Warp - On n’a pas tous les jours 20 ans !
Label atypique devenu incontournable pour les aficionados de musiques électroniques exigeantes, Warp a soufflé ses vingt bougies avec élégance et deux doubles compilations.
Retour sur shoegaze (neo & old)
Un moment rock pluriel (fin des années 80) qui brouille
les pistes généalogiques dans les guitares et le mur du son.
Un instant d’intensité extrême qui fait toujours question.
Et inspire des renouveaux divers…
Le futurisme russe
En Russie, au début XXème siècle, le terme futurisme s’emploie plutôt littéralement comme synonyme d’avant-garde. Faisant presque fonction de suffixe (cubo-futurisme, psycho-futurisme, néo-futurisme), l’assignation temporelle l’emporte sur la détermination thématique. Bien que plus ou moins reliés entre eux, les mouvements éphémères qui se forment alors n’en développent pas moins des programmes spécifiques voire, à certains égards, antagonistes.
Agnès VARDA : « Les plages d’Agnès »
« Cette fois-ci pour parler de moi, j’ai pensé: si on m’ouvrait les jambes, on trouverait des paysages. Moi, si on m’ouvrait, on trouverait des plages. »
Diego Martinez VIGNATTI : « La Marea »
Au-delà du deuil, qui n’est jamais que résignation, peut-être au seuil même de sa propre mort, Azul offre le spectacle physiquement déchirant de la femme-monde qui outrepasse les limites, les énoncés, les significations. Aux extrêmes, mais sans restriction.
Kaija SAARIAHO : « L’amour de loin »
Lorsque la peau se change en eau, que le visage s’aplanit, se trouble mais s’approfondit: la mer inverse, dédouble le soi par l’image; le reflet entraîne un démontage - je deviens un autre. La mer rassemble ce qu’elle sépare, divise ce qu’elle unit. Cet énoncé se déploie tout au long de L’amour de loin, opéra qui, sous la forme d’une allégorie médiévale, accompagne, des rivages solitaires à la densité de l’eau marine, le glissement de l’être vers l’altérité.
William KAREL : « 1929 »
Structuré en deux volets - La crise et La grande dépression - respectant chacun la durée normative des reportages télévisuels, 1929 de William Karel propose un passionnant document de vulgarisation historico-économique sur le Krach boursier d’octobre 1929, ses raisons et ses conséquences.
Justice à Vegas
Voici l'une des séries documentaires les plus palpitantes depuis les aventures du Commandant Cousteau: ça a la couleur des Experts, ça a l'odeur des Experts, ce n'est pas Les Experts; c'est la justice américaine en immersion totale, telle qu'elle est rendue à Las Vegas !
Cinéma
Riad SATTOUF : « Les beaux gosses »
Comédie-surprise de l’été 2009, Les beaux gosses de Riad Sattouf suit Hervé (Vincent Lacoste) et Camel (Anthony Sonigo), deux ados au physique un peu ingrat qui n’ont que les filles en tête, dérèglement hormonal oblige.
Koji WAKAMATSU : « Les secrets derrière le mur »
Le mur est omniprésent, on ne voit que lui, y compris dans les regards et les façons de se parler. Où que l’on se tourne, on se heurte au mur. Façades monotones, géométriques, des immeubles. Cloisons des petites pièces où évoluent en stagnation les personnages.
Koji WAKAMATSU : « United Red Army »
Koji Wakamatsu n’a jamais été un réalisateur facile et le sujet qu’il a décidé de traiter cette fois n’est pas facile non plus. Évènement traumatisant pour les japonais, encore aujourd’hui, la prise d’otage qu’il a choisi de raconter est considéré comme sonnant le glas de toute la contestation étudiante japonaise, et comme ayant entraîné la chute de toute la gauche japonaise, du Parti Communiste aux formations indépendantes.
Christophe VAN ROMPAEY : « Coup de foudre à Moscow-Belgium »
C’est un film nature, depuis l’intention, le scénario, le montage, le jeu des acteurs et la musique (de l’accordéon brut, en prise directe). C’est la principale qualité de cette réalisation et ce n’est pas si mince que cela. Il en ressort une fraîcheur pas si courante qui lui a assuré une réception très positive, par exemple à la Semaine de la critique de Cannes 2008.
Jonas MEKAS : « Walden – Diaries, Notes & Sketches » - « À Pétrarque »
Débarqués le 29 octobre 1949 sur les berges de l’Hudson River, en provenance des camps de « Personnes déplacées » de l’immédiat après-guerre en Allemagne, il n’aura fallu que quelques semaines pour que les frères Adolfas et Jonas Mekas n’achètent une caméra Bolex 16mm et ne se mettent à filmer la communauté lituanienne de New-York et les balbutiements de leur nouvelle vie...
Musiques du monde
Thaïlande, folles années - Influence des Shadows sur la musique populaire…
Le label Sublime Frequencies se penche à nouveau sur le cas de la Thaïlande, avec deux anthologies dont la suite du très acclamé Thai Pop Spectacular. L’occasion de revenir sur l’invention de cette étrange fusion entre tradition populaire thaïlandaise et influences occidentales.
