Du mercredi 06/05 2009 au samedi 16/05 – 20h – Bruxelles – Le Botanique.
Rue Royale 236, 1210 Bruxelles. Prix: de 7 EUR à 43 EUR.
Gagnez l'une des 5 x 1 places en jeu pour la soirée d'ouverture.

Pour l'occasion, les albums des artistes se produisant lors de ce festival ont été rassemblés dans les médiathèques de l'ULB et du Passage 44.
À présent bien installées dans leur nouvelle périodicité printanière, les Nuits Botanique demeurent fidèles à une formule désormais bien rôdée qui se compose d’un mélange savamment dosé de découvertes et de valeurs confirmées – avec un net avantage pour les nouveaux venus – d’un solide et logique contingent francophone mais aussi une belle brochette anglo-saxonne, entre lesquels s’immiscent (trop ?) timidement quelques « non alignés » (regroupés sous l’étiquette tarte à la crème world), et auxquels il ne faudrait pas oublier d’ajouter l’habituelle et imposante cohorte noir/jaune/rouge, Nord et Sud confondus.
Avec ses trois salles aux dimensions relativement modestes (Orangerie, Rotonde et le Witloof bar, peu utilisée pendant les Nuits), le Musée reconverti provisoirement en auditorium de luxe, un imposant chapiteau monté pour l’occasion et un amphithéâtre presque familial à l’acoustique éprouvée - le Cirque Royal - situé à deux rues de là, le Botanique peut à la fois présenter un large panel de concerts intimes, s’assurer une kyrielle de « premières » dans d’honnêtes conditions et attirer quelques têtes d’affiche bien vues (les déjà sold-out du cartonnant Charlie Winston le 10/05, de Beirut le 06/05 et de Bat For Lashes le 15/05) en amont de l’été des Festivals. Une soirée « toutes salles pour le prix d’un ticket » (le 08/05 ave Das Pop, Brakes, Get Well Soon, Art Brut, Metric…) rend effective la douce mixité/proximité des genres et lieux qui, météo clémente aidant, stands bouffe et boissons qui tranchent avec l’ordinaire mauvaises frites/bières tièdes de la majorité des festivals et la magie peu commune d’un site aussi lumineux qu’inespéré dans une métropole comme Bruxelles (bien que les jardins demeurent interdits au public en soirée), met l’adjectif bucolique à la sauce urbaine. Et attention aux concerts manqués sous couvert d’un ultime verre sous les derniers feux d’un soleil couchant et aux choix précipités de dernière minute !
On ne cachera pas une légère déception quant à la sous-représentation sur fond de polémique OrelSan de la famille hip hop avec un unique plateau Abd Al Malik/(le local à surveiller de près) Veence Hanao/Subtitle (09), la symbolique délégation d'artistes du Sud limitée à la seule présence de Toumani Diabaté (14), et l’absence d’excités notoires du décibel. Un petit remontant à base (au choix) de punk/metal/noise/breakcore/grind/screamo/sludge/math… eut joué à merveille son rôle de sympathique anomalie.
Habitué des lieux, Christophe (le 16, dans une configuration Mons Orchestra/Erik Truffaz) assure avec Jane Birkin (08) et l’inusable Cali (le 10, appuyé de Mathieu Boogaerts & Karin Clercq) la pérennité d’une chanson française bien émoustillée par les réelles singularités émergentes ou déjà révélées que sont Sammy Decoster (09), Emily Loizeau (le 15 + Spleen ), Françoiz Breut (14) et Alex Beaupain (l2). Pour les chasseurs d’étoile(s) filante(s) sur MySpace, l’énigme Cœur de Pirate est servie sur un plateau. Pour les amateurs de poilade chansonnière Anaïs et La Chanson Du Dimanche feront l’affaire (13).
Dans le fourgon principal, la pop avec ou sans machine, l’embarra du choix est la norme. Un siffloteur classieux, Andrew Bird (le 09 avec Phosphorescent) ou 3 ingénues electro pop au charme solaire (Au Revoir Simone, avec Vinicio Capossella le 10). Un team electro-rétro hype australien, Metronomy (+ We Are Wolves le 12) contre un possible challenger (Telepathe le 10) américain. Ou encore, rythmes alambiqués et/ou triturés (Ez3kiel, Bonobo, Fujiya & Miyagi le 14) en lieu et place d'une tranche de bonne humeur funk et discoïde (Yuksek, Kap Bambino… le 16). Menu pastoral (Sophie Hunger le 15), bien pimenté (la triplette bien barge Thecocknbullkid:Lost Valentinos/Kania Tieffer le même jour), ou exotisme rétro (Clare & The Reasons le 10) contre dépaysement québécois (Malajube, Karkwa et Duchess Says le 12). L’indie US, sous ses déclinaisons (mélangées) americana, folk, rock est à la fête d’une double manière ; le 14, avec Pink Mountaintops, Sleppy Sun d’un côté, Troy Von Balthazar, A Hawk And A Hacksaw de l’autre); le 16 avec le trio Great Lake Swimmers, The Acorn et Akron/Family)... et vire carrément à l’exorcisme mystique le 07 avec le toujours prenant Woven Hand (+ Grails).
