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FESTIVAL (k-raa-k)³ 2007 : Orpaillage musical limbourgeois


Samedi 3 mars 2007 – Zaal belgië - Hasselt


On ne sait plus trop quand ça a commencé, depuis quand cela dure… Au mois sept ans, peut-être huit ou neuf ? Depuis 2000 ou 2001, le premier samedi de mars est une sorte de fête supra-nationale pour une petite communauté sans frontières : celle des amateurs européens de musiques (remarquez le S final : le pluriel est ici fondamental) étonnantes et singulières, libres et libératrices, habitées et désolées, aventureuses et avant-coureuses, rétives à une classification et à une domestication trop étouffantes… Le premier samedi de mars, c'est donc le jour J – ou le jour K – du festival (k-raa-k)³. Programmé par les têtes-chercheuses du label gantois du même nom, la manifestation s'est longtemps fixé comme règle de ne presque programmer que des musiciens qui n'avaient encore jamais joué en Belgique – à l'exception de quelques jeunes artistes belges à découvrir, bien sûr. Depuis, cette règle a été un peu nuancée mais le parti de faire se côtoyer des styles musicaux généralement cloisonnés et de programmer des noms souvent encore méconnus du public ainsi que des musiciens-cultes encore jamais vus dans nos contrées est resté. On se souviendra longtemps des concerts de Richard Youngs (2001), Toss, Vibracathedral Orchestra et Benjamin Franklin (2002), Charalambides (2004), Caroliner, Smegma et Six Organs of Admittance (2005), Borbetomagus, Patty Waters et Henry Grimes (2006)…

Avec sa douzaine ou quinzaine de concerts du début de l'après-midi au début de la nuit, son absence de temps morts, ses musiques régulièrement bouleversantes en émotions ou exigeantes en concentration, le festival tient du marathon. Les pépites musicales se méritent, l'auditeur n'échappe pas à des heures et des heures de tri et de tamisage, parfois infructueux. Comme pour le vin, il y a de bonnes années et des moyennes. L'an dernier par exemple, avant 22 heures et les deux derniers concerts, celui des impressionnants et survoltés vétérans bruitistes Borbetomagus et le chair-de-poulisant duo voix-contrebasse entre Patty Waters et Henry Grimes, que de pétards mouillés, de déceptions ! Et pourtant en quittant les lieux il y a douze mois, on était déjà presque sûr d'y revenir un an plus tard. Après l'annulation de dernière minute du premier concert belge des Sun City Girls, suite à la mort de leur batteur Charles Gocher, c'est paradoxalement léger – au-delà de la tristesse lié à cette disparition, bien sûr – que je me suis rendu à la Zaal België samedi. Presque que des noms inconnus pour moi, donc pas d'attentes particulières, aucun risque de déceptions et, au contraire, la prémonition de quelques belles découvertes. Seules des surprises positives étaient possibles.

A 14h30 quand nous arrivons à Hasselt, le premier concert, celui des régionaux de l'étape Dennis Krokodil & friend est déjà terminé.

L'acrobate vocal Phil Minton vient de commencer son concert dans la salle de projection vidéo, la seule des trois pièces à proposer des chaises à environ trois quart du public. L'ayant déjà vu à l'œuvre quatre ou cinq fois, Phil Minton était a priori un des concerts qu'il ne m'aurait pas dérangé de rater. Je ne mettrai pas longtemps à raviser mon jugement. Dans la salle, on entendrait – presque – une mouche voler. Sur scène, une chaise, un homme, un micro. Minton improvise, raconte son histoire sans paroles, progresse, glisse et dérape, trébuche et se rattrape, saute, s'envole, retombe et rampe… Les mains se nouent, le bras balance, la tête pivote, les bajoues tremblotent, la glotte virevolte… Parfois, l'espace de quelques secondes, ça fait un peu démonstration ou catalogue mais la grande majorité du temps, c'est inspiré, ce n'est pas gratuit. Le vocaliste est là, le public aussi. Quelque chose se passe. Des flux invisibles s'échangent. Et il y a un aspect vraiment magique dans ce dénuement presque total. Pas un milligramme d'électronique, pas un instrument à l'horizon. Un homme et le premier instrument de l'histoire de l'humanité, celui que chacun – ou presque – reçoit à la naissance : la voix. Pour moi, un des deux ou trois meilleurs concerts de Phil Minton (aux côtés de ceux avec Roof ou un des premiers concerts de Four Walls au Théâtre des tanneurs il y a une dizaine d'années). Cette édition du festival débute bien!

