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Trafic sur Internet : consommation ou communication ?

 

On sait que dans notre grand village aujourd’hui, ce sont quincailleries modernes qui prospèrent ; celles qui nous équipent pour nos échanges et notre temps libre. Les banquiers font profil bas, les artistes et les politiciens circulent dans les allées des marchés, mais comme figurants. Quelles sont donc les perspectives de ceux qui font commerce de nos communications ?

Le quotidien Le Monde a récemment publié un graphique révélateur à propos du lien entre le trafic sur Internet et la recette des opérateurs de télécommunication. Le premier évolue beaucoup plus vite que la seconde.

Trafic sur Internet

Trafic sur Internet

Les opérateurs voient donc le demande sur Internet doubler tous les deux ans, sans que leurs profits suivent ; c’est évidemment difficilement supportable pour des sociétés qui en Europe en tout cas sont privatisées et où la téléphonie mobile domine (on voit bien dans le graphique du bas que celle-ci est la première source de revenus du secteur).

Belgacom, France Télécom et les autres entretiennent et développent des réseaux qui véhiculent de plus en plus de données, certaines gratuites, certaines payantes ou monnayables (la pub de Google, par exemple). Attention, ces opérateurs n’y perdent rien, le trafic sur Internet attire une clientèle qui paye cher pour ce service (44 euros par connexion et par mois en moyenne en Belgique selon Test-Achats).

C’est l’évolution de ce trafic qui impressionne le plus ; voyez le graphique du haut  : il doit faire pâlir tous les secteurs économiques et effraye les industries dites culturelles. La quantité de données sur Internet a quadruplé depuis quatre ans et va tripler d’ici 2012… Le ‘partage de fichiers’ dominera toujours, avec tout ce que cela implique comme problèmes juridiques et économiques. En 2012, à lui seul, il représentera l’équivalent de tout le trafic en cette année 2009. En y ajoutant la vidéo, nous serons donc encore pour longtemps au bord d’un fleuve de copiés/collés et loin d’un réseau ‘participatif’. Bien sûr ce graphique est simple et lisse, il nous renvoie une image de consommation insatiable, plus que de citoyenne. Il ne nous dit pas non plus qui et pourquoi. Un autre chiffre est tombé hier : 24% des adolescents en Europe peinent à comprendre ce qu’ils ‘déchiffrent’ (on ne parle même plus de lecture). C’est aussi une statistique en hausse…