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Pour faire durer le plaisir

 

Et puisque notre liste initiale dépassait de loin des dix albums proposés, voici quelques titres supplémentaires pour faire durer le plaisir et patienter jusqu'au mois de janvier:

Can, Soundtracks (1969)

Compilation de musiques pour films expérimentaux composées par Can à la fin des années 60.

Goblin, Profondo Rosso (1975)

En 1975, le cinéaste Dario Argento commande à Claudio Simonetti, Fabio Pignatelli, Massimo Morante et Agostino Marangolo une musique originale pour son filmProfondo Rosso, suite au désistement du compositeur Giorgio Gaslini. Les musiciens prennent le nom de Goblin et se mettent au travail. Après quelques jours en studio, le réalisateur propose au groupe de tenter une expérience : composer la bande originale en une nuit et l’enregistrer en une journée. Une méthode payante puisque le succès de cet album dépassa toutes les espérances : un million de copies vendues, 52 semaines dans les hit parades italiens, atteignant la première place des ventes d’albums et de singles.

Giorgio Moroder, Midnight Express (1978)

Giorgio Moroder, grand prêtre du disco et producteur de Donna Summer, signe ici un score étouffant et angoissant, atteignant son apogée dans le morceau hyper connu The Chase.

Klaus Schulze, Angst (1983)

Docu-fiction autrichien inspiré des pérégrinations d’un tueur en série,Angst s’articule autour de la musique de Klaus Schulze, pionnier des musiques électroniques et membre fondateur de Ash Ra Tempel et Tangerine Dream. Il en compose les cinq titres en été 1983 et les confie au réalisateur Gerald Kargl qui terminera son montage en fonction de la musique, opposant la douceur de certains titres à la sauvagerie du film.

S’inspirant des musiques industrielles naissantes, avec ses rythmiques et mélodies répétitives, Klaus Schulze développe des ambiances qui progressent tout doucement jusqu’à installer un climat oppressant.

Film violent, perturbant, aussi dérangé que dérangeant,Angst sera interdit en Allemagne au bout d’une semaine d’exploitation et ne passera pas à la postérité, contrairement à sa musique.

Carlos Peron, Die schwarze Spinne (1984)

Cette bande originale minimaliste composée par une moitié de Yello accompagna le film suisse le plus populaire des années 80. S'il dépassa, en son temps, «James Bond» au box-office helvète, il n'en est pas moins tombé dans l'oubli, ce qui n'est pas le cas de sa musique minimaliste, hallucinante et hallucinée.

Angelo Badalamenti, Twin Peaks (1990)

Musique jazzy envoûtante, atmosphérique, angoissante parfois, ponctuée par la voix douce de Julee Cruise. Un élément certain du succès de la série !

The Dust Brothers, Fight Club (1999)

Après le succès deSe7en, David Fincher refait appel à Brad Pitt en 1999. Ed Norton lui donnera la réplique dans cette adaptation du roman de Chuck Palahniuk, et les Dust Brothers en signeront la bande originale. Connus pour leurs collaborations avec Beck, les Beastie Boys ou encore les Rolling Stones, les Dust Brothers se sont amusés ici à brouiller les pistes, passant sans aucune transition de rythmes frénétiques à des mélodies «pouêt-pouêt». Dopée, comme le film, à l’adrénaline et à la testostérone, la musique deFight Club sent bon le sang, la sueur et le sexe.

This is your life, and it’s ending one minute at a time !

Michael Andrews, Donnie Darko (2001)

Après s'être fait la main sur la sérieFreaks and Geeks, Michael Andrews compose une bande originale envoûtante et inquiétante pour Donnie Darko. Sa musique, aussi sombre et troublante que le personnage-titre, est agrémentée d'une reprise très réussie du Mad World de Tears for Fears par Gary Jules.

Ceux qui souhaitent, en plus, retrouver l'univers musical eighties du film (INXS, Duran Duran, Echo and the Bunnymen...) peuvent jeter leur dévolu sur la version intégrale en 2 CDs.

Gabriel Yared & Underworld, Breaking and Entering (2006)

Réunis par Anthony Minghella pour son filmBreaking and Entering, le compositeur d’origine libanaise et le duo anglais ont composé une musique à la fois complexe et sensible. Les trois hommes ont pris le temps d’explorer leurs univers respectifs, et les arrangements de cordes somptueux du premier côtoient avec naturel les textures électroniques brutes et râpeuses des seconds, offrant à l’auditeur des ambiances sonores paradoxales et néanmoins complémentaires.

Para One, Naissance des Pieuvres (2007)

Producteur dans le milieu du hip-hop et de l’électro depuis la fin des années 90, Jean-Baptiste de Laubier, alias Para One, développe pour sa première bande originale,Naissance des pieuvres, des ambiances pures et aquatiques au moyen de différentes machines analogiques. On pense à certains travaux de Vangelis et de Wendy Carlos pour le cinéma, mais aussi à un certain Jean-Michel Jarre qui aurait peut-être composé ce type de musique s’il n’avait pas été mégalomane. Ici, la composition est minimale et va droit au but, sans effets de surprise ni fioritures inutiles, créant des ambiances calmes, mais glaciales, à la fois délicates et oppressantes, et s’il est vrai que le climat général de cette bande originale est plutôt sombre, elle mérite néanmoins une écoute attentive.