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La Sélec n° 8 - 16 décembre 2009

 

Sélec 8

 

 

Sommaire

 

  • David Sylvian, un disque de chansons expérimentales
    Leader charismatique du groupe Japan dans les années 80, David Sylvian est devenu, avec le temps, une figure appréciée et respectée du paysage musical contemporain. Sa voix et son chant uniques l’ont amené à collaborer avec des musiciens aussi divers que Mark Isham, Robert Fripp, Kenny Wheeler ou Ryuichi Sakamoto, et l’artiste n’a jamais eu peur de se réinventer à chaque nouvel album.

  • Cinéma
    • André Téchiné : La fille du RER
      Le corps est un faux-semblant : les entailles faites au couteau, les croix gammées badigeonnées sur la peau, les rougeurs, les meurtrissures renvoient à une autre réalité que celle qu’elles désignent historiquement. La parole égare elle aussi : mieux vaut inventer une histoire qu’admettre, par le silence, qu’il n’y a rien à dire. Et rien à faire - les actes font diversion.

    • Takeshi Kitano : Takeshis'
      Parler de Takeshis’ n’est pas chose aisée, car c’est le genre de film qu’il faut voir pour le croire.
      Ce qui ne signifie pas pour autant que l’on y comprendra quelque chose, loin de là…

    • Max Ophuls : Lola Montès
      Cinquante ans après son tournage, pour des spectateurs du début du vingt et unième siècle, ce roman à l’eau de rose tiré vers le film d’avant-garde bouleverse à la fois par son audace formelle (fluidité, transparence et chromatisme) et par la clairvoyance quasi prophétique de son sujet.

    • Nuri Bilge Ceylan : Climats
      S’il subsiste encore quelque trace d’ambiguïté dans leur comportement, il est déjà trop tard. Un à un défilent l’ennui, la tristesse, l’agacement, la contrainte - exacerbation du quotidien. Pour son troisième long-métrage, Nuri Bilge Ceylan met en scène, avec son épouse, la fiction de leur rupture.

    • Yves Robert : Le bal des casse-pieds
      Ne vous laissez pas induire en erreur par les premières minutes terriblement ringardes de ce film : passé le pénible générique de début, l’avant-dernier long-métrage d’Yves Robert est un véritable régal !


  • Documentaires
    • Barbet Schroeder : Général Idi Amin Dada, autoportrait
      En 1974, un jeune cinéaste flanqué d’une équipe de télévision plante sa caméra devant le maître de l’Ouganda d’alors. Un dispositif aussi minimal que suffisant pour prendre un dictateur haut en couleur au piège de sa propre mégalomanie meurtrière. Édifiant !

    • Julian Cole : With Gilbert & George
      Celui qui fut parmi leurs modèles en 1986, retrace le parcours des deux artistes depuis leurs débuts à la fin des années soixante jusqu’à leur consécration internationale actuelle. Il revient avec bonheur sur la période précédant leur reconnaissance comme plasticiens et les expositions consacrées à leur travail photographique et rappelle leurs premières apparitions comme artistes de performance.

    • Vincent Gérard et Cédric Laty  : By The Ways – A Journey With William Eggleston
      Un documentaire tout à fait atypique qui, finalement, dévoile fort peu sur cet artiste singulier considéré par beaucoup comme le père de la photographie couleur.

    • Maxime Giffard et Félix Tissier : West Coast Theory
      Deux Français font le tour des cuisines où se mijotent les beats qui ont fait de la West Coast (et la Californie du Sud plus particulièrement) la plus belle success story de l’histoire du hip-hop. Un documentaire ludique, instructif, à mettre devant tous les yeux, à défaut de le soumettre à certaines frileuses oreilles…


  • Rock, pop, electro, expérimental
    • An Anthology of Chinese Experimental Music 1992-2008
      Dans un monde globalisé comme celui de la pop, la musique reste toutefois localisée par la langue, quand bien même le style est devenu générique et international. Des variations locales apparaissent inévitablement qui distinguent ainsi le twist thaï de son inspiration américaine ou, plus proche de nous, le rock allemand du rock anglais. Ce sont ces variations qui donnent une personnalité à chaque nouvelle incarnation de la pop. Le cas de la musique d’avant-garde est différent, comme le montre cette excellente anthologie du label Sub Rosa consacrée à la scène chinoise.