Beyond Istanbul 2 : Urban Sounds of Turkey
C’est déjà la troisième compilation réalisée par DJ Ipek Ipekcioglu pour le label Trikont. Comme les précédentes anthologies, elle se concentre sur les relations entre la communauté immigrée turque de Berlin et sa « mère patrie ».
Andreas OLDÖRP : « Lotos. Klang Zeit Münster »
Imaginez ces tubes transparents dressés dans une chapelle comme une ode sculpturale à la chimie de la révélation et de l’élévation. Soudain, un chuintement, le gaz se libère, la mise à feu. La flamme et la lumière se propagent, d’abord instables, incontrôlables, avant d’être domptées - comme pour la cuisine, la base est la maîtrise du feu -, énergie modulée par un artisan qui s’active avec une bombonne de gaz et des engins qui n’ont rien à voir avec la lutherie conventionnelle.
Pierre BERTHET : « Extended loudspeakers »
Cet artiste crée des installations qui extériorisent le cheminement abstrait du son, des sortes de graphies épurées, en trois dimensions et, souvent, de structures réticulaires. On dirait le dessin d’un système nerveux rudimentaire dont les schémas se reproduisent, se marient, se répandent comme ces plantes rampantes dont la croissance démarre lentement, mais finissent par coloniser des superficies immenses.
THE FLAMING LIPS : « Embryonic »
Que peut-on espérer d’un groupe culte d’au moins 26 ans d’âge et une douzaine de plaques sous le bras; qu’il radote; qu’il délire ? Dans le cas des Américains de The Flaming Lips, c’est justement à l’aune de leur maîtrise dans la démesure que s’évalue l’état de leur bonne santé musicale !
TENNISCOATS
Les Tenniscoats font de la musique comme on écrit des chansons, et composent des chansons comme on improvise de la musique; en tâtonnant, en chipotant, en bricolant, mais aussi avec une idée bizarrement très claire de ce qu’ils veulent obtenir.
BROADCAST AND THE FOCUS GROUP
Présenté comme un mini-album partagé, mise en bouche à un véritable disque des Britanniques à paraître en 2010, Investigate Witch Cults Of The Radio Ages est un recueil de vignettes sonores qui a la saveur d’un mille-feuilles aux ingrédients aussi surprenants qu’insoupçonnés. La cuisine du rêve ?
Musique classique
Alexandre YTERCE : « Guerres »
Rehaussé d’une initiale bifide, le nom d’Alexandre Yterce s’agrège aux ombres de Lautréamont, Poe, Baudelaire, Cioran, ou encore Artaud - lequel, hantise tutélaire, distille encore aujourd’hui sa nécessaire cruauté. Ni représentation ni construction, le monde d’Alexandre Yterce est souffert, transpiré, hurlé, épanché dans l’horreur.
Chanson française
Il pleut des cordes
Des cordes aux confins de la chanson française, de la pop, du classique et des musiques du monde...
LEM
Dans le cas de Lem, l’ex-projet solo de Nic Ekla de Ming et des Brochettes, un grand nombre d’auditeurs risque de foncer dans le panneau de références - trop évidentes - à la chanson electro-pop du début des années quatre-vingt. Bien sûr, avec un morceau intitulé « Entre 79 et 82 » (musique et paroles à l’avenant) et un fort beau nouveau lancer du « Boomerang » d’Elli & Jacno (1982), Lem ne fait pas grand-chose pour éviter cette association !
Jazz
Bill DIXON : « Tapestries for Small Orchestra »
Bien que très discret - en partie par méfiance à l’égard des industries du disque, en partie à cause de ses multiples autres activités dont la peinture - il est un pilier historique du jazz moderne, par sa créativité d’instrumentiste et de compositeur mais aussi par son rôle plus social et politique d’organisateur du mouvement free-jazz, d’enseignant et de concepteur pédagogique pour promouvoir et faire comprendre les musiques noires.
Webster LEWIS : « Webster Lewis in Norway. The Club7 Live Tapes »
C’est un moment d’exception de 1971 que l’édition de ce CD ramène à la surface. C’est du passé, mais ce qui se malaxe dans cette étuve de formes sonores est très instructif et, finalement, fort actuel. Webster Lewis est organiste, il a débuté dans le jazz avec Toni Williams, Bill Evans et surtout George Russel, musicien et compositeur.
Soul, rap, funk
BIKE FOR THREE! : « More Heart Than Brains »
En 2010, les albums co-enregistrés à longue distance par des intervenants qui n'ont plus besoin de se supporter relèvent de la plus stricte banalité. La détermination du point de rencontre idéal de sensibilités antinomiques n'est décidément pas affaire de géographie.
Dj/RUPTURE & Matt SHADETEK : « Solar Life Raft »
Plus que de simples enchaînements, les transitions qu’ils réalisent sont des ouvertures, des décloisonnements, des brèches dans les purismes et les clôtures académiques. Dans le cadre d’une musique aussi métissée, aussi hybride que la leur, c’est la démarche la plus progressiste et simplement la plus vraie, qui fait fi des replis identitaires et tient compte d’un contexte global élargi, dans le sens d’une augmentation, d’un enrichissement des horizons.
Can You Dig It ?
Il n’est d’ailleurs pas étonnant que le label Soul Jazz se soit penché sur les meilleures années des « Black Action Films » avec la compilation Can You Dig It ?