CD du mois World / Chanson, extraits sonores de chaque plage
sur notre site, CD disponible dans chacun de nos centres de prêt.
LABEL BLEU, 2005.
Dupain, ça réveille. « Tout le monde s'emmerde
à essayer de ressembler à… Tout le monde s'énerve
à essayer de s'en sortir. » Du chaudron multiculturel
marseillais, une musique et des chants ouvrent un accès au ciel le plus
large possible, embrassent le plus d'étoiles possible, refusent l'enfermement.
Une puissante battue pour s'envoler, conquérir sa liberté. Très
parfumée de langue occitane, de percussions persanes, de rythmes africains.
Elle ne se replie sur aucun régionalisme, elle fonce au cœur du
problème, elle parle à l'univers, sans intermédiaire, paysanne
et urbaine. Avec une rythmique bagarreuse de militants chauds battant le pavé.
Et des poésies pour gueulophone. L'originalité de Dupain tient
à l'utilisation de la vielle à roue; elle mène la charge,
vrillante, elle meule et broie les évidences noires, les défaitismes,
les pessimismes, l'impuissance qui énerve. Elle déroule l'ancestralité
d'états d'âme attachés à une identité et à
ses luttes. Dupain
affronte le grand énervement en convoquant tous les vivants dans une
ronde forcenée. Vivants sont les vigilants, ouverts à la poésie,
aux chemins de traverse, aux rencontres, disposés à inventer d'autres
futurs. L'accordéon sème de l'espérance tendre. Le brassage
d'autres voix, celles de Cor de la Plana, amène de l'oxygène.
Un zapping effréné de langues sœurs galvanise les rêves
de l'altermondialisme, en dénichant au passage, naturellement, des cadences
ragga. Des chansons qui tiennent au corps et au rêve.
Dupain renforce le front des « Motivés » de Barcelone
à Marseille en passant par Toulouse, Manu
Chao, Dusminguet,
Zebda,
Fabulous, Massilia
Sound System…
« Camina » -
MP5056
« L'usina » -
MP5055
www.dupainweb.com
www.label-bleu.com
PH
Depuis de nombreuses années, Marseille s'est taillé une réputation
de « marmite culturelle bouillonnante ». Voici que nous
sort de cette cocotte une « potion » des plus remarquables.
Après trois ans de silence, les Dupain produisent un troisième
album épicé. Ils proposent une musique des plus personnelles dans
laquelle se retrouvent des styles provenant de toute la Méditerranée,
en même temps qu'une bonne dose de modernité. Les rythmes sont
soutenus, voire hypnotiques, portés par une batterie et une basse puissantes
qui n'occultent pas pour autant les instruments traditionnels - vielle à
roue, mandole, accordéon, percussions.
Le chant, en occitan et en français, se veut revendicateur, dénonciateur,
« pour les peuples sans terres et empêcheurs de consommer en
rond ».
Quelques invités remarquables viennent rajouter du piment à la
décoction : Bijan
Chemirani, Lo
Cor de la Plana, Christian
Maes, Stelios
Petrakis, pour ne citer qu'eux…
Un album nerveux et organique.
ID
RIVERBOAT RECORDS, 2005.
Il était une fois un album peu ordinaire dont le début de chronique
s'avérait difficile. Il nous vient du Soudan - ce qui n'arrive pas
tous les jours - et est le résultat d'une collaboration relativement
inattendue , celle d'un rappeur chrétien, Emmanuel
Jal, et d'un chanteur, musicien et compositeur musulman, Abdel
Gadir Salim.
Le premier a été enfant soldat et est devenu l'un des leaders
de la jeune génération rap.
Le second est un des seuls au Soudan à jouir d'une notoriété
internationale. Il maîtrise à la perfection les mélodies
raffinées du nord de son pays.
On ne peut pas dire que le contexte se prête facilement à ce genre
d'aventures au Soudan. La guerre civile a déchiré le pays entre
le Nord musulman et le Sud chrétien jusqu'en 2005 où un cessez-le-feu
a été établi entre le gouvernement et ses opposants.
La haute valeur symbolique de cette démarche saute alors directement
aux yeux, d'autant plus que les dix morceaux, entre rap, funk et musique traditionnelle,
sont autant de messages de paix et d'espoir pour ce pays africain.
ID
MARABI, 2005.
Voici un album où règne le maloya, un genre musical de la Réunion
qui se chante et se danse. Le chant créole y est porté par des
percussions dont les rythmes ternaires lancinants rappellent qu'à l'origine,
cette musique faisait partie d'un rituel sacré.
La voix très expressive de Nathalie
Natiembé apporte force et originalité à la musique.
