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Sélection du mois d'octobre 2004

Les jeux vidéo et l'apprentissage

Jouer, c'est permettre à l'enfant, à l'adolescent comme à l'adulte, d'entrer dans un espace de liberté. Cet espace permet à chacun d'élaborer un personnage fictif capable de mettre à l'épreuve ses propres limites dans le domaine physique, cognitif et relationnel puisqu'un nombre croissant de jeux en appelle aux connections Internet.

Le joueur a aussi la possibilité de se confronter sans risque majeur à ses propres fantasmes comme le désir de puissance (diriger une civilisation ou mener une armée à la conquête de nouveaux territoires), se soumettre à une mort symbolique récurrente dans les jeux et en tirer toute une série d'enseignements. Un esprit équilibré ne peut y trouver que des bénéfices susceptibles de le sociabiliser et de jauger par lui-même les qualités ou les faiblesses de son autonomie, et cela, en dehors du cadre familial ou social qu'il ne peut, normalement, enfreindre sans conflit traumatisant. Ainsi, il peut prendre conscience de son interdépendance et des conséquences de ses actes. Cela constitue, à mon sens, l'élaboration d'une culture dite « primaire » à la base de toutes les autres cultures ! Le jeu du chaton avec la souris condamnée montre que grâce aux gestes de la simulation, la vie est en train de s'ancrer, de prendre forme dans le jeune individu, et par là même, lui permettra de « s'autonomiser » avec plus de facilité. Il faut laisser à l'enfant ou à l'adolescent un temps de liberté exprimé dans le jeu, ce qui est utile et nécessaire à son équilibre global à la condition que le jeu ne constitue pas une sorte d'abandon du guide parental. On doit être conscient de ses responsabilités et faire preuve d'une certaine vigilance et, disons-le, parfois de courage ! On accuse trop facilement les jeux vidéo d'être responsable des échecs dans les études (entre autres maux), alors que la responsabilité première revient aux parents eux-mêmes dont la paresse pédagogique enferme l'enfant dans un mécanisme de substitution affective. Les consoles de salons ne seraient-elles pas devenues les nouvelles tétines technologiques des 4-44 ans ?
Merci à Alain Legrand pour l'inspiration que son travail sur les jeux de rôles, publié sur www.psy-en-herbe.be , a tenu dans ma réflexion sur les jeux vidéo.
( Jean Nicolas, Charleroi )

 

DOOM 3 - PC - SY1420

Cédérom MPC, langue FR. Contient 2 livrets.
ACTIVISION, 2004.

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Depuis Half-life jusqu'à Far Cry nous avons pris l'habitude de nettoyer les bases secrètes des expériences étranges, toujours désastreuses, menées par des fous furieux. Courage ! Avec Doom 3 , ça continue… Des tas de zombies désœuvrés voudront faire du tort à votre petit corps chétif. L'utilisation intensive de la lampe torche s'avérera indispensable dans des décors souvent sombres et très glauques. Vous chercherez, non sans inquiétude, à reprendre le contrôle de vos sens. Trop tard ! Les cris, les chuchotements, les ombres flottantes, les lumières vacillantes et les coups de crocs vous donneront un frisson assurément jouissif. Il ne manque plus que l'odeur de la chair en décomposition ! Eteignez votre lampe, poussez votre carte graphique dans ses derniers retranchements. L'excellente maîtrise des lumières et du relief sonore fera le nécessaire. Dans le même genre gore que Painkiller .
( Jean Nicolas, Charleroi )

 

PAINKILLER - SY1412

Cédérom MPC, langue FR. Contient un livret.
DREAMCATCHER, 2004.

