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SÉLECTION DU MOIS DE MAI 2007

 

 

CD DU MOIS

 

WANG LI

CHINE: GUIMBARDE - MV6660

Pochette MV6660.

CINQ PLANETES, 2006.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Le petit garçon
  • Extrait (format MP3) Mon ami l’escalier
  • Extrait (format MP3) Dans la rizière
  • Extrait (format MP3) La marelle
  • Extrait (format MP3) L’heure du Krümm
  • Extrait (format MP3) Lolilo
  • Extrait (format MP3) Conversation avec mon grand-père
  • Extrait (format MP3) Le calme avant la tempête
  • Extrait (format MP3) Pousses
  • Extrait (format MP3) Entre père et fils
  • Extrait (format MP3) Frénésie des corps
  • Extrait (format MP3) La plus belle des Yi
  • Extrait (format MP3) Jeu de mouchoir
  • Extrait (format MP3) Diodio
  • Extrait (format MP3) Sans

Wang Li nous apporte le chaînon manquant dans une partie de l’histoire de l’organologie. Comment l’homme a-t-il pensé à passer d’une guimbarde, simple lamelle que l’on fait vibrer, à des instruments plus
complexes où plusieurs lamelles, ou anches libres, sont placées côte à côte dans un même instrument et vibrent sous l’effet de l’air insufflé. On pense alors à l’orgue à bouche oriental ou à l’harmonica et aux accordéons. Le passage est suggéré par cette étrange guimbarde jouée par Wang Li qui ne se contente pas d’une lamelle mais de plusieurs tenues dans la main et placées devant la bouche successivement et rapidement selon les besoins du musicien. C’est la guimbarde à plusieurs lamelles en quelque sorte et le jeu en est surprenant puisqu’on entend le musicien changer de tonalité. Certes, certains musiciens Sakha de Yakoutie passent parfois rapidement d’une guimbarde à l’autre mais l’effet est moins immédiat. On sent ici la genèse de ce qui devait inévitablement devenir un autre instrument de musique. Et Wang Li excelle, non seulement dans son jeu brillant, mais aussi dans ses compositions inventives et évocatrices comme peuvent l’être les musiques d’Extrême-Orient. Un must pour les collectionneurs, les amateurs, les curieux, les passionnés de sons, les amoureux des musiques du monde, les amateurs de musiques sans frontières…
Étienne Bours
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CHRONIQUES


SOUL FLOWER MONONOKE SUMMIT

DERACINE CHING DONG - MX6156

SOUL FLOWER RECORD, 2005.

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Soul Flower Mononoke Summit est un projet parallèle du groupe de rock japonais Soul Flower Union, groupe folko-rock actif depuis 1993. Dans sa version Mononoke Summit, réactivée de loin en loin, le temps d’un album ou d’une tournée, le groupe rend hommage aux traditions musicales les plus populaires (au sens « issu du peuple ») du Japon. Le Ching-Dong qu’ils pratiquent tire son origine des colporteurs et « musiciens publicitaires » du début du siècle, vantant leurs produits et haranguant la foule en s’accompagnant d’une grosse caisse et d’une cymbale (d’où l’appellation de Ching-Dong). Mêlé et fusionné à d’autres traditions comme la musique d’Okinawa, celle des Ainus (la population originelle du Japon) ou à la musique populaire coréenne, il devient une musique de rue, à la fois musique de fête et de révolution. Il évoque les dernières scènes du film Eijanaika de Shohei Imamura, une atmosphère de délire carnavalesque où tout pourrait basculer. Contrepoint heureux aux tentatives du nouveau Premier ministre japonais de tirer un trait sur les agissements du Japon durant la dernière guerre mondiale, entendez par-là nier (du verbe « nier » comme dans « négationniste ») les divers massacres en Chine, en Corée, etc. ainsi que l’enlèvement de milliers de jeunes filles chinoises et coréennes, embarquées de force pour le Japon afin de servir de « comfort women » pour les troupes, le groupe se veut une mémoire du Japon, dans sa culture musicale populaire, avant l’américanisation et la commercialisation de la musique, mais aussi dans son histoire « de gauche », luttes antimilitaristes, mouvements ouvriers, etc. Soul Flower Mononoke Summit se veut ainsi un groupe « social » même si ses membres se défendent d’être un groupe politique ou engagé. Ils se produisent généralement dans des circonstances particulières, pour des « benefit concerts » dans des camps de réfugiés au Timor, en Palestine ou plus près de chez eux pour les Burakus (la classe d’intouchables du Japon) rejetés et niés depuis des siècles ou encore pour les victimes du tremblement de terre de Kobe en 1995. Deracine Ching-Dong est donc un titre plus qu’approprié pour ce disque, reflet d’une fête de rue aux tambours et au mégaphone où l’érudition folkloriste n’empêche pas de danser comme des diables.
Benoît Deuxant
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Matthias LOIBNER

AUTRICHE: VIELLE À ROUE - MN3375

Pochette MN3375.

