Mai 1968, quarante ans oblige, est partout à la une et monopolise les dossiers spéciaux. Si l’événement historique reste aussi vendeur, ce n’est pas (que) pour des prunes. C’est probablement que ce moment de notre passé proche symbolise quelque chose de fort, de toujours fascinant et qui, actuellement, ferait défaut, nous manquerait. Sans doute parce qu’il s’agit d’un des derniers grands mouvements populaires durant lequel « on y a cru ». Il y avait une formidable ferveur et croyance en un autre monde possible. Une frange importante de la société explorait un puissant désir d’alternative, propulsait l’imagination d’autres possibles, le monde semblait ouvert. De façon symptomatique et un peu cynique, un an après, Gainsbourg chantait l’année érotique, histoire de dire, après coup, que tout ça se résumait à du sexe. Et l’après 68, c’est bien ça, c’est la récupération de la machine désir par la machine de la consommation qui aura intégré la révolte « artiste » de 68. Du coup, plus grand-chose n’est possible ! On ne juge même plus utile de boycotter des jeux olympiques honteux en Chine ! Cela ne signifie pas que l’élan s’est tari. Des artistes continuent à l’entretenir, en innovant, en secouant les conventions esthétiques, mais, au quotidien, en dehors des commémorations, personne ne s’y intéresse ! De multiples traits sonores insoumis vont de 68 à 08, ce sont autant de pavés toujours brûlants dans nos présentoirs à CD…
Dans la pléthore de références convenues brandies en ce moment, voici quelques pistes, rares mais soignées, pour une approche moins caricaturale :
Lire aussi « Oksa bouge ! » avec notamment « Éloge du conflit » ou comment retrouver l’espoir critique des possibles…