VO AN st.FR. Durée :210'.
DVD, en AN, st. FR, AL, AN, NL, BU, CR, DA, ES, FI, GR, HE, AR, HO, IS, IT, NO, PL, PO, RO, SE, SL, SU, TC, TU.
PARAMOUNT DVD, 2005.
Scorsese a totalement réussi son coup en s'attaquant à ce chanteur mythique. D'abord parce qu'il est arrivé à faire sortir ce bougre de Dylan de sa réserve. Et le chanteur se prête volontiers au jeu en commentant les scènes, les moments, les personnages-clés de ces années qui ont bousculé le paysage musical. Ensuite, parce que le cinéaste a opéré un choix judicieux dans les archives et autres films de l'époque, à savoir les années 60. On ne perd pas son temps à se demander ce que devient le personnage; par contre on dispose ici de tous les éléments nécessaires pour comprendre ce qu'il fut au moment le plus incroyable de sa carrière : une sorte de poète visionnaire, écrivant comme un fou, se noyant dans un symbolisme lyrique et refusant d'endosser le rôle que beaucoup souhaitaient lui faire porter. Dylan n'a été ni le porte-parole d'une génération, ni le chanteur engagé dont rêvait la gauche américaine. Il était pourtant ce rebelle que d'aucuns voulaient comme chef de file mais il était totalement incontrôlable. Et, comme le dit le chanteur lui-même, il n'a rien inventé; il a, comme beaucoup d'autres qui s'expriment en ce film, puisé dans la tradition une façon de faire de la chanson qu'il a adaptée à ses besoins et à son écriture. Et tous les « acteurs » de ce film, interrogés maintenant ou s'exprimant à l'époque, sont là pour témoigner de cette longue filiation à l'histoire d'une chanson profondément populaire, accrochée à la terre et aux petites gens. Tous parlent, chantent, jouent et sont aussi passionnants à écouter que le sieur Dylan lui-même. Comme quoi c'est de toute une époque dont nous parle ce remarquable document. De plus, tous ces chanteurs et musiciens (de Joan Baez à Pete Seeger en passant par Mike Bloomfield, John Cohen et les New Lost City Ramblers, Liam Clancy, Tommy Makem, Al Kooper, Maria Muldaur, Bobby Neuwirth, Mark Spoelstra, Dave Van Ronk, Peter, Paul & Mary…) ont leur discographie présente dans les collections de la Médiathèque. Aucun magasin ne pourra, hélas, vous en dire autant.
ÉB
VO AN st.FR. Durée :107'.
DVD, en AN, st. FR.
TF1, 2004.
Ce ‘rockumentaire' creuse le sillon de la production musicale, en suivant
en parallèle la carrière de deux groupes américains copains
comme cochons qui se vouent les uns aux autres une admiration sans borne, les
Dandy
Warhols et les Brian
Jonestown Massacre.
Mais cette amitié va vite tourner en une relation amour-haine; surtout
quand les Dandy Warhols vont décrocher les étoiles, tandis que
les BJM, eux, vont rester scotchés au macadam ad vitam aeternam.
Et pourtant les Dandy Warhols et Brian Jonestown Massacre avaient tout pour
réussir, un talent certain et une productivité à toute
épreuve. Le grand hic étant dans les pétages de plombs
maniaco-dépressifs récurrents d'Anton, le leader du groupe. Chaque
concert est une séance de règlements de comptes entre membres
du groupe, et parfois même le public est pris à partie dans cette
sarabande endiablée où les bagarres sont souvent le clou de ce
spectacle pathétique.
Ce document est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord, il
nous montre le cheminement d'un groupe, de sa genèse à la révélation.
Les choix auxquels ils sont confrontés (signer un contrat chez un major).
Mais c'est aussi une analyse du marché du disque (avec ces hommes d'affaires
en cravate qui vous parlent de musique sans savoir même jouer d'un instrument).
