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Sélection du mois de novembre 2005


> Mise en évidence

EX (THE)

BEAUTIFUL FRENZY - XE836V

MOSKWOOD MEDIA DVD, 2005. Enregistrement 1983-2001.

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Portrait en DVD du groupe hollandais The Ex. Images d'archives, interviews des musiciens, en tournée, en studio, images de concerts, d'improvisations, le film brosse d'une manière assez éclatée le parcours du groupe.
Depuis ses débuts en 1979, le groupe n'a cessé de donner des concerts et de produire des disques de manière indépendante. Il est devenu pour beaucoup l'emblème d'une résistance face aux lois du marché et aux logiques de consommation. «  On peut faire tout soi-même. Si on fait tout soi-même, tout est moins cher. La marge de profit n'a pas besoin d'être si grande !  » déclare G.W. Sok le chanteur du groupe. Au total, ce sont dix-huit albums qui voient le jour au nom du groupe et ce n'est pas fini ! Des CD vendus à la sortie des concerts ou par des filières « off » de la distribution.
Sans apologie, le film montre de manière objective l'évolution du groupe. Du punk-rock aux musiques improvisées, les musiciens insistent sur ce point. É volution qui reste leur questionnement fondamental et (en fait) leur moteur. Volonté d'aller de l'avant, d'évoluer tout en préservant leur indépendance. Depuis quelques années, le groupe multiplie donc les rencontres et s'ouvre à de nouveaux horizons. La discographie s'élargit dans un registre toujours « distorsionné ». En guise de conclusion, Terry Ex nous déclare : «  On joue sans filet, on reste ouvert et on prend des risques. On prend le risque aussi que quelque chose n'aille pas bien. Mais c'est très intéressant de voir où ça mène, ce que ça va donner et, oui… comment tu expliques ça ?  ».
(Bertrand Backeland, Mons)

 

GREAT LAKE SWIMMERS

BODIES AND MINDS - XG744W

FARGO RECORDS, 2005.

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Et si le nouvel album de ces Canadiens portait bien son nom ? Distillant avec brio ce que l'on pourrait appeler du « néo-folk country » (n'ayez crainte, leur musique, elle, est simple et juste), ils oscillent entre des élans mystiques d'une part et des gouttes de sueur (parfois des pleurs) de l'autre. Sur certaines plages, le corps et l'esprit se rejoignent. Ce sont les morceaux les plus réussis : moments de pur bonheur. En flirtant avec les clichés du genre sans jamais y tomber, en évoquant parfois Will Oldham ou Neil Young, sans que ces références ne leur fassent de l'ombre - car à la mélancolie du premier et à la ruralité du second Great Lake Swimmer substitue la spiritualité - ces musiciens nous parlent de choses éternelles et neuves à la fois. Pas étonnant dès lors que l'album ait été enregistré dans une église ! Dès les premières secondes, le ton est donné : guitares, banjo, basse, batterie et une voix éthérée qui semble invoquer Dame Nature (rejointe, sur une des plages, par un chœur pour mieux s'envoler). Au passage, on peut entendre, le mot « neige » ou « ciel ». Rien de neuf. Vous avancerez ? Non, Great Lake Swimmer ne nous apprend rien, il nous aide à redécouvrir : le présent est tout aussi précieux.
Ce que l'histoire ne dit pas, c'est où se trouve l'église. Si c'est dans une forêt, en bordure d'un lac… Nous n'en sommes pas surpris et la boucle est bouclée !

À écouter :

Neil Young : « On the Beach » XY580G
Will Oldham : « Joya » XO231A
Et aussi la plupart des groupes de la nouvelle scène canadienne qui est l'une des plus inspirées en ce moment et ce, dans des genres très divers. Citons en vrac : The Arcade Fire, Feist, The Silver Mount Zion Memorial Orchestra, Ron Sexsmith, Buck 65.
(Maxime Coton, La Louvière)

RICHMOND FONTAINE

THE FITZGERALD - XR574R

Pochette XR574R.

CORTEZ RECORDS, 2005.

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Will Vautlin, ce nom ne vous dit rien ? Pourtant, ce songwriter est une des plus brillantes plumes que compte l'Amérique. Ce septième (!) album nous la dévoile justement. Colosse aux pieds d'argile, avec le sens de la formule qui fait mouche, sans sensiblerie. L'ém otion est palpable au travers de ces portraits d'âmes torturées, usées par la vie, errant dans un quotidien morose. L'instrumentation toute en retenue enserre les mots, en fait ressortir toute leur force. Témoin, un Disappeared habité par un piano obsédant, instant de magie pure, tout comme les dix autres histoires sans fard, mais ô combien exceptionnelles, qui composent ce chef-d'œuvre incontournable de « l'americana » moderne !
(Lionel Charlier, Seraing)

José GONZALEZ

VENEER - XG556G

Pochette XG556G.

PEACEFROG RECORDS, 2004. Enregistrement 2003.

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Un nouvel activiste du renouveau du mouvement folk. À vingt-cinq ans, ce jeune Suédois marche, comme bien d'autres, sur les traces profondes de Nick Drake, mais avec un argument de taille, un jeu de guitare stupéfiant ! On comprend mieux pourquoi il se contente de juste poser sa voix fragile sur des accords latins impressionnants de classe, de maturité, d'intelligence. Un petit reproche : trente minutes, c'est trop court, mais bon, la touche « repeat » du lecteur comblera cette frustration… Artiste à suivre !
(Lionel Charlier, Seraing)

John FRUSCIANTE

CURTAINS - XF926Y

Pochette XF926Y.

EMI, 2004.

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Le guitariste des Red Hot Chili Peppers distille dans ses escapades solo (la huitième !) un venin trouble, plus introspectif. Ses compositions sont enfin apaisées (d'aucuns continueront à les trouver torturées) et démontrent un songwriter de plus en plus assuré, tout comme un chant exorcisé, enfin habité. Nul n'est besoin d'insister sur ses talents de guitariste (et de pianiste s.v.p !). Les rideaux se baissent avec regret sur un Leap your bar , avec voix/piano, concentré d'émotion pure… Silence - standing ovation - chapeau bas !
(Lionel Charlier, Seraing)

Média XN530N

Référence incorrecte (Attention aux espaces !)

…and there's not enough words to express our unconditional love (et il n'y a pas assez de mots pour exprimer notre amour inconditionnel)… au groupe de Bill Callahan qui retourne dans le noir dans une cité autrefois immortalisée par un certain Lou Reed, Berlin.
En effet, même ambiance crépusculaire, même hargne larvée, même timbre de voix serait-on tenté de dire (fermez les yeux), même façon d'exprimer le blues viscéral, de mettre le (meilleur du) rock en scène… Pas assez d'amour, en effet !
(Lionel Charlier, Seraing)