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Septembre - Octobre 2008

 

 

Du Samedi 13.09 au Dimanche 28.09 – Kortrijk – divers lieux dans la ville

13ème festival "Happy New ears"

Jeroen Vandesande (BE), Esther Venrooy & Heleen Van Haegenborgh (BE), Zwerm, Stefan Prins & Richard Barrett (BE/UK) Michel Henritzi (FR), Frederik Croene & Timo Van Luijk (BE), Mieke Lambrigts (BE), Valve/Membrance (JP), Machinefabriek & Jeroen Vandesande (NL/BE), Simon Fisher Turner & Rainier Lericolais (UK/FR), Philip Jeck (UK), Pierre Bastien & Steve Arguelles (FR/UK), eRikm (FR), William Basinski, etc.

www.happynewears.be 

Treizième édition déjà de ce festival qui rassemble chaque année une programmation basée sur l’expérience de l’écoute, à travers concerts, ateliers et installations sonores. Comme chaque année, la programmation comportera une part inhabituelle ( c’est-à-dire importante ) d’artistes belges : Walter Hus, Baudouin Oosterlynck, Jeroen Vandesande, Esther Venrooy et Heleen Van Haegenborgh, Mieke Lambrigts, pour n’en citer que quelques uns. On notera également, parmi les invités principaux, la présence de Philip Jeck, de William Basinski, d’eRikM, de Simon Fisher Turner, en duo avec Rainier Lericolais, et de Rutger Zuydervelt, alias machinefabriek, nouveau et prolifique chouchou de la scène expérimentale, ici en duo avec Jeroen Vandesande. Le festival présentera également le projet FREQ-OUT, rassemblant douzes musiciens de renom formant ensemble une énorme masse sonore, en s’attribuant chacun une bande de fréquence. Outre ces concerts, le festival présente également une série d’installations, intitulée 'Klinkende Stad'.

Le programme complet se trouve sur le website du festival.    

 

Lundi 22/09 2008 – 20h – Bruxelles – Le Botanique

WIRE + DUKE GARWOOD


Rue Royale 236, 1210 Bruxelles. Prix: 19 EUR, 16 EUR (prévente), Bota carte: 13EUR.
www.botanique.be

Mark E. Smith et The Fall ont décommandé leur étape estivale à Dour cet été, qu’à cela ne tienne, on célèbrera le passage à l’automne avec les vieux briscards de Wire! C’est vrai qu’additionnés, Wire et The Fall ont donné une consistance musicale essentielle et une certaine perspective temporelle au terme «post» qui précède le générique «punk» dans l’intitulé mais qui le suit sur la flèche du temps, lui offrant par la même un (no) futur(e) dont on ne voit toujours pas le bout. Les deux formations partagent encore ensemble un encombrant statut de culte influent, une formulation ingrate pour signifier que si leurs musiques ont infiltré bon nombre de sous-courants de la nébuleuse rock passée, présente et à venir, ce n’est pas avec les gains de leurs (mé)ventes de disques que ces Britanniques emménageront dans de luxueuses villas sur les hauteurs de Los Angeles… Mais si Mark E.Smith se comporte comme le führer dans un The Fall à la discographie aussi longue qu’un bouchon sur le ring de Bruxelles un vendredi après-midi à la veille de congés, Wire a su maintenir dans son noyau principal trois de ses quatre membres d’origine, et ce même si l’historique du groupe est ponctué de nombreuses périodes de suspension.

Fondé au mitan des 70’s par d’anciens étudiants, trop âgés pour allumer des brasiers punk mais suffisamment concernés pour s’engouffrer dans la brèche ouverte - Colin Newman (voix, guitare), Graham Lewis (basse & voix), Bruce Gilbert (guitare) et Robert Gotobed (batterie) - Wire se distingue par un rock tranchant et glacial mais qui fait le choix de la tension contre celui de la violence. Le son est d’une sècheresse presque clinique et l’attitude de ses protagonistes, un mélange calculé de chaleur soviétique et de dadaïsme option situationniste qui s’appuie sur des textes mystérieux mais abondamment référencés.

