VO AN st.FR. Durée : 83'.
DVD, en AN, FR, st. FR.
LA FABRIQUE DE FILMS, 2005.
Rize révèle un phénomène urbain né dans South Central, un quartier noir de Los Angeles, et qui est en train de se propager sur la Côte Est : le « krumping ». Cette danse agressive et visuellement hallucinante, alternative à la danse hip-hop habituelle, se caractérise par des pas et des mouvements d'une vitesse et d'une difficulté inégalées.
Ce documentaire, réalisé par le célèbre photographe David LaChapelle, témoigne de morceaux de vies de « streetkids » et de leur mentor Tommy The Clown, éducateur de rue à l'origine de cette forme révolutionnaire d'expression artistique issue du mal de vivre des exclus du rêve américain.
Rize n’est pas seulement un documentaire qui retrace l’histoire de ce courant, il est le portrait indissociable d’un quartier pauvre de Los Angeles qui connut des émeutes raciales en 1992. Alternant images d’archives, témoignages et séquences de danses, le réalisateur s’attache à suivre les principales figures du « clowning » et de son dérivé le « krumping », et révèle que cette expression gestuelle est devenue pour ses adeptes un véritable mode de vie, une discipline sportive de haut niveau, mais surtout une forme de catharsis sociale en réponse à la violence régnante, une manière de s’élever en se démarquant des gangs. Fort de sa carrière de photographe émérite, c’est au travers d’un gros travail de cadrages, précis et finement étudiés, que David LaChapelle nous fait visiter leur univers et saisit leurs récits de vie. On est frappé par l’attitude positive des jeunes, étonnants de maturité, de volonté et d'énergie. Mais, à regarder de trop près ces groupes de danseurs, on peut regretter que le réalisateur passionné verse parfois dans le pathos. Cependant, s’il s’attarde sur quelques instants un peu trop clichés ou convenus, c’est pour ensuite mieux faire ressurgir les séquences de danse d’une intensité rare, à la fois remarquablement captées et montées sur une musique parfaitement juste. Qu’ils soient gamins, ados, adultes, sveltes ou lourds, tous lancent leurs corps dans un rythme effréné, un « ballet des ghettos » comme l’avance l’un d’eux. L’objectif filme habilement leurs mouvements, leurs muscles tendus et la violence qui s’en dégage. On retiendra en particulier la scène dans la « Battle zone » où s’affrontent Clowns et Krumpers dans une rage corporelle à la vivacité inouïe. Cette joute dansée se place comme le point d’orgue du film.
Un documentaire étourdissant et électrique dont il est précisé en prélude qu’aucune image n’a été accélérée !
Note : David LaChapelle, photographe américain né en 1969, est considéré comme l'un des dix plus grands photographes par la plupart des magazines spécialisés. Ses photos sont prisées dans le monde de la mode, de la musique, du cinéma et de la publicité.
CM
VO AN st.FR. Durée :100'.
DVD, en AN, FR, st. FR.
METROPOLITAN FILM &, 2005.
Titre de la chronique : L’Homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…
Dans les territoires sauvages de l'Alaska vit l'un des mammifères terrestres les plus puissants : le grizzly. Du haut de ses deux mètres et avec un poids pouvant atteindre les 500 kg (parfois plus), cet ours aux pattes puissantes et aux griffes acérées est un animal sauvage solitaire et agressif.
Tim Treadwell, un écologiste guerrier, américain fou et amoureux de la nature, s'est intéressé à ce superbe animal et y a consacré plus de treize ans de son existence. Tel un enfant insouciant, Tim s'est mis en tête de côtoyer et de filmer de près, de très près même, ce fabuleux plantigrade, au risque d'y perdre la vie. C'est d'ailleurs sans trop de surprise que ses amis et connaissances apprendront sa disparition, ainsi que celle de sa compagne, le 5 octobre 2003, un grizzly un peu bourru ayant décidé d'en faire son plat de résistance.
Hasard ou coïncidence, l'article de presse relatant la mort de Tim Treadwell tombe un jour entre les mains de Werner Herzog, grand cinéaste allemand, rendu célèbre entre autres par ses tournages cataclysmiques dans la forêt amazonienne et qui avait déjà réalisé un documentaire (Ennemis intimes
TD2851) sur un autre allumé charismatique, et non moins acteur de génie, Klaus Kinski, avec qui Herzog entama une longue et difficile relation d'amitié et de haine tout au long de sa carrière.
L'histoire de Tim Treadwell l'intéresse au plus haut point, et c'est au travers de centaines d'heures de vidéo que Werner Herzog fait enfin sa connaissance et décide de réaliser le documentaire "Grizzly Man ".
Herzog nous invite donc à la rencontre de « l'homme qui murmurait à l'oreille des ours » (comme l’appelaient les gens de la région), un homme âgé d'une trentaine d'année, à la chevelure étrange, et qui avait pour habitude de partir pendant plusieurs mois par an défier les lois de la nature. Seul avec sa caméra, Tim se filme en avant-plan, commentant les comportements des grizzlys, des scènes naturalistes se déroulant seulement à quelques mètres derrière lui, leur donnant des noms, oubliant souvent qu'il s'agit d'animaux sauvages.
Au-delà de la simple folie, il y a aussi la passion. Tim Treadwell est un acteur raté qui sombra dans l'alcoolisme. S’étant ressaisi, il plongea corps et âme (c'est le cas de le dire) dans la défense de la cause animale. Cette passion aveugle pour la nature lui fit oublier certaines règles essentielles, ce qui lui vaudra d'être très controversé par bon nombre de personnes. D'ailleurs, Herzog lui-même prend un moment la parole pour préciser qu'il n'est pas d'accord avec certains propos tenus par Tim.
Au fil du reportage, on sent la tension s'installer et le drame arriver car… « il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué » !
BS
" Le Discobus 3 n'a pu circuler ce dimanche 12/2 et est en réparation ce lundi 13/2 : pas de stationnement à Ath, Antoing, Leuze et probablement Mouscron . .
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