MOSKWOOD MEDIA DVD, 2005. Enregistrement 1983-2001.
Portrait en DVD du groupe hollandais The Ex. Images d'archives, interviews
des musiciens, en tournée, en studio, images de concerts, d'improvisations,
le film brosse d'une manière assez éclatée le parcours
du groupe.
Depuis ses débuts en 1979, le groupe n'a cessé de donner des concerts
et de produire des disques de manière indépendante. Il est devenu
pour beaucoup l'emblème d'une résistance face aux lois du marché
et aux logiques de consommation. « On peut faire tout soi-même.
Si on fait tout soi-même, tout est moins cher. La marge de profit n'a
pas besoin d'être si grande ! » déclare G.W.
Sok le chanteur du groupe. Au total, ce sont dix-huit albums qui voient le jour
au nom du groupe et ce n'est pas fini ! Des CD vendus à la sortie
des concerts ou par des filières « off » de la
distribution.
Sans apologie, le film montre de manière objective l'évolution
du groupe. Du punk-rock aux musiques improvisées, les musiciens insistent
sur ce point. É volution qui reste leur questionnement fondamental et
(en fait) leur moteur. Volonté d'aller de l'avant, d'évoluer tout
en préservant leur indépendance. Depuis quelques années,
le groupe multiplie donc les rencontres et s'ouvre à de nouveaux horizons.
La discographie s'élargit dans un registre toujours « distorsionné ».
En guise de conclusion, Terry Ex nous déclare : « On
joue sans filet, on reste ouvert et on prend des risques. On prend le risque
aussi que quelque chose n'aille pas bien. Mais c'est très intéressant
de voir où ça mène, ce que ça va donner et, oui…
comment tu expliques ça ? ».
(Bertrand Backeland, Mons)
FARGO RECORDS, 2005.
Et si le nouvel album de ces Canadiens portait bien son nom ? Distillant
avec brio ce que l'on pourrait appeler du « néo-folk country »
(n'ayez crainte, leur musique, elle, est simple et juste), ils oscillent entre
des élans mystiques d'une part et des gouttes de sueur (parfois des pleurs)
de l'autre. Sur certaines plages, le corps et l'esprit se rejoignent. Ce sont
les morceaux les plus réussis : moments de pur bonheur. En flirtant
avec les clichés du genre sans jamais y tomber, en évoquant parfois
Will Oldham ou Neil Young, sans que ces références ne leur fassent
de l'ombre - car à la mélancolie du premier et à la
ruralité du second Great Lake Swimmer substitue la spiritualité -
ces musiciens nous parlent de choses éternelles et neuves à la
fois. Pas étonnant dès lors que l'album ait été
enregistré dans une église ! Dès les premières
secondes, le ton est donné : guitares, banjo, basse, batterie et
une voix éthérée qui semble invoquer Dame Nature (rejointe,
sur une des plages, par un chœur pour mieux s'envoler). Au passage, on
peut entendre, le mot « neige » ou « ciel ».
Rien de neuf. Vous avancerez ? Non, Great Lake Swimmer ne nous
apprend rien, il nous aide à redécouvrir : le présent
est tout aussi précieux.
Ce que l'histoire ne dit pas, c'est où se trouve l'église. Si
c'est dans une forêt, en bordure d'un lac… Nous n'en sommes pas
surpris et la boucle est bouclée !
À écouter :
Neil
Young : « On the Beach »
XY580G
Will
Oldham : « Joya »
XO231A
Et aussi la plupart des groupes de la nouvelle scène canadienne
qui est l'une des plus inspirées en ce moment et ce, dans des genres
très divers. Citons en vrac : The
Arcade Fire, Feist,
The
Silver Mount Zion Memorial Orchestra, Ron
Sexsmith, Buck
65.
(Maxime Coton, La Louvière)
CORTEZ RECORDS, 2005.
Will Vautlin, ce nom ne vous dit rien ? Pourtant, ce songwriter est une
des plus brillantes plumes que compte l'Amérique. Ce septième (!)
album nous la dévoile justement. Colosse aux pieds d'argile, avec le
sens de la formule qui fait mouche, sans sensiblerie. L'ém otion est
palpable au travers de ces portraits d'âmes torturées, usées
par la vie, errant dans un quotidien morose. L'instrumentation toute en retenue
enserre les mots, en fait ressortir toute leur force. Témoin, un Disappeared
habité par un piano obsédant, instant de magie pure, tout
comme les dix autres histoires sans fard, mais ô combien exceptionnelles,
qui composent ce chef-d'œuvre incontournable de « l'americana »
moderne !
(Lionel Charlier, Seraing)
PEACEFROG RECORDS, 2004. Enregistrement 2003.
Un nouvel activiste du renouveau du mouvement folk. À vingt-cinq ans,
ce jeune Suédois marche, comme bien d'autres, sur les traces profondes
de Nick Drake, mais avec un argument de taille, un jeu de guitare stupéfiant !
On comprend mieux pourquoi il se contente de juste poser sa voix fragile sur
des accords latins impressionnants de classe, de maturité, d'intelligence.
Un petit reproche : trente minutes, c'est trop court, mais bon, la touche
« repeat » du lecteur comblera cette frustration…
Artiste à suivre !
(Lionel Charlier, Seraing)
EMI, 2004.
Le guitariste des Red Hot Chili Peppers distille dans ses escapades solo (la
huitième !) un venin trouble, plus introspectif. Ses compositions
sont enfin apaisées (d'aucuns continueront à les trouver torturées)
et démontrent un songwriter de plus en plus assuré, tout comme
un chant exorcisé, enfin habité. Nul n'est besoin d'insister sur
ses talents de guitariste (et de pianiste s.v.p !). Les rideaux se baissent
avec regret sur un Leap your bar , avec voix/piano, concentré
d'émotion pure… Silence - standing ovation - chapeau
bas !
(Lionel Charlier, Seraing)
Référence incorrecte (Attention aux espaces !)
…and there's not enough words to express our unconditional love (et il
n'y a pas assez de mots pour exprimer notre amour inconditionnel)… au
groupe de Bill Callahan qui retourne dans le noir dans une cité autrefois
immortalisée par un certain Lou Reed, Berlin.
En effet, même ambiance crépusculaire, même hargne larvée,
même timbre de voix serait-on tenté de dire (fermez les yeux),
même façon d'exprimer le blues viscéral, de mettre le (meilleur
du) rock en scène… Pas assez d'amour, en effet !
(Lionel Charlier, Seraing)
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