«Pink Flag» (1978) et «154» (1979) gravés ces années-là restent d’impressionnants pourvoyeurs de vocations alors que le groupe se met à accorder une place toujours plus grande aux synthétiseurs et à l’électronique. Une première pause (1980-1985) permet à Colin Newman de poser sa patte sur quelques plaques marquantes de l’époque (Bashung, Minimal Compact…) et de se lancer dans une (trop) discrète carrière solo.

Entre 85 et 91, c’est un Wire à présent amputé de son superfétatoire batteur (un disque judicieusement baptisé «Wir» officialise cet état de fait en 1991) qui réassure un tour de piste avec un rock synthétique dont les machines ne dégagent aucune chaleur mais encaissent étonnement bien le défilement des années (en priorité, le labyrinthique «Manscape» 1990). Une nouvelle pause voit Colin Newman - entre autres activités de création de labels tel Swim~ - monter Githead en compagnie de sa femme et réactiver Wire à l’aube du nouveau millénaire. Un Wire tendu à l’extrême, presque coléreux, assénant riffs chirurgicaux et rythmiques au cordeau. «Send» (2003) et le récent «Object 147» (2008) ne sont pas l’œuvre d’un groupe tentant de recouvrer sa jeunesse définitivement perdue mais le billet d’humeur mauvaise de quelques messieurs (à) jamais (in)tranquilles.

Ce ne sont pas feu Elastica (plagiat de riffs manifeste sur «Connection»), Sonic Youth, Laïka, Clinic ou Spoon (…) qui les démentiront !

YH

Discographie sélective:

 

 

Jeudi 25/09/08 - Bruxelles - studio 1 de Flagey

ENSEMBLE ICTUS: Jean-Luc FAFCHAMPS (1960), A Garden; Claude VIVIER (1948-1983), Samarkand; Misato MOCHIZUKI (1969), Lagunes

Humour ou mélancolie, spiritualité rêveuse ou neutralité méditative, l’Ensemble Ictus nous embarque pour une douce promenade dans l’arrière-pays de la musique contemporaine. Première escale, A Garden, de Jean-Luc Fafchamps. Belle occasion de s’imprégner des atmosphères ludiques dont le compositeur belge (aussi pianiste de l’Ensemble Ictus) a le secret, très présentes sur son dernier opus, Lignes, dont l’imagerie sonore chatoyante prépare agréablement l’oreille aux notes plus voilées de Claude Vivier. Ce compositeur canadien, assassiné à Paris à l’âge de trente-cinq ans, ne s’est inscrit au Conservatoire qu’après avoir été exclu du séminaire. Aussi son œuvre garde-t-elle l’empreinte profonde de ses aspirations mystiques, creusant les thématiques intemporelles de la mort, l’errance, l’amour. On ne sera pas surpris de lui découvrir une égale attirance pour l’Orient, suite à un voyage initiatique en Asie, entrepris à la fin des années septante. Effectuant le parcours inverse, Misato Mochizuki, japonaise d’origine, est aujourd’hui installée à Paris. Longs aplats sonores, son domaine est celui de la demi-teinte, de l’entre-deux, subtiles nuances délicatement mises en évidence dans ses compositions languides. Ces compositeurs, que l’on a davantage l’habitude d’entendre dans le cadre du festival Ars Musica, forment, en marge des grandes salles, un programme harmonieux, tout en souffles et en tintements. (cdp)

Plus loin:

 

 

 

Mercredi 01/10 – 20h - Bruxelles – Ancienne Belgique

MATTHEW HERBERT BIG BAND (Royaume Uni)


