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Omar Souleyman, de star pop syrienne à un hype international ?

 

 

Espoir musical de l'année selon le NME (5ème sur 50 places !), une page complète à son propos dans les Inrockuptibles, Omar Souleyman est sans conteste la nouvelle star des milieux hype. Découvert par le label américain Sublime Frequencies, l'artiste syrien a récemment fait une tournée européenne dans des clubs plutôt orientés rock, subjuguant les auditeurs par des sons assez rudes et plein de distorsion, par des rythmes primitifs et frénétiques peu connus à leurs oreilles, par des synthétiseurs criards et boîtes à rythmes cheap. Mode passagère, besoin d'exotisme, de sonorités venues d'ailleurs, différentes de la musique latino ou des percussions africaines qu'on nous bassine à longueur de journée ? Oui, sans doute. Mais pourquoi cette star locale syrienne et pas l'idole vietnamienne ou le crooner somali ? Pourquoi Omar Souleyman et pas un des nombreux autres artistes du même style qui voyagent de village en village pour animer les célébrations diverses ou un de ces chanteurs qui comme Ali Aldik renouvellent les traditions du dabke.

Il ne faut certainement pas jeter la pierre à Sublime Frequencies qui depuis quelques années édite des musiques issues de cassettes locales, souvent inédites (Cambodge, Myanmar, Iraq…), ou des collages de radios du monde (Corée du Nord, Maroc…). Il ne faut également pas sous-estimer la musique d'Omar Souleyman. Star dans son propre pays, il s'inspire des traditions kurdes et turques, du choubi irakien et du dabke, une musique de fêtes et de mariages qui se danse en cercle et qu'on retrouve dans tout le Levant, du Liban à la Syrie. Son origine vient d'un rythme de travail, celui du piétinement du torchis pour fabriquer les toits des maisons. Au Liban dans les années 60, les frères Rahbani ont popularisé le style en composant de nombreux morceaux pour Fairuz et l'ont élevé au rang de musique nationale ou presque, créant des spectacles de grande envergure avec danses assez spectaculaires.

Quant au disque d'Omar Souleyman, écoutez-le pour ce qu'il est, appréciez-le à sa juste valeur c'est à dire une musique locale, avec ses défauts, un peu kitsch parfois mais possédant une énergie assez incomparable. Et n'oubliez pas qu'il y a plein de découvertes à faire dans d'autres pays du monde !

 

Une sélection de quelques morceaux autour du dabke :

 

 

100.00-02.31 : « Dabkeh dance », enregistré en 1955 par Deben Bhattacharya dans le no man's land entre la Jordanie et l'Iraq dans un campement de Bédouins. Version très épurée, la flûte en roseau mijwiz soutenant le chant.

 

 

 

 

202.32-05.42 : Nasri Shamsedine, « Dabkett addoura », un dabke par un chanteur populaire libanais qui a joué notamment avec Fairuz.

 

 

 

 

305.42-08.22 : Fairuz, « Alli alli », dabke qui est bien loin de la rudesse d'Omar Souleyman.

 

 

 

 

408.22-12.03 : Omar Souleyman, « Dabke 2001 », en style "nouveau"

12.03-18.08 : Omar Souleyman, « Toul al zeenah »

 

 

 

 

Anne-Sophie De Sutter