Durée : 83'.
DVD, en FR, AN.
DIVERS, 2005.
« Mes expéditions, tout en restant des défis physiques, ressemblent de plus en plus à des voyages initiatiques. J’en rapporte de tels trésors de savoir et de connaissances qu’il me semble que je ne pars plus que pour aller les chercher ».*
Le tour du Cercle Polaire Arctique en solitaire. Un rêve pour Mike Horn, aventurier de l’extrême qui ne vit que pour relever des défis l’obligeant à repousser encore plus loin les limites de sa résistance, moments où il donne le meilleur de lui-même, à n’obéir qu‘au mental pour survivre là où la mort seule promet un bienheureux oubli. Le vide sans fin. L’eau glacée. Des jours blêmes à n’en plus finir, les nuits si longues qu’on croit à l’extinction du monde. Des blizzards tranchants comme des rasoirs… puis la pluie ! Et encore les traversées de fleuves, de bras de mers, de lacs, d’une rive à l’autre, vent debout, à contre-courant, du Cap Nord au Cap Nord, du 4 août 2002 au 21 octobre 2004, plus de vingt mille kilomètres… Folie !
Silence. Moins 60°. Ours blancs, loups, neige, boue, packs de glace en dérive. Introspection dans l’épreuve, pensées positives loin des regrets, voyage chamanique du soliste au point d’orgue du concerto. Transports: bateau, traîneau à tirer (jusqu’à 200 kilos !), kayak, trimaran, kite (cerf-volant), ski… Pas de chien, pas de moteur, seul, sans voir le soleil pendant des semaines… mais il fait clair la nuit! Comment fait-il pour ne pas se perdre ? Que ressent notre bonhomme ? On dirait qu’il plane en absence, le regard planté à l’horizon de son rêve. Au bout du kite il s’envole, surfe sur la banquise, force notre sympathie… Qu’est-ce qui le pousse à souffrir ainsi ? Il est maso ? Courage, force, endurance, foi en soi, confiance en ceux qui le conseillent et l’aideront en cas de coup dur. Sérénité devant l’inévitable, la mort proche sans cesse repoussée, grâce parfois aux coups de pouce chanceux du destin. Film minimaliste dans ses images exemptes d’effets. Visage autofilmé, mise en scène réduite à la stricte vision dynamique du déplacement. Œil-caméra sur les pieds qui avancent, les skis qui se soulèvent, battent la neige, glissent, écartent la poudreuse, s’enfoncent dans l’eau… En avant ! Peu de plans larges, de séquences habitées, sauf aux pauses nécessitées par le réapprovisionnement en biens de survie. Pour les haltes, les rencontres dans cette aventure surhumaine, un semblant d’explication sur les conditions matérielles du voyage, les incidents, consultez les bonus.
Ce documentaire est littéralement obsédant. Musique savante répétée à l’infini qui rend bien la pénibilité mentale et physique du périple. Grand prix du meilleur documentaire au Sport Movie on TV International Festival 2005 à Milan.
En totale opposition par la mise en scène, images, moyens mis en œuvre, le docu-film de Nicolas Vannier, Le Dernier trappeur, TJ2801 (DVD)
* Lire le récit de cette aventure passionnante : Mike Horn conquérant de l’impossible, XO Éditions, 2005.
PC
Durée : 61'.
DVD ZONE 0,, en AN, st. FR, AL, AN.
LOWAVE, 1985.
En novembre 1936, à la maternité d’un petit hôpital anglais, Blanche Rylatt et Margaret Wheeler mettent chacune au monde une fille. Suite à une incroyable erreur, leurs bébés sont échangés.
C’est seulement vingt ans plus tard que Valery et Peggy découvrent qu’elles n’ont pas été élevées par leurs véritables parents…
De cet invraisemblable fait divers, Françoise Romand réalise un premier film, à la fois audacieusement inventif, drôle et poignant.
