineuses envolées électriques en spirales. Farfisa acidulé (orgue à la Stranglers), batterie et basse à deux doigts de l’infarctus et une guitare qui déchire le ciel. Sans cris, sans mots, leurs voix survolent cette machine à dégraisser le psychédélisme de leurs ancêtres, à l’envoyer exploser jusqu’à la lune. Un album dédié exclusivement à des femmes qu’elles admirent comme Kathleen Hanna, Virginia Woolf, Janis Joplin, Bessie Smith, Simone de Beauvoir, Kim Deal (Breeders), Kim Gordon (Sonic Youth), Maureen Tucker (Velvet Underground) ou Annie Lennox… Après la claque du premier, les délices du second : « Power Out », paru en 2003, fait la part belle au chant de la claviériste, saxophoniste Verity Susman, leur rock se pose un peu mais redémarre au quart de tour, enregistré à bout portant par Steve Albini, toujours pour le label Too Pure. En 2005, « Axes » est un excellent carrefour: mélodies plus travaillées, expérimentations inédites, présence accentuée du piano, chansons et instrumentaux alternent, une curieuse alchimie moins rageuse mais plus audacieuse se développe entre des instruments comme la batterie, le piano, le violoncelle, la basse le saxophone et la guitare. « No Shouts No Calls » dernier album avant la séparation d’Electralane, écrit durant l’été 2006 à Berlin, est plus lyrique, plus prévisible mais témoigne de cette adorable cohésion entre les instruments et les voix. Le groupe aura maintenu cette tension fébrile, alliage brut et affiné, jusqu’à la fin. Il y a dans cet album plusieurs ravissantes chansons d’amour et de rupture où la sincérité de la voix de Verity Susman culmine dans « InBerlin » et « Cut And Run ».  

Pierre-Charles Offergeld

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