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SÉLECTION DU MOIS DE SEPTEMBRE 2007

 

 

CD DU MOIS

 

Didier FRANÇOIS & G. CHABENAT, & G. YACOUB

DANS L'OUBLI DU SOMMEIL / BRAND NEW WORLD - MN3896

Pochette MN3896.

HOME RECORDS COMPACT (BEL), 2007.

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Extraits sonores
  • Extrait (format MP3) Le vieux corsaire de Flandres
  • Extrait (format MP3) Ubac
  • Extrait (format MP3) Om än jag än reste
  • Extrait (format MP3) Dans l’oubli du sommeil
  • Extrait (format MP3) Clou
  • Extrait (format MP3) En konstig fan
  • Extrait (format MP3) Ekkerhard
  • Extrait (format MP3) Le vautour philosophe
  • Extrait (format MP3) Traces
  • Extrait (format MP3) L’oiseau aux ailes noires
  • Extrait (format MP3) Où la pluie même cogne le sol à fendre
  • Extrait (format MP3) Ouverture
  • Extrait (format MP3) La tectonique des plaques esthétiques
  • Extrait (format MP3) Vois mon enfant
  • Extrait (format MP3) Le grand rouge
  • Extrait (format MP3) Le cliquetis des sentiments desséchés
  • Extrait (format MP3) Salamandre
  • Extrait (format MP3) Seento
  • Extrait (format MP3) Fire & rain
  • Extrait (format MP3) Le brochet
  • Extrait (format MP3) Bleu
  • Extrait (format MP3) Pour la terre
  • Extrait (format MP3) Le grand rouge bis

La pochette de ce double CD reproduit une peinture de l’artiste flamand Pol Bonduelle. On y voit une main rouge qui se dirige vers une sphère représentant le Monde; toute une symbolique qui peut laisser
présager du contenu. À la première écoute de l’ensemble, ce qui frappe c’est la grande qualité du travail de son qui confère aux cordes et aux chants une couleur envoûtante. Cette prouesse a été réalisée par Michel Van Achter, fondateur du jeune label liégeois Homerecords.be.

Les seuls fils qui relient les deux volets de ce diptyque sont le jeu et les compositions du musicien belge Didier François, instigateur du projet. En effet, chacun des disques possède une démarche propre et mérite une attention particulière. Commençons par l'album Dans l’oubli du sommeil qui consacre le talent conjugué de deux artistes en harmonie complète. À l’instar des fourmis, Gilles Chabenat (vielle à roue) et Didier François (nyckelharpa et violon) n’ont qu’à connecter leurs antennes pour rentrer en communication absolue. Ces deux têtes chercheuses se sont trouvées il y a de ça dix ans et n’ont eu cesse de se donner rendez-vous. Pour la première fois, ils présentent, en duo, onze instrumentaux qui rivalisent d’audace et d’ingéniosité. Nourri de folk, de classique ancien et contemporain, et d’aventures expérimentales, le duo propose une musique très personnelle qui a digéré et dépassé ses influences. Déjà, les titres ( Le vieux corsaire de Flandres, Ubac, Le vautour philosophe) chatouillent notre curiosité qui se voit récompensée par l’éclectisme du répertoire. Uniques références claires à la tradition, deux airs intemporels suédois ont bénéficié des retouches de ces frères de claviers. Les six compositions de Didier François sont des pièces méditatives dans la lignée d’Arvo Pärt ou encore des paysages sonores où les mélodies subtiles demandent qu’on les apprivoise. Elles nous pénètrent lentement et profondément. Et puis, il y a ces deux morceaux plus déconstruits composés par Gilles Chabenat qui apportent une bouffée d’air psychédélique. On reste sans voix devant la palette de timbres que ce magicien arrive à tirer de sa vielle à roue électroacoustique. Par moments même, il installe une rythmique qui peut faire penser aux orgues à bouche de l’Asie du Sud-Est. Nyckelharpa et vielle se marient à merveille pour offrir un bouquet garni de résonances sympathiques. S’écartant des racines traditionnelles sans les renier, François et Chabenat portent aux nues une musique hypnotique à souhait.

