(Thierry Moutoy, Responsable Musiques de Films, Documentaires, CD-Rom, Variétés,... Uccle)
L'année 2005 fut l'année de confirmation pour bon nombre de groupes.
Après la découverte, vient la confirmation d'un talent certain,
ou quand un certain talent…
Dans cette catégorie, nous avons eu droit à ce qu'ils défrichent
un terrain là où d'autres s'engagent dans une voie déjà
connue.
Trois albums ont suffit à imposer une évidence, il va falloir
compter sur eux pour faire nos beaux jours musicaux.
Avec l'album
Lost and Safe (XB705I),
The
Books a sorti son best-seller. Comme dans leur précédent
album (The
Lemon of Pink – XB705G),
on retrouve leurs ingrédients habituels : mandoline, guitare, violons
et sample de voix venues d'un peu partout. L'efficacité est au rendez-vous.
Avec Year
of Meteors, Laura
Veirs (XV311l)
nous séduit à nouveau, de par son joli minois sur la
pochette, mais aussi et surtout de par le contenu de cet album. Elle nous prouve
que nous n'avions pas tiré des plans sur la comète, elle confirme
tout le bien que nous pensions d'elle en nous distillant des morceaux pop rock
qui aguichent nos oreilles.
Autre belle dame, Mia
Doi Todd qui nous livre un cinquième album Manzanita
(XT578S)
aux mélodies dépouillées, mais voluptueuses à
souhait. On est sous le charme de sa voix au timbre de velours.
Et ces dames sont encore à l'honneur avec Natalia
M. King, cette black beauty à la musique à fleur
de peau, et son Flesh
is Speaking (UK4042).
Mélodie hyper-construite, jazzy à souhait. Elle est ce qu'on appelle
une musicienne complète; chanteuse-compositrice et guitariste hors pair.
Le collectif canadien Broken
Social Scene (XB842O)
est champion des mélodies hors calibre, point de morceau calibré
FM. Oreille formatée au son radio, passez votre chemin !
Chaque membre du groupe ( dix-sept au total) apporte sa brique à un édifice
en béton armé, que ce soit avec guitare, trompette, clavier, percussion
ou chant. Voilà un groupe qui a atteint sa maturité et son éclat.
Du rock éclectique et efficace qui nous secoue sec.
Pour leur nouvel album, Picaresque
(XD269C),
les Decemberists
se payent le luxe de faire appel au producteur de Death
Cab For Cutie, Chris Walla, et pour l'enregistrer, ils ne choisissent
pas n'importe quel endroit, une église de Portland. On l'imagine, il
ne s'agit point de rock endiablé, mais de mélodies fines et raffinées.
Pour le rock endiablé, on peut faire confiance aux Black
Rebel Motorcycle Club avec leur album Howl (XB475Z),
mélange de rythm and blues et de rock. Ils sont sur la bonne voie pour
être les nouveaux Led Zeppelin.
Mais la grosse pointure confirmée de 2005 est sans nul doute Buck
65. Album sur le fil du rasoir. Ce touche-à-tout de génie
nous distille aussi bien des morceaux folk, rap que hip-hop. Un panel large
qui fait mouche à tous les coups. Gageons que l'album This
Right Here is Buck 65 (KB8072)
fera date et deviendra un classique, une future référence.
Comme par exemple Franco
Piersanti. Après sa très belle partition sur le dessin animé,
Corto
Maltese : la cour secrète des arcanes (YC7720),
celle des Clefs
de la maison [Le chiavi di casa] (YC3588)
nous séduit tout autant avec un thème principal qui revient
sans cesse, mais habillé de manière différente. Un petit
bijou de minimalisme efficace.
L'autre compositeur qui a fait parler de lui pour des films aussi bien européens
qu'américains, c'est Alexandre
Desplat, jeune compositeur français. On avait déjà
eu la confirmation de son talent avec Girl
With a Pearl Earing (YG3060)
et en 2005 il continue sur sa lancée. Il a le bon goût
de ne pas s'enfermer pas dans un style précis. Sa musique est remplie
d'inventivité et de maîtrise, comme dans De
battre mon cœur s'est arrêté (YD3151)
, une seule plage de 30 minutes où le violon se la joue crescendo.