    • L'argot du bruit
      Fuck Buttons et Health. Deux groupes dont les noms peuvent prêter le flan aux dérives langagières les plus triviales ou absconses, mais dont le goût avéré pour les précipices rythmiques et soudaines remontées bruitistes les fait illico glisser de la case « amusants » à celle de « stupéfiants ». Le bruit n’est pas une addiction comme les autres…

    • The Feelies
      (...) l’histoire de quatre mecs et une fille d’apparence ordinaire pour une musique pas ordinaire – du moins  pour qui veut se donner la peine de faire le premier pas, de leur prêter attention et de s’abandonner à leur musique. Et alors, une fois ce geste initial posé, tout risque de basculer et de ne plus jamais être tout à fait pareil…


  • Musiques du monde
    • The World Is Shaking. Cubanismo from the Congo, 1954-1955
      Inutile de revenir une fois de plus sur l’excellence du label Honest Jon’s et le travail magnifique de réédition auquel il s’est attaqué depuis la redoutable opportunité qu’a représenté pour eux l’accès aux archives de 78 tours du label EMI, qu’ils explorent aujourd’hui fiévreusement.

    • Tumbélé! Biguine, afro & latin sounds from the French Caribbean, 1963-74
      Les Caraïbes, ce sont plus d’une cinquantaine de pays répartis entre les Antilles, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud. C’est historiquement un creuset d’influences où les cultures hispaniques, africaines et anglaises se sont entremêlées pour donner naissance à des métissages musicaux comme la rumba, le mento, le reggae, le cha-cha-cha, le son, la samba, la cumbia, la salsa.


  • Jazz
    • Mostly Other People Do The Killing : This is Our Moosic
      Pour inventer, construire de nouvelles formes, ajouter un chapitre à l’histoire d’une expression artistique, il faut que du terrain à bâtir reste vacant, à défricher. Ce qui n’est plus vraiment le cas en 2009. On peut se retrouver comme le quartet MOPDTK habité des mêmes visions qui animaient Ornette Coleman, mais sans espace libre où les projeter.

    • Joëlle Léandre, George Lewis : Transatlantic Visions
      C’est rude, chahuté, rocailleux, instable et pourtant ça fermente, ça décolle, ça parle et c’est prenant. Musique qui caresse, cogne, détend et stresse, stimule l’imagination. Bien entendu, ça demande un effort, ça ne s’écoute pas comme fond d’ambiance en frappant du pied, il y faut de l’attention, y tendre le corps, pas seulement l’oreille et l’écoute intérieure. C’est bien pour cela qu’au terme de ce travail, quand ces « différends » pour trombone et contrebasse deviennent familiers, l’imagination se sent enrichie comme après un échange fructueux. Win-win !


  • Hip hop
    • Busdriver : Jhelli Beam
      Sur son déjà neuvième album, le Speedy Gonzales du débit vocal rappé franchit une étape décisive dans sa maîtrise des lois de l'équilibre. Toujours de belles et (parfois trop) démonstratives cabrioles, mais un goût toujours plus affirmé pour la figure libre.


  • Chanson française
    • Jean-Louis Murat : Le cours ordinaire des choses
      Je ne suis pas un inconditionnel de Jean-Louis Murat. Souvent sa nonchalance snob et son flux verbeux invertébré m’agacent ! Tout en avouant des attachements singuliers pour certaines fulgurances, des traits de génie, entre intransigeance, voyance et postures romantiques pour midinettes. En faisant connaissance avec ses dernières créations, il me semble vain de comparer ce CD par rapport au précédent ou aux plus anciens.


  • Musique classique
    • Conlon Nancarrow : Player Piano Vol. 5
      Rétrospectivement, on peut - ce n’est pas la seule lecture possible, mais c’en est une - considérer la musique de Conlon Nancarrow comme découlant, d’une part, d’influences musicales et, d’autre part, de choix politiques qui l’ont amené à se retrouver pendant quarante ans à l’écart des grands centres mondiaux d’échanges et de médiatisation de la musique classique contemporaine.

    • Faust : glissement d’un mythe dans The Rake’s Progress d’Igor Stravinsky
      « Faust est absolument comparable à un miroir qui réfléchit les modifications auxquelles l’humanité a été soumise l’espace des derniers siècles. » Schnittke

    • François Couperin : Ténèbres du Premier Jour
      Puisque les « Leçons de Ténèbres » sont pour moi une musique aussi solennelle qu’émouvante, j’aimerais parler de cette transformation miraculeuse de la ferveur d’autrefois en recueillement, de l’extraversion d’un événement partagé, porté par la foule dans l’ampleur intimidante et réconfortante d’un cérémonial collectif, à son incorporation intime, dans la solitude d’une pièce dont on a, subrepticement, refermé la porte.


  • Musiques de films
    • Nick Cave et Warren Ellis : White Lunar
      Collègues musicaux depuis plus de quinze ans, ils composent également des musiques de films en binôme depuis peu. « White Lunar » reprend sur deux CD une sélection de titres composés pour le cinéma de fiction et documentaire entre 2005 et 2009.