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La voix d'Antony

 

 

antonyA l’instar de la chanteuse du groupe Portishead, Beth Gibbons, l’apparition dans le petit monde de la pop, d’une voix comme celle d’Antony, ne laisse personne indifférent. Les sentiments éprouvés peuvent aller de l’adoration exacerbée à l’indifférence ou au rejet pur et simple.

Heureusement l’ouvrage « La voix d’Antony » qui sort ces jours-ci aux éditions « Le mot et le reste » rejette cette attitude manichéenne et préfère le chemin qui même aux origines de cette voix hors-norme comme figée au-dessus du reste et qui ne ressemble à rien d’autre. L’essayiste et spécialiste d’Huysmans, Jérôme Solal arpente ainsi le parcours d’Antony depuis sa naissance en 1971 dans la petite ville anglaise de Chichester puis par ses passages éclairs à Amsterdam et Santa Cruz jusqu’à son arrivée aux États-Unis via la Californie pour finalement atterrir dans la ville de tous les possibles, New York.  Antony fait  désormais corps avec la ville des immigrants, de ceux qui viennent de n’importe où et qui n’ont pas trouvé  leur place. C’est là qu’il a développé dans les années nonante ses activités au sein de la troupe de théâtre expérimental des Blacklips par l’entremise duquel il est devenu cet artiste transgenre que l’on connaît aujourd’hui. S’en suivra la rencontre avec les musiciens qui formeront avec lui son projet de groupe Antony and The Johnsons. Parmi eux  on retrouve entre autres le compositeur William Basinski ou la violoncelliste Julia Kent.  Les premiers chants d’Antony racontaient la partition brutale du masculin et du féminin  à la recherche d’une coexistence avec soi-même. La théâtralité a depuis laissé place au classicisme, à l’épure, à un lyrisme réduit au raffinement des sentiments. La nature, les éléments sont devenus ses thèmes de prédilection. Nul ne sait aujourd’hui où se posera la voix d’Antony mais elle a déjà pris son envol (« I Am a Bird Now »).

Depuis la sortie en l’an 2000 de son premier album éponyme, Antony a éveiller la curiosité et l’admiration d’artistes d’univers très différents comme Lou Reed, David Tibet, Yoko Ono, Marc AlmondMarianne Faithfull mais également Franco Battiato, Björk, Matmos et Jamie Saft.

Nous vous proposons donc un parcours sonore à travers ces rencontres qui montrent à quel point Antony insuffle une part de lui même dans chacun des projets auquel il participe.

David Mennessier

 

 

  1. Michael Cashmore - « The Snow Abides »
  2. Antony With Bryce Dessner - « I Was Young When I Left Home »
  3. Björk - « My Juvenile »
  4. Laurie Anderson - « Strange Perfumes »
  5. Matmos - « Semen Song For James Bidgood »
  6. Hercules And Love Affair - « Easy »
  7. Metallic Falcons - « Nighttime and Morning »
  8. Antony & Oneohtrix Point Never - « Returnal » (Exclusivité, sorti en 45 tours uniquement)
  9. The Jamie Saft Trio - « Living The Blues »
  10. Little Annie - « Strange Love »
  11. Marc Almond - « The Ballad Of The Sad Young Men »
  12. Joan As Police Woman - « I Defy »
  13. Current 93 - « IDUMÆA »
  14. CocoRosie - « Beautiful Boyz »
  15. Lou Reed Feat. Antony - « Perfect Day »