Boulevard Anspach 110 – 1000 Bruxelles – 18 €/21€
www.abconcerts.be


Cinq ans après le bien-nommé "Goodbye swingtime", Matthew Herbert nous refait le coup du big band. Pour la sortie de son nouvel opus, l’Anglais s’entoure à nouveau d’une quinzaine de musiciens, sans pour autant délaisser les expérimentations électroniques dont il a le secret: musicien-bidouilleur extrêmement rigoureux (il a même rédigé sa propre charte de travail intitulée "Personal Contract for the Composition Of Music", sorte de "Dogme 95" appliqué à la musique), il n’a pas son pareil pour transformer, déformer, décomposer et restructurer les sons qu’il glane de-ci, de-là.

Véritable génie du sampling, Matthew Herbert n’en est pas moins un mélomane éclairé doublé d’un authentique pianiste de formation classique, ce qui explique en partie sa passion pour le jazz, même si ce jazz-ci est résolument contemporain: à la section cuivres s’ajoutent les traditionnels piano, basse et batterie, mais aussi les rythmes et sonorités que le musicien fabrique avec amour.

On peut en outre espérer qu’une fois de plus, la voix et le charisme de Dani Siciliano, compagne de Matthew Herbert à la ville comme à la scène, viendra charmer l’auditoire. (CT)

www.matthewherbert.com


discographie sélective:

 

 

Samedi 04/10 – 20h – Louvain – Stuk (café)

LONELY DRIFTER KAREN (Autriche/Espagne/Italie)


Naamsestraat 96 – 3000 Louvain – entrée gratuite
www.stuk.be

Trio européen autour de la chanteuse-guitariste Tanja Frinta, Lonely Drifter Karen est à l’image de sa créatrice: éclectique, ludique, sympathique.

Après avoir traîné ses grolles et sa voix dans les clubs underground et les rues de Vienne, l’Autrichienne se rend en Suède où commencera l’aventure Lonely Drifter Karen, un nom tiré du film Les Idiots de Lars Von Trier et qui, selon Tanja, reflète bien sa musique: Lonely pour le côté mélancolique, Drifter pour l’aspect nomade et Karen pour la féminité à fleur de peau.

L’aventure se poursuivra plus tard à Barcelone, lorsque la chanteuse rencontre le pianiste espagnol Marc Meliá Sobrevias et le batteur italien Giorgio Menossi.

Avec « Grass is singing », le groupe offre un premier album aux formes de cabaret champêtre à la fois jazz et folk. Tanja Frinta n'hésite pas à multiplier les petits clins d’œil à Billie Holiday et autres figures du jazz et du cabaret, avec néanmoins une retenue toute germanique, donnant à cet opus une touche de timidité absolument charmante. Timidité contrebalancée par les incursions de ses collègues au sang chaud, avec ici ou là des passages résolument latinos.

Douces et charmantes, sensibles et féminines, souvent enjouées, les chansons de Lonely Drifter Karen donnent envie de s’arrêter, de s’écarter du monde le temps de l’album, dont les treize titres font voyager l’auditeur entre rêve éveillé et nostalgie pure. Les cabarets berlinois des années 20 ne sont jamais très loin, ni d’ailleurs les milongas argentines de la même époque, avec ce petit grain de folie qui leur est propre.

Le trio, qui est sur les routes depuis plusieurs mois déjà, posera ses instruments au café du Stuk pour un concert gratuit qui s’annonce aussi chaleureux que ses chansonnettes.

« Wish I had a ukulele… » (CT)

www.myspace.com/lonelydrifterkaren


discographie:

 

 

 

Dimanche 05/10 2008 – 20h - Bruxelles - L’Ancienne Belgique.

