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Édito : Partage d’écrans

 

 

fiffUn festival qui soigne une ligne éditoriale et un discours cinéphile, c’est une aubaine. C’est l’occasion de replonger à la source du cinéma d’inventions, bouillonnant d’essais réussis ou non, loin du plan-plan normalisé d’un circuit qui formate et normalise tout au long de l’année l’accès au grand écran sur le monde, en rognant l’audace et la prise de risque. Dans ce genre de rendez-vous, le cerveau palpe à nouveau et de près la profusion magique de l’image et sa richesse de possibles. Il y faut une équipe de prospection, tout au long de l’année. La fête se prépare de loin. C’est avec plaisir que l’équipe de La Sélec s’est plongée un peu dans ce processus de programmation du FIFF pour y repérer des films éveillant l’envie de parler du cinéma en long et en large. Ce qui aboutit à un choix non purgé d’arbitraire, heureusement, qui constitue l’essentiel de ce numéro hors série. Parmi les films choisis, nous esquissons des hypothèses de fils conducteurs, des idées à suivre, posons les pièces d’une lecture à construire comme un Lego (il manque toujours des pièces, à chercher ailleurs, voire à inventer soi-même, c’est un work in progress, le nerf jubilatoire de la curiosité).

Une connaissance intime du cinéma, personnalisée et structurée, se construit entre la projection publique et les pratiques de visionnement domestique, dans la sphère privée, alimentées par les DVD, notamment disponibles en prêt public par le biais d’un opérateur non-marchand tel que La Médiathèque (plus grande vidéothèque belge). Quand on découvre un genre, un style, un réalisateur débusqué par les coups de cœur de professionnels de la programmation festivalière, souvent on souhaite aller plus loin, cheminer plus avant dans cet imaginaire. C’est là, au sortir de la salle, qu’un numéro spécial de La Sélec, comme celui réalisé pour le FIFF, peut jouer un rôle créatif : offrir des pistes de prolongement. Pour cela, notre offre rédactionnelle s’articule en deux mouvements : d’une part, un coup de projecteur sur des films présents dans la programmation, présentés avec le point de vue d’un regard extérieur et d’autre part, une série de rebonds, des suggestions de films accessibles sur supports enregistrés pour explorer l’une ou l’autre thématique, embrasser la carrière d’un acteur prometteur, élargir les possibles du regard… Un va-et-vient sensible entre bobines et DVD, entre petits et grands écrans, entre les compétences et savoir-faire d’une équipe de programmation d’un festival et une cellule de rédacteurs médiathécaires au sein de la médiation dans la lecture publique audiovisuelle. Une belle complémentarité entre l’événementiel et l’éducation permanente, entre le moment exceptionnel et le quotidien. Une expérience menée à bien « en plus du travail quotidien », avec passion, et qui mériterait d’être approfondie.

Pierre Hemptinne

 

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