Prendre l'empreinte du travail industriel
L’usine est cette évidence du paysage que le regard veut abstraire, intruse, elle épuise l’espace où elle s’évase, indésirable, nécessité tacite. Sa mise à l’écart entraîne celle de ses hommes, les efface à moitié : les ouvriers, l’usine les avale et c’est presque à la dérobée qu’ils oeuvrent, regroupés, renommés masses, bras, voix, sueurs, forces. Pourtant, voici deux documents qui donnent accès à d’autres points de vue..
Le geste artisanal, la main filmée
Suivre le « simple » enchaînement des gestes qui, correctement maîtrisés et enchaînés les uns aux autres, transforment une matière ou donnent
naissance (ou « renaissance ») à un objet c’est déjà presque une histoire, voire un scénario.
Paul Lacoste, L’invention de la cuisine
Si l’invention fait table rase du fastidieux et de l’ennui, la cuisine donne accès, entre autres, à la durée. L’invention de la cuisine ne célèbre pas l’exception, elle recherche l’essence de la cuisine. Documentariste et cuisinier amateur, Paul Lacoste connaît cette générosité de l’apprêt, l’attente non pas éprouvante, mais éprouvée, qui est accueil amoureux des aliments pas seulement dans ce qu’ils ont à offrir; saveurs, textures, couleurs, mais aussi dans ce qu’ils sont; fragilité, défauts, blessures.