La désormais très rodée soirée belge (formule "one ticket/all access" le 13) est évidement reconduite avec un plateau qui tape large (De Sharko à BaliMurphy, de K-Branding au Experimental Tropic Blues Band en passant par Daan, Major Deluxe, Jeronimo...), tandis que Soy A Caballo a droit à un musée rien que pour lui (+ This Is The Kit le 16).
On aura une tendresse particulière pour le 09 où un choix cornélien exige de sacrifier un coup de cœur à un autre. Autrement dit, c'est Battant/Pit Er Pat/Beast "Sound System"/MVSC ou Joe Gideon & The Shark/Jennifer Gentle/ Jhon & Jhen. Et le 16, on tentera de lever un coin du voile du mystère Soap & Skin.
Enfin, relevons la deuxième édition de Babel Live (12) qui s'attache à faire se rencontrer des musiciens d'horizons musicaux qui ne se croisent que trop peu. Au programme : Jean-Paul Dessy & Ensemble Musiques Nouvelles, Tindersticks, Murcof, Vencee Hanao, Le Chœurs des Rolandins de Mons, Roberto Cordova, Hindi Zahra... et deux after party (les 8 et 16) hors (des) murs, autrement dit, à... Recyclart
Bonnes Nuits (Botanique).
Yannick Hustache
Pit Er Pat : originaire de Chicago, ce trio parfois contraint au duo a fait ses débuts discographiques sur le toujours très pertinent label Thrill Jockey (Sea & Cake, High Places, Arbouretum…), chapeauté par le très actif John McEntire de Tortoise. Une configuration basse/batterie (percussions)/claviers qui pourrait être celle de jazzmen qui tenteraient de se désinhiber de leurs tics, savoir-faire et habitudes afin de re-goûter aux charmes mutins de mélopées enfantines, boudeuses et serpentines. On pense à un Pram descendu prendre des couleurs à l’Equateur ou à un Stereolab aux antipodes de lui-même, c’est-à-dire hors contrôle. Sans compter que pour le petit dernier, ils ont volontairement pris quelques coups de soleil rythmiques africains !
Discographie sélective :
Pink Mountaintops : le Canadien et obsédé des montagnes Stephen McBean fait partie de ces insatiables personnages dont le parcours et l’évolution sont symptomatiques du devenir de bon nombre d’incrustés du rock indépendant partis du punk/hardcore pour accoucher d’un rock post-meanstream qui relit sur un mode étonnamment actuel et détaché, les déclinaisons antérieures de ce bon vieux rock (à papa). Avec son autre groupe, Black Mountains, ce sont les 70’s qui se prennent un vrai coup de frais tandis que dans Pink Mountaintops, c’est le très couru rock neo psychédélique (Dead Meadow, Black Angels…) qui se ramasse une bonne leçon de révisionnisme revigorant – et pour une fois pertinent – dans la tronche…
Discographie sélective :
Jennifer Gentle : amusant, Jennifer Gentle est italien et ne compte pas plus de Jennifer que de filles tout court dans ses rangs. Imaginatif au possible et surprenant si on lui laisse le temps de produire ses effets, ce quintette pop psychédélique acclimate le chant de mathématicien zézayant embrumé à l‘hélium de David Thomas (Pere Ubu, Two Pale Boys) à d’ingénieuses compositions qui défient les lois de l’équilibre harmonique en recourant à d’astucieuses percussions mêlées de bruitages et interventions instrumentales bizarroïdes. Ce qui a, en passant, éveillé la curiosité du label américain Sub Pop qui les a pris sous son aile.
Discographie sélective :
Yannick Hustache
" Le Discobus 3 n'a pu circuler ce dimanche 12/2 et est en réparation ce lundi 13/2 : pas de stationnement à Ath, Antoing, Leuze et probablement Mouscron . .
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