Déjà lauréat du Grand prix du jury du festival en 2001, Michaël Haneke décroche cette fois la récompense suprême pour son film « Le Ruban blanc », une critique acerbe du système éducatif européen du début du XXe siècle.
Une occasion de revenir sur la filmographie du plus célèbre des réalisateurs autrichiens.
Cinéaste perfectionniste et méticuleux dans ses mises en scène, Michaël Haneke se pose en critique de son temps. Il dénonce avec force les maux de notre époque que sont - entre autres - le manque de communication ou l’abrutissement vidéo-ludique de masse.
Tout au long de scénarii prétextes volontairement étirés, il met le spectateur dans une position d’inconfort rarement atteinte au cinéma. Sans être spectaculaires ou stylisés, la violence et l’ennui qu’il dépeint nous ramènent à nos propres angoisses. En effet, en suggérant plus qu’il ne montre, il laisse tout un chacun se forger et se représenter sa propre barbarie.
Ses débuts pour le grand écran sont remarqués par la sortie de sa trilogie de « la glaciation émotionnelle » (« Le septième continent », « Benny’s video », « 71 fragments d’une chronologie du hasard ») où il explore une de ses thématiques de prédilection à savoir le rapport aux médias et la violence qui peut en découler. On retrouvera le même thème dans son célèbre « Funny games » (dont il réalisera le remake américain), récit de la séquestration d’une famille par deux sadiques, et plus récemment dans « Caché ».
Avec « Code inconnu », il nous livre un film-puzzle complexe qui se veut une interrogation sur les problèmes de communication et d’intégration.
La consécration viendra avec « La pianiste », sans doute son œuvre qui remporta le plus de succès auprès du public.
MA
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