La cinéaste française a entraîné les deux familles et leur entourage dans une étrange enquête entre passé et présent pour reconstituer les faits mais surtout faire revivre les scènes-clés de la vie émotionnelle des deux filles et comprendre les ramifications complexes de cette histoire. Le sérieux et la perfection avec lesquels elle a poursuivi son but créent un documentaire délicat, d’une beauté formelle et d’une précision dont l’humour et l’esprit se retrouvent dans le cadre, le rythme, le montage, l’utilisation de la musique et de la mise en scène, le tout étant inséparable du projet éthique et philosophique du film… Ainsi, le choix du titre se réfère non seulement au « mélange » des bébés, mais également aux nombreuses collisions stylistiques et formelles la fiction face au réel, le français à l’anglais, la mémoire à l’imagination, l’émotion à l’analyse, la tragédie à la comédie.
Au travers de jeux de miroirs, transparences, symétries, portraits de groupe daguerréotypés et films de famille, la réalisatrice élabore une étonnante cinématographie dans laquelle les
protagonistes prennent la parole ou rejouent, à divers âges, une étape cruciale de ce drame. Posant dans leur quartier, à l’intérieur de leur maison ou près de leurs objets personnels, les femmes âgées font le récit émouvant des évènements, tour à tour accompagnées par leurs filles respectives et adoptives.
Dès le début, Margaret Wheeler était convaincue que l’enfant qu’on lui avait remis à la maternité n’était pas la sienne. En conséquence, elle trouva toutes sortes de moyens pour maintenir le contact avec la famille Rylatt, surtout avec Peggy. En revanche, Blanche Rylatt n’a jamais douté que Peggy soit son enfant biologique. La caméra saisit respectueusement les différences saillantes entre les deux mères et révèlent les sentiments variables éprouvés par leurs filles biologiques et adoptives.
Au travers des images fortement stylisées qui illustrent la dynamique complexe des rapports des familles, le film explore intelligemment, sans commentaire, ni pathos, le thème de l’identité, de l’amour maternel et du destin.
CM
Note : « Mix-Up » est classé parmi les quinze meilleurs films des années 80.
VO AN st.FR. Durée :100'.
DVD, en AN, FR, st. FR.
METROPOLITAN FILM &, 2005.
Grizzly Man nous relate le dramatique destin d’un gentil guerrier, Timothy Treadwell.
Cet ancien acteur raté toxicomane a trouvé la voie de la rédemption à travers la nature de l’Alaska et surtout au travers des grizzlys, il les aime jusqu'à vouloir être un des leurs. Et il fut un des leurs… mais un de leurs repas. On ne retrouva de lui et de son amie que des os méticuleusement rongés.
Qui d’autre que Werner Herzog pouvait dresser le portrait de cet aventurier de l’extrême ?
On retrouve dans ce destin tragique la thématique de ses films Aguirre et Fitzcarraldo; la fine limite entre le génie et la folie, le don de soi jusqu’à l’extrême pour une idéologie ou un rêve improbable.
Le film est monté principalement à partir des images filmées depuis douze ans par Treadwell au cours de ses pérégrinations annuelles dans un parc naturel en Alaska.
Treadwell se met lui-même en scène, son style oscille entre film nature et confidences à la caméra, nous montrant tour à tour les gentils plantigrades et les renards qu’il affuble de prénoms, ses coups de gueule contre les vilains braconniers et ses nombreux états d’âme.
Herzog, lui, joue les fins limiers psychologues, il ira interviewer des proches de Treadwell et il retournera aussi sur les lieux du drame pour essayer de comprendre le personnage et ce qui l’a poussé à se réfugier loin des hommes.
Le discours de Werner Herzog tranche avec celui de Treadwell. L’aventurier trouve la nature belle et idyllique, un véritable havre de paix sans aucune animosité, alors qu’Herzog met en exergue la dure loi de la nature et du règne animal et son principe de base, manger ou être mangé.
Ce film colle tellement au style de Werner Herzog, certains protagonistes paraissent si excessifs dans leur comportement (comme le médecin légiste que l’on dirait tout droit sorti d’un film de série B) que l’on en vient à douter de la véracité des faits.
A-t-il été tenté lui aussi de réaliser son Incident at Loch Ness (film canular qui le met en scène partant à la recherche de Nessie) ?
Quoi qu’il en soit, Herzog et Treadwell nous (dé)montrent la nature par excellence, celle des ours et aussi celle de la condition humaine.
TM
" Le Discobus 3 n'a pu circuler ce dimanche 12/2 et est en réparation ce lundi 13/2 : pas de stationnement à Ath, Antoing, Leuze et probablement Mouscron . .
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