BUILT TO SPILL PERFORMS « PERFECT FROM NOW ONE »

Avenue Anspach 110, 1000 Bruxelles. Prix: 16 EUR (prévente) 19 EUR (caisse).
http://www.abconcerts.be/

Quel intérêt retirer d’un concert dont on connaît à l’avance les morceaux joués, en ce compris l’ordre dans lequel ils vont défiler? Et comment composer avec cette nouvelle forme de fièvre nostalgique qui pousse un nombre toujours croissant d’heureux élus d’un moment musical révolu (le groupe de ces mois/cette année-là) à repasser les plats (Slint rejoue « Spiderland », Sonic Youth réinterprète « Daydream Nation »…), même refroidis de longue date ?

Au-delà de l’aspect purement pécuniaire des choses, dans le cas de Buitl To Spill, ce concert aura au moins le mérite de rendre justice à un groupe U.S. tatoué par la poisse dont le retentissement public a été plus ou moins inversement proportionnel à ses qualités intrinsèques. Car Built To Spill, en 1997 (date de la première parution de l’album « Perfect From Now One »sur le label allemand City Slang pour l’Europe) est déjà un vieux roublard de l’alternatif dont les protagonistes, gravitant autour du leader Doug Martsch (guitare et chant), ont raturé de leur participation, temporaire ou prolongée, quelques solides paragraphes du volumineux dico du rock indépendant U.S.(Treepeople, Halo Benders…).

Quelque part entre Dinosaur Jr (les guitares ne s’effraient pas de soli contorsionnés) Yo La Tengo (versant grattes) et un Neil Young rajeuni de 20 ans, Built To Spill vibre d’un lyrisme non-emphatique assez atypique pour l’indie U.S. qui s’accommode bien de chrono allongés sans jamais perdre le sens de la mesure. On a rarement entendu un dosage aussi subtil entre vocaux aériens, textes politiquement concernés et parties instrumentales calquées sur le flux/reflux des marées. Le titre, « Perfect From Now One », est peut être un oxymore mais Built To Spill atteint sur cet album un point d’équilibre qu’il ne retrouvera plus que partiellement sur ses trois (bons) disques suivants: (« Keep It Like a Secret » en 1999, « Ancient Melodies of the Future » en 2001 et « You in Reverse » en 2006).

Mais les Américains ne pourront, même en Europe, pas compter sur une base aussi élargie de fans qu’un Pavement qu’ils valent bien, même si les deux groupes ne foulent pas exactement les mêmes terres musicales. A l’aube du nouveau millénaire, ils signent chez Warner USA pour une discographie qui ne franchira dorénavant l’océan qu’en import ! Mais paraphrasant l’intitulé de son disque suivant, « Keep It Like a Secret », l’aura du groupe s’étendra malgré tout, colportée par quelques nouveaux venus qui ne feront pas mystère de la dette contractée à leur endroit. Citons au hasard, Modest Mouse, Death Cab For Cutie ou encore The Strokes.

La nostalgie peut raisonnablement rester à demeure ce soir-là !

Yannick Hustache.

Discographie sélective :

 

 

 

Samedi 11/10 – 20h - Bruxelles – La Compilothèque

KINK GONG (France-Chine) – WILF PLUM (Ecosse-Belgique) – DJ B200 (Belgique)


50 Quai des Péniches - 1000 Bruxelles – env. 5 eur

Depuis plus de dix ans, Laurent Jeanneau, globe-trotteur d'origine française désormais installé en Chine, enregistre de par le monde les musiques de minorités en danger (en danger de disparition pure et simple ou d'acculturation). Sous la bannière Kink Gong il a ainsi sorti une grosse vingtaine de CD consacrés aux minorités ethniques du Sud-Est asiatique [lire l'article de Benoit Deuxant à ce sujet]. Ses enregistrements ont aussi donné lieu à trois disques sur l'excellentissime label Sublime Frequencies. Mais comme son rapport à ces musiques est avant tout… musical (plutôt qu'avant tout ethnographique ou humanitaire), il utilise le même jeu de mot - Kink Gong - pour proposer sa propre musique dans laquelle se retrouvent entrelacées en une étoffe fascinante le fil rouge de ses bandes de field recording [enregistrement de terrain] et de délicates interventions electronica ou électro-acoustiques. Une construction sonore hybride qui fera fuir les ayatollahs du purisme… mais accourir les auditeurs curieux et les tenants d'une réflexion un peu moins monolithique et un peu plus nuancée sur l'état des musiques de notre planète. Une réflexion qui commencerait par l'écoute.

