
L'artiste du poster : Élodie Antoine
Lorsque le premier opus de Playboy’s Bend, le bien nommé Lovetoys, est sorti en mai 2009, personne ne s’attendait vraiment à cela : Xavier Gazon avait alors plusieurs années d’expérience dans les milieux electro underground, mais ce premier album et les nombreux concerts qui en découlèrent permirent au grand public de découvrir le petit monde ultra fermé du circuit bending sous forme de pop synthétique fraîche et entêtante…
Pendant longtemps, le disque vinyle a été le seul support imaginable pour un DJ et le tourne-disque son seul instrument. Aujourd’hui, des versions numériques permettent d’imiter, à partir d’un CD, voire d’un fichier mp3, les techniques de base du platinisme, à quelques exceptions près. Toutes ces techniques ont le même objectif : toucher la matière du son, la manipuler avec les mains…
Madlib c'est l'aventure d'un sampling mosaïque au sérieux penchant psychédélique (sampledelic). Aux platines mais aussi au micro ou encore à la production, depuis ses projets solo jusqu'aux collaborations les plus diverses, il sera depuis une dizaine d'années un acteur important du milieu hip-hop en provenance de Los Angeles.
L’usine est cette évidence du paysage que le regard veut abstraire, intruse, elle épuise l’espace où elle s’évase, indésirable, nécessité tacite. Sa mise à l’écart entraîne celle de ses hommes, les efface à moitié : les ouvriers, l’usine les avale et c’est presque à la dérobée qu’ils oeuvrent, regroupés, renommés masses, bras, voix, sueurs, forces. Pourtant, voici deux documents qui donnent accès à d’autres points de vue..
Difficile d’imaginer le cinéma comme un art direct, tactile, manuel, on y pense au mieux comme un artisanat demandant une certaine dextérité. On peut se satisfaire de cette place ou essayer de donner au film une place unique, qui ne devrait plus rien à personne. Pour cela, il faut renoncer à la narration linéaire, bien sûr, mais surtout il faut s’attaquer à la matière même du fi lm, à ses matériaux, ses instruments. Il faut prendre la pellicule en main et le projecteur à bras le corps.
Suivre le « simple » enchaînement des gestes qui, correctement maîtrisés et enchaînés les uns aux autres, transforment une matière ou donnent
naissance (ou « renaissance ») à un objet c’est déjà presque une histoire, voire un scénario.
L’animation est un processus continu de digestion/régurgitation, processus dans lequel toute technique n’est jamais obsolète pour de bon, et peut revenir dans la foulée ou en regard (en négatif parfois?) d’une autre, inventée elle aussi entre-temps ou remise au goût du jour par le développement de nouveaux moyens et instruments. Ainsi au fil du temps, au « traditionnel » dessin sur papier ou cellulose, marionnettes, peinture sur papier, figures découpées et/ou pliées, pâte à modeler s’est ajoutée toute la panoplie des procédés de « grattage » ou de « nettoyage » à même la pellicule ou autres types de surfaces..
Si l’invention fait table rase du fastidieux et de l’ennui, la cuisine donne accès, entre autres, à la durée. L’invention de la cuisine ne célèbre pas l’exception, elle recherche l’essence de la cuisine. Documentariste et cuisinier amateur, Paul Lacoste connaît cette générosité de l’apprêt, l’attente non pas éprouvante, mais éprouvée, qui est accueil amoureux des aliments pas seulement dans ce qu’ils ont à offrir; saveurs, textures, couleurs, mais aussi dans ce qu’ils sont; fragilité, défauts, blessures.
Comme une seconde nature, l’œuvre d’Anselm Kiefer crée un environnement: textures donnant sur textes donnant sur images donnant sur – quoi au juste ? Un labyrinthe, un nulle part épais de matière et de vide, entre mémoire et imaginaire, individu et collectivité, visible et invisible, verbe et bruit, intelligence et sensation. Calme métal en surface, feu accidenté bouillonnant en profondeur.
Depuis qu’ils existent, les jeux vidéo symbolisent parfaitement l’interaction entre les hommes et les machines. Et si la créativité humaine dans ce domaine n’a jamais été aussi grande, la puissance des processeurs qui donnent vie à ce qui n’est à la base qu’abstraction tend hélas ! à prendre le pas sur l’originalité. Mais , en marge des généralisations aux douces senteurs du « c’était mieux avant », d’irréductibles trouble-fête préfèrent emprunter les chemins de traverse..
Quelques réflexions et interrogations autour de cette grande inconnue qui n’en finit pas de se soustraire à ce que l’on croyait savoir d’elle, par un scientifique et pédagogue dans l’âme, et, qui garde en toutes circonstances, le sens de la formule.
Jacques Coursil, Abdellatif Kechiche, Apichattpong Weerasethakul, Sompot Chidgasornpongse. Chemin de larmes, Vénus et Réincarnation.
John Tilbury s’écarte progressivement du répertoire classique et se rapproche des discours musicaux tentés par l’aléatoire, c’est-à-dire par tout ce qui, du non musical, vient nourrir le musical.
Charles Bradley découvre James Brown en concert à l'Apollo début des années 1960.
Quelle belle initiative que cette intégrale de l’oeuvre concertante pour violon de Henri Vieuxtemps, grand maître de l’école franco-belge !