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Daniel Garner aurait pu devenir un mannequin au visage buriné par les soucis de la mode. Mais sa participation à un reality show l'a probablement condamné à subir une longue mort tumultueuse dans les affres de ses regrets tardifs. Garner ne s'est pas éteint pour rien, il a reçu une mission de dernière minute : massacrer toutes les créatures du diable, voleurs de peaux, croupissant dans les vicissitudes sépulturales d'une rancœur humide et lamentable   pour y faire régner une paix monotone et bucolique à des troupeaux d'anges fainéants. Visage bouffi de colère, Garner n'a plus le cœur à rire mais il va faire sa fête au démon. Painkiller est un jeu « hardcore gore ». Une réflexion métaphysique sur le jeu n'est pas plus utile que de se convaincre que la Star'Ac va transformer la couche livide d'un cerveau adolescent en créature de génie. Mais c'est un excellent défouloir.
( Jean Nicolas, Charleroi )

 

DELTA FORCE - BLACK HAWK DOWN - BLACK HAWK DOWN - SY1349

Cédérom MPC, langue FR. Contient un livret.
NOVALOGIC, 2003.

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Les jeux participent à l'élaboration d'un apprentissage culturel chez le joueur. À l'esprit purement ludique, favorable au développement d'une autonomie sociale et d'une liberté dans la découverte de soi, s'ajoute aussi une forme de représentation scénarisée qui laisse le joueur adopter une simulation historique parfois proche de la propagande. L'histoire reconstruite par un jeu vidéo peut traduire une vision étriquée et unipolaire d'un fait réel. Les jeux, comme les films, basés sur des évènements authentiques, méritent toujours une analyse circonspecte et prudente.
( Jean Nicolas, Charleroi )

 

JOINT OPERATIONS - TYPHOON RISING - SY1421

NOVALOGIC, 2004.

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Principalement dédié au jeu en réseau Joint Operations – Typhoon Rising se situe à mi-chemin entre Black Hawk Down pour la conception générale et Battlefield 1942 pour les sensations du jeu en réseau. C'est à mon avis un bon FPS (First Personal Shooter) qui, sans marquer son genre, pourrait intéresser les amateurs. Les parties multijoueurs peuvent réunir plus de cent joueurs !

Attention : les parties en solo se limitent à un didacticiel. Le jeu étant exclusivement tourné vers le « multiplayers », une connexion Internet sera vite indispensable.
( Jean Nicolas, Charleroi )

 

LES PRINCE OF PERSIA - SABLES DU TEMPS - SY1362

Cédérom MPC, langue FR. Contient un livret.
UBI SOFT, 2003.

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Créé en 1985 par Jordan Mechner (unique concepteur du jeu !), Prince of Persia, premier du nom, se distingua des autres jeux de plateaux de l'époque par l'élaboration d'un scénario et d'une narration ! Pour rendre réalistes les mouvements du personnage, Jordan filma son frère et il décomposa chaque geste pour les reproduire à l'identique dans le jeu. Il appela cette technique « Rotoscopie », il venait d'inventer le « Motion Capture », aujourd'hui abondamment utilisé au cinéma. De toutes les versions éditées à ce jour, Les sables du temps est le plus abouti et certainement le plus amusant à jouer. À essayer !
( Jean Nicolas, Charleroi )

 

MAX PAYNE 2 - MAX PAYNE 2 - SY1357

Cédérom MPC, langue FR. Contient un livret.
TAKE TWO, 2003.

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Je ne sais pas si Max Payne est psychotique ou dépressif ou les deux à la fois. Mais je peux vous assurer qu'il finirait par vous faire plus peur que les criminels qu'il traque sans répit. Du répit, c'est justement ce qui lui fait défaut. Il semble aussi aliéné que la ville qu'il fréquente. Reflet d'une réalité citadine – notre réalité ? De ses déviances, de sa minéralité et de sa tendance à déshumaniser les relations entre les hommes, Max Payne est le digne représentant d'un syndrome manichéen de la lutte du bien contre le mal sans qu'on puisse définir avec certitude où se trouve vraiment la limite entre les deux. C'est le parfait pendant de nos informations télévisuelles.
( Jean Nicolas, Charleroi )

 

XIII - MAC - SY1411

Cédérom Mac, langue FR. Contient un livret.
UBI SOFT, 2003.

