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Les oubliés de 2010

 



En cette période estivale, un constat s’impose : la prépondérance du bicentenaire de la naissance de Chopin. L’année anniversaire est riche et productive, elle permet à celui qui le souhaite de se plonger dans cet univers particulier aux multiples facettes. Intox ? Commercialisation ? Au-delà de ces questions de dates anniversaires, naissances ou morts, ou de balancier mercantile, focalisons-nous sur un nombre de compositeurs laissés dans l’ombre et qui ont aussi quelque chose à fêter en 2010.

 


1. Henry Dumont (1610-1684) - Cantica Sacra - « Domine Salvum fac regem » (prière pour le Roi) à quatre voix - Ricercar Consort / De Reyghere

Organiste belge de renom, Henry De Thiers profite d’un congé pour s’expatrier à Paris et changer son nom. Devenu Henry Du Mont, il cumule les postes à la cour et compose une œuvre essentiellement religieuse. Il est considéré comme un représentant important du Motet Français et sera suivi par des compositeurs tels François Couperin et Jean-Baptiste Lully qui l’admirait beaucoup. Il publie plusieurs recueils de motets qui sont originaux à différents égards : il favorise l’utilisation de la basse continue en créant des œuvres polyphoniques à 2 ou 4 voix soutenues par la basse continue. Son œuvre est reconnue aussi pour son sens de l’expression et de la déclamation.


2. Michel Lambert (1610-1696) - « C’en est fait, belle Iris », air à quatre voix - Les Arts Florissants / William Christie

Compositeur, luthiste, chanteur et professeur de chant, Michel Lambert est découvert tôt et devient célèbre sous la régence d’Anne d’Autriche. En 1689, il publie un recueil d’airs de cour, dédiés au roi Louis XIV. En laissant une œuvre de près de 300 airs, le compositeur est considéré à l’égal de Marc Antoine Charpentier, Henry Dumont et Jean-Baptiste Lully. Il devient « maître de musique » et son surintendant n’est autre que son gendre Lully.
Avec raffinement, Michel Lambert participe à l’éclosion lente de l’opéra français.


3. Thomas Augustine Arne (1710-1778) - Symphonie n°1, Do : Andante - Adrian Shepherd

Suite aux souhaits parentaux, il étudie à Eton afin de devenir avocat. Volontaire et autodidacte, il étudie le clavecin, le violon et apprend à chanter à sa sœur et à son frère. Ensemble, ils entameront une carrière musicale et se feront les interprètes et producteurs d’œuvres d’Haendel et de Carey. Ce compositeur que l’on associe au style galant est apprécié pour sa musique religieuse, son œuvre instrumentale et ses musiques de scène. Il s’impose comme une personnalité importante au niveau de l’évolution de l’opéra anglais


4. W. Friedemann Bach (1710-1784) - Sonate en La - Camerata Köln

Le fils aîné de Bach étudie le droit, la philosophie et les mathématiques et perfectionne en même temps son jeu au clavecin et à l’orgue. Il est inspiré, entre-autre, par les œuvres d’A. Hasse et de J.D. Zelenka. Contrapuntiste et improvisateur hors-pair, tout lui réussit et il passe pour être le plus doué des frères Bach. Par contre, sa situation financière devient précaire à la mort de son père en 1750. Il délaisse chaque poste qu’il lui est proposé et sa tentative d’exercer le métier de compositeur indépendant se solde par un échec. Pour survivre, il vend des partitions appartenant à son père.
Avec virtuosité et raffinement, il s’impose comme un compositeur prépondérant entre la période baroque et classique.


5. G. Battista Pergolèse (1710-1736) - Stabat Mater - « Quis est homo » - Rousset- Scholl - Bonney
6. G. Battista Pergolèse (1710-1736) - Serva Padrona - Duetto « Lo conosco a quegli occhietti… » - Hirsch

Sa vie fut de courte durée et pourtant, Pergolèse apporte une évolution étonnante à la musique de l’époque. Son opéra « la Serva Padrona » engendre la querelle des « Bouffons » : ce conflit entre l’opéra traditionnel français et l’opéra « bouffe » assure la prépondérance des Italiens. Le texte du Stabat Mater (XIIème siècle) relate avec expressivité la passion du Christ vécue par la Vierge. Plus tard, J.S. Bach en propose une adaptation. Dans des versions très différentes, Pergolèse assure pérennité à une œuvre riche, stylée et expressive.


7. Mily Balakirev (1837-1910) - « Islameï », Fantaisie pour piano - Boris Berekosky

Il s’inscrit dans la continuité de Glinka et crée en 1860 le groupe des 5 (Balakirev, Borodine, Cui, Moussorgski et Rimski-Korsakov). L’objectif de ce rassemblement est de créer un nouveau style de musique et de se protéger de la prépondérance occidentale sur les scènes russes. Captivé par la musique populaire, Balakirev entreprend de nombreux voyages à travers l’Empire et publie ses recherches dans des recueils. En 1867, il compose sa Fantaisie orientale pour piano. Le nom « Islameï » a pour origine une danse circassienne et passe pour être une des pièces les plus difficile à jouer.