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La Sélec n°13 - 15 octobre 2010

selec13

 

 

 


REPRISES ET REMAKES


  • Sigrid FALTIN : La Paloma, une chanson nommée désir
    Divers musiciens : compilations La Paloma

    Nul ne peut affirmer avec certitude le nombre de versions de « La Paloma » qui ont été enregistrées à ce jour. Les uns avancent le chiffre de  2500, d’autres vont jusqu’à 5000. Composée aux alentours de 1863 par le compositeur basque Sebastiàn Iradier, cette habanera a connu un destin proprement étonnant, et les multiples rebondissements de sa fortune en font l’équivalent des vies les plus aventureuses.

  • Eliza CARTHY et Norma WATERSON : Gift
    Figure emblématique du revival folk britannique, Norma Waterson défriche le répertoire populaire depuis maintenant près d'un demi-siècle. D'abord chanteuse au sein du projet familial The Watersons, elle poursuit sa carrière musicale auprès de son époux, Martin Carthy, autre figure de proue du mouvement folk sixties, et de leur fille, Eliza.

    Alasdair ROBERTS : Too Long in This Condition
    Loin de tout académisme, Alasdair Roberts s'est entouré ici d'amis bienveillants pour réinterpréter à sa façon les onze chansons rassemblées avec soin, privilégiant le fond à la forme, sans maniérisme ni fioritures inutiles

  • Yannis KYRIAKIDES et Andy MOOR : Rebetika
    Le rebétiko est né dans les années 20, il s’ouvre à des influences orientales, ce n’est pas qu’un style musical, c’est toute une culture qui chante les bas-fonds, la prison, la prostitution, la drogue, l’amour perdu, la violence et, surtout, la différence.

  • Kenny GRAHAM : Moondog and Suncat Suites
    À part dans le cas particulier de la copie, toute reprise implique un déplacement (de ton, d’ambiance, de son, d’instrumentation, de rythme, etc.). Dans le cas de celles de Moondog par Kenny Graham, ce n’est pas la traversée de l’Atlantique qui est le déplacement le plus signifiant, mais bien le franchissement d’un mur, le passage de l’extérieur à l’intérieur, du trottoir au studio.

  • KOES BERSAUDARA : Koes Bersaudara
    DARA PUSPITA : Dara Puspita

    Alors que dans de nombreux pays du globe, la pop anglo-saxonne est devenue un standard, à suivre, à imiter, à détourner parfois, l’Indonésie a décidé dans les années 1960 de boycotter cette influence, afin de préserver la musique locale, et de lutter contre l’impérialisme culturel occidental. Le président Sukarno décréta notamment une interdiction généralisée de participer à la Beatlemania, cette déferlante mondiale qui verra les chansons des Beatles reprises sous toutes les formes possibles, dans toutes les langues du globe.

  • Uwe OBERG, Christof THEWES et Michael GRIENER : Lacy Pool
    Le trio piano-batterie-trombone ne s’éloigne pas tellement des compositions de Lacy, il évite les digressions et développements trop personnels. Il se concentre sur la dynamique exceptionnelle des thèmes, il épure et cerne au plus près ce qui chante et martèle à l’intérieur de ces airs frondeurs. Il souligne la force inhérente et dépouillée des mélodies.

  • Orphée : autour d’un opéra de MONTEVERDIà écouter
    Orphée est celui qui lie le verbe à la musique, et la mort à la vie. Cette union qu’il réalise en tant qu’homme, qu’il permet et dont toutefois il se défend, car elle est exaltation et souffrance, invalide un à un les termes qui la fondent : et le verbe et la musique, et la vie et la mort – et l’homme.

  • S. BROMBERG et R. MEDREA : L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot
    De ce film en jachère pour l’éternité demeurent des pellicules presque sans son d’une insondable beauté formelle, l’image d’une Romy Schneider au magnétisme sauvage et irréel, et le regard insomniaque et halluciné d’un Reggiani, un rasoir à la main, qui vient peut être de commettre l’irréparable.

    Henri-Georges CLOUZOT : La Prisonnière
    Art moderne et destin funeste seront à nouveau mêlés dans le dernier film d’Henri-Georges Clouzot en 1968...

    Claude CHABROL : L’Enfer
    Trente ans plus tard, (feu) Claude Chabrol reprend le scénario de Clouzot mais l’ajuste sur mesure aux paramètres millimétrés de son cinéma.

  • Jørgen LETH et Lars VON TRIER : Five Obstructions
    Si, par quelque cheminement pervers et contre nature, la perfection devenait un point de départ, si elle figurait soudain, arbitrairement, ce dont il faut se défaire – voire ce qu’il faut détruire – que se passerait-il ? C’est un jeu que propose Lars von Trier à Jørgen Leth, réalisateur dont il dit vénérer, jalouser même, un court métrage datant de 1967.
    Mary HARRON : American Psycho
    Le remake réussi de L’Homme parfait existe. Il s’agit d’un film américain, tiré d’un roman de Bret Easton Ellis : American Psycho. J’ignore si le fait est intentionnel ou pure coïncidence, mais Patrick Bateman, antihéros par excellence, est l’homme parfait déconstruit, défiguré.