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Le respect d'une écriture propre à la bande dessinée, l'utilisation des cadres à l'intérieur des scènes-clés, le trait anguleux et plutôt gras du dessin (qui n'est pas sans rappeler les créations graphiques en Flash), les onomatopées, etc. Tout cela concourt à donner à ce véritable FPS une lecture très bande dessinée, plaisante et légère. Le jeu tire toutes les ficelles du roman d'espionnage sans chercher un réalisme trop sérieux. XIII , tirée d'une bande dessinée à succès, se joue comme on lit un bon roman d'espionnage.
( Jean Nicolas, Charleroi )


De l'idée dans la suite

S'il y a bien trois jeux qui ont compté et qui ont transformé le monde ludique c'est bien Deus Ex , Max Payne et Splinter Cell , de par leur originalité et leur « game play ». Ce fut un gros succès et comme d'habitude qui dit succès, dit suite. Évidemment, nous allions les attendre au tournant. Voici le verdict.

 

MAX PAYNE 2 - MAX PAYNE 2 - SY1357

Cédérom MPC, langue FR. Contient un livret.
TAKE TWO, 2003.

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MAX PAYNE 2 - PS2 - MAX PAYNE 2 - SZ1116

Cédérom, langue FR. Contient un livret.
TAKE TWO, 2003.

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D'abord un petit rappel des faits, Max est un flic tout ce qu'il y a de plus ordinaire, mais tout bascule lorsqu'un soir il tombe sur des cambrioleurs qui assassinent sa famille sous ses yeux. Il sera également témoin de l'assassinat de l'un de ses collègues et bien sûr c'est Max que l'on accuse. Il décide de faire vengeance lui-même. Fin du résumé

Épisode 2 : Quelques années plus tard, Max a rejoint la police criminelle où il règle des petites histoires sans trop de problème et en essayant d'oublier le passé. Mais le passé va le rattraper sous les traits d'une vieille connaissance, Mona Sax, et avec elle une tonne d'ennuis en perspective.
Comme dans le premier Max Payne, le scénario est en béton, tout aussi bon (voire même meilleur) qu'un bon film noir, les cinématiques en version roman-photo ajoutent à l'ambiance déjà noire. Graphiquement, cela reste toujours aussi joli (le passage dans un parc d'attraction abandonné est vraiment hallucinant). Le petit plus, c'est l'interaction avec les objets (dès que l'on frôle des caisses en carton, elles tombent). Côté « game play », rien ne change; ça reste toujours aussi bon, le « bullet time » reste de la partie (la capacité de ralentir le temps façon Matrix, ce qui est bien utile pour ajuster son tir face à plusieurs ennemis). Autre changement, on pourra aussi incarner le rôle de Mona dans certains épisodes, ce qui variera encore plus le plaisir.
( Thierry Moutoy, Uccle )

 

DEUS EX - INVISIBLE WAR - DEUS EX 2 - SY1382

Cédérom MPC, langue FR. Contient un livret.
EIDOS INTERACTIVE, 2004.

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Le premier Deus Ex est sans nul doute un titre qui a marqué l'histoire du jeu vidéo, de par son mélange de genres (un bon dosage de jeu de rôle, action, aventure), son scénario non linéaire (pas moins de trois fins possibles en fonction de vos choix) et de par son univers futuriste où la nanotechnologie est omniprésente et vous permet d'incarner une sorte de Steve Austin : l'homme qui valait trois milliards. La barre était placée très haute et donc la suite était attendue comme le messie qui nous délivrera des jeux insipides, indolores et incolores du moment. Après une cinématique digne des meilleurs films d'action hollywoodiens (où l'on assiste à l'explosion d'une bombe qui rase complètement la ville de Chicago), le soufflet retombe un peu, car la plupart des poids forts de Deux Ex sont tout simplement évincés, pour rendre le jeu plus simple, trop simple même. Exit la création du personnage, graphiquement cela reste correct, mais sans plus (avec quelques bugs graphiques en prime), le scénario, lui, reste très ouvert, tellement ouvert qu'on se perd dans tous les objectifs à accomplir, malgré cela on reste scotché sur le clavier, car ce titre a quelque chose d'hypnotique et de fascinant, et même si on trouve cette suite moins bonne, la barre était placée tellement haut qu'il était difficile de faire mieux. Il y a quand même un avantage à ce jeu, on peut le comparer à la « Madeleine » de Proust, il nous replonge avec nostalgie dans les bons moments passés sur le Deus Ex précédent. Cette suite est une demi-réussite, pas un échec cuisant.
( Thierry Moutoy, Uccle )

