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La Sélec n° 5 - 12 juin 2009

 

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Le sommaire


  • One Man Bands

    • Honkeyfinger
      Honkeyfinger bricole les agencements selon un plan de montage sans fin déterminée, toujours à l’affût d’une expérimentation, d’une autre greffe utile. Le dispositif, ouvert, se ramifie vers plusieurs pédales de distorsion qu’il utilise aussi bien pour la guitare, le chant et l’harmonica. « Il faut le voir pour le croire ».

    • Lionel Solveigh
      Après quelques années passées à arpenter les scènes belges et françaises, le Bruxellois Lionel Solveigh sort un premier album très attendu, le bien nommé Home. (...) Les ambiances intimistes et oniriques portées par une voix feutrée enveloppent l'auditeur avec douceur, et Lionel Solveigh fait partie de ces artistes bienveillants qui vous réconfortent les jours de détresse.

    • Bob Log III
      Une bonne hygiène de l’orthodoxie binaire (3 accords et basta !) adoptée dès la prime jeunesse, couplée à quelques sains préceptes rock’n’roll (selon ses propres mots : « un bon riff », « des filles qui remuent du popotin » et « un max de bon temps »…) et nourrie d’une méfiance viscérale envers toutes techniques ou moyens qui s’apparenteraient à une forme de lissage dans le son ou de sophistication dans la manière de procéder, figure sur sa carte de visite !

    • Greg Malcolm
      Pour qui n’aurait jamais vu Greg Malcolm (ni en chair et en os en concert, ni même en photo ou en vidéo) et le découvrirait à l’oreille, via la musique qu’il propose sur ce disque, la rencontre tiendrait sans doute de l’apparition mystérieuse, comme d’un voile qui lentement se lève...


  • Du Free Jazz au Free Rock

    • Revolutionary Ensemble
      Ils ont tous le statut de compositeur, signe d’une maîtrise globale de toutes les questions touchant à la musique (...) et, à côté des apprentissages formels de plusieurs instruments, ils n’ont cessé d’accompagner les initiatives novatrices. Ils se sont immergés dans la pluralité de tout ce qui surgissait de nouveau. Une discipline qui, forcément, stimule l’apprentissage de techniques, l’habitude du questionnement et favorise la plasticité créatrice. Ils ont de plus circulé entre des écoles différentes, joué avec les anciens comme avec l’avant-garde, les formes savantes comme le rhythm’n’blues… Les trois du Revolutionary Ensemble ont accompagné, chacun dans leur parcours individuel, les plus grands noms du free-jazz...

    • Paals Nilssen-Love
      Paal Nilssen-Love, détonateur de singularités, est de ces batteurs qui s’écoutent avantageusement en solo tant son langage est évolué. Son registre est incroyablement étendu, ramifié en connexions personnalisées entre bagage technique hyperdéveloppé et vocabulaire sensible impressionnant, entre motricités physique et mentale. Il force ses rythmes, ténus ou musclés, en réseau spirituel avec la « totale » de ses batteurs préférés (Art Blakey, Tony Oxley, Ed Blackwell…)

    • Zu / K-Branding
      Qu’ont en commun les déjà vétérans italiens de Zu et les Belges débutants (du point de vue albums) de K-Branding ? Ils répondent tous deux à cette logique de l’éponge musicale imbibée à profusion et dont la sécrétion finale n’a plus grand-chose à voir avec les liquides successifs qui s’y sont intimement mélangés…



  • Musique classique

    • Vladimir Ussachevsky
      Lorsqu’en 1952 Vladimir Ussachevsky inaugure, par un premier concert public, le Columbia Electronic Music Center à New York, il est loin d’imaginer l’ampleur mondiale des recherches auxquelles il participe. Que ce soit en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, un certain nombre de musiciens décident d’explorer des voies nouvelles et de détourner les récentes découvertes techniques d’enregistrement du son.

    • Telemann
      Texte violent et musique graphique : la dramaturgie religieuse du XVIIIe siècle ne prétend pas au réconfort des fidèles ; elle dérange, attise le repentir. Cathartique, elle ne vise pas la douceur de l’autre monde, mais les affres de celui-ci.

    • Bohuslav Martinu
      Ample et mesurée, l’œuvre de Martinu paraît moins enracinée dans son siècle que sans âge, inactuelle mais vivace. Peut-être brûle-t-elle à mesure qu’elle se régénère, dans un espace créé pour elle et qu’elle anime, souveraine et libre, étrange de solitude, indifférente aux activités humaines. En elle la musique assouvit son histoire comme une anecdote : d’inspiration disparate, n’appartenant à aucun courant défini, mer étale, elle scintille de sa propre lumière.