Dans la salle du bar, les jeunes américains de Racoo-oo-oon soutiennent cette première impression en commençant très fort. Il s'agit d'un groupe de rock très percussif avec au minimum deux batteurs et parfois même, comme si cela ne suffisait pas, des sons de cymbale retravaillée rajoutés par le chanteur-guitariste. Leur musique me fait penser à la description que mes amis de Sister Iodine m'avaient fait de leur troisième album ("Helle", Textile 2006 – en cours d'acquisition) alors que leurs bandes cherchaient encore un label pour se transformer en disque: un sorte de "rock-noise-vaudou". Même si l'ensemble reste très agréable et de bon aloi, la puissance de leur musique s'émousse un peu à la longue, au cours de leur performance. On continuera quand même à les garder à l'œil: ils ont l'air très jeunes et pourraient encore nous réserver de belles surprises.

Dans le parallélépipède fonctionnel de la "zwarte zaal", un autre concert dont je n'attends pas grand chose : le duo entre les expatriés Thomas Ankersmitt (électronique et saxophone) et Giuseppe Lelasi (électronique). Je commence par battre en retraite, importuné par deux pipelettes bataves dont les bavardages sont autrement plus sonores que le début très subtil et délicat du set des deux musiciens. Quand je reviens, leur musique a gagné en volume sonore et en intensité et a visiblement forcé le respect d'un public désormais très attentif. J'assiste au dernier quart d'heure très convaincant du concert: une lente montée bourdonnante (drone) d'un ostinatto de saxophone d'Ankersmitt entrant en résonance avec les sons électroniques de Ielasi (ou le retraitement par le second du saxophone du premier? Les voies de l'électronique restent assez impénétrables pour moi). La matière sonore et sa texture sont fascinantes, cette musique a du poids, de la présence, de la matérialité. Pour la deuxième fois, la réalité me donne tort et broie mes a priori en petits copeaux honteux. Mea culpa.

Changement total de style, d'ambiance, de tableau – mais pas de niveau – avec Little Howlin' Wolf. Imaginez une sorte d'armoire à glaces américaine, une espèce d'homme-orchestre biker / Hell's angel (barbe, foulard tenant des cheveux mi-longs... ) chantant des blues contemporains très redevables à l'histoire de cette musique populaire (son pseudonyme sonne comme une profession de foi, pas comme un sarcasme déplacé) et s'accompagnant seul à l'harmonica, à la batterie et à la guitare. En même temps. Comme celle des vieux bluesmen enregistrés dans les années vingt ou trente par les célèbres archivistes-collecteurs sonores américains, sa musique est simple, rêche et rudimentaire, laissant tout l'avant-plan aux paroles et à leur incarnation dans un corps et dans un vécu. Aucune fioriture, ici. Mais, quand même, de l'humour, comme lorsque le musicien joue – toujours en même temps – de deux flûtes, une devant chaque narine, extirpe, à la manière de Roland Kirk, des sons de deux saxophones joués en parallèle ou compte ses historiettes de jellyrolls et de cherry juice à la symbolique sexuelle plus que transparente. Little Howlin Wolf est un "méchant" au grand cœur; derrière ses yeux noirs et ses sourcils foncés, on voit poindre un sourire qui a du mal à se cacher. Après le concert, Christophe du groupe R.O.T. - qui actuellement, de Den Haag à Marseille, en passant par Genève et Munster, tourne avec lui – me raconte que l'homme a joué dans la rue, notamment la Rue Neuve à Bruxelles au cours des années quatre-vingt et qu'il vend encore une série de quarante-cinq tours qu'il avait autoproduits à l'époque e.a. au profit du syndicat Solidarnosc (son nom de baptème est James Pobiega et on lui imagine assez aisément des racines du côtés de chez Lech Walesa).