 

SPLINTER CELL - PANDORA TOMORROW - SY1402

Cédérom MPC, langue FR. Contient un livret.
UBI SOFT, 2004.

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SPLINTER CELL - PANDORA TOMORROW - PS2 - SZ1148

Cédérom, langue FR. Contient un livret.
UBI SOFT, 2004.

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Voici le retour de l'agent Sam Fisher, agent antiterroriste, héros des romans d'espionnage de Tom Clancey, l'homme qui fait rimer infiltration avec discrétion, le champion du grand écart entre les murs, le seul à pouvoir s'agripper à une corniche d'une main et de l'autre dégainer son flingue. Pas grand chose de nouveau dans ce nouvel épisode, un scénario digne des films de James Bond. Quelques améliorations du « game play » et des gadgets en plus (comme la vision infrarouge et nocturne). Pas de reproche à faire du point de vue graphique, les jeux d'ombres et de lumières sont parfaits, ce qui renforce encore l'ambiance. On touche quasi à la perfection. La grosse claque du moment et sans nul doute la meilleure suite de l'histoire ludique.
( Thierry Moutoy, Uccle )

 

FAR CRY - SY1401

Cédérom MPC, langue FR. Contient un livret.
UBI SOFT, 2004.

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Vous rêvez de vous retrouver sur une île tropicale, sable fin, mer bleue, cocotiers et jungle ? Des vacances style « Club Med » où les divertissements sont la conduite de jeep, la course pour semer des ennemis et le tir (à la grenade, au fusil ou au bazooka) ? Et bien l'embarquement est immédiat pour Far Cry . Mais attention, vous allez bien vite apprendre qu'une île paradisiaque peut vite se transformer en enfer.

Jack Carver officie comme chauffeur de taxi avec son voilier. Le voilà parti faire une course avec une journaliste, rien de plus banal, enfin jusqu'à ce qu'on le prenne pour cible à coups de roquettes. Notre héros bien malgré lui se retrouve échoué sur une île qui n'est pas si déserte que cela, il n'aura pas à jouer les Robinson Crusoé bien longtemps, il va comprendre assez vite qu'il n'y est pas le bienvenu et que sa cliente est visée.

Outre l'univers qui nous change des mondes futuristes gris et ternes, ce jeu a d'autres avantages à son actif. Graphiquement, c'est très joli (la finesse des détails est assez ahurissante, le paysage est à perte de vue comme dans le jeu Project IGI , mais plus coloré; la liberté de mouvement est agréable (on peut facilement se perdre dans la jungle pour admirer la végétation luxuriante ou sur la plage pour ramasser des coquillages), plusieurs approches sont possibles pour éliminer les ennemis. Autre point commun avec Project IGI , pas de sauvegarde rapide, ce n'est possible qu'une fois la mission terminée, ce qui rallonge considérablement la durée de vie du jeu et fait monter assez vite l'adrénaline. L'intelligence artificielle est plus que correcte, les ennemis se servent très bien du décor pour se dissimuler.
Bref, c'est le titre qui fait rimer divertissement et dépaysement. La bonne surprise du moment !
( Thierry Moutoy, Uccle )