  • Musiques du Monde

    • Psarantonis and the Ensemble Xylouris
      Psarantonis est un musicien au physique déroutant et à la voix impressionnante; tout en lui évoque le sauvage, de son énorme barbe grise à sa voix rocailleuse. Surnommé « le Roi du silence » ou « le Barde sauvage » chez lui, dans le village d’Anoghia, en Crète, il est le descendant d’une grande famille de musiciens.

    • Staff Benda Bilili
      Quand les membres de Staff Benda Bilili se déplacent dans la boue, c’est une étrange procession, malhabile et majestueuse à la fois. Tous hémiplégiques des suites de la polio, ils se sont dotés d’engins surprenants, un mixte de chaises roulantes et de vélo, le pédalier adapté pour être actionné par les bras. Les plus nantis ont des versions motorisées. Easy Rider version handicapée et fauchée, mais quelle imagination ! Ils répètent à l’air libre, comme on se rassemble pour palabrer, sur des places, dans un parc ou le zoo. Leur chant a réellement des caractéristiques de chant communautaire, de chant spirituel.

    • Oumou Sangaré
      Depuis « Oumou. », le double best of doté de six titres inédits paru en 2003, Oumou Sangaré se faisait attendre. Cette diva du Mali, dont la voix fait tourner les têtes, avait sans doute fort à faire avec ses autres vies : femme d’affaires, femme de scène (elle a chanté avec Tracy Chapman, Trilok Gurtu, Meshell Negeocello…) et femme engagée dans la dénonciation de la polygamie, du mariage forcé et de l’excision.

    • Grupo Folklórico y Experimental Nuevayorkino
      Comme ce nom le montre la volonté était double : faire revivre à New York le folklore des Caraïbes tout en y incorporant l’expérimentation. Fusionnant « la musique d’hier avec une vision contemporaine, mais également, la musique d’aujourd’hui avec une vision d’hier », ils poursuivaient la grande entreprise de cuisine musicale débutée à la fin des années cinquante et rassemblée sous le nom générique de salsa.



  • Chanson française

    • Moussu T e lei Jovents
      Des chansons qui semblent simples, naïves, parfois même désuètes. D’aucuns pourraient péjorativement les qualifier de «gentilles». Ce serait manquer d’attention. Tout d’abord parce que les textes convoquent au chevet de notre écoute tout un monde, peu connu finalement car discrètement abrité derrière les clichés «vacances» véhiculés. Ensuite parce que ces morceaux sont riches de divers héritages voulus et assumés.

    • Dominique A
      Le dernier album du Français, bruxellois à mi-temps, s’intitule très simplement La Musique. Mais qu’on se rassure, il n’y a aucune raison de penser que Dominique A en ait pour autant fait le tour !


  • Jazz

    • Taj Mahal Travellers
      Deux rééditions consécutives pour un groupe renommé jusqu’ici pour sa rareté… Les Taj Mahal Travellers ont fait pendant des années la fierté des collectionneurs, leurs disques étant peu nombreux, publiés à faible tirage et rarement réédités. Voici un CD et un DVD publiés par le label japonais Disk Union.


  • Hip-Hop

    • Doom
      À l’écoute du très attendu nouvel album de (MF) Doom, on pense à cette remarque usuelle des Comic books, préludant à un pétage de plomb qui rompt avec la monotonie de série(s) où il ne se passe plus grand-chose : « les héros sont fatigués ! ».
      Dans le monde du hip-hop, survolant la zone floue séparant l’underground du mainstream MF (pour metal face) Doom jouit d’un crédit équivalent à celui du Docteur Doom dans l’univers des comics, auquel il a emprunté à la fois son patronyme et le masque de métal qui ne le quitte jamais.

    • Filastine
      Grey Filastine est à la base percussionniste, une occupation qu’il exerce encore aujourd’hui au sein du collectif Infernal Noise Brigade, une fanfare anarchiste fondée à Seattle pour accompagner diverses manifestations, des actions contre la guerre en Irak aux marches contre le G8. Ce goût de la performance comme intervention l’a conduit par la suite à se produire autant sinon plus dans la rue que dans les clubs. Il s’y déplace avec une poussette contenant son laptop, ses percussions et son amplification, version moderne et compacte des sound-systems qui sillonnaient la Jamaïque des années cinquante en camions bâchés.


  • Musique de film

    • Doubt
      Dix-neuf courtes pièces quasi liturgiques par le compositeur fétiche de David Cronenberg… Pour l’adaptation cinématographique de sa pièce Doubt (prix Pulitzer 2005), le metteur en scène et dramaturge John Patrick Shanley a rassemblé un casting de haut vol : outre Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman, le compositeur Howard Shore s’est associé au projet avec une bande originale sobre, classique et néanmoins bigrement efficace.





