Tokyo
« Interior Design » de Michel Gondry, « Merde » de Léos Carax et « Shaking Tokyo » de Bong Joon-ho, ont un thème commun, c’est plutôt du côté des personnages qu’il faut le chercher. Une même aliénation, un même enfermement, les animent, traités de trois manières très différentes, dans trois Tokyo différents. Chacun de ces Tokyo illustre à son tour une forme de cette aliénation par une fable, une parabole.
House of Bamboo
On y verra entre autres le Japon séculaire et l’occupation américaine d’après 1945 ; la carte postale / l’estampe et la crue réalité du crime ; la fascination des cimes et l’inéluctable retour à la terre à la fin de toute vie.
Nuances de gris et autres gris-gris de l'actrice-cinéaste Ronit Elkabetz
Elle n’est pas de ces actrices qui jouent la carte du déguisement et du relookage incessants. Au-delà des nuances de ton entre ces films et entre les personnages qu’elle y incarne, on aurait même presque tendance à lire ses différentes apparitions à l’écran comme les pièces d’un puzzle qui les dépasse, comme les fragments d’une vie de femme qui passerait de film en film...
Chansons et textes, nouvelles voies de chez nous : Carl et Les Terrils
Deux bonnes nouvelles quasi simultanées pour la chanson francophone de Belgique. Encore que c’est bien mal les caractériser de la sorte. Carl et Les Terrils sortent chacun leur CD. Ils partagent le talent du coup de crayon qui fait mouche, illustrateurs hors pair, observateurs acérés du quotidien et de la nature humaine. Du coup, leurs chansons et musiques sont très visuelles. On devine leurs regards sur la société nageant dans les mêmes eaux. La comparaison s’arrête là, leurs univers artistiques sont très différents.
Sun Ra
Sun Ra a rapproché égyptologie et science-fiction et établi des alliances entre musiques savantes, héritages africains et sous-cultures américaines (question d’alliance). Tout cela en érudit.
Salah Ragab & Cairo Jazz Band
On peut aisément imaginer le début de l’histoire de cet album un soir de décembre 1966 au Caire. Trois musiciens se rencontrent autour d’une table lors de la réception qui suit un concert du Randy Western Sextet. Il semblerait que ce soit Salah Ragab qui eût l’idée de créer le premier big band jazz égyptien...
David Toop - I Never Promised You a Rose Garden
David Toop est journaliste, explorateur, musicien, écrivain et collectionneur de disques. C’est à partir de ce dernier élément que Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé vont entamer son portrait, le séquestrant plusieurs jours durant afin qu’il leur explique et fasse entendre sa collection.
A lire aussi : interview-fleuve de Dominique Lohlé et Guy-Marc Hinant
Piotr Anderszewski - Voyageur Intranquille
Un train. L’exiguïté du dedans rencontre l’infini du dehors, calfeutre le mouvement dans l’immobilité: la topographie particulière du film recèle tant de métaphores visuelles que les effets de style menacent d’engorger les minces conduits de l’image. Monsaingeon refuse les coquetteries et les artifices faciles parce qu’il détient un interprète de premier choix. Anderszewski incarne à lui seul le récit, le discours, le décor et la musique.
Monks : The Transatlantic Feedback
L'histoire du rock regorge de précurseurs et de chaînons manquants. La légende en retient quelques-uns, en célèbre un petit nombre, mais dans la plupart des cas, ne restent que des histoires plutôt tristes, non pas pathétiques, loin de là, mais tristes. Elles se résument souvent à un manque de chance: trop tôt, trop vite, trop fort, pas au bon endroit et pas au bon moment.
Georges Aperghis
La musique n’est pas un mode d’expression plus direct que la parole. C’est un langage sophistiqué, dont le pouvoir émotionnel n’atteste pas la spontanéité.
J. S. Bach interprété par Till Fellner
L’œuvre pour clavier de Bach apporte la preuve que le pouvoir émotionnel de la musique n’est le fait ni de son auteur, ni de son temps. Les conventions esthétiques jouent un rôle superficiel dans la production d’une époque. Les règles et les goûts qui s’en dégagent font l’effet d’une buée agglomérante, utile pour une remise en contexte, insuffisante pour l’imagination.
Lee Fields
Si l’actuel revival soul funk 70’s se transforme en véritable lame de fond, Mister Lee Fields va pouvoir enfin demander des comptes. Et avec intérêts !
Charles Spearin et Apostle of Hustle
Charles Spearin ne s’est pas contenté de poser une musique sur les paroles de ses interlocuteurs: leur parole est la musique !