Pas prévu au programme, et parachuté là un peu comme un cheveu sur la soupe, Ergo Phizmiz est un autre énergumène solitaire. Mais complètement différent! Autant le précédent incarne jusqu'à l'os une certaine Amérique du bitume et de la poussière, autant celui-ci personnifie jusqu'aux limites de notre incrédulité une certaine forme d'excentricité cultivée et urbaine de l'Angleterre de la fin du dix-neuvième siècle et d'aujourd'hui. Collaborateur occasionnel de People Like Us, sonorisateur de films dadaïstes de Man Ray ou Marcel Duchamp, réinterprétateur de Gertrude Stein, chaînon manquant  entre Momus, Hendrik Hegray et Edward Gorey (en tout cas ce que j'imagine du dessinateur macabre américain), ce dandy chantant accompagne au mini-mégaphone, au klaxon et à l'appeau de canard une série de reprises excentriques et excentrées (comme un disque vinyle dont le trou aurait été percé à côté de son centre géométrique) de vieilles chansons de marins… C'est loin d'être nul mais cela passe visiblement au-dessus, ou à côté, des pavillons auditifs de la majorité du public. D'un coup, on dirait qu'on est passé de deux ou trois cent spectateurs à quarante… Le public du festival (k-raa-k)³ a beau être souple et passer sans aucune difficulté de la noise la plus jusqu'au-boutiste au gling-gling de guitare le plus introspectif, le sens de l'humour – ou le sens de cet humour-là – n'a pas l'air d'être son point fort… A éventuellement revoir dans un meilleur contexte!

L'heure approche de savoir qui se cache derrière le chouette nom de Dinosaurs With Horns, ce groupe qu'on annonce lié, comme les déconcertants papys-mammys de Smegma, à la Los Angeles Free Music Society (LAFMS, documentée par l'impressionnant coffret de dix CD "The Lower Form of Music" – X 513C), improbable collectif californien de musique ludique et non savante existant depuis le début des années septante. Alors… Ces dinosaures sont deux (renseignements pris: Joseph Hammer et Rick Potts, tous deux aussi actifs dans d'autres collectifs de la LAFMS comme Le Forte Four ou Solid Eye) et en guise de cor ou de klaxon (horns) utilisent plutôt des instruments électriques, électroniques et magnétiques d'hier et d'aujourd'hui (mini-guitare jouée à plat à l'archet, ordinateur portable , mais aussi une boucle de bande magnétique manipulée précautionneusement d'une main gantée de latex pour en modifier le défilement dans un vieux magnétophone en bois). La musique produite est une sorte de bande-son électronique, atmosphérique mais non-dépourvue de rythmes… Comme un film sans images, comme l'accompagnement sonore d'une histoire sans paroles. Si elle est difficile à décrire, leur musique n'en est pas moins séduisante, riche, personnelle et incarnée… Une découverte! Et hop… Un très bon concert de plus…

Warmer Milks sont cette année les derniers survivants d'une famille de musiciens dits "néo-folk", entre musiques acoustiques et psychédéliques, particulièrement bien représentés au cours des éditions précédentes du festival… D'après ce que j'avais pu en entendre sur leur site, j'attendais pas mal de leur présence ("quand même un peu de chansons calmes au milieu de toutes de ces formes plus abstraites, déconstruites ou énervées" avais-je à peu près du me dire). Malheureusement, je ne trouve pas assez de musique dans leur concert pour compenser leur "tonitruante" présence avachie: assis en tailleur, regards perdus dans le vague… Fondamentalement - même si je suis loin, très loin, d'être en recherche acharnée et exclusive de virtuosité et de technique musicale, je crois que le problème de cette musique est que trois-quart de son intérêt réside dans la réverbération techniquement rajoutée sur la voix ("More reverb' please"). Les musiques de Phil Minton, Little Howlin Wolf, Daniel Higgs ou Jozef van Wissem survivraient à une panne d'électricité. Pas encore celle de Warmer Milks. A revoir d'ici quelques années, peut-être…

"Nul n'est prophète en son pays" dit le proverbe. Je n'ai jamais trop accordé d'importance à ce genre d'aphorisme à l'emporte-pièce. N'empêche que c'est pendant le concert du duo belgo-sud-américain (?) Bear Bones, Lay Low que nous allons prendre l'air et goûter "les meilleures frites du pays" (on s'éloigne du sujet mais… Combien de fritkots au km² revendiquent-ils chaque année ce titre dans ce pays?).