En première partie, un autre expatrié, le cow-boy écossais-belge Wilf Plum (ex-Dog Faced Hermans) proposera par une technique plus ancienne (la chanson, la reprise) une autre voie pour la réappropriation d'un certain corpus musical collectif à partager. Avant, après et entre les deux concerts, notre collègue Benoit Deuxant répondra, par un de ces enchaînements de disques dont il a le secret, à la thématique sous-jacente de la soirée. [PhD]

> article de Benoit Deuxant sur la série "Minorités ethniques du Sud-Est asiatique"
> traduction d'un article-interview de Laurent Jeanneau initialement paru dans "Ruis"

dans nos collections :

- la vingtaine de disques de la série "Minorités ethniques du Sud-Est asiatique"
- Laurent JEANNEAU : "Soundscape China"

 

 

Samedi 11/10 2008 – 16h 30– Lotto.Mons Expo

RIFFS ‘N’BIPS FESTIVAL

Site des Grands Prés à 7000 Mons. Prix: 23 EUR (prévente), 30 EUR sur place.

http://www.riffsnbips.be

C’est déjà la cinquième pour ce festival qui annonce la couleur dès son intitulé - «Riffs ‘N’Bips, a mix of electro & rock music» - et s’y tient fermement. Partant du constat que les publics qui dansent à tue-tête sans s’abêtir et/ou s’abandonnent aux riffs bien sentis enrobant une mélodie à reprendre en cœur sont à peu près les mêmes, le Riffs ‘N’Bips s’est rapidement trouvé «un créneau immédiatement identifiable» sur la frontière de plus en plus invisible entre rock et sonorités machiniques. Non sans accorder une place de choix à une scène belgo-belge, à tort ou à raison, largement plébiscitée sur ses terres.

C’est le cas de Von Durden Party Project dont le premier album («Death Discotheque») est sorti cet été. Du rock qui se taille un costard plombé mais distingué, avec des tissus made in Danko Jones, Kyuss, Queens of the Stone Age voire Soulwax. En sommeil depuis un premier effort electro-pop sous perfusion 80’s new wave en 2005 («Tout n’est pas rose»), Starving aura à relever le double challenge de défendre un disque pas encore terminé (mais déjà nommé «Les Confidences d’Annabelle») avec un staff remanié, et par ailleurs intimement lié à l’organisation de l’événement.

Tout aussi connoté post punk mais dans registre plus burné à la Killing Joke, The White Rose Movement tentera de lever quelque-uns des charmes qui le maintiennent dans une inexplicable confidentialité. Pourquoi pas eux ?

Au sujet de la glorieuse incertitude du succès, Nada Surf pourrait se montrer intarissable tant ce trio U.S versé dans un pop rock attachant et toujours très partageur en live a été le jouet des caprices d’une reconnaissance massive (le simple «Popular» en 1998!) survenue aussi rapidement qu’aussitôt évanouie par la suite. Mais le groupe n’en prend pas ombrage (son dernier a pour nom… «Lucky») et reste d’une proverbiale efficacité sur scène.

Quant à Arid, il s’agit sans doute du groupe belge moyen (en terme de popularité) qui aura le plus tourné cet été. «Show must go On» se serait exclamé un chanteur décédé au timbre vocal mutant auquel on pas mal comparé le chanteur du groupe gantois. Même constat pour Cali. Réputé pour son entrain scénique hors-norme, le Marseillais devrait savoir tenir sa place de chanteur français (de variété). Même au beau milieu des cohortes de fans parfois grisonnants de Front 242, revenu aux affaires musicales via des concerts que ne devraient pas déboussoler les thuriféraires du facétieux DR Lektroluv, qui ne porte jamais le smoking sans l’assortir de son masque vert pour de diaboliques tours de platines…

Yannick Hustache.

