Du festif, de l’explosif !
La mascotte de La Sélec, pour les distraits, est apparue dans le N°4 grâce à l’imagination d’Harrisson. C’est un acquis, elle ne nous quittera plus. Elle est trop radieuse: association frondeuse du Corbeau et du Renard contrariant une longue tradition qui veut que les contraires s’opposent fatalement ! Dans ses veines coule le sang de l’esprit « open source » et elle n’hésite pas à afficher des badges peu consensuels, du genre : « copier c’est apprendre ». Apprendre, c’est l’essentiel, copier n’est pas une fin en soi. Elle voit loin la mascotte. Et elle va raffoler du N5. Avec un retour en fanfare des « one man bands ». Cette drôle de pratique qui consiste à manier plusieurs instruments simultanément révèle à quel point « faire de la musique » reste un défi incommensurable, une aventure équilibriste de toutes nos facultés. La Sélec célèbre quelques-uns de ces solitaires atypiques, géniaux bricoleurs et explorateurs sensori-moteurs du désir musical premier. Mais ce n’est pas tout: si l’on fête 100 ans de jazz, notamment par une grande exposition Quai Branly (Arts Premiers), il est bon de rappeler que cette musique ne se laisse pas ranger au musée. La preuve en deux temps trois mouvements :
1) réédition d’un CD de Revolutionary Ensemble dont l’audace est loin d’être refroidie.
2) sortie de deux duos brillants du percussionniste époustouflant Paal Nilsen-Love, avec un trompettiste et un organiste d’église !
3) explosion continuée de free-jazz-rock avec l’ensemble Zu que nous rapprochons du dernier K-Branding. Il y a aussi la redécouverte en CD et DVD de l’aventure hors normes des Taj Mahal Travellers aux frontières hallucinantes de l’improvisation, des ancestralités, de Dada… Ce n’est pas tout, mais elle jubile déjà la mascotte…
Pierre Hemptinne
Magazines > La Sélec> La Sélec n°5 - 12 juin 2009 > Editorial Sélec n°5