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Septembre 2004

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> Chronique

EVEREST 2003 - DVD ­ LES REGARDS DE SAGARMATHA - TK1421

UNIVERSAL MUSIC AUSTRALIA COMP, 2003.

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Bleu-le ciel, blanc-les nuages, rouge-le feu, vert-la végétation, jaune-la terre : les cavaliers du vent; ces drapeaux de prières flottent partout dans

le ciel du Népal. Le film de l'expédition nous fait vivre, par une approche lente et circonstanciée, la conquête par une équipe franco-belge, du plus haut sommet de la Planète :   le Mont Everest (8.848m) ou Sagarmatha (Népal) ou Chomo Lungma (Tibet).

Les récits des guides népalais qui l'ont vaincu, ou revinrent profondément blessés dans leur âme   et leur chair, font prendre conscience du fait que sa conquête n'est pas une mince affaire, et que la recherche de soi se paie parfois très cher. Son escalade constitue une sorte de renaissance, un accouchement hasardeux, l'accomplissement d'un rêve fou pour cinq minutes passées au sommet.

Tout au long du documentaire, le spirituel s'affronte au matériel, l'action à l'attente, l'inquIétude au soulagement quand les éléments font la trêve aux hommes. Pour réussir, le découragement n'est pas de mise, il faut la condition physique parfaite et la volonté omniprésente. Il faut aussi se concilier la bienveillance des dieux de la montagne par des prières et des dons. C'est une école de l'extrême où la limite entre la vie et la mort est comme une ligne ténue, qui exige de ne pas être franchie.

L'Everest est, pour l'alpiniste, la dernière frontière des capacités humaines. Là, les gestes les plus simples sont une torture, le mal de tête occulte les perceptions, le vent souffle en rafales terribles, le froid brûle, l'oxygène manque, mais quand on est redescendu et que les amis du camp de base vous font la fête, vous pensez : c'est énorme, c'est fou, est-ce vraiment arrivé ? Oui, et j'ai vaincu ! Le Sagarmatha est un rêve qui fait du bien à la tête.

Le sujet n'est pas neuf, mais il se développe ici, avec des images sans esbroufe, des paroles qui viennent des tripes, et une narration qui prend son temps pour démontrer le sens d'une telle folie.

(Pierre Coppée, Charleroi)

QUEEN MARY 2 - DVD ­ NAISSANCE D'UN GÉANT - TP6961

Pochette TP6961.

DVD, en FR, AN.
BQHL PRODUCTIONS, 2003.

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Le document retrace les deux années de travail titanesque effectué par des hommes et des femmes passionnés pour réaliser le plus grand paquebot du monde.

Dix mille personnes de quarante-huit nationalités ont participé à la construction de ce transatlantique aux Chantiers navals de Saint-Nazaire. D'ateliers en bassins, de bureaux en chemins de ronde jusque dans les entrailles du navire, la caméra filme les gestes des équipes de soudeurs, de charpentiers, de peintres, d'électriciens, et de décorateurs. Le réalisateur Franck Cuvelier s'attarde sur les visages de Céline, cuistot devenue soudeuse par amour du Queen, de Dédé, charpentier-accrocheur au soir de sa vie aux Chantiers; Tania, la rôdeuse des peintres…. On suit l'avancement de la construction et l'on comprend comment la tôle devient bloc de montage; comment circulent l'air, l'eau, l'électricité dans cette ville flottante; comment sont peints les 550.000 m² de la coque et des superstructures,... À travers la visite des moindres recoins de la carcasse du paquebot, le film révèle aussi les conditions de travail souvent pénibles des ouvriers qui, sans en comprendre toujours les enjeux, avaient la tâche de « faire » ce fleuron de la navigation britannique.

À travers de superbes images, le film rend un bel hommage à tous ceux qui ont œuvré dans l'ombre pour permettre à ce transatlantique d'exister.

(Catherine Mathy, Dép. Fiction Documentaire)

MARCEL SUPERSTAR - DVD - TB4911

Pochette TB4911.

DVD, en FR, st. NL, AN.
BOOMERANG PICTURES, 2003.