Discographie sélective:

VON DURDEN PARTY PROJECT : en cours d’acquisition.

 

 

Jeudi 16/10 – 20h30 - Gand – Vooruit (Theaterzaal)

CLINT MANSELL & SONUS QUARTET (États-Unis)


Sint-Pietersnieuwstraat 23 - 9000 Gand - 16,5 €/20 €
www.vooruit.be
www.filmfestival.be


Tout commence en 1998 quand le réalisateur Darren Aronofsky donne à Clint Mansell l’occasion d’écrire sa première musique de film. Ses instrumentaux electro se retrouveront aux côtés d’artistes comme Autechre, Aphex Twin ou Massive Attack sur la bande originale de Pi.

Deux ans plus tard, c’est la consécration avec Requiem for a Dream, deuxième long métrage d’Aronofsky et première collaboration entre Clint Mansell et le Kronos Quartet, que le compositeur retrouvera, de même qu’Aronosfky, sur Fountain en 2007.

Ce sont des extraits de ces trois bandes originales que Clint Mansell interprètera au Vooruit dans la cadre du 35e Festival du Film de Gand. Il sera pour l’occasion accompagné du Sonus Quartet et d’un groupe de rock pour ce qui devrait être un concert pas comme les autres puisque des projections vidéo sont également prévues.

Une soirée à ne pas rater !

www.clintmansell.com
www.sonusquartet.com

Discographie sélective :

 

 

Dimanche 19/10 – 18h – Bruxelles (Molenbeek) – Schip

PAUL METZGER (Etats-Unis) – HUUR IS DUUR (Belgique)


4 Rue des Mariniers - 1080 Molenbeek –  5 eur

Le concert de Paul Metzger promet un double ravissement : celui des rétines et celui des tympans. Non pas que le vieux briscard américain réponde à cent-pour-cent aux canons communément partagés du "glamour" et du "sexy" mais ses instruments auto-customisés valent le détour. Ayant fui, il y a quelques années, le monde des musiques "fortement amplifiées pour publics fortement imbibés" (il jouait dans T.V.B.C. une sorte de groupe jazz-core / avant-jazz à la réputation bien sonique), l'homme était retourné à son établi sur lequel depuis une vingtaine d'années il transforme un banal banjo et une très commune guitare folk en cousin-cousine des sitars et autres sarods des musiques orientales qu'il aime tant écouter. Aux quatre, à parfois cinq, cordes du banjo courant, Metzger en a ainsi rajouté une petite vingtaine! Tandis que la caisse de résonance de sa guitare, s'est petit à petit, retrouvée munie de boite à musiques trafiquées puis d'une impressionnante cymbale… Mais Paul Metzger n'est pas qu'un bricoleur du dimanche ou un savant fou : la musique qu'il joue en manipulant ses instruments mutants - ces longues improvisations avec leurs accents soit raga lyriques, soit plus abstraits et déconstruits - nous laisse bouche bée et n'a rien à envier aux chefs de file du renouveau actuel du "pinçage de cordes" (je pense à des fingerpickers tels que Jack Rose, James Blackshaw ou Jozef van Wissem). A ne rater sous aucun prétexte! [PhD]
> www.paulmetzger.net


Dans nos collections :
- Paul METZGER : "Three Improvisations on Modified Banjo"
- Paul METZGER : "Deliverance"
- compilation "Dü Hüskers [Tribute to Hüsker Dü]" = un morceau de T.V.B.C.
- les ragas Nikhil BANERJEE (musicien indien admiré par Paul Metzger)

 

