
VO YO st.FR. Durée : 53'.
DVD ZONE ,, en YO, st. FR.
C.B.A., 2002.
Pendant la guerre en Bosnie, des milliers de gens ont été chassés de leur lieu de vie pour être regroupés par ethnie. L'accord de paix de Dayton prévoit le retour des réfugiés dans leur maison, pour la plupart détruites ou occupées par des étrangers. Dans la ville de Brco, les Forces internationales de l’ONU appliquent formellement cet accord en laissant des familles entières à la rue...
Jasna Krajinovic est partie à la rencontre de Saya et de Mira qui habitent des maisons qui ne leur appartiennent pas et dont elles sont menacées d’expulsion. Elle filme le destin déchirés de ces deux femmes en les accompagnant le long d’un petit bout de chemin douloureux vers une vie en quête de sens. L’une vit maintenant seule en ville, à Brco. Avant le conflit, elle entretenait avec son mari un grand verger. Elle a tout perdu. L’autre est une jeune musulmane qui a dû s’exiler à la campagne. Avec souffrance, elle dit ne plus vouloir se souvenir de son enfance passée en ville avec ses parents et ses amies. Toutes deux ont dû réapprendre à vivre loin de leurs réalités et de leurs familles. Toutes deux rêvent de pouvoir un jour retourner chez elles...
Avec beaucoup d’émotion, Jasna Krajinovic filme l’espoir du retour de ces femmes chez elles, cette fragile et précieuse lumière. Originaire elle-même de Slovénie, elle parle de l’absurdité de «sa» guerre pour mieux évoquer la tragédie des guerres et rendre un hommage bouleversant à toutes les victimes de l’exclusion.
CM
VO FR. Durée :218'.
DVD, en FR, AN.
ARTE, 1999.
Avoir la foi c’est avoir confiance en quelque chose ou en quelqu’un, y placer tous ses espoirs et ses croyances. Un peu avant la fin de la Première Guerre mondiale, bon nombre de personnes ont cru en un idéal, en un monde meilleur plus juste pour chacun. Popularisée et endoctrinée par Karl Marx, l’idéologie communiste a suscité les plus grands espoirs lors de la Révolution d’Octobre (1917) en Russie, lorsque Lénine et ses compagnons de lutte prennent possession de la vie et de l’avenir politique du pays et, très vite, ce nouvel élan fraternel porté par des millions de partisans s’est propagé à travers le monde.
Mais cet espoir c’est transformé en amère désillusion. Des millions de personnes ce sont retrouvées coincées dans une machine politique injuste, sans possible retour en arrière, avec pour seuls pilotes des dirigeants à l’ego surdimensionné qui ont vidé de toute sa substance ce bel idéal; ces têtes pensantes en ont fait un fantôme, vide de sens mais plein de non-sens. Une dictature sanglante où totalitarisme, suppression de l’opposition, propagande, exploitation du peuple, goulags, sont monnaie courante. Le communisme est devenu un ogre qui dévore ses propres enfants en instaurant une dictature du prolétariat. Le communisme est une roue qui ne cesse de tourner, il renaît sans cesse de ses cendres en se trouvant de nouveaux ennemis, de nouveaux boucs émissaires mais sans jamais se remettre lui-même en question. Un parti champion du double discours, un mouvement international replié sur lui-même à travers des discours nationalistes et qui instaure la peur de son voisin et de l’autre. À travers ce documentaire fleuve divisé en quatre parties : L’utopie au pouvoir (1917-1928), Le communisme et son double (1929-1939), L’apogée (1940-1953), Une fin sans fins (1953-1993), l’historien et documentaliste Patrick Rotman, associé à Patrick Barbéris, nous dresse une cartographie temporelle du communisme.
Mais La foi du siècle est plus qu’une histoire du communisme. C’est avant tout l’histoire de la croyance dans le communisme.
Ce film n’est pas un réquisitoire. Il analyse sans parti pris. Il pose les bonnes questions. Comment est né le communisme? Comment le parti a-t-il perduré malgré toutes les exactions ? Qu’est devenu le communisme? Est-il possible de vivre encore aujourd’hui avec cette politique ?
TM
Durée : 87'.
MK2, 2004.
Naomi Klein, journaliste indépendante canadienne, est plus connue comme auteur que comme réalisatrice. Son livre « No logo– la tyrannie des marques », un pamphlet anti-mondialiste, est devenu un ouvrage de référence (et pas seulement pour José Bové).
La plus grande critique émise sur son livre est le fait que ses théories ne restent que des idées sur papier, elle ne propose pas de cas pratiques pour les étayer.