On palpe aisément la montée d'adrénaline. Il nous a offert
aussi une partition plus mystérieuse avec Birth
(YB3924)
et une pleine d'action avec Hostage
(YH7725).
L'année 2005 a été riche en documentaires de qualité,
c'est une foison de regards singuliers sur un monde en mutation.
Parmi cette pléthore de DVD, il est amusant de remarquer que certains
d'entre eux ont un dénominateur commun. Ils se recoupent pour une raison
ou une autre. Prenons par exemple Jacques
Ledoux , conservateur de la cinémathèque royale de
Belgique. Il est, bien malgré lui, l'initiateur de deux documents sortis
en DVD cette année-ci.
Le premier est Mon
frère Jacques par Pierre
Prévert (TA6621)
Jacques Ledoux commande pour la RTBF un portrait-interview de Jacques
Prévert. Et qui d'autre que son réalisateur de frère pourrait
mieux dresser un portrait à la mesure de son immense talent ? Les
deux frères vont cabotiner devant la caméra avec des invités
de pointe (Arletty, Jean Gabin…). Ce DVD est un bel objet pour tous les
amateurs de poésie et de cinéma.
Le
tombeau d'Alexandre (TD8871),
en est le deuxième. Dans ce long document, Chris
Marker (à qui l'on doit La
jetée, et Sans
soleil – TW4876),
rend hommage au réalisateur russe Alexandre Medvedkine. Grand pionnier
du cinéma russe.
Cette rencontre est un bonheur ! Une pure merveille de film muet, restauré
par… Jacques Ledoux (ce film se trouve en bonus sur le DVD). Le tombeau
d'Alexandre n'est pas qu'une analyse d'un mouvement cinématographique
inventif et précurseur, mais est aussi une fine analyse de l'histoire
et des mœurs russes.
Encore deux documents diamétralement opposés : Capturing
the Friedmans (TI2301)
et Some
Kind of Monster (TB5221).
De prime abord, ces deux documentaires n'ont absolument rien en commun, ni les
protagonistes qui sont diamétralement opposés (une famille à
l'apparence ordinaire et un groupe de hard-rock), mais une chose les réunit,
une dissension au sein de la « famille ».
Le sujet initial de Capturing the Friedman était de suivre
la journée du clown d'anniversaire le plus convoité de tout New
York. Mais le réalisateur sent que derrière ce destin, il y a
quelque chose. Un non-dit pèse lors des interviews. Puis la vérité
éclate, son père (professeur d'informatique émérite
qui donne des cours chez lui) et un de ses frères ont été
accusés de pédophilie. Des doutes et des questions subsistent
(pourquoi les enfants sont-ils retournés prendre des cours de leur plein
gré ? Pourquoi ne pas avoir révélé le calvaire
qu'ils ont enduré avant que l'affaire n'éclate au grand jour ?
Le réalisateur, bien malgré lui, a ouvert une boîte de Pandore.
Par chance pour lui, la famille a tenu un journal de bord visuel. À travers
des films de famille inédits, ils tiennent leur propre journal de bord
de la tempête qui va s'abattre sur eux, jusqu'au procès et bien
au-delà.
Some Kind of Monster, lui, suit le groupe de hard-rock Metallica
en pleine crise de création.
Initialement aussi, il devait s'agir d'un documentaire sur l'enregistrement
de leur nouvel album, mais la panne d'inspiration entraîna le projet sur
une période de trois ans.
La drogue et l'alcool ont eu raison de leur créativité, les dissensions
apparaissent au grand jour. Pour leur venir en aide, un psychologue de groupe,
spécialisé dans les problèmes d'ego dans des équipes
de football américain, va les aider à surmonter leur crise.
On les suit de séance d'engueulade, de règlement de comptes, en
séance d'enregistrement jusqu'à leur retour sur scène.
La force de ces deux documents exceptionnels est de nous montrer la tempête
et les changements qu'elle effectue sur un groupe de personnes. Leur résistance
à un élément extérieur, à une théorie
du chaos, où un élément extérieur vient ravager
l'intérieur. La caméra n'a pas un rôle de voyeur mais un
rôle salvateur, on la regarde comme une personne neutre, à qui
on doit tout expliquer. Elle fait partie intégrante du décor.
Depuis quelques années, la chaîne de télévision
américaine HBO nous a habitué à des séries hors-norme.
