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La Sélec n°11 - 21 juin 2010

 

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posterLe poster : vous vous y collez ?
Le dessin de Vincent Julliard a été conçu pour y coller des autocollants de couleur, ce qui vous demandera d’aller en médiathèque pour emporter votre page d’autocollants.
De quoi rajouter une note de couleur sur le dessin en noir et blanc et pas n’importe quelle note : la vôtre !

La version papier en pdf

 

à écouter !L'éditorial : La Neuvième est de retour

 

Le sommaire



  • Rock, pop, electro

    • Ben FROST : « By The Throat »
      En s’enfonçant plus avant dans les ténèbres de l’interminable nuit hivernale islandaise pour donner corps à la petite musique intérieure qu’il dit entendre, Ben Frost accouche d’un disque insomniaque et pressurisé. Sous les glaciers, la lave !

    • BUILT TO SPILL : « There is no Enemy »
      Bonne nouvelle, la décennie 2000 est (presque) achevée, et avec elle, la relative mauvaise passe créative du groupe de Doug Martsch.

    • Joanna NEWSOM : « Have one on me »
      Autant vous dire que la barre du troisième album était placée très, très haut…

    • LYENN : « The Jollity of My Boon Companion »
      Sorti en 2009 dans une discrétion qui sied à la découverte d’un disque qui fait la part entre l’audition et l’écoute, The Jollity of My Boon Companion est à inscrire au plus vite au patrimoine des essences musicales rares à préserver.

    • TRANS AM  : « Thing »
      A force de jouer avec les clins d’œil et clichés d’idiomes rock et electro solidement moqués, Trans Am a fini par être pris suffisamment au sérieux pour devenir tendance et (presque) hype lui-même !

    • MARVIN : « Hangover The Top »
      Autre configuration triangulaire qui sait faire du neuf à base de bons gros morceaux de vieux, et sans qu’il faille éventer les odeurs de renfermé, les Montpelliérains de Marvin, qui viennent de sortir un gonflé second disque - Hangover The Top – qui fait presque de leur premier essai éponyme sorti en 2007 un disque d’une autre époque.

    • écouterAutour de Poveda, Trans Am, Marvin et Ben Frost...
      Une discussion entre David Mennessier et Yannick Hustache



  • Jazz

    • Axel DÖRNER : « Das Treffen »
      Il fait partie de ces musiciens surdoués et hyper formés, cumulant les formations en Conservatoire et, simultanément, les expériences où l’on désapprend en élaborant d’autres techniques, sur des terrains non académiques.

    • Chicago Underground Duo : « Boca Negra »
      Le titre, qui traduit signifie la « Bouche Noire », est le nom donné par les autochtones au cratère du gigantesque volcan « le Teide » dans les îles Canaries et représente symboliquement l’idée d’un flux sans fin d’informations. Cela plante d’emblée le décor…

    • Taylor HO BYNUM & Tomas FUJIWARA : « Stepwise »
      C’est un dialogue entre batterie et cornet, tendre et étincelant, scintillant. Les deux protagonistes se connaissent bien, ils ont des parcours similaires et collaborent dans plusieurs formations. La complicité fait des merveilles dans cette formule en duo: la moindre aspérité, le moindre suspens semblent convergence. Ce sont des musiciens bardés de formations et de diplômes, de jeunes premiers qui n’auraient perdu ni leur spontanéité ni leur passion première, presque naïve, rayonnante.

    • à écouter !Les duos trompette/batterie
      Une discussion animée par David Mennessier et Bertrand Backeland présente ce genre de formations plutôt atypiques (on retrouvera en fait beaucoup plus de duos saxophone/batterie dans l'histoire du jazz) et retrace une partie de l'histoire mutante du free-jazz.


  • Musique classique

    • César FRANCK : « Pièces pour piano »
      Compositeur atypique mais influent – du moins de son vivant – César Franck a su, par la position intermédiaire qu’il occupait entre églises et salles de concert, détacher l’orgue des cathédrales.

    • Dmitri CHOSTAKOVITCH : Sonates pour violoncelle et piano
      Ce disque, qui rapproche le liminaire de l’ultime – une sonate écrite à l’âge de vingt-huit ans et une autre, composée quelques mois avant la mort – suggère que d’un contraste temporel pourrait s’écrire une histoire.

    • THE DOWLAND PROJECT : « Romaria »
      Une voix solitaire qui chemine le long d’un cours mélodique étal et profond. Le paysage évolue, les langues alternent entre l’allemand, le latin, l’espagnol, les instruments sont disparates, violon, alto, saxophone, vihuela, clarinette, guitare baroque, à chaque instant les composants, les climats changent et cependant c’est un seul flux, dense, compliqué, serré qui entraîne la voix dans son mouvement.

    • à écouter !Une discussion...
      Retour sur César Frank et Chostakovitch et, en vrac, discussion sur les façons d'écrire la musique à l'intérieur ou à l'encontre d'un système, la répression politique, le jeu des instruments, ce qu'un auteur révèle et dissimule de lui-même dans son écriture et encore bien d'autres choses.


  • Musiques du monde

    • « Next stop… Soweto, Vol.1 »
      Cette anthologie est une histoire de résistance, celle de la population noire d’Afrique du Sud, mais aussi celle de la portion de la population blanche qui croyait à la possibilité d’une société mixte, multiculturelle.

    • THE ESSO TRINIDAD STEEL BAND : « Van Dyke Parks Presents The Esso Trinidad Steel Band »
      Résultat de quelques sessions d’enregistrements intercalées tant bien que mal entre des mois de tournée intensive, le disque – et le DVD qui accompagne sa réédition - montre le Steel Band au mieux de sa forme, dans un répertoire à la fois traditionnel et moderne.