De retour à la Zaal België, le groupe espagnol Orthodox, doublures de dernière minute des suédois de Witchcraft joue et éructe son heavy metal de damnés. On reste perplexe et va plutôt prendre une bonne place devant la scène, dans l'autre salle, pour le concert attendu de Daniel Higgs. A travers le mur séparant les deux pièces on croit même percevoir la dégoulinure honteuse d'un solo de guitare. Aucun regret.

Bientôt Daniel Higgs, donc… Une chaise, un micro, un banjo, une guimbarde… L'ancien chanteur de Lungfish et Cone of Light trimballe sa longue silhouette dégingandée, sa barbe de révolutionnaire russe ou de Captain Achab, ses tatouages à la "Nuit du chasseur" et ses sourcils plissés dans le public depuis le début de l'après-midi. Impossible de le rater; son magnétisme fait de ce gars un aimant à regards (et à écoute, dès qu'il joue). Sur scène, il commence par un solo de guimbarde. Impressionnant. Le musicien joue autant sur les silences, les intervalles que sur les sons et les notes. Sa respiration, le son de l'air inspiré par sa bouche dans ses poumons, compte autant que la vibration de la petite lamelle de métal. Puis, Daniel Higgs soumet les cordes de son banjo aux pouvoirs fascinants de son jeu serpentin, se tendant petit-à-petit vers l'avant sur sa chaise, vers le micro, pour faire claquer cette voix qui nous vrille sur place dans nos petits souliers. Comme Phil Minton en début de journée, il fait partie de ses vieux briscards qui savent qu'un micro n'est qu'un intermédiaire, que si on ne le nourrit pas, que si on n'est pas généreux avec lui, ce n'est pas ce petit bout de métal et d'électronique qui donnera de la voix à la place du chanteur… Higgs donne, donne beaucoup, même. Sa voix, malgré son côté sombre et plaintif (on pense souvent aux derniers disques en date du Current 93 de David Tibet), vibre, retentit, palpite… Le micro fait son boulot et tout ce qu'il donne arrive aux oreilles du public, le submerge… Et, entre les morceaux par ses applaudissements et ses cris – et même, pendant les morceaux, par son attention médusée – le public renvoie de l'énergie vers cet homme qui, sur les planches, met en scène une condition humaine dans laquelle beaucoup se reconnaissent. Grand grand moment.

Les frères Adam et Jonathan Bohman ont installé sur une grande table digne d'une Dernière Cène un bric-à-brac alimento-culinaire: instruments, lecteur CD, fruits et légumes… Ils commencent par un morceau à partir des vibrations et harmoniques de verres à vin en cristal (verre à vin et cristal mais, pour Adam, doigt humecté dans un gobelet de pils en plastique… ) avant d'enchaîner avec un morceau autour de la parole enregistrée et en direct: une liste de courses est soumise à un cut-up qui fait se juxtaposer et se superposer des bribes lues par chacun des deux pince-sans-rire britanniques et des bribes "lues" par un lecteur CD ou minidisc…  On voit bien la cohérence conceptuelle "cuisine + son" que prend l'ensemble de leur intervention mais on lâche un peu vite prise pour aller prendre une bonne place pour le prochain concert…

Avec son perfecto en cuir (posé sur le dossier de sa chaise, quand même… ) et sa coupe au bol, le hollandais Jozef van Wissem ressemble à Johnny Ramone. Mais, il joue du luth de la Renaissance! Un pied dans le dix-septième siècle, un autre dans le vingt-et-unième, van Wissem a l'air presque aussi à l'aise qui Kim Clijsters dans cette position de grand écart. Sur disques, il a appliqué des techniques proches du cut-up de Burroughs et Gysin à des compositions de luth des années 1600: il a commencé par faire tourner de 180° (le coin inférieur droit se retrouvant en haut à gauche) une centaine de partitions de l'époque, les a jouées ainsi, comme "la tête en bas", en a extrait des parties, les a recombiné, en a changé les accords, les rythmes et les accents… Il a aussi composé des palindromes musicaux, joué en duo avec les guitaristes Gary Lucas ou Tetuzi Akiyama, avec le producteur Karmer de Shimmy Disc et sort ses disques sur le label free jazz batave BVhaast)… En concert, il commence (et clôt, en guise de rappel) son set par de la musique composée, "à partition", soit renaissante soit renaissante-retravaillée (je ne suis pas vraiment apte à faire le distinguo)… Les doigts courent sur les cordes, virevoltent… On pense un peu aux enluminures musicales de quelques dextres virtuoses de la guitare acoustique qu'on apprécie particulièrement, comme Glenn Jones ou James Blackshaw. Au milieu de son set, van Wissem entame un dialogue avec un fond sonore pré-enregistré diffusé sur mini-disc. Comme le ressac, le va-et-vient de vagues, viennent et s'en vont des sons enregistrés in situ (field recordings) qui se révèlent assez vite être des sons de foule, apparemment captés dans le hall d'un aéroport. Ce qui est particulièrement réussi ici, c'est la simplicité du dispositif: à part ces montées et baisses de volume (l'effet de rapprochement / éloignement), il n'y a pas d'intervention sur le matériel sonore brut. Cette sinusoïdale a toujours la même amplitude, toujours le même rythme. Et le jeu même du luth, en direct, se simplifie, délaisse la démonstration virtuose pour se concentrer, à la limite, presque plus sur les silences et les intervalles que sur la mélodie ou les notes. Superbe et ô combien bénéfique à ce moment avancé de la soirée.