Il met en exergue le peu d'intérêt des Américains pour le
rock en général (les Dandy Warhols ont vendu plus de CD en trois
semaines en Angleterre qu'en trois ans aux États-Unis), Les oreilles
européennes sont moins formatées et plus attentives que les américaines.
Tout le talent de la réalisatrice Ondi
Timoner est d'avoir su sentir le potentiel des deux groupes et de les avoir
suivis pendant sept ans. Un flair et une pugnacité qui payent.
Ce film a reçu le Grand prix du documentaire au festival de Sundance
en 2004.
TM
VO AN. Durée : 97'.
DVD ZONE 0,, en AN.
EAGLE ROCK ENTERTAINMENT DVD V, 1963-1967.
Même sans avoir une acuité d'analyse et une attente aussi acérées
et irréductibles que le cinéaste et théoricien politique
du jazz Jean-Louis
Comolli [1] , il
faut quand même souligner que quand on aime passionnément la musique
– les musiques – et le cinéma, on est presque toujours cruellement
déçu par ce qu'on nous propose en termes de « musiques
filmées ». Dès lors, quand dans ce morne désert,
un film réchauffe et re-sensibilise tant nos nerfs optiques, qu'auditifs,
cette apparition prend des allures de petit miracle qui nous redonne la foi.
Tel est le cas de Festival ! , documentaire consacré par
le cinéaste américain Murray Lerner à quatre éditions
mythiques (1963-1966) du Festival folk de Newport, probablement réédité
aujourd'hui en DVD grâce à l'utilisation par Martin Scorsese de
larges extraits du film dans son imposant No Direction Home consacré
à Bob Dylan (TB6171
– cf. ci-avant). Dès le générique de début
et ses quatre minutes de plan fixe sur l'arrivée des spectateurs ( une
foule, des individus), le ton est donné : le cinéma
aussi sera au rendez-vous ! Le cinéaste a eu la chance d'être
présent à un moment d'articulation particulièrement important
et touchant de l'histoire de la musique populaire américaine (et, par
rebond, de toute l'histoire sociale et politique des États-Unis, celle
du mouvement pour les droits civiques ou contre la guerre au Vietnam ). Mais
Lerner et sa petite équipe auraient pu être là sans rien
saisir de ce qui était en train de se jouer lors de ces moments de rencontre
où la nouvelle génération folk des Bob Dylan, Joan Baez
ou Buffy
Sainte-Marie pouvait encore croiser les sexagénaires ou septuagénaires
en qui elle reconnaissait ses pères ou grands-pères spirituels,
tels les vieux bluesmen noirs Mississippi John Hurt, Son
House ou Howlin'
Wolf par exemple. Cinématographiquement, même si toute proposition
de synthèse de foisonnantes centaines d'heures de concerts en cent minutes
de film oblige à quelques coups de ciseaux douloureux, les partis pris
sont sobres et presque toujours respectueux de la musique, de sa temporalité,
de son écoulement (ea. le Mary
Hamilton de Joan Baez : trois minutes, six plans, trois points
de vue) ou de ses nœuds de tension. Musicalement, ce qui frappe, c'est
l'extraordinaire variété et vivacité de cette « people's
music » aux instruments toujours modestes, souvent corporels :
les voix, le balancement des bras et la chorégraphie des mains des vieux
Sacred
Harp Singers, la polyrythmie saccadée des tapements de pieds et claquements
de mains des Georgia
Sea Island Singers, la chanson a cappella du vieux joueur de banjo Hobart
Smith, le Fife and Drums (fifre et percussions) de Ed
Young et de son Drum Corps ou la fringante Cousin
Emmy transformant ses propres joues et sa cai sse de résonance buccale
en fascinant instrument de percussion… Enfin, qualité supplémentaire
du film, et non la moindre, Lerner accorde une attention énorme à
ceux sans qui ces concerts ne vibreraient pas : les spectateurs. Il donne
la parole au public, enregistre et donne à entendre ses réflexions.