Plutôt qu’un dialogue, Brand New World est la résultante de deux univers imbriqués : celui de Didier François (méditatif et cinétique) et celui de Gabriel Yacoub (symbolique et alchimique). Ayant tous deux grandi dans un terreau de musiques traditionnelles, les compères se comprennent. Ils se respectent et savent se mettre au service de la musique de l’un et de l’autre. Au verso de l’objet, on nous prévient. Il s’agit ici de nous initier à un Monde tout neuf et de l’invoquer en louant le brut de la nature et le vrai des éléments. Entre six poèmes chantés de Yacoub, Didier François pose des ponts et des pauses musicales, entrelacs savants de pistes de violon et de nyckelharpa. On peut y entendre, en filigrane, une plainte sinueuse typiquement yacoubienne (La tectonique des plaques esthétiques), une flopée polyglotte de mots bleus et éthérés (Bleu) et une envolée de voix de tête (Pour la terre). Dans les chants qui font directement penser aux ballades a capella de Malicorne, les cordes arrivent, sans chahuter, à se frayer un chemin porteur. La voix douce-acide de Sylvie Berger et celle profonde de Tom Theuns, le chanteur d’Ambrozijn, viennent enrichir le spectre sonore. Les décalages et les respirations rythmiques, les changements de timbre ainsi que les nappes de chœur formant des accords à l’heureuse dissonance apportent une dimension complexe à l’ensemble. Seul le sorcier Yacoub détient le secret de ces polyphonies atypiques. Quant aux textes, ils s’inspirent des procédés utilisés dans les chansons traditionnelles: répétitions, refrains incorporés, réponses… Le contenu fait la part belle aux croyances populaires d’hier (Salamandre), à l’alchimie (Le grand rouge) ou encore à une certaine forme d’onirisme émanant de la nature et de la faune (Le brochet). Comme dans son album Quatre (1994), Yacoub fait constamment référence à la symbolique des éléments. Fire & Rain et Vois mon enfant en sont les exemples les plus directs. Trempée dans la source malicornéenne, la plume du poète a su transcender ce type de répertoire, le réinventer sans en trahir l’essence (les sens). Car, depuis la dissolution de Malicorne, Yacoub a fait son chemin d’auteur, ciselant un langage singulier qu’il porte mieux que quiconque de son phrasé unique. Sa voix aussi a évolué: elle fait remonter l’émotion de plus loin. On sent l’homme derrière, ses passions, ses cris, ses blessures et ses rides. Provoquée par ce diable de Didier François, cette rencontre passionnante est une réussite totale et inattendue. Le renard a fait sortir le loup de sa tanière. Ils ont remonté ensemble la rivière jusqu’à la source, évitant les sentiers tout tracés. Les airs et les chants qu’ils ont pu rapporter dégagent une poésie originale où croyances et symboles œuvrent pour une harmonie entre les hommes et leur environnement. [retour]

 

Discographie de Didier François à la Médiathèque

- Didier François & Philip Masure, Duo, Map Records, 1999 - MN3897   
- Didier François & Alicantes, Didier François & Alicantes, Map Records, 1999 - MN3895
- Didier François, Falling Tree, Long Distance, 2001- MU6957
- Lévon Minassian & Armand Amar, Songs from a World Apart, Long Distance, 2005 - MV2086
- Armand Amar, Vu du ciel, Naïve, 2006 - YV9920  
- Soetkin Collier, Nocturne, Homerecords.be, 2007 - MN3837 

Dider François est connu comme le spécialiste belge du Nyckelharpa, instrument à cordes frottées, emblème de la Suède.