  • Soul, blues, reggae

    • T-MODEL FORD : « The Ladies Man »
      Dur à cuire anachronique (presque nonante ans, crocodile salace agrippé à sa guitare) si ce n’est par le biais des blessures et des lésions où, là, le vieux bluesman chante en phase avec toutes les époques, il traverse les siècles, c’est son éternité de rejeté, de SDF intemporel à force d’en faire système mental (par métabolisme), corps et esprits mutilés-sublimés par l’alcool et les manques.

    • « Watch how the people dancing - Unity Sounds from the london dancehall, 1986-1989 »
      Cette réédition est remasterisée par Moritz von Oswald au studio Dubplates & Mastering de Berlin, ce qui lui assure un son incroyablement chaud, et brillant. Cette re-production vient de plus souligner la filiation entre ces digi-dubs vintage et les générations actuelles de musiciens dubstep, héritière de ce minimalisme électronique comme l’est le projet rhythm & sound de Von Oswald lui-même.


  • Musiques de films

    • Atticus ROSS : « The Book of Eli »
      Collaborateur sur quatre albums de Nine Inch Nails, l’Anglais Atticus Ross signe sa première bande originale pour The Book of Eli, film d’action post-apocalyptique des frères Hugues (From Hell).


  • Chanson francophone

    • FÉLOCHE : « La Vie Cajun »
      Menacé de toutes parts (l’ouragan Katrina en 2005, une marée noire en 2010), le bayou de Louisiane se venge en colonisant l’imaginaire d’un jeune Français et lui offre en prime le don d’ubiquité.


  • Cinéma

    • Adam ELLIOT : « Mary And Max »
      La genèse de ce drôle de film d'animation remonte à une vingtaine d'années, quand le futur réalisateur de la banlieue de Melbourne alors âgé de dix-sept ans découvrit dans sa boîte aux lettres la missive d'un Américain à la recherche d'un correspondant. Plus de vingt ans plus tard, ils s'écrivent toujours (uniquement des lettres physiques, jamais d'e-mails), et l'Australien s'est inspiré de leur histoire pour concevoir l'un des plus beaux longs métrages d'animation pour adultes qu'il nous ait été donné de voir.

    • Duncan JONES : « Moon »
      Porté à bras-le-corps par la performance magistrale de Sam Rockwell, Moon est sans conteste la meilleure surprise du cinéma de science-fiction contemporain et propulse Duncan Jones en tête des cinéastes à suivre absolument.

    • Xavier DOLAN : « J’ai tué ma mère »
      L’âge peut avoir de l’importance. Il ne suffit pas de souffler, comme pour réclamer sournoisement l’indulgence du public, qu’il s’agit d’un premier film. Auparavant, on peut être sensible aux détails : un jeune homme prénommé Antonin Rimbaud, des citations littéraires qui surgissent inopinément et s’inscrivent sur le haut de l’écran, un découpage soigné en séquences presque autonomes mais une chronologie très pointilleuse, des couleurs signifiantes, des cadrages scrupuleux.

    • Hirokazu KORE-EDA : « Still walking »
      Ici Kore-Eda renonce à l’angle du créateur omniscient; il semble assister à sa propre mise en scène, filme des corps, des lieux, des conversations comme autant de faits autonomes qu’il se garde, avec une retenue très japonaise, d’interpréter.


  • Documentaires

    • Christian POVEDA : « La vida loca »
      Au Salvador, la jungle la plus mortelle ne compte qu’une espèce animale : l’homme. Pas encore menacé de disparition, son espérance de vie dépasse rarement les 25 ans. Edifiant !

    • écouterAutour de Poveda, Trans Am, Marvin et Ben Frost...
      Une discussion entre David Mennessier et Yannick Hustache

    • Loïc PRIGENT : « Le jour d'avant »
      Il n'est pas nécessaire de s'intéresser à la mode pour se plonger passionnément dans ses coulisses. La preuve avec cette série documentaire palpitante signée Loïc Prigent, documentariste devenu petit à petit un incontournable de la planète mode à la télévision.

    • Peter BROSENS et Dorjkhandyn TURMUNKH : « State of Dogs »
      Baasar le chien, meurt dès le début du film, abattu par un tueur de chien professionnel, employé officiel du gouvernement, contraint de régler de manière drastique le problème des chiens errants de la capitale. Personnage presque mythique, ce chasseur est toutefois méprisé, rejeté par la population, qui considère son travail comme une grave atteinte à la tradition mongole qui veut qu’on traite correctement les animaux, quels qu’ils soient, et particulièrement les chiens, censés se réincarner en homme après leur mort, selon les légendes mongoles.

    • Hervé GUIBERT : « La Pudeur ou l’impudeur »
      Le Sida droit dans les yeux. Une écriture-cinéma au quotidien, pleine de grâce et d’effroi. C’était en 1991, c’était un choc et ça le reste.


  • Documents sonores

    • Luc FERRARI & Brunhild MEYER : « Chantal, ou le portrait d’une villageoise »
      Intelligente – comprenez libre – Chantal l’est assurément. Au-delà d’une certaine incompréhension de départ quant au fait qu’au sein de toute la population du village, ce soit précisément avec elle que ce curieux couple d’enquêteurs parisiens pas comme les autres ait décidé de pousser plus avant l’enregistrement de leurs entretiens, elle articule dans des mots simples une pensée de l’existence (...) toujours ancrée dans son vécu et ses expériences et ne tombant (presque) jamais dans les ornières d’un discours pré-balisé par d’autres.