En tant que chaîne privée, elle peut se permettre de ne pas jouer
le jeu de l'audimat, elle nous propose des séries au sujet pas toujours
très glamour ( Six
Feet Under par exemple - de VS4281
à VS4308).
HBO nous propose une fois de plus une série qui sort de l'ordinaire et
qui s'inscrit dans la longueur,
Carnivale (traduit en français par La caravane
de l'étrange) (de VC0953
à VC0958).
À travers les épisodes, nous suivons les pérégrinations
d'un cirque rempli de créatures les plus étranges les unes que
les autres (homme serpent, femme à barbe, sœurs siamoises, cartomancienne…)
et tout cela pendant la grande dépression américaine.
Le focus va être mis surtout sur deux personnages, Ben Hawkins un fugitif
recueilli par la troupe qui à le pouvoir de ressusciter les morts, et
le prêtre Justin Crowe qui se sent investi d'une mission divine :
remettre les pauvres pêcheurs dans le droit chemin. Ceci nous promet une
confrontation du tonnerre de Dieu.
Cette série joue sur l'ambivalence du bien et du mal, le blanc et le
noir, le jour et la nuit. Le retournement de situation est très subtil,
il s'inscrit dans la longueur, rien de brusque, tout est dans le climax , on
sent qu'il n'y a pas de place pour l'improvisation dans le scénario.
Tout se tient, tout a un sens, même les choses les plus étranges.
L'atmosphère étrange nous fait penser par moment à une
autre série culte, Twin
Peaks (VT8801…)
, où l'on retrouve aussi l'acteur Michael
J. Anderson, le nain qui incarne ici un monsieur loyal bien mystérieux.
Un très grand soin est porté à l'image par les couleurs
ocres qui baignent notre écran. Les acteurs sont tous excellents.
On retrouve derrière la caméra, Jérémy
Podeswa dans certains épisodes, qui signa aussi quelques épisodes
des séries Six Feet Under, Queer
as Folk (VQ8111…),
Nip/Tuck
(VN4681…)
et The
L Word (VL0001…).
Un titre était très attendu en 2005 et il n'a pas déçu
notre attente, F.E.A.R. (SY1481
- DVD).
Si vous ne devez jouer qu'à un seul jeu, c'est celui-ci, à condition
d'avoir le cœur bien accroché, des nerfs d'acier et aimer jouer
à vous faire peur.
Ce titre est à placer dans la catégorie survival-horror (mélange
de jeux d'aventures et de films d'horreur, dont bien souvent le but est de chercher
des objets, d'explorer un environnement,
tout cela sans vous faire bouffer - au sens propre comme au sens figuré -
par une armada de monstres de tout poil, plume et écaille).
F.E.A.R. est l'acronyme de First Encounter Assault Recon, unité
d'élite amenée à être confrontée aux problèmes
d'origine non-terrestre les plus extrêmes.
En tant qu'éclaireur de cette unité, vous voilà parti à
la recherche d'un barjo cannibale au pouvoir psychique aussi élevé
que l'Everest qui prend le pouvoir d'une armée de clones militaires.
Cerise sur le gâteau, vous êtes confronté à la vision
persistante d'une gamine au teint cadavérique. L'ambiance sera électrique.
F.E.A.R. prend les meilleurs éléments du genre ludique
( Max Payne - SY1202,
SY1305,
SZ1012,
SY1357,
SZ1116
et Half-Life - SY1037,
SZ1008,
SY1112,
SY1076,
SY1077,
SY1200,
SY1296,
SY1165,
SY1164,
SY1141,
SY1142)
et cinématographique ( La chose - VT2670
et The Ring - VC2140),
tout en ayant un style bien à soi, sans trop plonger dans le macabre,
l'horreur et les frissons faciles. Tout est distillé au compte-gouttes,
ce qui rend ce jeu prenant et haletant. D'un point de vue graphique, c'est une
grosse gifle, le moteur physique (c'est celui qui gère les effets de
lumières et de fumées) est impressionnant de réalisme.
Vos ennemis sont loin d'être des écervelés , leur comportement
vous surprendra plus d'une fois. Le must du must !
" Le Discobus 3 n'a pu circuler ce dimanche 12/2 et est en réparation ce lundi 13/2 : pas de stationnement à Ath, Antoing, Leuze et probablement Mouscron . .
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