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SÉLECTION DU MOIS DE JANVIER 2007

 

 

ETRAN FINATAWA

INTRODUCING ETRAN FINATAWA - ML7950

Pochette ML7950.

WORLD MUSIC NETWORK, 2006.

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Étonnante rencontre entre musiciens touaregs et chanteurs wodaabe, cette extraordinaire population peule du Niger. Les Touaregs apportent leur blues du désert, guitares électriques guidant la caravane de chants et de percussions. Les Wodaabe apportent leur mélodies lancinantes, cette espèce de longue plainte qu’ils partagent à plusieurs voix tant dans leurs chants de guérison que dans ceux de séduction ou encore dans leurs pratiques pastorales. Les rythmes hypnotiques, la répétition des mêmes schémas, le hululement d’une flûte peule, les accords électriques des six cordes construisent un ensemble original qui dessine un paysage de déserts, de dunes et de pâturages arides. Rencontre de deux cultures nomades, Etran Finatawa est un exemple riche dans l’univers des musiques du monde où les mélanges se font plus souvent sur des recettes exotiques que sur le rapprochement de deux peuples voisins qui partagent nécessairement de nombreuses préoccupations.
Étienne Bours

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ROUGH GUIDE TO THE MUSIC OF MALAYSIA - MY3165

WORLD MUSIC NETWORK, 2006.

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Les musiques de Malaisie sont une constante surprise, un voyage oriental entre influences multiples dont l’Inde et Hollywood, mais aussi la Chine. Et puis cet accordéon si présent, tantôt oriental, tantôt ‘variété’, très rutilant, puis très arabesque. Curieuses musiques à la croisée de multiples chemins, envolées kitch, débordements sucrés, ambiances irréelles sorties de films dégoulinants de sentimentalisme. Mais ce carrefour, qui n’a peut-être l’air de rien, est intéressant et révélateur puisqu’on y retrouve tant de styles, tant de spectres d’autres musiques qui seraient venues verser leur trop-plein sur la Malaisie. Entre ghazal indien, dangdut indonésien, danse du ventre orientale, pop sixties, arrangements exotiques à la sauce world plus douce qu’aigre-douce, la Malaisie mérite une écoute et ce disque en offre un beau panorama.
Éteinne Bours


 

GOLDEN AFRIQUE VOL.3 - MJ0173

NETWORK MEDIEN, 2006. Enregistrement 1939-1988.

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Troisième double CD consacré aux musiques africaines et magnifiquement organisé par le label allemand Network. Cette fois, nous sommes en Afrique du Sud, au Zimbabwe, en Zambie et au Malawi. Le premier CD débute magistralement avec la version de MbubeLe lion est mort ce soir», ça vous dit quelque chose ?) de Solomon Linda, le compositeur dont les droits furent spoliés jusqu’il y a peu. Puis l’histoire se déroule, entre chorales zulu, musique jive, mbaqanga, jazz sud-africain et les divers styles qui ont évolué entre les traditions locales, les guitares importées, la rumba qui s’étend à travers le continent… Deux disques pour un large tour d’horizon qui ne peut que pousser l’auditeur à en vouloir plus et à se plonger dans les riches discographies consacrées au sud de l’Afrique.
Étienne Bours

 

CROOKED STILL

SHAKEN BY A LOW SOUND - MB1655

Pochette MB1655.

SIGNATURE SOUNDS, 2006.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Little Sadie
  • Extrait (format MP3) Ecstasy

Pour ceux qui pensent avoir tout entendu et qui méprisent les musiques « blanches » américaines sous prétexte qu’elles se répètent depuis près d’un siècle, Crooked Still s’impose. Ces quatre jeunes musiciens jouent un subtil mélange de musique old time et de bluegrass très personnel. Les ingrédients sont empruntés aux traditions ancestrales, au blues de Robert Johnson, à Mister Dylan himself, à Bill Monroe, au gospel… et le tout est réparti entre violoncelle, banjo, contrebasse, guitare occasionnelle et l’excellente voix de Aoife O’Donovan (déjà rencontrée dans un autre groupe jeune qui mérite autant le détour, The Mammals : « Rock that Babe » MB8890). Quelques invités de marque ajoutent, ici et là, violon et voix. Cette recette de cordes frottées et de voix venant du fond du terroir fait mouche. Le genre est une fois de plus réinventé. Le banjo clair et franc rebondit avec plaisir sur les tapis des archets, un tapis épais, profond, chaleureux, voluptueux. Les États-Unis et leurs jeunes générations ont réussi cette générosité et cette inventivité dans le renouveau du répertoire qui continue de nous raconter le Sud profond, les hivers des montagnes, mais aussi l’errance du pèlerin, la ville et les histoires graves du petit peuple. Magistral !
Étienne Bours

 

BOOM PAM

BOOM PAM - MA1470

Pochette MA1470.

