WORLD VILLAGE, 2005.
Il faut le dire, j'attendais cet album avec impatience. L'album précédent
( Tamaas -
MY5765 ) m'avait séduite, le concert au Zuiderpershuis m'avait envoûtée.
Je m'attendais à un nouveau petit miracle : je suis impressionnée.
C'est incontestable, le oud est un instrument qui permet d'exprimer superbement
un large éventail de sentiments. Et les frères Joubran savent
y faire : voguant entre classicisme, tradition, composition et improvisation,
les émotions sont exprimées avec intensité.
Si le premier album, interprété par les deux frères aînés,
était en majeure partie composé de maqamat (mode mélodique
de la musique classique arabe), entrecoupés de taqsim (partie instrumentale
improvisée permettant de développer le maqam et d'en explorer
les possibilités), les morceaux du deuxième album sont, pour la
plupart, composés par les trois oudistes. La seule plage qui ne soit
pas une création ( Ahwak ) est une chanson de Mohamed Abdel
Wahab. Enregistrée en live à Ramallah, elle tranche avec les ambiances
plus « classiques » des compositions inspirées
par la tradition arabe et clôture un album qui, à mon sens, est
un des plus beaux de l'année.
(Isabelle Delaby, Woluwe-Saint-Pierre)
EDGE MUSIC, 2003.
Après Sol Negro et Nos, Virginia Rodrigues nous revient
avec Mares Profundos. Pour cet opus, elle s'essaie aux reprises, et
non des moindres, puisqu'elle habille de sa voix grave les classiques des années
soixante du poète Vinicius de Moraes et du guitariste Baden Powell. Issue
de la culture afro-brésilienne, Virginia Rodrigues se sent particulièrement
proche du répertoire afro-samba. Mieux que quiconque, elle nous sert
sur un plateau d'or onze morceaux réellement touchants. Pas étonnant
que Gaetano Veloso soit tombé sous le charme après l'avoir entendue.
Subjugué par cette voix particulière, comparée à
celle d'un ange, il l'aide à réaliser son premier album. Mentor
de la dame, il n'hésite pas à l'accompagner sur l'un ou l'autre
morceau. Cette belle histoire a démarré en 1996 et depuis, la
diva continue son petit bonhomme de chemin. Au début de sa carrière,
elle se reconnaissait trois handicaps : pauvre, noire et femme. Maintenant
artiste reconnue, elle est simplement une étoile qui brille au firmament
des meilleures chanteuses brésiliennes.
(Magda Ettalibi, Charleroi)
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