Il filme les gestes de l'écoute (l'attention, le regard, le sourire,
le froncement des sourcils, ‘l'écarquillement' de la bouche, le
chaloupé des hanches) sur un pied d'égalité avec les gestes
du jeu musical. Et laissant entendre qu'il devait y avoir presque autant de
guitares acoustiques que de spectateurs à Newport, il souligne comment,
en ce moment et en ce lieu, les frontières arbitraires entre musiciens
professionnels, musiciens amateurs et public pouvaient s'estomper. Murray
Lerner filme une communauté éclectique qui va changer l'Amérique
et cela nous touche. Ce n'est pas rien, son film est précieux !
Et, au générique de fin, trois pulsions nous taraudent :
le revoir, le faire découvrir à un maximum de gens et rêver
d'une nouvelle réédition du film, complétée cette
fois par toutes les images non reprises dans le montage de 1967 du documentaire.
PhD
Durée :130'.
DVD, en FR, st. AN.
ARTE, 2005.
Des premiers croquis de Karl Lagerfeld, à la vente aux clientes, ce
documentaire fascinant nous plonge dans les arcanes de la haute couture en suivant
la conception de la collection hiver 2004/2005 de la maison Chanel.
Muni de sa caméra, Loïc Prigent dresse un portrait tendrement ironique
de cette maison de réputation mondiale et de son créateur, tout
en faisant la part belle à toutes les petites mains, les premières
d'ateliers et les différents artisans. Il fait de la conception de cette
collection un feuilleton en cinq épisodes, à la fois très
vivant et plein de suspense.
Ainsi, le film commence par L'attente des croquis de Karl Lagerfeld
dans les ateliers. Une fois ceux-ci présentés aux trois « premières »,
l'effervescence commence. Il va falloir réaliser tous les modèles
en très peu de temps, pour le défilé. La maison vit au
rythme de neuf collections par an. Les premières toiles réalisées,
vient Le doute , les hésitations. Les essayages approuvés
par le génial concepteur, c'est ensuite le casse-tête pour choisir
les tissus. Débute alors la valse des artisans : brodeurs, plumassiers,
bottiers, chapeliers. On quitte Paris pour rencontrer une femme étonnante,
experte en galons et éleveuse de chevaux. De retour dans le huis clos
des ateliers, on découvre Les rites à travers les confidences
et les anecdotes amusantes des couturières. Sept jours avant le défilé,
la maison fonctionne à plein régime. Les veillées
se succèdent, la tension monte. Le jour du défilé, à
cinq heures du matin, tout est enfin prêt pour la présentation
de La collection…
Le film nous offre une immersion rare et intimiste dans cet univers de la mode
où des virtuoses de l'aiguille fabriquent du rêve, visiblement
ravies de passer de l'ombre à la lumière. À leurs gestes
minutieux et patients répond l'agitation de cette « ruche »,
magistralement orchestrée par Karl Lagerfeld. Tout en évitant
le tourbillon d'images, le réalisateur parvient à nous montrer,
d'une part, les savoir-faire et les métiers anciens et, d'autre part,
la comédie humaine d'une société artisanale, autarcique,
au service d'une marque devenue globale.
Un feuilleton documentaire captivant, que l'on soit passionné par la
mode ou pas !
CM
À noter : les compléments DVD (52') sont riches et instructifs.
Ils sont découpés en trois parties : Les métiers
, Les scènes coupées et Les coulisses ,
avec une interview de Karl Lagerfeld.
[1] Dans le très beau texte « L'œil contrôle, le corps écoute : filmer le free » (éditions du festival de Locarno, 2000), Jean-Louis Comolli évoque les difficultés (la quasi-impossibilité) du cinéma àfilmer les musiques qu'il aime et la déception / frustration qui en découle.
" Le Discobus 3 n'a pu circuler ce dimanche 12/2 et est en réparation ce lundi 13/2 : pas de stationnement à Ath, Antoing, Leuze et probablement Mouscron . .
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