DVD, en IS, FR, st. FR, AN.
NIGHT & DAY, 2002.
En Islande, de nombreux habitants auraient de réguliers contacts avec
un monde invisible peuplé d'elfes, de fantômes, d'anges, d'extraterrestres
ou de monstres marins...
Reposant sur des témoignages et des confessions troublantes, le documentaire
(85') de Jean Michel Roux n'est pas – contrairement à ce que le
titre annonce – une enquête : tous ses intervenants croient
à l'existence des êtres énigmatiques, et nul ne vient jamais
apporter un contre point de vue ou simplement relativiser la longue liste de
faits mystérieux. Ce n'est pas l'objectif du réalisateur, qui
ne tente pas de convaincre que ces témoins disent la vérité,
mais plutôt d'amener le spectateur à se poser des questions. Où
se situe la frontière entre le réel et l'imaginaire ? Au-delà
de la vie telle que nous la percevons, existe-il d'autres mondes ? Le film
ne juge pas les témoins et permet ainsi aux spectateurs de se forger
librement une opinion. À chacun de les croire ou pas, ou de sourire.
Loin de toute démonstration, le document touche au spirituel et à
l'ethnologie en faisant état de l'étonnante cohésion des
croyances individuelles et collectives en harmonie avec l'environnement particulier
de l'Islande. Et ce qui frappe aussi, c'est le côté « heureux »
de tout cet imaginaire. Aucune des créatures rencontrées n'est
hostile. Il y a là une complicité fondamentale, tranquille, avec
les forces de la nature qui est celle d'un paganisme primitif.
Par ailleurs, l' esthétique onirique du film est un contrepoint visuel
aux propos extraordinaires des gens qui s'expriment calmement devant la caméra.
L'atmosphère est prenante, soutenue
par une musique contemplative et par des images magnifiques de paysages.
Un film singulier qui ouvre les portes d'une culture étrange et poétique.
( Catherine Mathy, Dép. Fiction Documentaire )
VO AN st.FR.
DVD, en AN, st. FR.
EDITIONS MONTPARNASSE, 2001.
Également commenté par Thierry Moutoy dans le Tous azimuts
41
Nominé pour l'Oscar du meilleur documentaire en mars 2002, War
Photographer suit les traces de James Nachtwey, photographe de guerre
renommé qui a couvert depuis vingt ans tous les
plus grands conflits et évènements sociaux aux quatre coins du
monde.
Du Kosovo à l'Indonésie en passant par le Rwanda et la Palestine,
le réalisateur Christian Frei l'a accompagné pendant deux ans
sur les chemins de la désolation et nous fait découvrir un homme
sensible, engagé et courageux qui exerce un métier pas comme les
autres… À l'aide d'une petite caméra montée sur l'appareil
photo du photographe, nous suivons celui-ci en ayant la même vision que
lui quand il balaie le champ d'action à travers son objectif, sélectionne
un cadre, appuie sur l'obturateur. Entre cette vue subjective et la scène
filmée à quelques mètres de distance par une seconde caméra,
la mise en abîme est totale. Le spectateur ne peut plus prendre ses distances
et assiste à la naissance d'une image. L'effet est saisissant et effrayant
car ces images sont dures et, heureusement, ne sont pas desservies par des commentaires
superflus. Les scènes de prises de vues sur le terrain sont entrecoupées
de plans fixes avec ses plus beaux clichés, parfois commentés
par James Nachtwey lui-même, et de témoignages des amis et des
collègues qui décrivent le caractère de ce personnage hors
du commun.
Enfin le réalisateur cherche à percer le mystère des motivations
de cet homme qui a vu un nombre incroyable d'horreurs mais semble garder une
foi inébranlable en son travail. Avec modestie, James Nachtwey nous parle
de lui, de son travail et de sa philosophie de la photographie. On comprend
l'importance qu'il accorde à son métier, à son rôle
de messager auquel il s'est assigné : « Mes photos
doivent réveiller les gens, susciter une prise de conscience face à
ce qui se passe dans le monde ».
Un documentaire captivant et complet qui va bien au-delà du portrait
d'un homme « photo-sensible ».
( Catherine Mathy, Dép. Fiction Documentaire )
DVD, en FR, st. AN.
LES FILMS DU PARADOXE, 2003.
Jean-Benoît a dix-sept ans et débute un apprentissage de mécanicien
diéséliste. Entre le garage où il travaille, la relation
amoureuse avec Hélèna, les rapports conflictuels avec sa mère,
le film montre ses difficultés à apprendre et à sortir
d'une enfance marquée par la disparition de son père.
Pendant deux ans, Didier Nion suit ce jeune paumé de la banlieue rouennaise
faisant de son apprentissage la métaphore de sa reconstruction. Une aventure
qui n'est pas sans vicissitudes. Jean-Benoît esquive le travail, la caméra,
refuse d'aborder son lourd passé. Le film parle du passage douloureux
de l'enfance à l'âge adulte, de la difficulté d'apprendre,
du besoin de trouver sa place au sein d'une communauté. Mais, au cœur
de la réalisation, il y a surtout une relation intime, complexe, entre
le cinéaste et le jeune homme. Didier Nion parvient à ce que Jean-Benoît,
en s'affrontant à sa vie, se cogne à la caméra. La force
du film réside dans cet affrontement entre l'adolescent qui cherche son
équilibre avec les forces du monde ainsi qu'entre le corps filmeur, qui
prend le risque de se poser en père de substitution, et le corps filmé.
Alors que le réalisateur tient fermement sa caméra-catalyseur,
il y a aussi la formidable présence d'Hélèna, l'amie de
Jean-Benoît, qui donne, au-delà du souffle amoureux, un élan
de vie à ce garçon qui révèle toute la difficulté
d'être au monde quand il manque l'essentiel : une maison affective.
À travers de belles images saisies avec sensibilité à distance
exacte, Dix-sept ans est l'histoire d'une émouvante rencontre,
d'une singulière aventure de cinéma qui peut changer une vie.
( Catherine Mathy, Dép. Fiction Documentaire )
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