Piquée au vif, elle est partie filmer dans un pays en proie au chaos économique, où bon nombre d’usines ont fait faillite suite à la fuite des capitaux étrangers et à la vente de ces « bijoux d’États » au secteur privé. L’Argentine. Elle ne pouvait rêver meilleur laboratoire grandeur nature que ce pays qui accumule les problèmes. Et ce n’est pas le modèle économique prôné par le FMI qui va arranger les choses. C’est donc dans ce pays, dévasté économiquement, que Naomi Klein va faire une démonstration pratique de ses écrits, en prouvant qu’une alternative est possible.
Ce nouveau modèle social et économique vient d’ouvriers restés sur le carreau après la fermeture de leur usine. Ils se retrouvent sans emploi, mais pas sans idées. Ils n’ont pas baissé les bras. Au lieu d’attendre une hypothétique reprise, ils ont pris possession des lieux avec, comme mot d’ordre, « occuper, résister, produire ». Ils vont se prendre eux-mêmes en charge en créant une coopérative où chacun touche le même salaire. Pas de patron, pas de course au profit, pas d’exploitation.
Ce nouveau modèle d’entreprise va faire tache d’huile, bientôt d’autres usines vont rejoindre le train en marche.
À travers ce document aux allures de pamphlet, Naomi Klein va suivre plus particulièrement le destin de l’usine « La forja San Martin », une fabrique de pièces détachées pour automobiles, qui vient de mettre sous le paillasson la clef, mais pas l’envie de travailler des ouvriers.
Ils n’ont qu’une envie, refaire fonctionner les machines.
Ils vont trouver une aide précieuse dans d’autres coopératives. Car l’État et les anciens patrons d’usines ne voient pas cette reprise d’un bon œil.
Autre fait majeur qui va jouer en leur défaveur, l’Argentine est en pleine campagne électorale. Les anciens patrons, pleins aux as, ont plus à mettre dans la balance qu’une coopérative d’ouvriers pauvres. Ceux-ci vont devoir faire preuve de pugnacité devant tant de bâtons mis dans leurs roues.
Mais leurs efforts seront dûment récompensés.
Si Mémoire d’un saccage de Fernando Solanas (TH5741), autre très bon documentaire sur l’Argentine, se concentre plus sur les tourments économique et historique de l’Argentine, The Take, lui, aborde le problème social, c’est l’humain qui est mis devant la caméra. C’est une utopie devenue réalité, la lutte d’hommes qui ont voulu prendre leur destin en main. Ce film nous montre de façon très humble, sans tomber dans le militantisme à outrance, la lutte et l’acharnement d’hommes et de femmes qui veulent changer un modèle obsolète, non pas par idéologie, mais pour survivre tout simplement.
TM
VO FR. Durée :160'.
FRANCE TELEVISION DISTRIBUTION, 2004.
Camarades… Un mot spécial : enfant, nous avons des « camarades de classes », des « petits camarades de jeux » ; adulte, le mot se dédouble, change et se charge d’un sens dont la résonance dépend complètement de celui qui le prononce, des oreilles auxquelles il sonne. Un mot vaste qui s’est perdu, qui s’est figé souvent.
Ce film lui rend un de ses sens, essentiel et humain. Non tant hommage que rappel de ce qui fut, maintenant oublié ou ignoré de nombre d’entre nous.
Découpé en plusieurs périodes, périodes déterminées par l’histoire du Parti communiste français, le film se penche sur l’évolution de ce parti en allant à la rencontre de son socle, de son essence : les militants, la base, les camarades. Et, rappel ou découverte, le P.C. en France a été un parti important au statut très particulier.
De l’immédiate après-guerre (la Seconde) où, auréolé de la gloire des résistants, le P.C. est très présent dans la politique et dans la société française, aux dernières élections présidentielles françaises, où le parti n’atteint pas les 4% d’électeurs (tandis que le F.N. est au second tour…), ce film replace le P.C. dans l’histoire de la France, son implication dans la vie quotidienne des militants, la « contre-société » qu’il leurs a proposé, les rendez-vous manqués et les trahisons aussi.
Et ce qui frappe, ce qui est déterminant, c’est l’émotion dans la voix de ces personnes qui se sont engagés, qui se sont désengagés, qui ont été dégagés, du Parti communiste. Cet affect profond, lié à ce parti et à une certaine culture, lié à un idéal de l’existence, transcende la vision que l’on peut avoir du P.C. et rappelle la magnifique aventure humaine qui accompagne son existence.
Il se termine sur une chanson de Juliette dont un des plus beaux passages dit : « L’avenir est-il si radieux / Que l’on oublie celles et ceux / Qui l’ont rêvé meilleur » (L’Étoile Rouge, NJ8506).
ED
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