  • Cinéma

    • Nagisa Oshima
      Lorsque Oshima commence sa carrière en 1959, c’est un réalisateur encore novice, nommé et soutenu par les studios Shôchiku. L'industrie du cinéma est alors fortement menacée par la montée de la télévision, et les studios cherchent à rafraîchir leur image en engageant de nouveaux réalisateurs capables d’attirer un public plus jeune. Comme leurs concurrents de la Nikkatsu, la Shôchiku va se lancer dans la production de films spécialement destinés aux jeunes et aux adolescents. Il s’agit non seulement de renouveler les thématiques, mais aussi de rénover l’esthétique du cinéma japonais. Trouvant dans la nouvelle vague française une source d’inspiration, de nombreux cinéastes vont alors définir ce qu’on a appelé la nouvelle vague japonaise.

    • Estómago
      Estómago s'ouvre sur une longue tirade à la gloire du gorgonzola. Le narrateur, c'est Nonato, et le spectateur comprend vite qu'il se trouve dans une cellule de prison. On le retrouve ensuite sortant d'un bus et errant dans les rues d'une grande ville brésilienne. Affamé et sans un sou, il se rend dans un bar où, en échange du gîte et du couvert, il accepte de faire la plonge, le ménage et enfin, la cuisine. Bientôt, ses snacks au poulet attirent la clientèle et Nonato se lie d'amitié avec Iria, pute au grand cœur et à l'appétit démesuré.
      Il est aussi très vite remarqué par Giovanni, restaurateur italien qui lui offre un emploi d'assistant dans son établissement. C'est là que notre héros très discret apprendra les ficelles du métier…

    • Gomorra
      Dans un pays où la corruption va de pair avec la misère économique de certaines régions, on comprend la fascination pour la vie violente, la richesse rapide. Dans un pays où le Premier Ministre dépénalise les crimes qui lui sont imputés et renégocie la loi en sa faveur parce qu'il est le chef, parce qu'on ne l'attaque pas comme ça, aussi facilement, on comprend la méfiance face aux institutions officielles et la certitude que la voie la plus rapide pour s’assurer l'ascension sociale que représentent l'argent et le pouvoir est celle de la mafia.

    • Le silence de Lorna
      Le cinéma des frères Dardenne cristallise les contradictions. Étiqueté comme « social », on lui reproche son invraisemblance ; jugé austère, sa virtuosité dérange. Ni séduisant ni distrayant, il remplit les salles et remporte de nombreux prix. Mais c’est un cinéma de mouvement, un espace insaisissable, fuyant, fissuré, dont l’image surgit comme un accident.

    • Valse avec Bachir
      « Durant une minute ou une éternité, je vois Frenkel au croisement, les balles sifflent autour de lui de toutes parts. Et au lieu de courir de l’autre côté du carrefour, il se met à danser comme s’il était en transe. Il leur montre qu’il veut rester là, qu’il veut y rester pour toujours. Il veut valser entre les balles avec autour de lui les énormes affiches de Bachir. Alors qu’à 200 mètres de là, les fidèles de Bachir préparent la vengeance, préparent le massacre des camps de réfugiés de Sabra et Chatila. »


  • Documentaires

    • Carlitos Medellin
      « Le gouvernement est corrompu depuis longtemps. Les narcotrafiquants financent la guérilla. La guérilla essaye de renverser le gouvernement. Les paramilitaires cherchent à mettre fin à la guérilla, et tout le monde s’entre-tue en se foutant bien de la paix. » Voilà ce qu’explique, en voix off, Carlitos, 13 ans, habitant de la rue la plus violente du quartier le plus violent de la ville la plus violente au monde.

    • Le travail c'est du cinéma ?
      Près de trente ans séparent ces deux documentaires : tourné en 1978, « La voix de son maître » donnait la parole aux chefs d'entreprise ; « J'ai très mal au travail » s'intéresse de près aux effets pervers de l'activité professionnelle.

    • Trois fois Calder
      Pour beaucoup d’entre nous, le nom de Calder n’évoque que ses sculptures monumentales baptisées « mobiles ».  A Paris, la grande expo « Alexandre Calder – Les Années parisiennes (1926-33) » qui permet de découvrir un autre univers de son parcours créatif – à une toute autre échelle, de centimètres et de dizaines de grammes plutôt que de mètres et de tonnes – court au Centre Pompidou (Beaubourg) jusqu’au 20 juillet 2009. Trois DVD documentaires de nos collections vous permettent de préparer ou de prolonger votre visite – voire d’y pallier, si vous ne pouvez vous y rendre.



  • Jeu

    • Professeur Layton : L'étrange village
      Un village, tout ce qu’il y a de plus anglais, cache un trésor dont la clé réside en une grosse centaine d’énigmes à déjouer. Rien de plus facile pour le génie sans faille du professeur et de son astucieux assistant Luke. Mais en sera-t-il de même pour toute la famille à laquelle ce jeu s’adresse ?