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Parking

 

 

Jacques DEMY

ÉVÉNEMENT LE PLUS IMPORTANT DEPUIS QUE L'HOMME... - VE0248

Pochette VE0248.

VO FR. Durée : 91'.
ARTE, 1973, France, Italie.

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PARKING - VE0248

VO FR. Durée : 90'.
ARTE, 1985, France.

 

Film détesté autant par les défenseurs de Jacques Demy que par ses détracteurs, Parking prête, il faut bien l'avouer, le flan à la critique. Là où Demy avait jusqu'ici fait preuve de subtilité et réussi à imposer, ce qui n'était pas gagné, l'idée d'un film chanté, par exemple, il se laisse ici déborder par une exubérance et une vulgarité très dans l'air du temps. Nous sommes dans les années quatre-vingt et Jacques Demy plonge avec un certain abandon dans les pires travers de l'époque. Un mauvais goût généralisé, des costumes à la musique, règne en maître sur le film. Mais le pire n'est pas là !

Parking est une variation sur le mythe d'Orphée, un mythe qui a suivi Jacques Demy durant toute sa carrière, de « Model Shop » au « Joueur de flûte ». Orphée y est hélas figuré par Francis Huster campant avec une outrance grotesque un chanteur à mégasuccès, psychotique et vaniteux. Cabotinant de scènes pathétiques de poète maudit en séquences pitoyables de concerts à Bercy, avec briquets allumés et lightshow complet, Huster atteint des sommets de ridicule rarement égalés. Son interprétation caricaturale de star adulée, ses chansonnettes édifiantes (on se demande qui est parodié dans ses bluettes, dont la platitude est grassement soulignée par une emphase écœurante) et ses monologues égocentriques plombent le film jusqu'à l'irrémédiable.

Et pourtant, par-delà tout cela, ce film conserve des aspects fascinants et des passages de toute beauté. En marge du monde « réel » d'Orphée, se trouve l'enfer. Demy le situe dans des souterrains sans couleurs, ou plutôt bleus et rouges. C'est l'époque de la sortie de « Tron » et Demy en reprend les couleurs néon. Les morts y viennent faire la queue devant des fonctionnaires impassibles, examinant leur dossier avec une morgue rappelant la Stasi ou un aéroport français. Sur l'enfer règne Hadès, interprété magnifiquement par Jean Marais. Demy retrouve ainsi son acteur de « Peau d'Âne » et s'offre un hommage à un de ses propres maîtres:  Jean Cocteau. Si ces quelques séquences d'enfer ne sauvent pas l'intégralité du film, elles restent toutefois de très beaux moments de cinéma formel.

Benoit Deuxant

Selec