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Entre la fin des sixties et le début des années 80, la petite ville de Mouscron a fourni aux hit-parades du monde entier un nombre incroyable de tubes.

Le document retrace cette étonnante « success-story » à la belge…

Début des années 70, Marcel de Keukeleire, accordéoniste de bal, s'associe avec Jean Van Loo, maître nageur, pour se lancer dans la production musicale. Grâce à son flair hors du commun, il va détecter les titres à succès. Les deux amis deviendront les piliers d'un nouveau label « Elver » qui révolutionnera l'univers de la variété. Depuis son petit bureau situé à l'arrière de son magasin de disques, Marcel de Keuleleire produira des chansons populaires qui se vendront par millions : Brasilia Carnaval des Chocolat's, Born to be alive de Patrick Hernandez, Et surtout ne m'oublie pas de Crazy Horse ou encore l'indicible Danse des canards de JJ Lionel…

Le réalisateur Olivier Monssens nous entraîne dans le sillage de ce producteur de génie à travers de nombreux témoignages, des photos d'archives et des extraits musicaux. Il tisse le récit de ces années de production à la limite du kitsch, où le succès des vedettes « fabriquées » par le duo alterne avec des revers de fortune spectaculaires.

Un hommage riche en anecdotes, à la fois captivant et drôle mais pas méchant, sur un homme discret, aujourd'hui décédé, qui aura marqué l'histoire de la musique populaire.

(Catherine Mathy, Dép. Fiction Documentaire)

À l'origine, ce document était prévu pour être le bonus du film de Terry Gilliams The man who kill Don Quichotte .

LOST IN LA MANCHA - DVD ­ THE UN-MAKING OF DON QUIXOTE - TD5151

Pochette TD5151.

DVD, en AN, st. FR.
CINEART, 2002.

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Don Quichotte est un peu l'Arlésienne du cinéma. Orson Wells avait commencé le tournage mais le film fut interrompu par la mort du réalisateur. Terry Gilliams voulait ce film. Il lui aura fallu dix ans pour enfin arriver à donner le premier coup de manivelle. Mais dès le début, la malchance pointe le bout de son nez : un investisseur se désiste au dernier moment et c'est dix millions de perdu. Malgré cela, Terry s'obstine, même si le souvenir amer du Baron de Münchhausen (son précédent film qui fut un véritable gouffre financier ) est toujours présent.   Malgré quelques problèmes logistiques, le film est bien parti, jusqu'au jour où tout bascule. Parti tourner une scène dans un désert espagnol, le cauchemar commence : passage fréquent de F16, une pluie diluvienne et le clou final du cercueil sera la maladie de Jean Rochefort (incarnant Don Quichotte) qui l'empêche de monter à cheval.

La force de ce document réside dans le fait que le réalisateur ne s'est jamais arrêté de tourner. Il nous rend les faits bruts, comme ils arrivent, sans parti pris, sans tomber non plus dans le pathos. L'autre intérêt est de nous montrer tous les rouages du film, de la production au tournage. Il s'agit également d'un hommage à la ténacité de Terry Gilliam qui a porté ce film sur ses épaules jusqu'à la fin. Son regard en dit plus long que n'importe quel commentaire.   Un véritable cas d'école.

(Thierry Moutoy, Uccle)

CONTEUR D'ÉTOILES - DVD ­ HUBERT REEVES - TP2201

DVD, en FR.
EDITIONS MONTPARNASSE, 2003.

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Dois-je vous présenter Hubert Reeves ? Quelle que soit votre réponse, plongez-vous dans ce reportage qui nous dresse un portrait attachant de cet astro-physicien québécois aux allures de professeur Tournesol qui, dès son plus jeune âge, a été séduit par le côté magique et mystique du ciel. On se balade entre astronomie et philosophie (le clonage et la fabrication de la bombe atomique qui nous confrontent aux questions de sagesse et d'éthique de la science); entre le ciel et la terre (l'expansion de l'univers et la nature qui nous entoure).   Comme quoi, avoir la tête dans les étoiles n'empêche pas d'avoir les pieds sur terre et la main sur le cœur…

(Thierry Moutoy, Uccle)