Voir aussi les portraits de Didier François, Gabriel Yacoub, Gilles Chabenat

 

Salamandre (Gabriel Yacoub)

Salamandre Mythique : Gros plan d'un médaillon de la Galerie François Ier (Alain Dutrevis)
L’espoir d’une braise au fond d’un lit de cendres
Un cœur bat froid et lisse
Et les écailles glissent
Sur l’espoir d’une braise au fond d’un lit de cendres

Dans tous les brasiers qui reviennent au même
Échappée du mystère
Au profond de la terre
Dans tous les brasiers qui reviennent au même

Sur le noir éclaté d’incendies volontaires
Étincelle reptile
Sinuée, fragile
Sur le noir éclaté d’incendies volontaires

© Éditions des Plantes 2007

La chanson Salamandre reflète bien la démarche poétique de Gabriel Yacoub. Ici, la salamandre doit être perçue en tant qu’animal mythique, symbole à la fois de chaleur et de froid. Les représentations d’antan lui donnaient une apparence reptilienne de dragon miniature, alors que chacun sait aujourd’hui qu'elle est de la classe des amphibiens. Elle avait aussi la réputation d'être totalement insensible aux effets du feu. La chanson la décrit d’ailleurs comme un « lézard incandescent » qui naît dans un chantier calciné par des incendies volontaires et destructeurs. Son sang est tellement froid qu’elle éteint ce feu mauvais. Mais la salamandre ici est aussi vue comme une étincelle porteuse d’espoir, symbole de renouveau. Dès lors, ce texte fait également référence au thème du phénix qui renaît de ses cendres. Cet oiseau fabuleux et la salamandre qui se nourrit de feu sont les deux symboles les plus communs du soufre incombustible et de la pierre philosophale des alchimistes.

 

SUGGESTIONS DE LECTURE


Didier Comès, La belette, Casterman, 1983.
L’atmosphère de Brand New World peut faire penser aux romans dessinés de Didier Comès. Dans La belette, où il est question de sorcellerie et de rites en Ardenne, on retrouve, entre autres, la symbolique qui entoure la salamandre.

Pierre Laszlo, Le Phénix et la Salamandre, Histoires de sciences, Le Pommier, 2004
Pierre Laszlo, chimiste et hommes de lettres, démontre ici que la science fait partie de la culture. La question à laquelle il répond dans cet ouvrage peu commun est : "Quel rapport entre le phénix, oiseau solaire, la salamandre, bête étrange au sang glacé réputée résister au feu, et l'histoire des sciences ?". L'auteur met en exergue, par exemple, les relations entre la chimie et l'alchimie, le rapport entre le palmier dattier et le mercredi des cendres et la transformation de la terre glaise en catalyseur. [retour]
Guillaume Duthoit


LE NYCKELHARPA : Voir instruments de musique

nyckelharpa

 

 

CHRONIQUES

BIYOUNA

BLONDE DANS LA CASBAH - MJ2129

Pochette MJ2129.

NAÏVE, 2006.

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Extrait sonore
  • Extrait (format MP3) Une blonde platine dans la casbah

Blonde dans la Casbah de Biyouna est une des agréables surprises de cette année. À vrai dire, ni la pochette, ni le titre ne m’inspiraient vraiment. J’avais plutôt l’impression de me trouver face à un de ces CD formatés sauce world dont le seul but est de se tailler une place de choix dans les dancefloors. « Que nenni » dirait mon cousin qui habite près de Hannut. Ça m’apprendra à avoir des a priori. Cette chanteuse pourrait être la petite (ou la grande) sœur de Brigitte Fontaine par le style des paroles et certaines intonations dans le chant.
Les morceaux s’égrènent tantôt avec un tempo plutôt traditionnel, tantôt avec un rythme reggae, tantôt lentement mélodieux. La bonne humeur ne cède jamais l’ongle d’un pouce de terrain et l’humour s’invite sur la plupart des plages. La fin de l’album se veut plus mélancolique, voire mélodramatique avec un soupçon de kitsch, mais ne perd pas une once de son charme.
Les textes sont savoureux, tout particulièrement Une blonde platine dans la Casbah, Demain tu te maries et Les Coyotes.
Un CD à écouter, seul ou en famille, quand la vie est douce, en dansant doucement (si vous voulez danser fort, il n’y aucun problème) ou en sifflotant. [retour]
Isabelle Delaby

 


Mustafa KANDIRALI

MUSTAFA KANDIRALI - MY8601

Pochette MY8601.

