Dans le film d’animation « Alvin & The Chipmunks », trois frérots écureuils, mélomanes et casse-pieds, associés à un grand nigaud sont propulsés stars de la chanson plus rapidement qu’un météore de la Star’Ac ! A peine plus grand que les trois rongeurs en configuration pyramide (et qui reste à mesurer), l’Anglais (MC) Chipmunk est lui aussi passé en un éclair des bancs de son école au firmament chargé et noir anthracite des étoiles filantes du circuit grime, ce cousin bâtard du dubstep qui tance de ses rimes assassines et basses telluriques le hip hop sur son propre terrain. À 15 ans ce « gosse » qui n’a pas trop de sa semaine scolaire pour se reposer est déjà l’auteur d’une mixtape qui lui valut les éloges des (déjà) vétérans du genre, dont Willey, qui le prit sous son aile. « League of My Own » est davantage une compilation qu’un véritable album mais elle démontre à suffisance les sidérantes dispositions de ce MC au débit vocal à la fois virtuose (en rafales courtes ou en tirs soutenus !) et caméléon. On lui pardonne son pas de deux en zone pré R’n’B (« League of My Own », le titre, « My Life ») mais on reste sans voix, que se soit devant ses digressions bluesy (le bien nommé « Versatile Style »), ses devoirs d’allégeance aux grime (« Tim Westwood Show », « I’m Chipmunk ») et au dubstep (« Mr Myagi », « Show Love ») mais surtout devant l’impossibilité de consigner le « reste » une bonne fois pour toutes dans une des catégories susmentionnées !
Yannick Hustache
Rééditer une musique expérimentale, vingt ans après sa création, est souvent le meilleur moyen de l’enterrer. Soit en la canonisant, soit en révélant ses faiblesses. La première manière équivaut à une privation quasi totale de substance, à une petite mort. La deuxième fait partie du jeu de la musique expérimentale. L’œuvre est toujours en chemin, le principe du « work in progress » procédant par écrasement, par remplacement progressif de tout ce qui a précédé les derniers développement du travail. C’est pourquoi voir ressortir un album de Christina Kubisch datant de 1987 avait quelque chose d’un peu inquiétant. Mais, malgré le raffinement qu’a mis la musicienne à élaborer et perfectionner son travail, de ses premières œuvres jusqu’aux magnifiques installations sonores qui l’occupent à présent, le présent disque garde toute sa pertinence. Peut-être est-ce le tournant qu’elle a donné à sa carrière, et qui l’a confirmée comme l’un des artistes les plus importants dans le domaine de l’installation sonore, qui fait que ces trois œuvres, écrite pour des situations concertantes, ne souffrent pas de la comparaison. Composées à Milan entre 1983 et 1986, ces pièces correspondent à une époque où Kubisch travaillait à Milan au sein d’un réseau de musiciens expérimentaux comme Davide Mosconi, Rafaelle Serra ou Ricardo Sinigaglia. Férus de musique d’avant-garde, de musique électronique et d’instruments exotiques, ils mettaient au point une musique sans trop d’équivalence à cette époque. C’est, raconte Christina Kubisch, sur ces bases que s’est ensuite élaboré son approche du Sound-Art. Si des constructions comme celles de la troisième plage, Circle III, avec ses couches de flûte passées au delay, ont été entre temps rattrapées, assimilées, et banalisées, par la musique ambient voire par la musique New Age, les deux autres plages, elle, conservent une fraîcheur et une pertinence malgré les années. Rejetant la virtuosité du classicisme pour traiter le son de manière neuve, par des recherches inspirées et de savants bricolages, Christina Kubisch était en déjà, alors, en train d’établir les bases de son œuvre future.
Benoit Deuxant
Ca n'a sans doute aucun rapport mais l’acné juvénile est l’un des tributs à payer les plus lourds qui soit aux transformations du corps à l’adolescence. D’autant que c’est comme une loterie à l’envers (sauf qu’on n’a pas le choix, il faut prendre un billet); gare à l’heureux élu! A l’époque de son premier disque en 2003 (« Council Pop »), Kid Acne s’en est pris des croûtes et des gerçures dans la face. Les quolibets visaient son flow particulièrement à la peine sur un fond musical qui n’avait pourtant rien de déshonorant. L’homme n’était cependant pas trop à plaindre, ses travaux de graphiste (pour TTC ou encore Plaid) et de graffeur (exposés en galeries d’art s’il vous plait!) lui assurant une convenable subsistance.
Kid Acne est de retour en 2008 avec « Romance Ain’t Dead », après être passé par la case création de label (Invisible Spies), et avec une plaque dans l’épicerie fine Lex records (Subtle, Dangerdoom, Neon Neon). Une maison qui ne pratique l’orthodoxie que dans son exigence de qualité et n’aime rien tant qu’un de ses poulains ait la bougeotte et se taille fissa de la case qui lui a été dévolue. Parfois, c’est à regrets quand ces écarts conduisent l’Anglais à tenter de se faufiler dans la peau d’un quatrième Beastie Boys (les limites plagiats « Eddy Fresh » et « Sliding Doors »), mais ça paye quand l’humour british s’invite au raout (« Worst Luck ») ainsi qu’un ou deux scuds punkisants (« Oh No You Didn’t », « 1 2 3 Break It »), et que le flow se fait langoureux (« Fcuk All Lately ») sans concupiscence coupable.
Hier à la peine et aujourd’hui à deux doigts de faire breveter une définition toute personnelle du flow, « le cool tendu », Kid Acne prouve à nouveau que l’adage « il faut que jeunesse (et l’acné) se passe » avait raison.
Yannick Hustache
" Le Discobus 3 n'a pu circuler ce dimanche 12/2 et est en réparation ce lundi 13/2 : pas de stationnement à Ath, Antoing, Leuze et probablement Mouscron . .
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