ESSAY RECORDINGS, 2006.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Wedding song
  • Extrait (format MP3) Gross

Quand un groupe de Tel-Aviv débarque avec deux guitares électriques, un tuba et une batterie, ça fait boom pam du début à la fin, on prend son pied, on ne s’ennuie pas une seconde et puis on se demande où on va bien pouvoir classer cette musique. En musiques du monde pardi puisqu’ils nous viennent d’Israël et puis, toutes les musiques sont des musiques du monde de toute façon ! Alors si c’est pour vous donner une idée exacte de ce que sont les musiques traditionnelles juives, il vaut mieux vous plonger dans le reste de la discographie. Par contre si vous avez envie de découvrir une musique ouverte, festive, incisive, gorgée de sons empruntés à tous les courants possibles, alors Boom Pam va vous ravir. Le tuba ronfle derrière les deux guitares, il fait la basse à juste titre mais avec ce côté cuivré qui nous rappelle précisément quelques joyaux de la musique klezmer. Les deux guitares déballent des enfilades de notes, comme autant de mélodies de danses ou airs traditionnels. Le tout avec effets et avec un sens du son qui prouve que ces deux musiciens ont une culture rock. Ça rappelle d’autres groupes qui, depuis les années 60 et 70, explorent les traditions de Suède, d’Angleterre ou d’Irlande avec force guitares électriques, basse et batterie. Au fond, nous sommes ici encore dans une sorte de folk rock version XXIe siècle. Et ça roule, la batterie complétant le tout quand ce n’est pas un saxophone ou un banjo que l’un des musiciens troque en échange de sa guitare. À écouter sans préjugé. Cette musique pourrait faire crouler certains murs de la honte !
Étienne Bours

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SHTETL SUPERSTARS. FUNKY JEWISH SOUNDS FROM AROUND THE WORLD - MA6095

Pochette MA6095.

TRIKONT-UNSERE STIMME, 2006.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Adir alam
  • Extrait (format MP3) Adventures of Rabbi Jacob

Après avoir écouté le disque de Boom Pam (MA1470), le voyage peut se poursuivre avec ce disque hors des sentiers battus. Trikont, qui nous a habitués à des compilations hasardeuses mais excitantes, nous propose cette fois un tour d’horizon des facettes humoristico-espiègles des musiques klezmer. L’humour juif, ça se pratique aussi en musique. La preuve avec des musiques qui flirtent avec l’électro, le rock, le funk, le rap, le reggae… sans jamais donner l’impression de se prendre au sérieux ou de vouloir donner une leçon de musique. Le tout avec un fond juif, un langage, un accent, une respiration, une cadence… ce petit quelque chose qui nous rappelle ce que ces diables de musiciens klezmorins sont capables de faire et ce que leurs répertoires sont à même de leur fournir. À déguster sans limite.
Étienne Bours

 

Dona Dumitru SIMINICA

SOUNDS FROM A BYGONE AGE VOL.3 - MU3807

Pochette MU3807.

ASPHALT TANGO, 2006.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) De trei ani nu dau pe acasa
  • Extrait (format MP3) Osoreia osbaro

Saluons d’abord, encore et encore, ce label atypique qui est capable de nous offrir d’anciens chanteurs tsiganes autant que de nouveaux musiciens, groupes et chanteurs rom des villes et faubourgs d’aujourd’hui. Retour dans les années 60 avec Dona Dumitru Siminica, sa voix de falsetto et cette espèce de blues lancinant qu’il laissait couler sur un épais tapis de cymbalum, de contrebasse, d’accordéon et de violon. Parfois les instruments se concertent pour partir en escapade instrumentale et ça danse comme ça a toujours dansé en Roumanie. Puis revient le chant, incomparable, une voix qui rappelle les plus grandes chanteuses du genre et qui nous prouve qu’un homme aussi est capable de cette mélancolie hivernale, ce paysage chanté qui sent le froid, la séparation, la douleur, le destin. Les chanteurs de fado n’ont qu’à bien se tenir; ils ont la saudade, les Roumains ont le dor, cette délectation morose qui ne s’exprime que par le chant. À écouter fort, seul face aux arbres nus.
Étienne Bours