CINQ PLANETES, 2005.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Razvrastanata * Deviko mari hubava

Ce musicien inventif semble être un inconnu au bataillon des musiques dites du monde; mais l’Autriche, son pays, est inconnue sur cette planète des musiques world. Pas assez branché, pas exotique, trop
kitsch, ringard… ce pays de traditions aussi vieilles que ses montagnes n’a pas droit au chapitre. Dommage ! D’autant que, lorsqu’on écoute des groupes comme Deishovida, on se rend compte qu’il peut se passer quelque chose là comme ailleurs. Et Matthias Loibner fait partie de Deishovida ! Ici, comme c’est la coutume chez cet important label Cinq Planètes, il joue seul pour faire découvrir son instrument, la vielle à roue, sans autre artifice ni intervention extérieure. Et le bougre sait jouer. Il triture le son avec volupté, il malaxe les éléments empruntés à diverses traditions, il compose intelligemment, il invente une démarche musicale hors des temps et des sentiers battus et réussit dès lors à s’imposer comme un des grands de la vielle à roue, aux côtés des Gilles Chabenat, Patrick Bouffard, Nigel Eaton, Pascal Lefeuvre, German Diaz, Valentin Clastrier et… tant d’autres.
Étienne Bours
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GNAWA HOME SONGS - MJ8223

Pochette MJ8223.

ACCORDS CROISES, 2006.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Hamadi

Retour tout au fond de ce que les Gnawa véhiculent dans leur musique, ce quelque chose d’indicible qui fait le lien entre l’univers des Djinns et celui du quotidien. Retour à une musique chevillée au corps du
social et de son inextricable entrelacs d’avec le spirituel. Guembri et voix appellent les esprits qui hantent cette cosmogonie totale, cette saga des sables et de la chaleur. Ici la musique guérit, elle entretient, elle tisse, elle parle, elle transmet, elle perce les secrets de la nuit qu’elle habille d’une foule de chants. Sans elle, le passé ne rejoindrait pas l’avenir. Ce disque nous invite à écouter ce blues d’un autre monde porté par quelques maîtres incontestés du genre. Une pièce fondamentale au sein d’une discographie témoin.
Étienne Bours
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ART OF FIELD RECORDING (SAMPLER CD) - MA5031

Pochette MA5031.

DUST TO DIGITAL, 2006. Enregistrement 1956-2006.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Big road blues

Il est peintre et musicien, musicologue et passionné; il a arpenté les États-Unis l’enregistreur à l’épaule. Au fil des ans, Art Rosenbaum a rassemblé une formidable collection d’enregistrements de terrain. En attendant le coffret qu’il nous promet, on étanche sa soif avec cet échantillon de vingt-quatre pièces allant du gospel au blues, de la ballade aux airs de banjo ou d’arcs à bouche, de la danse traditionnelle aux airs de string bands… Un régal, de la vraie musique, faite par de vrais gens, ceux qui vivent en grattant la terre avec les mêmes mains que celles qui pincent les cordes de banjo ou serrent l’archet du violon; ces gens qui prient en chantant pour que le ciel leur soit clément. Ces gens pour qui un micro ne change rien puisqu’une fois le collecteur parti, la musique reprend sa place, aux côtés des autres activités du quotidien, ni plus ni moins. Indispensable !
Étienne Bours
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Elizabeth MITCHELL

YOU ARE MY LITTLE BIRD - MC0000

Pochette MC0000.

SMITHSONIAN/FOLKWAYS RECORDS C, 2006.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) If you listen

On sait que la chanson pour enfants a tendance à prendre ceux-ci pour des imbéciles. On sait que ces petits ne sont pas si bêtes que ça et qu’ils écoutent en cachette les disques pop de leurs grands
frères et sœurs. Cependant, il existe de par le monde une multitude de chansons qui leur sont destinées et qui méritent encore le détour. Il est aussi, heureusement, des chanteurs intelligents qui s’en vont gratter le vernis de ces vieux répertoires et s’amusent à les faire revivre avec des instruments crépitant de bonheur et de malice. Elizabeth Mitchell a trempé ses lèvres dans des petites ritournelles glanées ici et là, elle y ajoute des chansons écrites par Woody Guthrie, Lou Reed, Bob Marley, Gillian Welch, Vashti Bunyan… elle confie le tout à des banjos, guitares, harmonica, claviers, violon… Elle chante et joue comme si elle était chez elle. Elle ne prétend pas éviter l’inévitable: l’attrait vers le rock et son apport salutaire. Elle joue juste sur les tendances et son disque impose un charme appréciable.
Étienne Bours
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AL AIRE DE JEREZ. LA HERENCIA CANTAORA DE 3 FAMILIAS GITANAS - MO0212

Pochette MO0212.

NUEVOS MEDIOS, 2006.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Solea del tio pacote

Jerez, bastion gitan de l’Andalousie. Jerez joue et chante la nuit, tard, très tard. Les jeunes Gitans s’y pressent dans de petites peñas pour écouter les grands chanteurs et les guitaristes impassibles.
Passer une nuit à Jerez, c’est brûler un coin de son passeport à tout jamais. Ce petit coffret de trois CD nous offre le chant de trois familles de Gitans de cette ville folle. Ça sent le manzanilla, on devine le souffle des robes des danseuses tournant fièrement sur le bruit des palmas et le rythme de la guitare. Les chanteurs pleurent leurs couplets dans un délire voluptueux, entre drame et extase. Los Moneo, Los Zambo et Los de la Morena ne vous trompent pas sur la marchandise; c’est bien de flamenco qu’il s’agit ici au sens noble du genre: le cante jondo. Torride !
Étienne Bours
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