Jeudi 23/10/2008 – 20h15 – Courtrai – De Kreun

VIEUX FARKA TOURE

Conservatoriumplein 1, 8500 Courtrai. Prix: 18 €/ 16€/ 11€
www.dekreun.be

Bien sûr, il y a un lien de parenté: Vieux Farka Touré est le fils de l’immense Ali Farka Touré, cet extraordinaire guitariste, père du blues du désert qui nous a quittés en mars 2006. Discrètement, le fils a suivi la voie de son père et a livré un premier album en 2006.
Salué par la critique même s’il n’a pas fait grand bruit, cet album explore les chemins du blues du désert modestement, sans surprise mais avec finesse et justesse, s’autorisant ici et là quelques apports de rock et de reggae.
Sur l’une ou l’autre plage, il faut noter la participation de deux «monstres sacrés» de la musique du Mali: Toumani Diabaté, artiste incontournable pour la kora et Ali Farka Touré lui-même. Les deux plages sur lesquelles il joue sont d’ailleurs les deux derniers enregistrements du grand homme.

En concert, Vieux Farka Touré sera accompagné de Mama Sissoko au ngoni (le luth des griots) et à la guitare, de Séka Touré aux calebasses et au chant, d’Aboubacar Diombana à la basse et de Tim Keiper aux percussions et à la batterie.

Un concert à conseiller à la fois aux amateurs de blues africain et à tous ceux qui souhaitent découvrir ce style musical. (ID)

 

Discographie sélective

Pour approfondir le blues du désert :

Deux disques incontournables d’Ali Farka Touré

Boubacar Traoré : deux disques et un film

Afel Bocoum, son dernier album

 

 

Jeudi 23/10 2008 – 20h – Bruxelles – Le Botanique.

THALIA ZEDEK

Rue Royale 236, 1210 Bruxelles. Prix: 13 EUR, 10 EUR (prévente), Bota carte: 7EUR.
http://www.botanique.be

Il va falloir se compter ce soir là. Malgré son demi-siècle approchant et des états de service remarqués parmi un paquet de groupes underground plus influents musicalement (Uzi, Live Skull et surtout Come) qu’utiles à une maison de disques pour équilibrer les bilans comptables de fin d’année, l’Américaine reste un secret de bien trop peu d’initiés. On aimerait placer Come sur la liste des réhabilitations pressantes mais avec le risque de s’arrêter trop brièvement sur une disco perso déjà charnue de trois albums depuis 2001, et de quelques EP édités sur des labels qui n’ont pas la calculette à la place du cœur (Thrill Jockey, Acuarela). Epaulé par un autre compagnon (d’un peu moins) d’infortune, Chris Brokaw (Codeine, The New Year, en solo et comme musicien d’appoint très sollicité…), avec lequel elle constitue le noyau dur de Come, ils ont formulé ensemble durant les années 1990, une réponse post hardcore et post-mortem au blues vaudou et marécageux du Gun Club de feu Jeffrey Lee Pierce. Et bien qu’il soit presque déplacé de rechercher des accointances vocales entre une quasi survivante et un disparu définitif, le timbre rauque, implacable et nicotiné de Zedek n’a que peu d’équivalents pour sonder, traduire faire ressortir, avec toute l’intensité requise, les fruits amers d’une longue introspection du côté de la face obscure de l’humain. Quelques fidèles fléaux de l’humanité l’ont touchée de près (l’alcoolisme et la dope) et ses textes en dressent l’édifiant tableau, mais sa voix, à l’instar d’une Patti Smith groggy ou d’une Lydia Lunch humble conserve, jusque dans ses derniers retranchements, les traces d’une étrange et ambiguë séduction, entre mélancolie portée à bout de bras et odeurs de chair meurtrie mais toujours désirante. Une voix qui gagne en ampleur et nuances sur des albums solo qui laissent une place toujours plus grande à l’acoustique et aux arrangements éclaircis. A (se) prendre de plein fouet sous les combles du Botanique…

YH

Discographie sélective :