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Sélection du mois d'Avril 2007

 


DJUWEL : « Arabo-andalou revisité »
(Playa Sound, 2006)
MJ2490
La musique arabo-andalouse est un monument qui a traversé les siècles sans rien perdre de sa superbe. Personnellement, je suis fan. Du coup, quand j’entends parler d’un album intitulé: Arabo-andalou revisité, je piaffe et me précipite vers le lecteur.
Quel défi! Revisiter une musique plusieurs fois centenaire! Ma curiosité est à son comble.
Compositions et nouba d’Alger se partagent l’album. Les cordes s’en donnent à cœur joie: oud, violoncelle, guitare. Le chant est nettement à l’avant-plan, très clair. Le contraste entre l’instrument oriental et les instruments « occidentaux » est intéressant, j’aime particulièrement l’apport des sonorités chaudes du violoncelle.
À vrai dire, plutôt que d’une expérimentation, il s’agit d’une rencontre: celles des cultures arabes et occidentales, avec la création de ce trio à l’occasion d’une soirée de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun al Saadi. À l’heure où les médias ne parlent que de « chocs des cultures », ce trio, qui veut prouver que la rencontre est possible et belle, mérite toute notre attention.
Habib Guerroumi est le dépositaire de la tradition arabo-andalouse dans ce groupe. Il travaille sur ce répertoire depuis de nombreuses années et ses interprétations dépouillées ont fait sa réputation. Cette simplicité est d’ailleurs largement perceptible sur cet album.
Christian Vasseur et Jean-Christophe Lannoy constituent le pôle occidental du trio. Le premier est compositeur et guitariste. Il a une longue expérience en musique ancienne. Le second est violoncelliste classique. Ce côté « classique » est également prégnant sur le CD.
L’album est très beau, très travaillé, parfois un peu froid. Il lui manque cette effusion, cette expressivité propre aux musiques orientales mais, malgré ce bémol, c’est une réussite.
Isabelle Delaby
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Anthologies Générales : « Boogaloo Pow Wow »
(Honest Jon’s Record, 2006)
ME0129
Entre l’avènement des musiques latino-américaines et leur popularisation dans les années 50 (mambo, rumba, cha-cha-cha) et leur désignation dans les années 70 sous le nom générique de salsa, le quartier de l’El Barrio (le Spanish Harlem) à New York City fut, grâce à l’impulsion donnée par les importantes communautés cubaine et portoricaine récemment établies sur le sol américain, le creuset momentané d’une multitude de nouvelles danses. Pachanga, Tipico et, faisant l’objet de cette compilation, l’étonnant boogaloo, un genre marqué par l’influence conjuguée du jazz, du mambo, du rhythm’n’blues et même du calypso, en des dosages à chaque fois différents. Car, à cette époque, la jeunesse hispanique, encore imprégnée de l’héritage musical parental, subit tout aussi fortement l’attrait pour les nouvelles musiques noires nées en marge des luttes pour les droits civils. De là ces saccades funk et ces accents soul qui agitent le boogaloo, un style d’ailleurs nommé en référence à une danse pratiquée par les Black Americans.
Croisement et fusion spontanés des traditions culturelles respectives des jeunesses afro-américaines et nuyoricaines, le boogaloo rompt avec la rigueur stylistique du mambo ou du cha-cha-cha: les trompettes se font criardes, la production favorise un son rugueux, congas et bongos s’indisciplinent, le tout scandé par le slang anglo-hispanique des chanteurs. Certains musiciens déjà établis, tels Perez Prado, Machito ou Tito Puente, tenteront de coller à un mouvement qui restera avant tout l’apanage de jeunes formations (La Playa Sextet) ou d’artistes qui, à l’image du fameux percussionniste Willie Bobo et de Joe Loco, résumeront presque à eux seuls le boogaloo. En dix-sept titres, Boogaloo Pow Wow n’épuise évidemment pas son sujet, mais révèle quelques titres délurés et bien chaloupés: le bien nommé Cool Jerk de Kako, Calypso Blues de Willie Rasario, sorte d’avatar pour bongo et voix du standard Fever ou encore le pimpant Feelin’ The Pain de Dianne & Carole qui aurait aisément pu sortir de l’usine à tube de la Motown. Pas étonnant donc de voir, en ce temps-là, les mods londoniens sacrifier jusqu’à leur dernier sta-prest afin de mettre la main sur ces précieux et introuvables 45 tours.
La salsa marquera l’abandon de ce genre bâtard, reflet des temps changeants d’une époque, et un retour à un socle musical plus stable et imprégné de « latinité ». Malgré tout, du rock à la latin house, des ponts auront été jetés vers l’avenir.
Jacques de Neuville

Parcours discographique :
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Anthologies Générales : « Rough Guide To Boogaloo » - ME3219
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Anthologies Générales : « El Barrio. The Bad Boogaloo » - ME0298
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Anthologies Générales : « Quiero Boogaloo ! ! ! » - ME0236
-
Pete RODRIGUEZ : « El Rey Del Boogaloo ! » - MF6375
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Anthologies Générales : « El Barrio. Gangsters, Latin Soul & The Birth Of Salsa » - ME0130
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Anthologies Générales : « Sensacional Soul 1966-1976 » - K 8058 (compilation de soul espagnole des années 60)
- Anthologies Générales : « Nuyorican Soul » - K 8304 (projet house latino initié par le duo de producteurs Masters At Work)
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