On m’avait prévenue: une fois qu’on a tâté au festival ATP, on ne peut plus s’en passer!
C’est trop vrai.
Je vous ré-explique le principe : un festival qui prend place dans un centre de vacances au bord de la mer avec petits chalets et dont la programmation est faite par un curateur. Dans ce cas-ci il s’agissait du webzine Pitchfork en association avec ATP. Leurs coups de cœur en fait. Des groupes indie pop ou folk déjà confirmés, les nouveaux noms qui débarquent et un soupçon de dinosaures.
Mais avant de vous parler des concerts, j’ai bien envie de vous faire un peu baver en vous racontant notre voyage.
Le bateau nous a semblé le moyen parfait pour rejoindre les Iles Britanniques, avec son côté rétro, et puis surtout rien ne fait plus vacances qu’une traversée sur le pont d’un ferry dans le soleil du petit matin en guettant « The white cliffs of Dover ».

Puis, après une centaine de kilomètres de conduite attentive le long des magnifiques côtes anglaises, nous y voilà !
Un site de vacances à cinquante mètres de la plage. Des petits bungalows entièrement équipés du confort moderne, entourés de jardins verdoyants et légèrement ombragés. Sans oublier une piscine, un golf miniature, et bien sûr des lunaparks ! Tout ça pour les 3000 petits bollus amateurs de rock que nous sommes !
Pas mal hein ?
Nos trois jours de festival se passèrent comme suit : petit déj’ anglais concocté par Patrick, puis promenade au bord de la mer qui monte, apéro sur la plage sous un parasol, retour au bungalow pour se sustenter avant les concerts qui commencent en fin d’après-midi. Comme des rois je vous dis !

Trêve de bavardage maintenant, passons aux choses sérieuses : les concerts.
Il y a deux salles,qui ont chacune une contenance de 2 à 3000 personnes, et les concerts ont lieu plus ou moins en alternance.
Le vendredi, nous avons commencé assez fort avec Man Man, un groupe d’Américains allumés tout de blanc vêtus, dont les compositions s’inspirent de Zappa, de Captain Beefheart et de Tom Waits. On peut imaginer pire comme influences. Grosse surprise.

Enchaînement immédiat avec Shit & Shine, un collectif avec quatre batteurs, un guitariste, deux bassistes et un chanteur qui improvise en déclamant un texte. Une rythmique tribale d’enfer qui nous a collés au mur comme des mouches.
Le duo Fuck Buttons derrière des machines a fait un set crescendo allant de l’ambient pour finir en belle progression dance.
Concert assez plat et très fonctionnaire de Vampire Weekend, qui a déçu ses fans les plus acharnées. Et la palme du « Grand n’importe quoi » revient à Sebadoh.
Le samedi nous avons commencé par Yeasayer très peu convaincants.
Les Dirty Projectors ont fait plaisir à beaucoup de monde avec leurs vocalises emberlificotées dans une pop-folk bancale.
Malgré un problème évident de retour son pour leurs deux premières chansons, Los Campesinos ont fait le bonheur des amateurs de pop épique et lyrique dont je fais partie.
Le chanteur de Les Savy Fav est fou ! Vous le saviez ? Avec son groupe pop punk dynamité, il a foutu le feu dans la salle, en sautant partout, en allant chanter au milieu du public pendant la moitié du temps.

C’est aussi ça les ATP, les musiciens sont très détendus, se mêlent facilement aux gens, et de son côté, le public est très réceptif. En aucun cas pendant les concerts, on ne se retrouve au milieu d’un groupe qui papote. Les discussions ont lieu dehors, sur la terrasse, au soleil, c’est plus convivial, il ne faut pas crier, et on n’emm…personne.
En parlant de folie, elle a continué avec les nerds de Hot Chip. Ils ont « refait » les anciens morceaux, et ont formaté leur set sous forme de medley entre leur deuxième et troisième album. Des tubes sans interruption. Over and Over : toute une salle qui fait des bonds avec les bras en l’air !
L’après-midi, dans un autre genre, le stoner- shoegazing des Black Angels était vraiment pas mal du tout.
Et la salle des Black Lips était totalement impraticable : foule, foule, full and over full.
Le dimanche a commencé en beauté avec Jens Lekman. Très drôle, très tendre, très au point !
Il est entouré de musiciennes, une violoniste rouge, une batteuse jaune, une guitariste verte, une violoncelliste noire, une souffleuse rose…et un beau garçon au laptop. Ils ont tous une clé dorée autour du cou, nous leur en avons demandé la signification…c’est un secret…

En parlant de couleur, on continue avec Of Montreal. Magnifique ! Touchant ! Beau ! Dramatique ! Gai ! Exaltant !
En fond de scène, des images projetées de leurs pochettes d’albums en kaléidoscope, le chanteur en robe rouge déchirée et fard à paupières bleu vif, la claviériste en corsage rouge et fanfreluches. Des personnages annexes apparaissent, un ange avec une immense cape en paillettes, un homme à tête de tigre combattant l’ange de la mort… Réflexion de ma copine Béné : « Un côté Mexique », elle a tout-à-fait raison. Les couleurs et l’exaltation sur scène sont proches de l’iconographie mexicaine de la mort .
Ce sera malheureusement tout pour le dimanche. Des Meat Puppets grisonnants, des Harmonia avachis, des Girls Against Boys tout à fait corrects mais démodés, des Caribous écrasés par la batterie….
Et voilà, snif, c’est fini.

Lundi pour prolonger nos vacances, nous avons passé la journée à chiner dans Rye, un village voisin. Complètement dépaysant: petites boutiques, maisons typées, cidre local dans un pub où on a mangé comme des gastronomes en culottes courtes. Et comme décor, imaginez le monde de Beatrix Potter intégré dans le village du Prisonnier…Bonjour chez vous !
Brigitte Molenkamp
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