Quand même bien fatigué – et comblé par ces quelques très très beaux moments - je ne verrai à peu près rien du set du boersk blek metl (black metal paysan) des gantois de Lugubrum et carrément nada du set chaotique (quatre amplis grillés en trois quart d'heure) des brutes de Major Stars.

Bilan plus que positif pour cette édition du festival (k-raa-k)³ qui a pleinement joué son rôle de prescription et d'induction de découvertes musicales. Impression aussi assez agréable de ne pas avoir été confronté à de grandes tendances mais d'avoir surtout vu des individus singuliers (parmi mes grands concerts du jour, quatre solos et un duo) cherchant chacun dans leur coin mais dont le rapprochement à l'affiche d'un même festival faisait sens, les enrichissait au-delà de tout ce qui, à priori, les distingue et sépare leurs musiques à la première approche. Très belle programmation. Bravo. A l'année prochaine. (PhD)

Discographies sélectives :

a. relative aux éditions précédentes :

- Richard YOUNGS : "Sapphie" – XY766E
- Richard YOUNGS : "The Naïve Shaman" – XY766L
- TOSS : "Titles Of The Greatness Of Been" – XT642R
- VIBRACATHEDRAL ORCHESTRA / SUNROOF : "Wings Over America" – X 972H
- VIBRACATHEDRAL ORCHESTRA : "Dabbling With Gravity And Who You Are " – XV511B
- Benjamin FRANKLIN : "Staged Pieces" – XF771I
- CHARALAMBIDES : "Our Bed Is Green" – XC272M 
- SMEGMA : "Rumblings" – XS516W
- Divers musiciens [don’t SMEGMA] : "The Lowest Form Of Music – The Los Angeles Free Music Society" -  X 513C
- SIX ORGANS OF ADMITTANCE : "Compathia" – XS427T
- SIX ORGANS OF ADMITTANCE : "The Sun Awakens" – XS428E
- BORBETOMAGUS : "Barbed Wire Maggots" – UB6351
- BORBETOMAGUS + VOICE CRACK : "Asbestos Shake" – UB6347
- Patty WATERS : "The Complete ESP Recordings" – UW2475
- Henry GRIMES : "The Call" – UG7710

b. relative aux concerts marquants de cette édition :

- Phil MINTON : "A Doughnut In Both Hands [Solo Singing]" – UM6122
- Phil MINTON + F.M. EINHEIT + Ulrike HAAGE : "Goto" – XG626R
- ROOF : "The Untraceable Cigar" – UR7850

- THE LOS ANGELES FREE MUSIC SOCIETY [don’t DINOSAUR WITH HORNS] : compilation dix CD "The Lowest Form Of Music" – X 513C
- SOLID EYE : "Electromagnetic Field And Stream Of Consciousness" – XS568X

- Daniel HIGGS: "Ancestral Songs" – en cours d'acquisition
- CONE OF LIGHT : "Cone Of Light" – XC658V

- Jozef VAN WISSEM : "Retrograde : Renaissance Luth" – XV184A
- Jozef VAN WISSEM : "Narcissus Drowning" – XV184B
- Jozef VAN WISSEM + Tetuzi AKIYAMA : "Proletarian Drift" – UA2076
Philippe Delvosalle
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