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Sélection du mois de mars 2006

 

CD du mois World / Chanson, extraits sonores de chaque plage sur notre site, CD disponible dans chacun de nos centres de prêt.

DUPAIN

LES VIVANTS - MP5057

Pochette MP5057.

LABEL BLEU, 2005.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Tout le monde
  • Extrait (format MP3) Le monde a faim
  • Extrait (format MP3) Tacheta
  • Extrait (format MP3) Septembre
  • Extrait (format MP3) Les vivants
  • Extrait (format MP3) Port de bouc
  • Extrait (format MP3) United bras cassés
  • Extrait (format MP3) Al khymia
  • Extrait (format MP3) En chemin
  • Extrait (format MP3) Bandit
  • Extrait (format MP3) Délit de langues

Dupain, ça réveille. « Tout le monde s'emmerde à essayer de ressembler à… Tout le monde s'énerve à essayer de s'en sortir. » Du chaudron multiculturel marseillais, une musique et des chants ouvrent un accès au ciel le plus large possible, embrassent le plus d'étoiles possible, refusent l'enfermement. Une puissante battue pour s'envoler, conquérir sa liberté. Très parfumée de langue occitane, de percussions persanes, de rythmes africains. Elle ne se replie sur aucun régionalisme, elle fonce au cœur du problème, elle parle à l'univers, sans intermédiaire, paysanne et urbaine. Avec une rythmique bagarreuse de militants chauds battant le pavé. Et des poésies pour gueulophone. L'originalité de Dupain tient à l'utilisation de la vielle à roue; elle mène la charge, vrillante, elle meule et broie les évidences noires, les défaitismes, les pessimismes, l'impuissance qui énerve. Elle déroule l'ancestralité d'états d'âme attachés à une identité et à ses luttes. Dupain affronte le grand énervement en convoquant tous les vivants dans une ronde forcenée. Vivants sont les vigilants, ouverts à la poésie, aux chemins de traverse, aux rencontres, disposés à inventer d'autres futurs. L'accordéon sème de l'espérance tendre. Le brassage d'autres voix, celles de Cor de la Plana, amène de l'oxygène. Un zapping effréné de langues sœurs galvanise les rêves de l'altermondialisme, en dénichant au passage, naturellement, des cadences ragga. Des chansons qui tiennent au corps et au rêve.
Dupain renforce le front des « Motivés » de Barcelone à Marseille en passant par Toulouse, Manu Chao, Dusminguet, Zebda, Fabulous, Massilia Sound System

 

Autres titres :

« Camina » - MP5056
« L'usina » - MP5055


Consulter :

www.dupainweb.com
www.label-bleu.com

PH

Depuis de nombreuses années, Marseille s'est taillé une réputation de « marmite culturelle bouillonnante ». Voici que nous sort de cette cocotte une « potion » des plus remarquables.
Après trois ans de silence, les Dupain produisent un troisième album épicé. Ils proposent une musique des plus personnelles dans laquelle se retrouvent des styles provenant de toute la Méditerranée, en même temps qu'une bonne dose de modernité. Les rythmes sont soutenus, voire hypnotiques, portés par une batterie et une basse puissantes qui n'occultent pas pour autant les instruments traditionnels - vielle à roue, mandole, accordéon, percussions.
Le chant, en occitan et en français, se veut revendicateur, dénonciateur, « pour les peuples sans terres et empêcheurs de consommer en rond ».
Quelques invités remarquables viennent rajouter du piment à la décoction : Bijan Chemirani, Lo Cor de la Plana, Christian Maes, Stelios Petrakis, pour ne citer qu'eux…
Un album nerveux et organique.
ID

JAL/SALIM

CEASEFIRE - MM3822

Pochette MM3822.

RIVERBOAT RECORDS, 2005.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Gua

Il était une fois un album peu ordinaire dont le début de chronique s'avérait difficile. Il nous vient du Soudan - ce qui n'arrive pas tous les jours - et est le résultat d'une collaboration relativement inattendue , celle d'un rappeur chrétien, Emmanuel Jal, et d'un chanteur, musicien et compositeur musulman, Abdel Gadir Salim.
Le premier a été enfant soldat et est devenu l'un des leaders de la jeune génération rap.
Le second est un des seuls au Soudan à jouir d'une notoriété internationale. Il maîtrise à la perfection les mélodies raffinées du nord de son pays.
On ne peut pas dire que le contexte se prête facilement à ce genre d'aventures au Soudan. La guerre civile a déchiré le pays entre le Nord musulman et le Sud chrétien jusqu'en 2005 où un cessez-le-feu a été établi entre le gouvernement et ses opposants.
La haute valeur symbolique de cette démarche saute alors directement aux yeux, d'autant plus que les dix morceaux, entre rap, funk et musique traditionnelle, sont autant de messages de paix et d'espoir pour ce pays africain.
ID

Nathalie NATIEMBÉ

SANKÈR - MM0477

Pochette MM0477.