UZELLI, 2006.

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Cet album s’ouvre sur un solo impressionnant capable de convaincre les plus sceptiques que la réputation de Mustafa Kandirali, clarinettiste turc, n’a rien de surfait. Ce musicien, né en 1930 dans un petit village situé au bord de la Mer Noire, a commencé à se produire en public vers l’âge de douze ou treize ans. Il s’est ensuite installé à Istanbul où il a d’abord joué pour des compagnies théâtrales. Dans le courant des années cinquante et soixante, sa notoriété a augmenté et Mustafa Kandirali est devenu un personnage incontournable de la scène stanbuliote. Il est passé àla radio et a enregistré quelques vinyles et cassettes dont certains connurent un franc succès. Durant sa longue carrière artistique - cinquante ans!- son répertoire s’est surtout spécialisé dans deux registres : les taksims et les traditions populaires, surtout dansées, dont les musiques tsiganes d’Anatolie. C’est ce répertoire qu’il parcourt ici avec un style éblouissant d’aisance, accompagné de cordes et de percussions. Justesse et à propos semble être les maîtres-mots de cet album qui invite à esquisser l’un ou l’autre pas de danse. [retour]
Isabelle Delaby

 


STRING SISTERS

LIVE - MN0237

HEILO, 2007. Enregistrement 2005.

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Elles sont six et viennent d’Irlande, de Norvège, du Shetland, de Suède et des USA. Ceux qui ont suivi l’histoire du violon dans les musiques des pays nordiques les connaissent pour leur remarquable travail dans leurs traditions respectives. Annbjorg Lien a plus d’une corde à son archet norvégien; elle l’a prouvé seule ou au sein de Bukkene Bruse. Mairead Ni Mhaonaigh est au coeur du groupe Altan. Catriona Macdonald joue la merveilleuse musique shetlandaise dans Blazin’ fiddles ou d’autres groupes comme Anam. Emma Härdelin a participé aux groupes suédois Garmarna et Triakel. Liz Carroll et Liz Knowles font partie de ces Irlandaises des Etats-Unis dont le jeu et le répertoire sont reconnus par leurs pairs. On les retrouve au sein d’une discographie riche dont la Médiathèque a su garder les traces. Ensemble ces six archets font des merveilles, se promenant des îles de l’Irlande et du Shetland aux musiques savoureuses de la Scandinavie. Un cousinage d’autant plus évident que l’archipel des Shetland a été occupé longtemps par les Norvégiens. Une poignée de musiciens assurent l’accompagnement, costaud ou discret selon les cas, qui forme le tapis sur lequel violons et voix occasionnelles peuvent s’ébattre avec volupté, tantôt en solo, tantôt en groupe. Ce genre de super groupe de la musique traditionnelle nordique nous prouve deux choses essentielles : d’abord l’extraordinaire vitalité de ces répertoires et des générations successives qui s’y frottent; ensuite le fait qu’il ne faudrait pas, dans une stupide recherche d’exotisme, oublier les musiques du nord, elles ont beaucoup à dire, elles sont chaudes elles aussi. Puisse String Sisters vous donner envie d’approfondir ce genre de découvertes. Le Nord est là, il vous attend, riche à souhait, dans les collections de la Médiathèque. [retour]
Etienne Bours

 

Eamonn COYNE & KRIS DREVER

HONK TOOT SUITE - MR2566

COMPASS RECORDS, 2006.

