DRAG CITY.
À l'Écosse sont souvent associées des images d'hommes
en kilt, avec cornemuse, un bon whisky pur malt, le monstre du Loch Ness…
Rien de tout cela ici. Pourtant, ces huit chansons sont issues du répertoire
traditionnel écossais, réapproprié par un musicien au talent
fou (ex-Appendix
Out) et habillé par des arrangements pointilleux (dulcimer, violon,
piano, flûte, violoncelle, claviers, guitare…), qui plus est, produit
par Will Oldham ! Une ballade intemporelle qui vous prend à la gorge !
LC
ROUGH TRADE, 2005. Enregistrement 2004-2005.
L'Illinois, cette-fois, passé au filtre de l'imagination torrentielle d'un génie, imbriquant mélodies pop, jazz, folk incroyables, marching bands à la Souza, textes mordants et drôles et autres trouvailles sonores, dans un kaléidoscope à donner le tournis ! Vu l'histoire souvent imposante des différents États qui composent l'Amérique, on ne peut que guetter avec impatience la suite des aventures de ce chantre démoniaque !
LC
THAT DAMN!, 2005.
Un objet-disque, réalisé par un musicien et artiste hollandais.
Surréaliste, humoristique, mordante, acide, inclassable, fraîche,
inspirée, décalée, cette œuvre chantée avec
passion et d'une sincérité désarmante, accompagnée
magnifiquement à l'harmonium, comblera les amateurs d'O.V.N.I., déroutera
le mélomane averti, fera grincer les dents ou hausser les épaules,
bref ne laissera pas indifférent ! Recommandé !
LC
JAGJAGUWAR, 2005.
Actif depuis le début des années 90 et présent sur plus
de vingt titres figurant dans les collections de la Médiathèque,
le Britannique Richard
Youngs construit une œuvre dédiée à l'introspection
en empruntant à l'idiome folk, au psychédélisme et à
la musique répétitive. The
Naïve Shaman présente Youngs en mode incantatoire sur
une trame sonore constituée d'une superposition lâche d'instruments
mis en boucles. Chaque piste (percussions, guitare électrique acide,
voix de tête, nappes électroniques) progresse sur un même
terrain commun, vaste et libre, de sorte que l'on peut visualiser la musique
résultante comme un diagramme, où chaque instrument varie en intensité
en apparente indépendance. Ce procédé trouve son point
d'orgue sur Summer's
Edge II , d'une durée de quinze minutes, qui rampe, ondoie et
finit par palpiter dans un effet stroboscopique.
Richard Youngs a réalisé cet album seul et, comme toujours avec
lui, il en émane à la fois un prenant sentiment d'isolation et
la sensation d'entrer en contact avec le rythme secret, chargé de significations,
de la vie qui s'écoule.
JGM
Depuis l'apparition de groupes tels que
Sunn o))), Khanate
et Asva,
le terme drone est abondamment cité dans un cercle s'élargissant
sans cesse.
Mais de quoi s'agit-il ? Un peu d'histoire ancienne (et aussi plus récente)
nous fera relativiser l'aspect « neuf » du « phénomène ».
La traduction française du terme drone est « bourdon ».
À l'époque médiévale, il désigne les voix
de basse ou de ténor d'un chant polyphonique (bourdon et faux-bourdon :
voix de soutien).
L'appellation bourdon est utilisée également pour des musiques
instrumentales développant un phénomène acoustique produit
par un son grave. Le bourdon est un son très stable et continu sur lequel
s'articulent d'autres sonorités variables.
Les instruments le produisant sont la cornemuse, la viole de gambe, des orgues...
Si l'on s'accorde pour valider cette définition du drone, il est aisé
et autorisé d'inclure des œuvres plus récentes de la seconde
moitié du XX e siècle telles que Four
Violins de Tony
Conrad (quatre violons produisant un long bourdon agressif et primitif),
Music
On A Long Thin Wire d'Alvin
Lucier, LaMonte
Young et son Theatre of Eternal Music, Metal
Machine Music de Lou
Reed ainsi que des travaux de Charlemagne
Palestine, Rhys
Chatham, Glenn
Branca, Phill Niblock,
Terry
Riley, David
Behrman, Spacemen
3, Roy
Montgomery, Flying
Saucer Attack, etc.
Le drone est une notion ancienne. Les groupes pratiquant le drone piochent dans
le doom (heavy metal ralenti à son maximum), la musique industrielle,
des formes d'ambient. Ils produisent des morceaux hyper-lents, accordés
très très bas. Le volume est « assourdissant ».
Le drone bouscule l'académisme et le conservatisme du metal rock. Metal
extrême et d'avant-garde. Le drone fait appel à des harmoniques
qui permettent à l'auditeur de concevoir des sons non produits. Un cinéma
terrifiant pour l'oreille. La musique tient souvent sur une seule note qui s'étend
pendant de longues minutes. L'expérience est tout aussi physique que
musicale. Un mur du son d'une intensité rarement égalée.
Sunn o))) :
XS928X ,
XS929F ,
XS929I ,
XS932D ,
XS932E
Khanate : XK273K , XS273L , XS273O
Burning Witch : XB948G
Lotus Eaters : XL801V
Thorr's Hammer : XT445N
Teeth of lions rule the divine : XT206H
Boris : XB720U , XB720V , XB720X , XB720Y
Earth : XE014A , XE014B , XE014C , XE014D , XE014E , XE014F , XE014G , XE014H
Sleeper : XS487I
Thrones : XT481N
Goatsnake : XG432H , XG432I , XG432J
Asva : XA829M
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