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NUITS SECRÈTES

 

11 ET 12 août 2007 - Aulnoye Aymerie

 

Les Nuits Secrètes - un festival à rajouter dans nos et vos agendas. L 'action se passe dans une petite cité du Nord de la France - Aulnoye Aymerie. Toute la ville est fermée à la circulation routière le temps d'un long week-end pour accueillir les festivaliers et les musiciens.
Comme l'an passé, il y a deux scènes payantes pour la somme dérisoire de  6 euros, et la grande scène est gratuite. En bonus 3 tracteurs vintage circulent dans la ville en tirant une charrette transportant des bluesmen. Et c'est sûrement là que l'on constate la petite note personnelle de ce festival.
Le samedi nous arrivons à la fin du set de Jamie T., jeune anglais, mi-punk, mi-rock, mi-slam.
Le garçon ne se défend pas mal, mais il semble malgré tout un peu perdu sur cette grande scène, un club enfumé lui conviendrait peut-être mieux pour libérer son énergie !
Un peu plus tard, les Australiens d'Architecture in Helsinki vont nous faire passer un bon moment.
Les six musiciens changent de « poste » pour chaque morceau. Ils sont très enthousiastes, et leur cohérence est remarquable en comparaison aux Nuits Bota de l'année passée.
Quant à Archive, je les trouve pompeux et ennuyants ! Pourtant chacun de leur disque comporte un ou deux morceaux qui me titille vraiment, et donc, lorsqu'ils sont programmés à un festival, je tente une oreille de leur côté si j'en ai l'occasion. Et à chaque fois c'est une énorme déception ! Trop statiques, trop prog, trop prétentieux, trop balourds... des nappes de claviers en boucle à l'infini, un chanteur sinistre planté derrière son micro... non, vraiment ce n'est pas ma tasse de thé ! J'abandonne !
Et comme un loup revient toujours sur les lieux de son crime, nous sommes retournés manger cette très bonne Chtiflette dans les locaux du parti communiste, tout comme l'an passé. 
Le dimanche, nous commençons notre parcours par Didier Super, installé sur la grande scène. Je me rends compte qu'il est plus un Coluche nouvelle génération qu'un potache de la chanson française.
Il propose à toute l'assistance de se tenir par la main, et entonne « Prendre un gros con par la main » sur un air bien connu, il passe toute l'actualité à la moulinette de son insolence et de son cynisme. Plusieurs personnes très choquées par ses pamphlets quitteront la place.
Un petit passage par le jardin, où se produit Malajube, un groupe pop québécois encensé par la presse en tant que nouvelle révélation. Je ne les trouve franchement pas bons, une espèce de resucée de beaucoup de choses sans beaucoup de personnalité. Enfin, c'est mon avis !
Par contre, durant nos ballades dans la ville, nous tombons sur le « tracteur blues » avec les Deltahead. Et là, franchement c'est une bonne claque ! Le duo est étroitement installé sur sa charrette, assis derrière deux grosses caisses, l'un avec une contrebasse, l'autre avec sa ou plutôt ses guitares. Ils chantent des blues crasseux dans un micro déformant  leurs voix en un crachin guttural. Ils entonnent un blues garage crapuleux sur fond de bandes jazz New Orleans avant d'être emportés quelques centaines de mètres plus loin....
Nous terminons nos nuits en allant voir the Battles au jardin. Le batteur est installé en front de scène, toujours avec sa cymbale perchée à deux mètres de haut, il a la frappe précise et très puissante. Deux guitaristes de part et d'autre du batteur sont derrière leurs claviers et laptops, et le troisième guitariste, également bassiste reste un peu en retrait, et passe la majorité du concert à quatre pattes à chipoter ses pédales d'effets. Leur math-rock hybride, leurs rythmes perpétuellement brisés font mouche, mais le public reste très sérieux et statique.
Nous terminons nos Nuits Secrètes en passant par la grand place où se produit Laurent Garnier entouré de musiciens. L'expérience est belle mais les cuivres alourdissent quelque peu sa musique qui se suffit à elle même.
Une fois de plus, le petit détour vers les environs de Maubeuge valait la peine.
Brigitte Molenkamp

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