MARABI, 2005.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Cilaos

Voici un album où règne le maloya, un genre musical de la Réunion qui se chante et se danse. Le chant créole y est porté par des percussions dont les rythmes ternaires lancinants rappellent qu'à l'origine, cette musique faisait partie d'un rituel sacré.
La voix très expressive de Nathalie Natiembé apporte force et originalité à la musique. Les paroles qu'elle a composées en créole font écho au rôle du griot qui raconte les événements de la vie historique et quotidienne de son pays.
Sa musique se nourrit également d'un retour aux sources culturelles qu'elle a effectué au Mozambique, des musiques de l'Océan Indien et d'artistes tels que Charles Trenet, Édith Piaf, Danyel Waro et Alain Peters.
L'énergie et la force émotive de Nathalie Natiembé et le maloya se concilient à merveille.
Comme quoi, pour reprendre l'expression de l'artiste elle-même, il est possible d'être à la fois « rock & roots » !
ID


L'oud, roi des instruments

L'oud est un instrument de musique à cordes pincées, utilisé dans la musique arabe, aussi appelé luth oriental. Son manche est lisse, non fretté, permettant de jouer, tel le violon, toutes les divisions de tons (quart de ton et tout micro-intervalle). Il est généreusement bombé, doté de quatre ou cinq cordes doubles que l'on pince avec un plectre en plume d'aigle.
L'oud est arrivé en Europe au Moyen Âge où il a été baptisé « luth » par contraction de Al-oud (qui signifie « le bois »).
Le luth trouve son berceau en Babylonie. Il a été découvert sur un bas-relief du temple d'Hammourabi. Présent chez les Assyriens, il apparaît en Égypte pendant la première civilisation pharaonienne où il était utilisé dans les cérémonies et les fêtes avec d'autres instruments antiques.
Des similitudes se trouvent aussi dans d'autres civilisations : en Chine, sous la dynastie des Tang, où il était appelé p'ip'a. Cette dernière était considérée comme instrument principal utilisé aussi bien pour l'accompagnement des chansons que pour des compositions mélodiques, en compagnie du kin chinois (instrument à cordes) et de la cithare qui comptait à l'époque une vingtaine de cordes. La p'ip'a est toujours largement jouée de nos jours.
L'expansion de la civilisation syrienne a su assurer la propagation de l'artisanat du luth de l'Asie au Moyen-Orient et, par la suite, à tous les pays arabes. Après la succession de plusieurs civilisations dans le Sud asiatique, en Asie mineure et en Irak, la Syrie a fait de tous ces pays le berceau du luth oriental « oud ». L'instrument possède un manche séparé comme l'instrument actuel (le manche et la caisse de l'ancien luth ou Al-birbat étaient d'une seule pièce). L'avènement de l'Islam avait fait de Médine un lieu de rencontre de tous les musiciens et de tous les luthiers. C'est cet essor artistique qui a permis au luth de pénétrer dans l'histoire de la musique arabe par la grande porte et d'acquérir ainsi une réputation bien distinguée parmi tous les autres instruments.
L'oud a voyagé jusqu'en Europe en transitant par l'Andalousie grâce au luthiste Ziryab qui va y ajouter une cinquième corde. À l'époque de ce talentueux luthiste, l'Andalousie est devenue la capitale mondiale de la musique arabe. Au XVe siècle, l'oud prend sa forme définitive avec l'ajout d'une sixième corde grave. L'oud est l'ancêtre des luths occidentaux; il a été introduit en Europe par le biais des royaumes arabes d'Espagne au cours du XIIIe siècle.
Longtemps cantonné au rôle d'accompagnement des chanteurs, l'oud va retrouver une nouvelle jeunesse grâce à l'Irakien Munir Bachir (disparu en 1997) qui va le propulser au rang d'instrument soliste. Munir Bachir avait commencé à entrecroiser sa musique avec celle d'un saxophoniste, d'un trompettiste et d'une chanteuse d'opéra. Depuis une quinzaine d'années, Anouar Brahem et Rabih Abou-Khalil ont systématisé le dialogue avec le jazz, le musette, le flamenco, les musiques africaines : le premier en jouant d'un élégant minimalisme, le second allant plutôt vers un foisonnement tous azimuts. En 2004, c'est le Syrien Khaled Al Jaramani qui popularise l‘instrument avec l'album Interzone enregistré avec le guitariste de Noir Désir, Serge Teyssot-Gay.
Ainsi, le luth est un instrument chargé de signification symbolique. Il incarne la convergence acoustique de l'Asie, de l'Europe et de l'Afrique qui forment la circonférence irrégulière de la Méditerranée.


Munir Bachir (du MX0440 à MX0449)
Anouar Brahem (MK0210, MK0211 et UB6928 à UB6932)
Rabih Abou-Khalil (UA0520 à UA0535).
HN