  • Douglas SIRK : All That Heaven Allows
    Comment, dans une petite ville wasp (white anglo-saxon protestant) de la Nouvelle-Angleterre, une veuve solitaire , mère de deux grands enfants aux études, tombe amoureuse de son jardinier, passablement plus jeune qu’elle...

    Rainer Werner FASSBINDER : Angst Essen Seele Auf
    Quand, en 1973, Fassbinder tourne Angst Essen Seele Auf, il retravaille en cinéma le matériau de All That Heaven Allows, un film qu’il admirait et sur lequel, deux ans auparavant, il avait écrit un fort bel article soulignant à la fois la profonde tendresse de Sirk pour ses personnages (en particulier féminins) et la portée sociale et politique de ses films.

    Todd HAYNES : Far from Heaven
    Le jeune cinéaste américain ne suit pas l’option de Fassbinder de transposer l’intrigue à l’époque contemporaine et tourne presque, avec quarante ou cinquante ans de retard, une sorte d’inédit de Sirk.

  • W. HERZOG : Bad Lieutenant : Port of Call New Orleans
    Abel FERRARA : Bad Lieutenant

    Cette version se démarque nettement des affres religieusement kitsch de Ferrara : si ces derniers sont la tasse de thé de certains, la malice de Herzog sera, dense et perfide, une liqueur ambrée. Un liquide sombre, dans la profondeur duquel frémit l’ironie des tourments.

  • NADA SURF : If I Had a Hi-Fi
    Nada Surf s'est fait une belle réputation avec son power pop efficace et ses concerts aux petits oignons. Francophiles convaincus, prodiges des harmonies à trois voix et férus de reprises depuis toujours.


  • A Boris Vian - On n'est pas là pour se faire engueuler !
    La direction artistique de ce double album a été menée par le journaliste Olivier Nuc qui a fait appel au don d’interprète d’une belle brochette d’artistes de la scène francophone actuelle, chanteurs et comédiens. Mais ce n’est pas tout, et c’est là que réside l’originalité de la démarche : certains chanteurs ont été amenés à mettre en musique des textes surprenants de l’auteur qui n’ont jamais été chantés auparavant.

  • Hitchcock et remake : vanité ou à-propos ?
    Si le concept de remake traîne avec lui bon nombre d'a priori négatifs hélas trop souvent justifiés, il est parfois bon de s'arrêter sur quelques cas atypiques capables de porter un questionnement pertinent sur la valeur première et les raisons mêmes de l'existence d'un tel procédé. À travers deux de ses œuvres – et remakes –, le maître Hitchcock nous apporte indirectement quelques éléments de réponse.

  • En bref, quelques pépites
    De Ike Quebec à François Hadji-Lazaro, de Dvorák à Dalida...

 

ET AUSSI...


  • The BOOKS : The Way Out
    Ce nouvel album s’ouvre sur les mots “Greetings and welcome to a new beginning”, prononcé par un thérapeute qui nous promet un nouveau départ dans la vie, une renaissance à nous-même. On peut toutefois discuter l’idée d’un nouveau départ pour le groupe.

  • L.E.G. : Illness Of The Realness
    Sur son site, le trio bruxellois L.E.G. range son travail dans une case encore à définir, le « heavy rap ». Soit un hip-hop perfusé d’expérimentations, et dans le cas présent, déjà débarrassé des traces d’un marquage local trop souvent synonyme de plafond bas dans nos mornes contrées.

  • Felix VAN GROENINGEN : La Merditude des choses
    Bienvenue chez les Strobbe, fratrie alcoolique à tendance sympathique qui se serre les coudes sous le toit accueillant d’une mère poule (Gilda de Bal) et le regard du jeune Gunther (Kenneth Vanbaeden), enfant né par accident des suites d’un soir de beuverie.

  • Luc MOULLET : La terre de la folie
    « L'arrière-petit-neveu du bisaïeul de ma trisaïeule avait tué un jour à coups de pioche le maire du village, sa femme et le garde champêtre, coupable d'avoir déplacé sa chèvre de dix mètres. Ça me fournissait un bon point de départ... Il y a eu d'autres manifestations du même ordre dans la famille ».

  • Chris HEGEDUS & D.A. PENNEBAKER : The War Room
    La campagne électorale présidentielle américaine vue et ensuite revue de l’intérieur depuis un endroit-clé, une zone névralgique. C’était il y a 18 ans. Depuis, tout a changé ou … si peu !

  • Zhao LIANG : Pétition, la cour des plaignants
    Si l’adjectif kafkaïen renvoie simplement à quelque chose d'absurde, d'incompréhensible, « Le Procès », lui, se plongeait plus particulièrement dans les arcanes souvent ésotériques de la bureaucratie, et l’apparent arbitraire des institutions judiciaires. Zhao Liang a suivi pendant douze ans les victimes de cette complexité, il a ainsi filmé quelques-uns des nombreux pétitionnaires montés à Beijing de tous les coins de la Chine pour présenter leurs plaintes, généralement contre la corruption des pouvoirs locaux de leur région.