Magazines

Les best of, c'est con, vive le best of médiathèque !

 

Il y a tellement d’artistes qui innovent, de personnalités créatrices différentes qui se lancent dans la production, il se passe tellement de choses sur une année, en musique et en cinéma, la diversité culturelle est si complexe et multiforme, on n’a pas assez de temps pour tout capter, tout comprendre au cours des douze mois de l’année, et puis tout ce que l’on peut lire comme best of est tellement riquiqui. Quoi, il ne s’est rien passé d’autres sur la planète musicale, dans les astres cinéma!? Pauvreté humaine, misère et consternation ! Un regard dans le rétroviseur culturel devrait fouetter le(s) sens, au moins, que la culture dérange, refasse débat et empoignade. Que ça excite le sentiment d’avoir raté plein de choses surprenantes et aiguise l’attention pour ce qui vient. Que ça serve de leçon ! Quand on lit les classements des CD les plus vendus ou téléchargés, des artistes les plus consultés sur Internet, quand on lit la carte blanche d’artistes et intellectuels belges regrettant la pauvreté et le manque d’ambition de certaines radios publiques, on se dit quand même que tout ça manque de plus en plus de nerfs, de corps, d’imprévus, de mystères : et pourtant c’est sur cette information que se base l’édification de la plupart des « best of » :  les buzz, les cartons dans les hit-parade, les cadors de la vente, les champions olympiques des entrées en salle… L’audimat, quoi, avec ici et là des alibis « subjectifs », des semblants d’expertise indépendante. Et la création là-dedans, la surprise, le dérangement, le déséquilibre, l’émotion qui rompt le consensus ? Le respect des artistes qui tentent autre chose, sortent des productions formatées, des plans carrière, renouvellent nos horizons, questionnent nos sensibilités, nos certitudes ?

Le « best of » de la Médiathèque entend rendre hommage à la diversité des artistes, à la richesse inclassable qui ne se laisse pas ranger dans des classements mercantiles, pépères. C’est un best of réalisé par une communauté d’amateurs, de professionnels de l’écoute, dans un esprit non-marchand. Bien sûr, nos choix vont recouper ceux du marché et des journalistes : il y a de très bonnes choses, de très bons moments qui apparaissent dans ces classifications expéditives. Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc. Mais, les listes que nous établissons en guise de bilan musical et cinéma de l’année, sont beaucoup plus larges qu’une série bidon de « vainqueurs », elles sont attentives à tout ce qui se passe, aux mouvements novateurs même parfois minimes, aux divergences exploratoires, aux multiples sensibilités. Elles prennent des risques aussi, nos listes, en pariant sur des artistes peu connus, peu remarqués par les mécanismes traditionnels ou web 2.0 de l’audimat. Des paris sur l’avenir, ouf, au moins ça fait circuler de l’air libre, des doutes, des interrogations, au moins on peut se tromper, au moins ça s’inscrit dans un processus vivant d’examen continuel. Nos best of sont ouverts, pas autoritaires. Ils relèvent du reste d’un travail continu : tous les deux mois, déjà, La Sélec vient présenter entre 30 et 40 médias qui sortent du lot, donnent des indications sur ce qui bouge, les dynamiques à suivre, à explorer, rien n’est figer. Chaque Sélec vous propos un « best of » à écouter en streaming à travers tous les genres musicaux. La matière culturelle est vivante, imprévisible. Nos best of n’ont rien de définitif ni de péremptoire, ce sont des repérages dans cette matière vivante: vous pouvez découvrir en écoute, sur notre site, en cette fin décembre, une première série de podcast présentant une partie de ce que l’on retient comme artistes et comme album ayant marqué 2009, ayant contribué à conserver à la musique un statut artistique de surgissement, de surprise. D’autres podcast suivront en janvier avec l’amorce d’une vraie web radio « médiathèque ». Meilleurs vœux.

Pierre Hemptinne
Directeur des collections

 

Petit sommaire des podcast-best of 2009 de la Médiathèque :

 

podcasts
Retour au sommaire
Podcasts