Apostle of Hustle signe un album exemplaire à plus d’un titre, digérant à peu près tout ce que la musique pop nous a apporté de mieux au cours de ces dernières années.
Wilco
Presque unplugged sur son dernier et modeste disque, Wilco demeure une redoutable machine scénique. Qui plus est, une mécanique dotée d’un cœur, d’un cerveau et d’une acuité perç(cut)ante. The « most perfect rock band in the world ? »
The Monks
L'histoire du rock regorge de précurseurs et de chaînons manquants. La légende en retient quelques-uns, en célèbre un petit nombre, mais dans la plupart des cas, ne restent que des histoires plutôt tristes, non pas pathétiques, loin de là, mais tristes. Elles se résument souvent à un manque de chance: trop tôt, trop vite, trop fort, pas au bon endroit et pas au bon moment.
Orka
Orka passe outre l’exotisme nordique très en vogue à l’heure actuelle, et la tentation d’un revival pour musiques concassées et agrégatives pour s’avancer (presque) à terrain découvert. Et vu les lieux du drame, ça ne peut être qu’en front d’une mer… démontée !
The Declining Winter - Glen Johnson
Plus que deux projets solos en marge de leurs groupes respectifs, un duo de disques qui transforme les pérégrinations solitaires de leurs auteurs en recueils de vignettes éclairantes pour aller au-devant de l’obscurité de la saison sombre qui s’annonce.
La comtesse
Non contente de l'avoir écrit et réalisé et d'y jouer, Julie Delpy en a composé la bande originale, une partition très classique pour orchestre qui étonnera certainement celles et ceux qui avaient entendu la Delpy pousser la chansonnette sur son album éponyme : délaissant la guitare et les mélodies pop-folk, elle offre ici un aperçu de la véritable étendue de ses talents de compositrice avec des thèmes courts et inspirés, alternant envolées de cordes et piano solo, entre classicisme et minimalisme.
Petits arrangements avec les morts
Contrairement à nombre de films choraux, celui-ci ne vise pas l’épuisement psychologique de l’individu. L’incarnation, par ailleurs puissante, se produit à un autre niveau. La psychologie éloigne de l’être en ce qu’elle le théorise et le limite artificiellement.
OSS 117 : Rio ne répond plus
Difficile de comparer OSS 117 au reste des productions comiques françaises tant il semble boxer seul dans sa catégorie. Pour ceux qui auraient raté le premier épisode, voici une bonne occasion de se racheter une conduite. Pour les autres, c’est la perspective assurée de nouveaux éclats de rire qui s’annonce.
Quatre contes
« Souvent j’envie ceux qui savent photographier la vie. Moi je la fuis - je pars de rien - je ne témoigne de rien - j’invente une histoire que je ne raconte pas, j’imagine une situation qui n’existe pas - je crée un lieu ou j’en efface un autre, je déplace la lumière - je déréalise et puis j’essaie… Je guette ce que je n’ai pas prévu, j’attends de reconnaître ce que j’ai oublié - je défais ce que je construis - j’espère le hasard et je souhaite plus que tout être touchée en même temps que je vise... » Sarah Moon
Journal de voyage avec André Malraux. À la recherche des arts du monde entier.
Qu’il s’agisse de Malraux ou de ses écrits, des œuvres qu’il collecte dans son musée imaginaire ou de la réalisation virtuelle de celui-ci, il ne cesse de susciter les contrepoints. Tissu à la trame compliquée, ce documentaire est riche d’une multiplicité de fils, dont le dessin reste délibérément indéterminé.
Exhibition
Cinéma-vérité d'un genre nouveau, « Exhibition » est présenté au Festival de Cannes en juin1975 dans le cadre de Perspectives du Cinéma français. Le succès est évidemment immédiat puisque, sous couvert de documentaire, le film présente bon nombre de scènes de sexe non simulées (dont une scène de masturbation qui est depuis - et sans mauvais jeu de mots - rentrée dans les annales), permettant aux intellectuels post-soixante-huitards de se rincer l'œil sans en avoir l'air, puisque le film est alors classé « Art et Essai ».
William Utermohlen, l’œil de verre
C’est au début des années 90 que le diagnostic Alzheimer est prononcé. Pas d’effondrement, le peintre entreprend de réagir et de lutter par ce qu’il sait le mieux faire : peindre.
Tissé par mille : Camille Laurens et Philippe Mion
Projet originellement radiophonique (de 2005 à 2006 Camille Laurens tient une rubrique sur France Culture), Tissé par mille devient un livre, puis, augmenté d’un habillage sonore, un disque. Tel est l’objet hybride dont il est ici question.