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Eamonn Coyne, l’Irlandais, joue le banjo tenor avec une inventivité délirante. Il s’est associé avec Kris Drever digne descendant d’une famille de musiciens et chanteurs des îles Orcades. Guitare, guitare tenor, banjo, mandoline et contrebasse n’ont aucun secret pour eux. Ils passent allègrement d’un instrument à l’autre avec un plaisir évident, s’amusant dans de subtils dialogues relevés, ici et là, de la présence d’un musicien invité. Mais l’essentiel de ce disque est tissé de cordes et ça sonne en tous sens, ça crépite, ça rebondit de banjo en guitare. Drever, en digne fils de son père Ivan, ne faillit pas à son rôle de chanteur dans deux pièces qui viennent apporter une bouffée d’air au milieu du déferlement de cordes. Il faut souligner la finesse de l’ensemble de ce répertoire ouvert à la tradition autant qu’aux compositions. Ces gars là ont de sacrées oreilles qui ont pas mal bourlingué glanant tout ce qui pouvait exciter leurs papilles auditives. Puis ça ressort, parfaitement digéré et dynamisé par une démarche artistique qui leur permet d’y ajouter leur touche personnelle et leurs propres visions d’un monde où ce type de tradition a le droit d’évoluer. Et ce dans une ambiance d’une musicalité extrême. Que voulez-vous de plus ? [retour]
Etienne Bours

 

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IF YOU AIN'T GOT THE DO-RE-MI. SONGS OF RAGS AND RICHES - MA5431

SMITHSONIAN/FOLKWAYS RECORDS C, 2007.

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Sous ce titre qui reprend le refrain d’une des plus belles chansons de Woody Guthrie “Do-re-mi”, le label américain le plus incontournable qui soit propose une série de chansons qui parlent toutes d’argent. Sans complaisance, sans fausses pistes, nous sommes en pleine chanson sociale. Une chanson qui démonte le rêve américain, une chanson qui dénonce, qui regrette, qui témoigne des moments difficiles de l’histoire, grande dépression en tête. Folk song, blues, calypso, jazz, old time music, chanson syndicaliste, tout est là pour nous rappeler, une fois de plus, que l’histoire, la vraie, se lit dans les chansons du peuple et non dans les livres écrits par les notables. Woody Guthrie, Pete Seeger, The New Lost City Ramblers, Leadbelly, Lord Invader, Speckled Red, Sonny Terry and Brownie McGhee, Josh White, The Almanac Singers, Kilby Snow, Joe Glazer… font partie des artistes qui ont chanté l’argent, son pouvoir, la dépendance, la dette, l’épargne impossible (Brother can you spare a dime ?), la faim, la pauvreté. Ce genre de compilation ne doit pas faire partie de ces soi-disant millions de titres qui sont téléchargés tous les jours ! Et pourtant ces chansons sont essentielles. Offrons-les nous, offrons les aux multinationales qui ne vendent plus de disques mais qui n’ont jamais vendu ce genre de chansons (encore qu’on entend ici le fameux « Gallis Pole » de Leadbelly qui inspira le « Gallows pole » de Led Zeppelin), offrons les à tous ceux qui ne savent que beugler des chanson d’amour insipides. Ici se trouve la vraie chanson, celle qui transpire et qui sent fort. [retour]
Etienne Bours

 

David OLNEY

ONE TOUGH TOWN - MC1661

RED PARLOR RECORDS, 2007.

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Comme le disait le regretté Townes Van Zandt : « chaque fois que quelqu’un vient vers moi en me demandant qui est mon compositeur préféré, je réponds Mozart, Lightnin’ Hopkins, Bob Dylan et Dave Olney. Ce dernier est l’un des meilleurs « songwriters » que je connaisse ».
Et Van Zandt n’est pas le seul puisque Olney a été chanté par Emmylou Harris, Linda Ronstadt, Del McCoury et d’autres encore. Et ce chanteur guitariste nous revient avec un disque fort, fondamentalement différent des très bons disques qu’il a laissés dans son sillage. One tough town est un remarquable condensé de ce qu’on appelle americana ou new country ou que sais-je encore : country rock, blues, honky-tonk, rockabilly, western swing jazzy, old time music, folk song… Tout est là chez ce bonhomme qui à la fin de la cinquantaine sait parfaitement ce que musique veut dire sur son territoire. La même musique peut avoir divers goûts différents parce qu’on y ajoute des sauces qui viennent de recettes populaires. Et le sud des Etats-Unis s’y connaît en sauces épicées. Olney les choisit avec talent et ajoute à sa chanson un côté emporte gueule qui donne envie de boire. Il réussit là un de ces disques en forme de synthèse qui mérite franchement qu’on s’y arrête. [retour]
Etienne Bours