Les paroles qu'elle a composées en créole font écho au
rôle du griot qui raconte les événements de la vie historique
et quotidienne de son pays.
Sa musique se nourrit également d'un retour aux sources culturelles qu'elle
a effectué au Mozambique, des musiques de l'Océan Indien et d'artistes
tels que Charles
Trenet, Édith
Piaf, Danyel
Waro et
Alain Peters.
L'énergie et la force émotive de Nathalie Natiembé et le
maloya se concilient à merveille.
Comme quoi, pour reprendre l'expression de l'artiste elle-même, il est
possible d'être à la fois « rock & roots » !
ID
L'oud est un instrument de musique à cordes pincées, utilisé
dans la musique arabe, aussi appelé luth oriental. Son manche est lisse,
non fretté, permettant de jouer, tel le violon, toutes les divisions
de tons (quart de ton et tout micro-intervalle). Il est généreusement
bombé, doté de quatre ou cinq cordes doubles que l'on pince avec
un plectre en plume d'aigle.
L'oud est arrivé en Europe au Moyen Âge où il a été
baptisé « luth » par contraction de Al-oud (qui
signifie « le bois »).
Le luth trouve son berceau en Babylonie. Il a été découvert
sur un bas-relief du temple d'Hammourabi. Présent chez les Assyriens,
il apparaît en Égypte pendant la première civilisation pharaonienne
où il était utilisé dans les cérémonies et
les fêtes avec d'autres instruments antiques.
Des similitudes se trouvent aussi dans d'autres civilisations : en Chine,
sous la dynastie des Tang, où il était appelé p'ip'a. Cette
dernière était considérée comme instrument principal
utilisé aussi bien pour l'accompagnement des chansons que pour des compositions
mélodiques, en compagnie du kin chinois (instrument à cordes)
et de la cithare qui comptait à l'époque une vingtaine de cordes.
La p'ip'a est toujours largement jouée de nos jours.
L'expansion de la civilisation syrienne a su assurer la propagation de l'artisanat
du luth de l'Asie au Moyen-Orient et, par la suite, à tous les pays arabes.
Après la succession de plusieurs civilisations dans le Sud asiatique,
en Asie mineure et en Irak, la Syrie a fait de tous ces pays le berceau du luth
oriental « oud ». L'instrument possède un manche
séparé comme l'instrument actuel (le manche et la caisse de l'ancien
luth ou Al-birbat étaient d'une seule pièce). L'avènement
de l'Islam avait fait de Médine un lieu de rencontre de tous les musiciens
et de tous les luthiers. C'est cet essor artistique qui a permis au luth de
pénétrer dans l'histoire de la musique arabe par la grande porte
et d'acquérir ainsi une réputation bien distinguée parmi
tous les autres instruments.
L'oud a voyagé jusqu'en Europe en transitant par l'Andalousie grâce
au luthiste Ziryab qui va y ajouter une cinquième corde. À l'époque
de ce talentueux luthiste, l'Andalousie est devenue la capitale mondiale de
la musique arabe. Au XVe siècle, l'oud prend sa forme définitive
avec l'ajout d'une sixième corde grave. L'oud est l'ancêtre des
luths occidentaux; il a été introduit en Europe par le biais des
royaumes arabes d'Espagne au cours du XIIIe siècle.
Longtemps cantonné au rôle d'accompagnement des chanteurs, l'oud
va retrouver une nouvelle jeunesse grâce à l'Irakien Munir
Bachir (disparu en 1997) qui va le propulser au rang d'instrument soliste.
Munir Bachir avait commencé à entrecroiser sa musique avec celle
d'un saxophoniste, d'un trompettiste et d'une chanteuse d'opéra. Depuis
une quinzaine d'années, Anouar
Brahem et Rabih
Abou-Khalil ont systématisé le dialogue avec le jazz, le musette,
le flamenco, les musiques africaines : le premier en jouant d'un élégant
minimalisme, le second allant plutôt vers un foisonnement tous azimuts.
En 2004, c'est le Syrien Khaled Al Jaramani qui popularise l‘instrument
avec l'album Interzone
enregistré avec le guitariste de Noir
Désir, Serge
Teyssot-Gay.
Ainsi, le luth est un instrument chargé de signification symbolique.
Il incarne la convergence acoustique de l'Asie, de l'Europe et de l'Afrique
qui forment la circonférence irrégulière de la Méditerranée.
Munir Bachir (du
MX0440 à
MX0449)
Anouar Brahem (MK0210,
MK0211
et UB6928
à UB6932)
Rabih Abou-Khalil (UA0520
à UA0535).
HN
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